‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 192 sur 317 · LIVRE II, CH. III. — LA COURONNE D’ÉPINES · texte numérisé non relu

LIVRE II, CH. III. — LA COURONNE D’ÉPINES

Colle. — On fait à Colle l'office & la fête de deux épines le deuxième dimanche de Pâques W.

Compïègne. — M. l’abbé Bourgeois (2>, archiprêtre de Compiègne, en m’envoyant une description des reliques insignes que possède son église, s’exprimait ainsi : « Voici ce que je lis à l’article 3 de l’inventaire : « Un beau cristal bien « taillé & façonné, enchâssé en un reliquaire d’or, au bas duquel, sur un soubas- « sement, sont écrits ces mots : Sciant omîtes veraciter quod in circulo aureo qui « est in medio cristalli continetur pars una de corona Christi, & in crttce desuper « continetur aculeus clavi tiniits Domini. »

« Sur ledit soubassement, qui est soutenu par trois dragons, sont huit anges de vermeil doré , & , au milieu du cristal , un cercle d’or dans lequel il y a une branche de la couronne d’épines de Notre-Seigneur.... Ces reliques proviennent d’Aix-la-Chapelle.

« Parmi les reliques de la Passion dont il est fait mention dans l’inventaire, l’église de Saint-Jacques ne possède plus que l’éponge. »

Cuisery (Saône-S’- Loire). — Saint Bernard, pendant son séjour à Rome, avait reçu du pape Eugène, son disciple, un fragment de la branche de la sainte couronne , & l’avait porté à Cîteaux. Le reste de la branche, portant, dit-on, trois épines, est dans une châsse d’argent, en l’église du Villars, diocèse d’Autun. Un peintre de Tournus, qui l’a examinée, croit que les épines sont de bois d’acacia OU

fermo. — En 1270 le bienheureux Clément Briotti, prieur général des augustins, légua une épine à Sant’Elpidio. En 1377, les citoyens de Fermo s’en emparèrent à la suite d’un assaut & la placèrent dans le couvent des augustins.

Florence. — Il semble que cette ville ait reçu la plus grande partie des épines de la vraie croix. Ilicha en signale vingt-sept, savoir : deux à Santa Maria degli Angioli, une à Santa Maria délia Concezione, une à Sainte-Croix, une à San Giorgio del Santo Spirito, une à San Girolamo; quatre à Saint-Laurent, une à Santa Lucia in San Gallo, quatre à Saint-Marc, une à Sainte-Marie-des-Fleurs , deux au monastère de Monticelli, sept à Saint-Pierre-Majeur, trois à Sainte-Ursule. Il en ajoute quatorze à Santa Apollonia, & sept à Sainte-Marie-Nouvelle , mais elles sont évidemment fausses.

D’après mes renseignements personnels, il n’y en aurait plus qu’à Sainte-Croix, à Samte-Marie-des-Fleurs & à Saint-Laurent.

(1) Andrucci.

(2) Compiègne, pièces justificatives.

(3) Msr Bouange, note sur une lettre de M. le curé de Cuisery.

Sainte-Croix. — La famille Spinelli a, dit-on, donné au trésor de Sainte-Croix une épine qui est enfermée dans un cylindre en cristal de roche de plus de x centimètres de diamètre. Elle est droite, d’une surface galeuse, d’une couleur foncée, d’environ xjmm de longueur & x à 3'nKI de diamètre moyen (PL XXI).

Dôme, ou Sainte-Marie-des-Fleurs. — Le grand reliquaire, qui contient des morceaux importants de la vraie croix, renferme également une épine dont la pointe carrée est retournée & attachée dans le haut de la relique. Tout compris, sa longueur pourrait être d’environ 30'"™, son diamètre moyen 2™", sa couleur blanc de laine tirant sur le gris, avec des taches brun foncé; sa surface brillante, sa forme conique à peu près régulière (PL XXI) .

Saint- Laurent. — D’après Richa, les épines de Saint-Laurent sont au nombre de quatre & conservées dans un magnifique vase en cristal de roche portant le na 22, avec une portion de la couronne. Quoique j’aie vu tout le trésor, & longuement cherché avec le clerc qui me le montrait la relique en question, il m’a été impossible de la découvrir, les reliquaires ayant perdu leurs numéros d’ordre à la suite de divers transfèrements.

Fontainebleau. — Il existait autrefois une épine dans le trésor de l’église royale de Fontainebleau W.

Gand {Belgique). — Épine dans l’église de Saint-Michel, à Gand. Le reliquaire très-riche est une pièce de cristal de roche taillée en forme de croix portant sur le pied en or une inscription qui nous apprend une partie de son histoire, La famille royale d’Écosse possédait une épine qu’on croyait venir de saint Louis. En 1587, lorsque l’infortunée Marie Stuart monta sur l’échafaud, elle remit la sainte épine, que ses ancêtres lui avaient léguée, au comte de Northumberland, qui la donna avant de mourir à sa fille Élisabeth; celle-ci en fit présent à la Compagnie de Jésus qui la plaça dans le précieux reliquaire où elle se trouve aujourd’hui. Plus tard, le R. P. Leclerque, provincial des jésuites à Londres, fit parvenir cetrésor en Flandre pour y être conservé jusqu’à ce qu’on le réclamât. On suppose qu’elle fut portée à Gand en 1763, après la suppression des jésuites dans la Flandre française. Alors ce père recteur la confia à Gérard-Gérard van Eersel , seizième évêque de Gand, qui a pu la conserver, en payant à l’État la valeur intrinsèque du reliquaire. A la mort du prélat en 1778, elle passa au vicaire général Maxi-

(i) D, Morin, — Pièces justifîcariv'es, Fontainebleau.

Page 1