‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 194 sur 317 · LIVRE II, CH. III. — LA COURONNE D’EPINES · texte numérisé non relu

LIVRE II, CH. III. — LA COURONNE D’EPINES

fragments qu’il n’a pas comptés. D’une teinte gris clair, elles sont longues, minces, effilées & aiguës. Quelques-unes, comme à Sainte-Praxède, sont encore rougies du sang de Jésus-Christ W (PI, XXI).

Saint-Acheul. — Il existe à Saint- Acheul, département de la Somme, une épine qui semble avoir été coupée en deux dans le sens de la longueur, en sorte que la partie qui repose sur le fond du reliquaire est plate. Vers l’extrémité, on remarque une tache. Elle a été envoyée de Rome à Saint-Acheul en 1823 par un père jésuite, Joseph Ferrari, qui consentit à s’en dépouiller pour qu’on lui rendît plus d’honneurs. Ce renseignement m’a été donné par le R. P. Dorr, directeur de la maison de Saint-Acheul (PL XXI) .

Saint -Étienne -en- Forez. — L’histoire de Notre-Dame du Puy nous apprend que le jour même ou saint Louis reçut la sainte couronne de Sens, il en tira une épine dont il ht présent à Bernard, évéque du Puy, qui l’avait accompagné dans son voyage. L’église de Notre-Dame du Puy avait encore cette précieuse relique à l’époque de la Révolution. Il parait qu’elle fut alors transportée à Saint-Étienne-en-Forez, où on la conserve aujourd’hui.

Soleilmont (Belgique) . — Une épine était autrefois en grande vénération à l’abbaye de Soleilmont, près Charleroi, supprimée en 1794.

Solesmes. — On vénère dans l’église de l’abbaye une des épines du Sauveur donnée avant même que saint Louis eût acquis la couronne. Par un rare bonheur, elle a été conservée & s’y retrouve après toutes nos dissensions civiles (1 2>.

(1) U Annie liturgique à Rome énumère ainsi les églises oii se trouvent des épines de la sainte couronne :

Saint-Barthélemy. , , , , 2

Saint-Bernard. , 1

Sainte-croix-in-Jérusalem * 2

Saint-François-à-Ripa 1

Sainte-Praxède . j

Saint-Sylvestre, * 2

Anagni (portion d'épine) j

La Riccia. r

Saint-Jean-de-Latran, , . ...... 1

Saint-Pierre* ....... 2

Sainte-Marie-in-Transtcvère (une partie) ... 1

Saint-Roth (une partie). %

Saint-Marc, , 3

Sainte-Marie-in-Campitelli (une partie), , 1

(2) Revue archéologique } avril i847? pt 67,

Stanbrook ( Worcester) . — M. l’abbé Morrall m’a signalé au couvent de Stanbrook deux ou trois épines qui appartenaient à l’abbaye de Glustenburg avant sa dissolution.

Toulouse (France) . — lVTr l’archevêque de Toulouse a bien voulu faire ouvrir le reliquaire de la sainte épine de Saint-Cernin & m’en adresser le procèsverbal dans lequel on lit la description suivante :

« La longueur de l’épine est de 41"™. Elle paraît cylindrique, légèrement conique, en forme d’aiguille, à pointe un peu émoussée, à surface lisse, bien que recouverte de poussière blanche. Le diamètre transversal de l’épine à sa base est de i™"1 ijz. Elle présente une légère courbure, sa couleur est d’un brun châtain. » Le savant professeur de la Faculté de Toulouse, M. de Cloos, suppose que l’épine qu’il a examinée appartient à une espèce de cratægns qui croît en Syrie. M. Pietro Savi, de Pise, est du même avis, & pense que cette épine est trop longue pour avoir appartenu au \i\yphus spina Christ î. Il est permis de croire que le rhamnus n’a pas été la seule épine employée par les soldats pour la sainte couronne W.

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