CARPENTRAS
« par la vertu du frein sacré , qu’il s’unit d’esprit & de cœur à cette pieuse assemblée, pour la '« condamnation & l’anathème des trois chapitres, c’est-à-dire des écrits de Théodore de « Mopsueste, de la lettre qu’on attribue à Ebas & des ouvrages de Théodoret contre la foi « orthodoxe & contre les douze chapitres dits de saint Cyrille. »
« M. de Bournareau, vicaire & official général de Mgr de Vignoli, évêque de Carpentras, en 1780, dit en termes formels, dans le livre de raison des archives du chapitre : « Le saint « clou fut apporté à Carpentras par un soldat du pays, sous le règne de l’évèque Andréas « (1 200-1 209) (x). »
« Ce fut à cette époque (la prise de Constantinople en 1204) que diverses églises s’enrichirent des reliques qui furent apportées de la capitale de l’empire d’Orient. Le roi Philippe-Auguste acquit alors un morceau de la vraie croix, des cheveux & des langes de l’enfant Jésus, une épine de la couronne du Seigneur, un morceau de son vêtement de pourpre, avec une dent & une côte de l’apôtre saint Philippe. Ces reliques lui furent envoyées par Baudouin, comte de Flandres, élu empereur de Constantinople, après la prise de cette ville. 11 les avait tirées de la chapelle du palais Bucoléon . Garnier, évêque de Troyes, enrichit son église du chef de sainte Hélène & d’une partie de celui de saint Philippe. Galon de Sarton, chanoine de Piquigny, dota l’église d’Amiens du chef de saint Jean-Baptiste. Les églises de Soissons, de Beauvais, de Langres, de Chartres furent alors pourvues de plusieurs reliques que les croisés leur apportèrent au retour de leur expédition. Or, puisque la translation du saint mors date de la même époque, le fait seul de son origine parmi nous ne forme-t-il pas une excellente preuve présomptive de son authenticité }
« Cottier, dans l’appréciation qu’il donne de cette relique vénérée, dit : « Puisqu’il est « certain que le saint mors ne se voit plus à Constantinople, & que de tous les saints clous « qui sont actuellement exposés à la vénération publique, en divers lieux du monde chrétien, a il n’y a que celui de Carpentras qui ait la forme d’un mors, il est naturel de conclure que « le saint clou que l’on conserve à Carpentras est le même que celui dont l’empereur « Constantin fit faire un mors, & qui était honoré à Constantinople <*). »
« L’authenticité du saint clou de Trêves, dit l’abbé de Saint-Véran , est généralement « reconnue. Browere & Mansenius citent un diplôme du pape saint Sylvestre, de l’an 327, où « il est dit que sainte Hélène fit présent de cette relique aussi bien que de plusieurs autres « à la ville de Trêves, sa patrie. »
« Conservation du saint clou dans l’église de Saint-Siffrein, à Carpentras.
« En 1793, l’abbé Bertot se constitue propriétaire de la relique, pour la soustraire
aux profanations des impies, & la cache dans un lieu secret de sa maison de campagne. On le somme de l’exhiber. Il obtient de la déposer dans le muséum de la bibliothèque publique confiée à ses soins comme substitut. Le procès-verbal inséré dans les pièces justificatives n° 3 fait foi que ce mors est celui qui se trouvait dans la sacristie de la ci-devant paroisse Saint- Siffrein. En 1795 il est confié pendant quelque temps aux mains de M. Justiniani, curé, pour être exposé à la vénération des fidèles. On dresse un nouveau procès-verbal pour constater l’identité de la relique & sa nouvelle translation dans l’église de Saint-Siffrein. Peu de
(1) Voir le manuscrit intitulé : Titres précieux concernant le saint clou , Carpentras & Avignon, qui se trouve dans le cabinet de M. de la Garde, à Saint-Didier (Vaucluse).
(2) Notice historique sur la ville de Carpentras, par Charles Cottier, p. 40.
PIECES JUSTIFICATIVES
temps après {24 novembre 1802), muni d'une lettre de M. Cabanis, maire de Carpentras, dans laquelle celui-ci prie l'abbé Jehan, bibliothécaire de la ville, de faire la remise de ladite relique de M. le curé Justiniani, celui-ci la reçoit, en fait une décharge au bibliothécaire précité, & la replace dans la même armoire où elle était renfermée avant 17553. u Auteurs qui reconnaissent le saint clou de Carpentras pour être le saint mors, a Le P. Browere, dans ses annales de Trêves « Carpentras dans les Gaules vénère avec « une grande dévotion un autre saint clou de Notre-Seigneur. »
« Godeau, évêque de Vence, Histoire de l'Eglise.
« Richard Simon, grand dictionnaire de la bible, article Croix , Fontanini, Dissert atio de corona ferrea,
« Baillet, Vie des Saints : « Le clou dont on avait forgé le frein du cheval de Constantin, u Saint Grégoire de Tours témoigne qu'on le conservait de son temps & qu'on lui attribuait « beaucoup de vertu... Nous ne savons pas en quel temps ni par qui ce frein a été apporté de u Constantinople en Occident; mais il paraît que c'est celui que l'on honore à Carpentras (0. » « Voyage littéraire de deux Bénédictins ^ : « Carpentras prétend aussi avoir un des clous « dont Notre-Seigneur fut crucifié, & celui-là même que l'empereur Constantin mit au frein « de son cheval. Il y a cinq cents ans que le sceau dont le chapitre se sert représente ce clou ti en forme de mors de cheval v
CHABLIS. — m. l’abbé Thomas, curé-doyen a chablis,
QÂ M. Rohauit de Fleury ,
a Chablis, 19 août 1866,
a Monsieur, j'ai l’honneur de vous envoyer le dessin que vous demandez de la précieuse relique de la sainte couronne que je tiens de dom Dieuzi, trésorier de l'abbaye de Saint-Denis, qui lui-même l’avait détachée de la couronne au moment de l'enlèvement des reliquaires du trésor (1793V Cette relique est parfaitement semblable à celle de Notre- Dame, c'est donc du jonc. Vous trouverez encore du jonc chez les Dames du Calvaire & chez les PP. jésuites de Vaugirard. Vous devez connaître la notice historique des reliques de la Passion, par M, Gosselin; il donne à ce sujet des explications très-plausibles.
« Il y a dans une église du canton de Chablis une épine parfaitement authentique qui peut avoir deux pouces de longueur; sa couleur est blanchâtre.
« Le trésor de Sens possède aussi une parcelle > reste d'une épine donnée par le roi saint Louis; sa couleur est celle de l'épine décrite plus haut,.. »
CHÀLETTE. — « En ladite église de Chalette, en Gâtinais, se voit une épine de la
(1) Tome IX, in-40, p. 26^.
(2) Paris, 1718, irL partie, p. 289.
(}) L’abbc de Moiuy> dans la Vie du vénérable Paul à* Andrée. — Les Mémoires de Trévoux ^ 1712, art. 124,
1553. Le P. Richard, Dictionnaire universel. — Expilly, Dictionnaire des Gaules ^ art. Carpentras. — Le
P, Crois et, dans la Vie de Jésus-Christ.
CHALETTE. — CHÀLINÀRGUES. — CHATILLON. — CHELLES. 323
couronne de Notre-Seigneur, de la longueur du petit doigt & fort dure, laquelle fut apportée en ladite église par Isabeau, dame de Chalette, lorsque son mari Ancelot de Machau, grand chambellan du roi Philippe le Bel, voyagea en la ville de Tunis, en Barbarie^. »
CHÀLINÀRGUES. — -m. i/àbbÉ lamouroüx à M. Rohault de Fleury > 10 juin 1867.
« L’ église de Chalinargues, diocèse de Saint-Flour , possède une parcelle de la vraie croix, ayant à peu près la hauteur & la grosseur du petit doigt de la main. Elle est de couleur brun foncé, & le grain du bois paraît être celui du cèdre; il est fin & assez uni, bien que l'humidité en ait un peu terni la couleur. Il y a sur un côté de la parcelle une excroissance de bois pareille à un bourgeon prêt à éclore d'une couleur plus foncée- On dirait une cheville plantée dans la relique.
« ... Elle vient du trésor de la basilique de Saint-Denis. Baudouin, empereur de Constantinople, en fit présent à Philippe-Auguste, qui la donna à I abbaye de Saint-Denis, d'où elle fut distraite à l'époque de la révolution de 89 à 93, par l'abbé Grégoire, ex-conventionnel, évêque constitutionnel de Blois, au moment où Ton faisait fondre & convertir en monnaie tous les vases sacrés & tous les reliquaires. L'abbé Grégoire, en mourant, laissa ce morceau de la vraie croix à l'abbé Labouderie, son ami, vicaire de Paris, originaire de Chai i nargues, avec le procès-verbal qui constate l'authenticité 8c l'origine de cette relique, M. Labouderie, avant de mourir, confia ce précieux souvenir à M, Delloc, avocat à Paris, son compatriote, avec injonction de la faire parvenir à Chalinargues, leur église & paroisse natale.
« C'est par cette voie, monsieur, que nous possédons cette importante relique depuis 1854,,, La parcelle donnée à M. Delloc était presque double, mais il en avait cédé par complaisance la moitié à Mme la baronne Mounier, femme de l'ancien pair de France, en présence de M. Marinier, avocat au conseil d'Etat 8c à la Cour de cassation, qui l'atteste par écrit 8c de la manière la plus sûre,
« Mlïlc la baronne Mounier a fait examiner la relique par l'archevêché de Paris, ainsi que le procès-verbal signé par l'abbé Grégoire.,, Elle a été déclarée authentique 8c certifiée par Mgr Sibour, son grand vicaire Eglée 8c son secrétaire JLagarde... L'évêque de Saint-Flour a examiné toutes les pièces & les a déclarées d'une vérité incontestable.., »
CHATILLON-SUR-LOING. — * a À Châtillon-sur-Loingj à cinq lieues deMontargis* du bois de la sainte croix dans un chef d'argent enrichi de plusieurs autres reliques^. ».