‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 73 sur 317 · MESURES ÉGYPTIENNES · texte numérisé non relu

MESURES ÉGYPTIENNES

« Le doigt est l’unité fondamentale du système égyptien. Pour la déterminer, on place les mains sur le bord d’une table , l’une à côté de l’autre , le pouce en dessous ; on étend les doigts & on les rapproche sans effort, en établissant le contact, non pas vers l’extrémité des doigts, mais le long de la première phalange des index. Dans cette position , on prend la largeur des deux mains aux articulations médianes des petits doigts, & la huitième partie de cette largeur est le doigt des mesures égyptiennes.

« Le palme vaut quatre doigts.

h La distance de l’extrémité du pouce à celle du petit doigt, lorsque la main est ouverte le plus possible, est X empan, égal à 3 palmes ou 12 doigts.

« La coudée vaut deux empans, ou 6 palmes, ou 24 doigts. Pour l’obtenir, il faut poser l’avant-bras & la main ouverte sur une table, de telle manière que le bras & l’avant-bras soient en équerre. Afin de mettre plus de précision dans cette recherche, on appuie le coude contre une arête perpendiculaire à la table ; la coudée se mesure entre cette arête & l’extrémité du grand doigt.

« Les Égyptiens firent encore usage d’une coudée artificielle, composée de 28 doigts ou 7 palmes & appelée royale ou sacrée, composée d’une coudée ordi-

(1) Saigey, Traité de métrologie } p. 5. Hachette, 1834.

naire & de 4 doigts ou d’une main,.* Suivant M, Girard , pour se servir de leur propre coudée, les hommes la portaient plusieurs fois sur la ligne à mesurer, plaçaient la main gauche à plat en travers au bout des doigts de la main droite, puis reportaient le bras droit en avant, le coude appuyé sur la main gauche, & ainsi de suite, mettant toujours un palme au bout d’une coudée, pour marquer le terme où l’une finit & où commence la suivante.

« La coudée royale s’employait pour mesurer les terrains, les routes & tout ce qui avait un but d’utilité générale. On en conservait l’étalon dans les lieux saints , & on en confiait la garde aux prêtres : celle que Moïse avait déposée dans le tabernacle est désignée dans les livres saints sous le nom de coudée du tabernacle, coudée du sanctuaire, pour la distinguer de la coudée naturelle, autrement dite, coudée virile, coudée de mesures, qui servait aux usages des ouvriers,

M. Girard, lors de l'expédition d’Egypte, retrouva la coudée royale au nilomètre d’Éléphantine ; d’autres étalons qu’on a découverts depuis sont venus confirmer cette mesure qui a 525 millimètres W.

Pour passer de cette coudée à la coudée vulgaire, il faut la diviser en 7 parties ou palmes, dont 6 feront la coudée vulgaire. Les divisions marquées sur les spécimens de la grande coudée sont au nombre de 28 doigts, d’où celles de la coudée ordinaire seront de 24 doigts. O11 peut, d’après cela, former la valeur de toutes les mesures égyptiennes (1 2),

Le doigt vaut

Le palme ou quatre doigts , . . , 75

L'empan ou la 1/2 coudée naturelle, 225

La 1/2 coudée royale de 14 doigts 262 5

La coudée naturelle de 24 doigts , . , , 450

La coudée royale de 28 doigts 525

« Les Hébreux , après leur sortie d’Égypte , ont conservé les mesures de ce pays. Moïse parle toujours dans le système de la coudée.,. Aussi tous les historiens, traducteurs & commentateurs, s’accordent-ils à regarder les mesures des Hébreux & celles des Égyptiens comme identiques, »

J’aurai besoin , en parlant des pièces d’argent, que l’on appelle , peut-être à tort, les 30 deniers, d’étudier leur valeur. Afin de ne point scinder la belle unité

(1) J'ai vu & mesuré dans chacun des musées égyptiens de Paris & de Turin une coudée sacrée qui a cette dimension exacte (525 millimètres).

(2) Saigey, p. 17,

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