‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 94 sur 317 · LA CROIX A PARIS · texte numérisé non relu

LA CROIX A PARIS

'histoire attribue plusieurs origines aux diverses reliques de Notre- Dame, dont les unes ont disparu, & les autres ont été conservées en bien petit nombre & que voici :

En 1109, Anseau donna une parcelle de la vraie croix à Galon, évêque de Paris,

1239. Saint Louis acquit de Baudouin trois morceaux & un étui ou reliquaire fort remarquable qu’il remit à la Sainte- Chapelle,

1 68)- La princesse Palatine légua une parcelle à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés.

i° La croix d* Anseau* — La plus ancienne relique de la vraie croix à la cathé^ drale de Paris datait du xiic siècle. Elle était enfermée dans une croix en cristal enchâssée dans une croix en argent & connue autrefois sous le nom de croix d’ Anseau, parce qu'un prêtre de ce nom, chantre du Saint Sépulcre de Jérusalem, & précédemment clerc de l’église de Paris, l’avait envoyée en 1109 à Galon, évêque de cette ville, & à son chapitre, avec des lettres qui en assuraient l'authenticité. « Après la mort d’Héraclius, écrivait-il , les infidèles,.*, ayant amassé une grande quantité de bois auprès de l’église du Saint-Sépulcre, ils la brûlèrent en partie. Ils eussent traité de même la sainte croix ; mais elle avait été cachée

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par les chrétiens, dont plusieurs furent mis à mort à cette occasion. Enfin les chrétiens, ayant délibéré entre eux sur le parti qu’ils devaient prendre, divisèrent la sainte relique en plusieurs portions qu’ils distribuèrent à différentes églises, afin que si quelqu’une vînt à être brûlée , on eût du moins la consolation de conserver les autres. C’est pour cela que l’on envoya à Constantinople, outre la croix de l’Empereur, trois autres croix faites du bois sacré, deux en Chypre, une en Crète, trois à Antioche, une à Edesse, une à Alexandrie, une à Ascalon, une à Damas, enfin quatre à Jérusalem... De ces quatre dernières l’une appartient aux Syriens, l’autre aux grecs du monastère de Saint-Sabas, la troisième aux moines de la vallée de Josaphat. Nous autres latins nous possédons au Saint- Sépulcre la quatrième, qui a un palme & demi de long sur un pouce de large & autant d’épaisseur. Le patriarche des Géorgiens en avait une autre que je vous ai envoyée. Cette croix se compose de deux sortes de bois. Vous y verrez une petite croix incrustée dans une plus grande. La première est du bois auquel Notre-Seigneur a été suspendu, la seconde du bois dans lequel sa croix fut plantée (h. »

Elle continua à être conservée dans le trésor de Notre-Dame jusqu’en 1793 ; alors M. Guyot de Sainte-Hélène, commissaire de la municipalité, lors de l’enlèvement du trésor de Notre-Dame, obtint du comité révolutionnaire la permission de garder la croix d’Anseau, qu’il partagea avec l’abbé Dalfort, gardien du trésor de Notre-Dame. De la partie qu’il s’était réservée M. Guyot forma quatre croix différentes, dont trois seulement ont été rendues jusqu’à présent à Notre- Dame.

La longueur développée de la première était de 8o,mn sur 5““, celle de la seconde de 94““ sur 7““.

La troisième seule est d’un bois blanc assez semblable à du sapin. Son développement est de 113"”" sur i3""n & 4""n & son volume 3,876'”'”.

Les deux autres sont d’un bois noir couleur d’ébène; cependant on y remarque aussi quelques parcelles du bois blanc qui était autrefois incrusté dans du bois noir.

Pour consolider la vraie croix de bois blanc on l’a collée sur un morceau de bois commun qui a les mêmes dimensions (1 2).

Telle est la description que Gosselin en fit en 1828. Le sac de l’archevêché en 1830 ayant bouleversé le trésor, elle ne peut guère s’appliquer à l’état actuel.

(1) Gosselin, p. 28.

(2) Idem j p. 61.

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