‹ Mémoire sur les Lépidoptères de Madagascar, Bourbon et MauriceChapitre 1 sur 132 · Mémoire sur les Lépidoptères de Madagascar, Bourbon et Maurice · texte numérisé non relu

Mémoire sur les Lépidoptères de Madagascar, Bourbon et Maurice

Dans l’état actuel de nos connoissances, entourés, comme nous le sommes, d’immenses collections qui vont sans cesse en s’accroissant, la science n’a peut-être pas moins besoin de faunes locales que de monographies, de genre, de tribu ou de famille. Il existe sur diverses contrées de l’Europe des travaux précieux de ce genre, qui ont mérité à leurs auteurs la reconnoissance des savants. Mais à peine si de foibles essais de même nature ont été tentés pour ces riches contrées dont les animaux viennent sans cesse encombrerjnos Mtisées. Merian pour Surinam, Lewin et Donovan pour la Nouvelle-Hollande, Horsfield pour Java, Klüg pour l’Arabie et le Dongola, et quelques autres encore sont entrés dans la voie dont je parle et ont publié des ouvrages plus on moins complets, et par conséquent plus ou moins utiles. L’essai que j’offre aux entomologistes sur les lépidoptères de Madagascar, Maurice et Bourbon sera accueilli, sans doute, avec la même indulgence, tout incomplet qu’il est sur le premier de ces pays, oii une sorte de fatalité, encore plus que le climat, a, jusqu’à ce jour, entrave les recherches des naturalistes.

Le petit nombre de ceux qui l’ont visité n’ont pu s’avancer dans l’intérieur qu’à une foible distance du littoral, sans parler , de ceux qui y ont trouvé la mort pour prix de leur zèle. En effet, tandis que toutes les autres terres, découvertes par les Européens, devenoient presque aussitôt leur propriété, et que la civilisation s’y introduisant peu à peu en faisoit un théâtre plus ou moins facile de recherches scientifiques, Madagascar restoit à l’écart Annales du fthiséum, l. II, ¥ série. 20

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

comme une terre interdite aux nations de l’Europe, qui envahissoient les pays qui l’avoisinent. Découverte en i 5o6 par les Portugais, et aussitôt abandonnée par eux , un siècle et demi s’écoule avant que la France songe à y fonder quelques établissements, dans la partie sud, au fort Dauphin. L’histoire de ces établissements n’est elle-même qu’une suite de désastres, de revers, de démêlés sanglants avec les naturels, (pii eussent suffi pour en bannir les paisibles recherches des amis de l’histoire naturelle, si l’esprit de cette époque eût été tourné vers ces sortes de poursuites. Quelques hommes, cependant, frappés des productions singulières de cette contrée, en touchèrent quelque chose dans les écrits qu’ils publièrent; mais, outre quelentomologie étoit encore à naître, il suffit de nommer les Cauche et les Flaeourt pour juger de ce que l’on eût pu attendre de ces observateurs, s’ils se fussent occupés de cette branche des sciences. Le seul voyageur antérieur à nos jours, que l’on puisse citer, est l’infatigable Commerson, qui, vers le milieu du dernier siècle , fit un séjour au fort Dauphin, et y récolta quelques insectes qu’Olivier a fait connoître. Fabrieius en reçut également quelques autres d’hommes dont le nom nous est inconnu, et qui, sans doute, les avoient recueillis sans y attacher la moindre importance. On peut en dire autant d’une ou deux espèces figurées par Cramer ou par Drury. Pour voir l’entomologie de Madagascar sortir enfin des ténèbres presque complètes dans lesquelles elle étoit plongée, il faut arriver jusqu a ces dernières années, lorsque la France, voulant réparer la perte de l’ancien établissement du fort Dauphin, et consolider les postes précaires quelle avoit conservés à Tamatave et Foule- Pointe, sur la côte orientale, tenta de coloniser la petite île

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

de Sainte-Marie, un peu au nord de ces deux points et à deux lieues de la grande terre. Plus tard , lorsqu’en 1828 la guerre fut déclarée aux Hovas, Tintingue fu t occupé, et vit s’élever un village fortifié, qui, dix-huit mois plus tard, fut abandonné et livré aux flammes. Ces diverses tentatives de colonisation et la guerre contre les Hovas, qui dure encore en ce moment, n’ont eu que des résultats funestes sous le rapport commercial et politique; mais fliistoire naturelle et notamment 1 entomologie en ont profité jusqu’à un certain point. Cette dernière étant répandue aujourd’hui dans toutes les classes de la société, même parmi celles qui sembleroient devoir lui être le plus étrangères, il s’est trouvé, parmi les colons de Sainte-Marie et les militaires de l’expédition, des hommes qui consacroient à cette étude paisible leurs instauts de loisir; et c’est à l’un d’eux que je signale à la reconnoissance des entomologistes que je dois une partie des espèces qui figurent dans cet ouvrage. M. Sganzin, capitaine d artillerie de marine et ex-commandant de l’île de Sainte-Marie, est cette personne; et, pour rendre justice à tous, je placerai à côté de son nom celui d’un jeune voyageur, M. Goudot, qui a visité Madagascar à l’instant où la guerre avec les Hovas alloit éclater, et qui, y étant retourné depuis, s’y trouve au moment où j écris. Aujourd’hui, que l’espoir de la paix est perdu pour long-temps dans ce pays, et que la présence des étrangers, et des Français plus particulièrement, y est à peine tolérée, il est probable que cette source de richesses, pour nos collections, est tarie pour un temps illimité. C’est un des motifs qui m’a engage à rassembler toutes les espèces de lépidoptères que l’on connoit de ce pays, et à les publier, afin de dresser, en quelque sorte, 1 état de nos collections sur cette contrée. On remarquera

COINSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

que toutes appartiennent au littoral, à quelques lieues à peine de distance dans l’intérieur. Ce dernier est complètement inconnu ; le peu de voyageurs qui Font visité, ayant eu toute autre chose que les sciences en vue, ou les résultats de leurs travaux ne m’étant pas connus, malgré mes efforts pour en découvrir la trace. Les collections de l’Angleterre renferment, à ma connoissance, moins d’espèces de Madagascar que les nôtres, quoique les Anglais soient presque les seuls qui aient résidé assez longtemps à Tananarive, capitale du royaume des Hovas, à 80 lieues du littoral.

L’entomologie a été plus heureuse à Maurice et Bourbon. Le peu détendue de ces îles, leur ancienne civilisation, le nombre d’hommes éclairés qu’elles possèdent, et enfin les nombreux voyageurs qui y abordent sans cesse, tout a concouru à en faire connoître les productions naturelles ; et, sans vouloir juger moimême cet ouvrage, je crois que par la suite on aura peu d espèces de lépidoptères à ajouter à celles dont je donne la description. Cette assertion, toutefois, ne regarde que les diurnes ; car, pour les nocturnes, qui peut sc flatter de connoître toutes celles d’un pays lointain , si borné soit-il, lorsque chaque jour on en découvre de nouvelles dans les parties de l’Europe les plus explorées par une foule de naturalistes?

A ces considérations, en quelque sorte purement historiques, je voudrois pouvoir joindre des détails précis sur la végétation de ces trois contrées, en tant quelle se lie à l’histoire des lépidoptères, ou, en d’autres termes, désigner quelles sont les plantes dont chaque espèce, sous son premier état, fait sa nourriture spéciale; mais ici, je l’avoue, les matériaux me manquent presque totalement: des données générales fondées, soit

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. 1 53

sur des observations direetes, soit sur des analogies incontestables, sont tout ce que je puis offrir à mes lecteurs dans ce genre, et je ne me dissimule pas combien elles sont bornées. Ainsi je puis assurer qu’à Madagascar, Maurice et Bourbon, comme dans 1 Amérique du sud, la plupart des espèces du genre Papilio et de ses subdivisions récemment établies ( ornitlioptera, endopogon, etc.) vivent à l’état de chenilles sur les orangers; celle des genres Danois et Euplœa sur les nerium, les asclepias et autres apocynées, etc. Mais pour la majeure partie des espèces, il me seroit impossible de déterminer quels sont les végétaux dont elles font leur nourriture particulière, sur-tout pour celles qui, vivant au sommet des arbres, se dérobent aux recherches les plus assidues, ou que d’autres particularités de mœurs mettent dans une situation analogue. La même pénurie de documents existe sur les métamorphoses de ces insectes. Cette partie si essentielle de la lépidoptérologie, sans laquelle il ne peut exister de classification naturelle des genres, est encore dans l’enfance pour les contrées hors de l’Europe, et sur-tout pour l’Afrique et pour l’Inde, bien que M. Ilorsfield, dans son beau travail suri île de Java, nous ait donné quelques renseignements précieux à cet égard, et que nous possédions dans nos musées quelques chenilles et autant de chrysalides de ces pays. Les analogies dont jai parlé peuvent seules nous servir de guides dans cette partie, jusqu à ce que des observations directes viennent ou les confirmer ou les détruire. Quelques unes assez importantes sont déjà en notre possession, et je signalerai particulièrement la description de la chenille de 1 urania rhiphams, que je donne d’après M. Sganzin, qui en a élevé un grand nombre, et qui a pris une note exacte de leur forme et de leurs couleurs.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Cette observation est d'autant plus précieuse, quelle concorde avec celle faite par M lle Mérian, sur la chenille dune autre espèce du même genre, uraitia Leilus, commune à Surinam, et dont elle a donné une figure dans son ouvrage, qui, jusqna présent, avoit paru douteuse. Maintenant nous pouvons être certains que la chenille de ce genre est semi-arpentense, avec des épines, comme dans les Nyuiphalides, et des tentacules rétractiles, comme dans les Pctpilio; ce qui achève de le rendre singulièrement anomal.

Sous le rapport de la géographie des insectes, les trois pays dont nous donnons la faune, offrent des particularités intéressantes à étudier, et qui peuvent jeter un grand jour sur cette partie, à peine ébauchée, de l'entomologie. Par leur situation géographique, tous trois appartiennent au continent africain, et leurs productions devroient, par conséquent, avoir la plus grande analogie avec celles de ce dernier, ainsi que cela a lieu dans l'océan Atlantique pour les îles du Cap-Vert et Canaries; mais cela n’est vrai en partie que pour Madagascar. Si ses lépidoptères ont en général les plus grands rapports spécifiques avec ceux de l’Afrique, par une bizarrerie assez singulière, ce n est pas avec ceux du Cap de Bonne-Espérance, cpii en est assez voisin, mais bien avec les espèces des contrées africaines les plus éloignées, telles que le Sénégal, Sierra-Leone, etc. Quelques unes sont identiques; d autres tellement voisines, qu’il faut y regarder de bien près pour s’apercevoir de leurs caractères différentiels. Les premiers, par conséquent, ont traversé tout le continent de l’Afrique sur une zone dont nous ignorons la largeur, mais qui, sans aucun doute, doit être limitée par les tropiques; tandis que pour les seconds la nature, sur le point de passer au type indien,

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

semble avoir voulu créer auparavant des races intermédiaires plus voisines du type qu’elle alloit abandonner, que de celui qu’elle étoit sur le point d’imprimer à ses productions. Une nouvelle preuve de la fréquence de ces identités entre les espèces de contrées séparées par d’immenses intervalles est encore fournie par les lépidoptères recueillis à Dpngola par Erlienberg, décrits et figurés par Klüg dans son Symboles physicœ, qui sont en grande partie les mêmes que ceux du Sénégal. Nous pourrions dire la même chose de beaucoup de coléoptères.

Le changement de type dont je parle se fait sentir encore plus vivement lorsqu’on atteint Maurice et Bourbon,’malgré la foible distance qui sépare ces îles de Madagascar-, quelques espèces sont encore semblables à celles de ce dernier pays, et par conséquent ont une physionomie africaine. Mais le type indien se prononce davantage, et dans quelques lépidoptères de Maurice on pressent déjà les formes de la côte de Malabar, du Bengale, de Ceylan, de Java, et des autres îles de la Sonde. Ces analogies typiques sont, je l’avoue, fugitives parfois et difficiles à saisir, mais elles n’en existent pas moins pour un œil exercé, et j’insiste sur elles, pareequ’à mesure que nous nous élevons vers la connoissance générale des êtres, il devient plus indispensable d’apprécier l influence des climats sur leurs espèces. Toute la philosophie zoologique est là. En entomologie les lépidoptères sont aux autres ordres ce que les oiseaux sont aux mammifères. Doués la plupart d’un vol puissant, ils peuvent franchir d’énormes distances, et se propager au loin sans qu’il soit besoin, pour expliquer leur présence simultanée sur des pays séparés par de telles distances, de recourir à l’hypothèse de créations identiques et isolées que je suis

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

loin, du reste, de vouloir nier complètement. C’est dans le même but que j’ai fait précéder ma faune de l'Océanie, annexée à la partie entomologique du voyage de (Astrolabe, d’un tableau géographique des espèces d'insectes de la Polynésie, et que je continuerai parla suite mes travaux dans cette voie.

Je n’ajouterai plus qu'un mot sur le plus ou moins d abondance des lépidoptères dans les trois pays dont je parle. Madagascar, sous ce rapport, n’a rien à envier aux contrées les plus favorisées du globe ; et bien que, par analogie à ce qui a lieu en Amérique, je soupçonne cpie l’intérieur de cette île immense est moins riche que le littoral, je crois que cette différence n’est pas assez considérable pour altérer l’opinion (pie je viens demeure. Tamatave, Féneriffe, Foule-Pointe, Tintingue, les seuls points sur lesquels nous ayons des renseignements exacts, sont représentés d’un commun accord par les voyageurs, comme la terre promise de l’entomologiste. Des coléoptères, dune beauté remarquable, se présentent en foule à ses regards, et les lépidoptères ne lui offrent pas des récoltes moins abondantes. De magnifiques papilio, de nombreuses espèces d'acreea, des Euplœa, des Danois, des Uraaia, des Cyrestis, des Xanthiàia, tous ces genres, en un mot, étrangers à nos climats, embellissent de leurs formes élégantes et de leurs couleurs splendides les forêts marécageuses et pestilentielles de Madagascar, et le disputent, parleur beauté, à cette végétation puissante qui fait l’admiration du botaniste.

A Maurice et Bourbon le même spectacle n’a lieu qu'en partie; ces îles bornées subissent la loi générale, qui veut que les portions de terre, entourées par l’océan, soient sur un rang inférieur aux continents qui les avoisinent, à moins que par leur étendue elles

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. ,5

ne soient elles-mêmes des espèces de continehts, ou que dans l'origine elles n aient fait partiede terres immenses dont les révolutions

du globe les ont séparées, auquel cas elles conservent les mêmes productions que le sol auquel elles appartenoient : or, les deux lies en question 11e peuvent se ranger dans cette catégorie. L’absence de roches primitives et la présence de volcans non éteints, annoncent quelles sontsorties, à une époque inconnue, mais assez recente, du sein de l'océan. En outre, d’autres causes ont contribué à diminuer leurs richesses entomologiques. La sécheresse comparative de leur sol, qui n’est arrosé, comme celui des îles de médiocre étendue, que par un petit nombre de ruisseaux nés des vapeurs attirées par les forêts elles pitons des montagnes ; les ravages opérés dans la végétation par la main de l’homme ; la présenced un grand nombre d’oiseaux insectivores, etc., sont les principales raisons qui les rendent si peu abondantes en lépidoptères. En effet, dans ces deux îles on ne connoît pas encore une pieris, pas une colias, pas une aerœa, etc.; chacune d’elles nourrit, sur ses orangers, une seule espèce de papilio. Mais, en revanche, la tribu des Spliingides y est assez riche, presque tous les sphinx de Madagascar se trouvent à Bourbon et à Maurice; et nous en connoissons plusieurs, propres à ces deux dernières, qui, jusqu’à présent, n’ont pas été observés à Madagascar. Ce fait prouve ce que nous avons avancé plus haut, que les lépidoptères peuvent se répandre à des distances considérables, sur-tout les espèces qui, comme les sphinx, ont un vol puissant et soutenu.

Les environs des habitations offrent, comme en Amérique, certaines espèces qui semblent par-tout rechercher le voisinage des défrichements, telles que les Danois, les Euplœa, les Lycé-

mdes, etc.'; mais c’est dans l’intérieur des forêts encore vierges Annales du Muséum, t. II, 3 e série. 0 °

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

qu’il faut eherclier lA plupart des N yiu pliai ides. Quant aux nocturnes, presque tous habitent les mêmes lieux que les dernières dont je viens de parler, et ne se rapprochent de la demeure de rhomine qu’attirés le soir par la lumière des appartements.

Je erois devoir ajouter à ces généralités quelques détails sur les sources d’oii proviennent les matériaux qui m’ont servi pour ce travail, dont l’idée première remonte à une époque assez ancienne, mais dont j’avois ajourné l’exécution, ne possédant pas une quantité d’espèces suffisante, sur-tout pour Madagascar. M. Goudot, que j’ai déjà mentionné* revint en France, en 1829, avec une collection assez riche de ce pays et de Bourbon, et j’acquis de lui un assez bon nombre d’espèces nouvelles. En 1 83 1, M. Poutier, officier de marine, rapporta de Bourbon également une quantité considérable de lépidoptères et quelques espèces recueillies à Tintingue, dont il me fit don. Enfin, tout récemment, M. Sganzin , dont j’ai aussi parlé plus haut, ayant rapporté non seulement une nombreuse collection de lépidoptères de Maurice, Bourbon et Madagascar, tuais encore des notes sur les métamorphoses de ces insectes, leurs mœurs, les époques, de leur apparition, et leur plus ou moins de rareté, j’ai pensé que je pouvois exécuter le projet que je méditois depuis long-temps. M. Sganzin ayant remis toutes ses notes à ma disposition, tout ce qui a rapport aux points ei-dessus lui appartient en propre, et il en garde l’honneur et la responsabilité. Je ne puis revendiquer que la partie méthodique, synonymique et descriptive qui est mon ouvrage en entier.

J’ai également eu h ma disposition les envois faits à M. Dejcan

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

par M. Desjardins, de Maurice, et la belle collection de lépidoptères, faite dans ce dernier pays par M. Marchai, qui mont mis à même d’établir des points de comparaison entre un plus grand nombre d’individus.

Je dois, en outre, à M. Marchai des remerciements particuliers pour l’obligeance qu’il a mise à me communiquer non seulement tous les insectes de sa collection, mais encore les notes qu’il a recueillies sur les lieux, pendant un séjour de dix années.

Quelques personnes s’étonneront peut-être des noms que j ai imposés à la plupart des espèces nouvelles. J’ai suivi en cela l’exemple donné par M. Horsfield dans son ouvrage sur Java. Il seroit à desirer que, dans l’origine, au lieu d’affubler des noms de la fable, les lépidoptères de toutes les parties du globe, on leur en eût donné qui rappelassent un peu les contrées dont ils proviennent.

Je me propose de donner, par la suite, un supplément à cet ouvrage, lorsque de nouvelles espèces du pays ci-dessus parviendront à ma connoissance, en nombre suffisant, pour servir de base à un travail de ce genre.

Docteur BOISDUVAL.

RHOPALOCÈRES.

PAPILLONIDES.

GENRE PAPILIO.

r. P. Brutus.

A lis albido-sulphureis caudatis; cinticis supra extimo, posticis maculis , tiigris ; his subtus fa scia fusca , media , transversa.

Fabr. Ent. Syst. t. 3. n° 65.

God. EncycL méth. 9. p. 69. n° 122.

H er est, Pap. tab. 46. fig. 1. 2.

Pap. merope . Cram. i5i. A. B. et 378. D. E.

11 se trouve dans les bois aux environs de Tamatave, d'où il a été rapporté par M. Goudot. Il habite aussi le Cap de Bonne-Espérance, le pays des Hottentots et Mozambique; sur la cote occidentale d'Afrique il remonte jusqu au Sénégal.

II y a des variétés dans lesquelles les trois taches noires du milieu des secondes ailes sont remplacées en dessus par une bande de cette couleur. Dans d'autres variétés la queue est très courte, et réduite à une dent plus prononcée que les autres. Tous les individus de Madagascar que nous avons été à meme d'observer avoient une queue spatulée et bien prononcée.

Page 1