‹ Mémoire sur les monnaies du règne de François IerChapitre 25 sur 98 · I.XX.XI1I · texte numérisé non relu

I.XX.XI1I

DU RÈGNE DE FRANÇOIS I er .

malaisé descouvrir et adverer les falsifications, adultérations, rongnements et autres malversations et fautes qui se commettent au faict desdites monnoyes, au moins qu’avec grandes difficultez et encore, icelles cognues, scavoir dont elles viennent, qui en sont participans, consentans et responsables)). Si l’affaire concernait la Bourgogne, la Bretagne, le Dauphiné ou le Languedoc, c’était le général subsidiaire de la province qui assistait à l'audience! 11 .

Entre la Chambre et. le Châtelet il y a eu des conflits. Ainsi il est arrivé que la Chambre, ayant prononcé des condamnations contre des personnes convaincues du crime de fausse monnaie, le prévôt de Paris défendit aux exécuteurs de la haute justice d’exécuter la sentence parce qu’en effet, en matière criminelle, la Chambre des monnaies était tenue de réclamer le concours de conseillers du Châtelet. Le Parlement de Paris était le juge de ces différends 1 '!

3° Les ateliers monétaires et leur personnel. — Le roi avait seul au xvi e siècle le droit de battre monnaie dans son royaume^ 3 !

Les ateliers monétaires du roi, ses « Monnaies » comme on disait, étaient établis dans une trentaine de villes (tl ! Toutes

W Lorsque, en i 55 i,Henriïï érigea en cour souveraine la Chambre des comptes en augmentant le nombre de ses membres, il donna comme un des motifs de cette mesure la longueur des procès en appel au Parlement qui permettaient aux délinquants d'échapper à la punition par des délais indéfiniment prolongés.

Voir la sentence du Parlement du Si octobre i 53 a. F. de Saulcy, Recueil de doc. j t, IV, p. 281 .

^ Les rois de France faisaient remonter ce droit au xm* siècle et s'appuyaient sur une ordonnance de 1278 :

« Premièrement n nous voulons et commandons que nulle monnoye ne coure en nostre royaume fors que les nostres propres, lesquelles y ont accoustumé

d'y courre, h Depuis Philippe le Hardi, les rois avaient racheté ou supprimé, au XI r I* et au xiv* s iècle, un cer tain n omb re de monnaies seigneuriales. (Voir, outre " l'ordonnance de 1273, celles de juin i 3 i 3 , de Noël 1 3 r 5 et de îSiq*) Les seigneurs avaient réclamé contre T ordonnance de 1 3 1 5 qui portait atteinte à leurs droits. C'est par des rachats particuliers et par des réunions de provinces à la couronne que les rois ont ensuite peu à peu supprimé les monnaies seigneuriales.

W Les points secrets attribués aux Monnaies à l'avènement de François I" vont jusqu'au numéro 3 1, mais quatre ou cinq numéros ne sont pas suivis de noms de ville. F. de Saulcy , Hisl. nam. f p. 17. Cet auteur a donné en tête de

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ces Monnaies nont pas existé pendant ia durée entière du règne de François I er et celles qui existaient alors n’ont pas toujours fonctionné régulièrement. Il y a eu des interruptions, soit parce que ïe roi ordonnait la fermeture temporaire de l'atelier, soit parce qu’il ne s’était pas trouvé d’adjudicataire, soit parce que le gouvernement ne faisait pas de commande.

Ainsi, la seconde année de son règne, FrançoisI er défendit momentanément de frapper aucune monnaie d’or, d’argent et autres, sauf dans les ateliers de Paris, de Rouen, de Lyon et de Bayonne®. La fermeture des autres ateliers fut d’ailleurs de peu de durée.

Vingt-cinq ans après, le roi décida q ne chaque atelier aurait désormais pour différent une lettre spéciale au lieu du point secret qui était jusque-là en usage®, et il rappela que les maîtres particuliers étaient obligés d’apposer, en outre, leur propre différent, c’est-à-dire une marque personnelle®. Dans

son Histoire numismatique du règne de François ï tf un résumé de l’histoire des ateliers monétaires pendant le règne de François avec la date de l’ouverture et de la fermeture de chaque atelier.

Voir aussi M, E, Faivre, Etat actuel des ateliers monétaires français et de leurs différents, 2 e édition.

I 1 ) a » , , . * Pour obvier, eslaindre et garder que doresnavant ne y soient, plus faictes aulcunes fautes* . , * * » Déclaration du iq juin i 5 i 5 * Dès le mois d’octobre i 5 i 5 , la Chambre des monnaies proposa de rouvrir les ateliers de Tours, Angers, Poitiers, La Rochelle, Montpellier, Toulouse, Bordeaux, Limoges et Bourges*

^ Avant qu’une lettre eût été assignée à chaque atelier, la Chambre des monnaies leur attribuait par ordonnance un point secret ou même une lettre, afin de reconnaître les produits de leur fabrication. F. de Saulcy en a donné la liste pour le commencement du règne de François P r * Hist. nam, , p. 1 g.

Les points secrets, qui avaient été prescrits par une ordonnance de id8(),

avaient peu changé depuis ce tempsdà, sinon pour quelques villes et surtout durant la guerre de Cent ans; toutefois, le nombre des ateliers ayant augmenté, on avait ajouté de nouvelles désignations , nombres ou signes, à partir de la 21* lettre. (Voir cependant plusieurs notations différentes dans le Recueil de doc., par F* de Saulcy, 1.1, p. i et suiv.)

Les deux premiers numéros appartiennent à des monnaies du Dauphiné* M. Henri Morin-Pons ( Monnaies féodales du Dauphine, p. s go ) pense que c’est parce que les points secrets sont originaires de cette province; il cite à l’appui de son opinion des monnaies dauphinoises du temps de Charles V qui portent ce signe dès le règne de ce prince et qui l’ont porté après 1 54 o.

Plusieurs Monnaies, tout en marquant leurs pièces de la lettre réglementaire à partir de 1 54 o, continuèrent de les marquer aussi de leur ancien point secret*

w Ordonnance du i 4 janvier i 54 o.

(Voir le texte de l’ordonnance dans Recueil de doc., par F. db Saulcy, t, I V, p* 342 .) Le différent de maître date

IAÏXV

cette ordonnance se trouve une liste qui comprend vingtcinq noms et suppose trente et un ateliers, puisque le Dauphiné en possédait quatre, la Provence un ou deux et la Bretagne deux. L’année suivante, l'ordonnance du 19 mars i 54 i n’en mentionne que dix-sept qui soient autorisés à fabriquer : ce sont ceux qui, se trouvent imprimés ci-dessous en italique.

LISTE DES VILLES QUI AVAIENT UNE MONNAIE, AVEC INDICATION DU POINT SECRET ET DE LA LETTRE MONETAIRE.

Le numéro du point secret indique la lettre de la légende sous laquelle ce point devait être placé. La lettre monétaire a été substituée à partir de i 54 o au point secret- néanmoins les monétaires ont souvent conservé au xvi° siècle l’ancienne marque avec la nouvelle^.

POINT

LETTRE

sr.crKT.

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