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COURS
EN MONNAIE
TÜL'IÜXOIS.
( Esc us soleil (et à 1 a croisette) ^ 1 K
] Èscus d’or au soleil (pièce / faible) ♦ **,. ....
5(1. 14 gr.
t Testons W * * * * .*..*•**•. *
11 d* 6 gr.
1 Dou/.aîns à la croisette*** ♦*.
3 d. rG gr.
1 Treïzains, dizains, demys dou- 1 zaîns, demys dizains, de-
) aux prix accoutumés.
\ mys treizams..
1 Liards à la croisette.*, *
2 d* 6 gr.
f [Doubles tournois] a la croisette
1 d, G gr*
\ [Petits tournois à la cro bette] w
aSa
18 gr.
\ Gros lestons , *...
11 d* G gr*
( Detntztestons*. *******
11 d. 6 gr.
[ Gros testons **************
h d* 6 gr*
( Demys lestons. ******
à Véquipolient*
DATES DES ACTES ( ORDONNANCES
LETTRES , UAEISEMEflTS ,
cris de nupflflaifis , ûLc. ).
19 mars 1541 (»),*
19 mars
Lembre 154SW. t . j
t 1 ) Ordonnance de Bloi*. — F* de Saü(,ct, Rcc, de doe. f t, IV, p* 36 g. — Fokzihoh, x* édition, t* II, p. 97,
La fabrication des te s Ions reste défend ne,
4 *} Cei espèces ne sont pas mentionnées dans l'ordonna nco. (Ynîr FoMTAKOI , t* II, p. gG , art* 7 et S de L'ordonnance du ïçj rajin i5ni* J
1*1 FdüTASOH, 1 * Il t p. 95, — Cette ordonnance conlimin les titres, poids Eli cours antérieurement fixés pour les èens et antres espècesi
OrdonnancE! pour la Monnaie do Paris. — F. de Saclct, flee, Je Joe*, t, IV, p. 4ou
F» de Siiilcï, Rtc, de doc.fi, IV, p- difi* — Ordonnance pour Les Monnaies de Lyon et de Paris-
1 o° La frappe des testons. — Les lettres du 2 4 février i54o, en même temps qu’elles ordonnaient la frappe de nouveaux douzains, arrêtaient celle des testonsL’ordonnance du 19 mars i54i réitère la défense de fabriquer « tous testons et demi-testons »®; mais elle prescrit qu’à ceux «qui se trouveront jà forgez en noslre dit royaume à nos coings et armes et aux lestons de Suisse, Berne, Fribourg,
{l} vl Considérant C|ue la monnaie des testons est sujecte et facille à estre lavée, rongnée et dyminuée plus que les autres monnayes*,* » F. de Saulcy, Hec. de doc , J h IV, p. 345. En réalité, pour éviter les ro¬
gnures , le roi substituait une pièce de bas titre à une pièce fabriquée en bon argent Le billon, en eüèt, tentait moins les rogneurs que les pièces d T un haut titre* < a > Art* 10 *
eux.
Sion, Ferrare, Gennes, Milan et Portugal du poids de 7 deniers io grains et au-dessus, chacune pièce, et de 10 deniers 18 grains 3/4 de loi fin, soit donné cours et mise pour îo sous 8 deniers tournois pièce; et aux demitestons à lequipollent, jusques à ce que par nous autrement en soit ordonné ». Les possesseurs de ces pièces étaient d’ailleurs autorisés à les porter aux Monnaies, où elles leur seraient remboursées en monnaie nouvelle, puis cisaillées.
L interdiction ne dura pas. La guerre s’étant rallumée en 1542 (l) , des lettres patentes du 20 septembre i 542 autoriseï ent la fabrication de gros et demi-gros testons du même poids et de même loi que ci-devant et l’achat de matière par les maîtres particuliers au prix de i4 livres le marc d’argent le Roi. 11 paraît que ce prix ne fit pas affluer suffisamment le métal; car, l’année suivante, fies lettres patentes autorisèrent la Monnaie de Rouen à faire ses achats à i 4 livres 1 o sous le marc K '. Le cours des testons fut élevé à 11 sous par les lettres du 2 5 juillet 1543, à condition que ces testons pesassent au moins 7 deniers 10 grains trébuchants. Le roi ne dissimulait pas « les grans et urgens affaires» qui! avait de présent «pour le faict et entretenement des guerres» et l’avantage qu’il trouvait à hausser ainsi le cours du teston au lieu de faire venir « douzains et dizains desquels sont de grans frais » (3) .
A la même époque, ordre fut donné à la plupart des ateliers monétaires de se procurer des matières d’argent et de frapper des testons dont la fabrication continua jusqu’à la mort du roi A cet eflet, de nouveaux emprunts de vaisselle
* tJ Le 3 juin 1 54^ , le roi interdit en France,et particulièrement en Piémont, le cours des domains, Ha rds, etc,, fabriqués en Italie, et le 26 septembre i 543, le cours des pièces anciennes et nouvelles de Metz. — Fontanon, a'éd., t. II, p. 11 ê) et 110 .
w Voir dans les Manuscrits de VHôtel des monnaies , in-4% n° i38, les lettres patentes du 30 septembre i54a, du a4
octobre 1 543, du 1 4 décembre i543.
{3) Fontanon, a* éd. t t. IL p. 110.
c * } Voir le chapitre 11 , section n° 3 .
La monnaie manquait notamment en Provence. Les habitants demandaient la prompte ouverture de la Monnaie d T Aix, celle de Marseille étant fermée depuis plusieurs mois \ 1 7 janvier 1 54a, F. de Sàulcy, üec- de doc*, t. IV, p. 4 08 .
d’argent furent faits' 11 ; en moins de quinze mois' 25 , plus de 4 o,ooo marcs durent être convertis en grosse monnaie d’argent dans une douzaine d’ateliers (J) .
A la fin du règne, ce fut sur le billon noir que se poi-
(') Ordonnance du roy pour faire gros et demys gros testons en La Mon™ noyé de Paris (2 o sept. 1 54 - 2 ). « François, etc. Comme pour subvenir à l’enirctenemènt des grosses et puissantes armées que nous avons de présent en divers lieux, ayons avisé de faire emprunetz de plusieurs noz bons et loyauix officiers et subjeetz entre lesquelz aucuns nous ont. preste et veuillent prester bonne quantité de vesselle d’argent que nous entendons faire fondre et convertir en espèces de monnoyes courant; qui puissent eslrc employées au payement des gens de guerre estans esd. années, et combien que par noz derniers edicU et ordonnances sur le faict de nosd, monnoyes, nous ayons prohibé et deffendu la fabrication en nostre Royaulme, pays et seigneuries de nostre obéissance de tous testons et demys testons à cause de falsifications et rongneures qu’un y faisoit ordinairement au préjudice de nostre peuple; touteffoys pour ce que à faire forger mon noyé de douzains de lad. vesselle, et suivant nosd. ordonnances ,se consumeroit grande longueur de temps, et ce pendant ne pourrons nous ayder d’icelle vessellc,nous avons ordonné qu’elle soit convertie en testons et demys testons qui pouront estre promptement forge?, pour nosd. affaires, ce qui ne seroit permis sans avoir nos lettres patentes contenant nostre voulloir sur ce. «F.db Saulcy, Bec . de doc. J t. IV, p. 4 oi ; voir aussi 29 mai i 544 ï Catal.
des actes de François I er *
Le 10 mai i 544 des lettres patentes autorisent Sébastien de Riberolles, maître particulier de la Monnaie de Paris, à acheter de la vaisselle et autres matières d’argent au prix de i 4 livres 10 s. le marc pour fabriquer en un an 2 ,000 marcs de testons ( Manuscrit in-U° de l’Hôtel des monnaies , n° 28),
Le 2 juillet i 543 , le maître particulier de la Monnaie de Lyon est autorisé à payer i4 liv. 10 s. le marc d’argent pour fabriquer des testons (F. de Sàulcy f liée* de doc.* t. IV, p. 4 i 6 )^
( s ) Des lettres patentes de janvier i544 autorisaient le maître particulier de Tours à frapper 6,000 marcs de testons en un an en payant le droit de scigneuriage au roL 1) autres lettres du 8 mai 1 544 , considérant qu’il ne pourrait s’acquitter en un an, lui accordèrent un délai,
( 3 l Dans le Manuscrit in- 4 % n° i 38 , de h Hôtel des monnaies, on trouve en effet, pour les douze ateliers suivants, l’autorisation de frapper un poids de plus de 4o,00o marcs; 28 février 1 b 44 , Limoges, 5 oo marcs; 28 février, Tours, 6,000 marcs; 18 mars, Reims, 3 ,000 marcs; 28 avril, Lyon, 12,000 marcs; fB mai, Paris ; 2,000 marcs ; 16 moi, Toulouse , 1,200 marcs ; 17 mai, Bordeaux, 700 marcs; 2 juin, La Rochelle, 5 00 marcs ; 1 1 juin, Marseille, 1,000 marcs ;
9 juillet, Nantes, 3 ,000 marcs; 3 i octobre, Lyon, 12,000 marcs. L’année suivante (29 avril 1 545 ), Lyon fut encore autorisé à frapper 2,000 marcs.
On trouve, en outre, le 18 mars i 546 , une ordonnance des généraux autorisant Lyon à frapper 2,000 marcs; il s’agît peut-être de la même émission.
Le roi explique, a propos de la seconde autorisation de 12,000 marcs donnée a Lyon, que les marchands avaient apporté à la Monnaie plus de matière qu’il n’en fallait pour les 12,000 premiers mares, que maintenant ils reportaient leurs envois sur Milan, Gênes, Venise, qu’il importait de retenir les métaux, surtout dans une ville qui avait aies plus grandes foires de toute la chrétienté ».
CL Xi
DU RÈGNE DE FRANÇOIS I er .
tèrent les restrictions royales, les conseillers de la couronne ayant représenté que la circulation en était encombrée (1) .
11° Les monnaies étrangères,— A l'exempledeLouisXH François I er régla le cours des monnaies étrangères, tarifant celles qu’il admettait, prohibant celles qui paraissaient de mauvais aloi. Il a rendu mainte ordonnance sur cette matière. Les Pays-Bas et l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, t Angleterre et le Portugal étaient les principaux Etats avec lesquels la France se trouvait en relation commerciale et dont les monnaies circulaient clans le royaume, comme les monnaies françaises circulaient dans ces pays.
Lécu d or‘était la pièce française la plus répandue à 1 étranger; il y était connu sous ce nom et sous celui de couronne française ou couronne au soleil. Aux Pays-Bas, il avait cours pour i florin et i 5 1/2 stuivers^ au commencement du règne de François I er et pour 1 florin 17 stuivers à lafin^ :
(1) Ordonnance du 6 juillet i546.
( CataL des actes de François I er .) Voir le chapitre n, section n° 4. Déjà, le 3 juin une déclaration du roi avait décrié «toutes espèces, tant rouges que blanches que noires, excepté celles qui ont cours par les ordonnances ». [Manuscrit de l'Hôtel des monnaies , in- 4 °, n° 1 38.) Cependant, le io janvier i545, des lettres patentes autorisèrent les maîtres du Dauphiné à fabriquer des liards, doubles et petits tournois, parce qu’on introduisait de mauvais billon d’Avignon et d’Italie ( Manuscrit de VHôtel des monnaies , in-4°, n° 28 . Voir aussi dans le même volume l’ordre des généraux du 26 octobre i546).
(,) Le stuiver était la vingtième partie du florin.
^ ' Voici les cours de la couronne française dans Jes Flandres, cités par M. Shaw (Histoire de la monnaie . 1252 - 189 U, p. 49) :
flor. sluiv.
Voici, d’autre part, pour servir de terme de comparaison à ces cours de lécu de France, la valeur au change dans les Pays-Bas de diverses pièces d’or :
Ducats espagnols (taille de 70 au marc, titre de 2.3 carats 7 gr. ,/ 2 )..
Nobles anglais (taille de 3 a au marc, titre de 23 carats
? gr. i/a).
Philippus ridger (taille de 67 1/2, puis de 70 au
marc, titre de 23 carats 8 gr. 1/2).
Gulden d’or allemand (taille de 7 5 au marc, titre de
18 carats 4 grammes).
Gulden de Bourgogne (taille de 7a au mnrr, litre de
19 carats).
Or don .v de François l pr . — I.
flor. stuiv. flor. »tuiv.
18 1 ÎO
IMMUWr.nit NATIONALE.
légère augmentation, malgré la diminution de poids et de titre de la pièce. Cette augmentation ne provenait pas du cours en sols tournois attribué à cette pièce par les ordonnances du roi en France, puisque, à l’étranger, on n’estimait que le métal en lui-même; elle avait peut-être pour cause la différence qui commençait à se manifester dans le rapport de l’or à l’argent.
L’Espagne devint, au xvi e siècle, le grand réservoir dans lequel se déversait d’abord le butin d’or et d’argent fait aux Antilles et en terre ferme, puis toute la production des mines de l’Amérique, et par suite elle était la source d’où les métaux précieux coulaient dans les autres pays d’Europe par la voie du commerce ou par les dépenses militaires et autres du souverain hors d’Espagne. Beaucoup de marchands italiens, surtout des Génois, étaient établis dans les grandes villes et dans les ports d’Espagne, exerçant le commerce de marchandises et le change. «Il n’y a pas, dit un écrivain anglais, de marchands génois résidant en Espagne qui n’aient une licence particulière de transporter les réaux de ce royaume jusqu a concurrence d’une somme ronde par an, ce qu’ils font rarement, mais ils les vendent à d’autres nations qui sont obligées de faire le retour en métal, faute d’autres marchandises plus lucratives, lequel par le profit qu’il donne dans d’autres pays est souvent préféré à toutes les autres marchandises du royaume û). » Quoi qu’il en fût de ce mouvement de navette des réaux, beaucoup d’or et d’argent sortait qui ne rentrait pas.
Les Espagnols s’en préoccupaient. En i 523 , les Cortès de Valladolid adressèrent une pétition à Charles-Quint
M. Shaw, op. cit. t p. et suiv.
Si les monnaies étrangères circulaient en France , les monnaies françaises, non seulement celles d'or et d'argent, comme les écus et les testons, mais même le bidon, circulaient à l'étranger, Ainsi, par exemple, dans une brochure à l 1 usage des changeurs, imprimée à Gand en i 55 a, sous le titre : Le billon d'aar et
d'argent de plusieurs royaumes, duces, contés, seigneuries, païs et villes, on trouve des reproductions de doutai ns, de treL /ains, de karolus, La brochure se trouve dans la bibliothèque de T Hôtel des monnaies qui est riche en documents de ce genre, publiés à T étranger.
Lewis Robert, Map of commerce, p. 1 65, cité par M, Shaw, op.cit, p, 83.
DU RÈGNE DE FRANÇOIS I er .
(Charles I er d’Espagne), demandant d’abaisser le titre et le poids de la pièce d’or, a de façon à ce que, en poids et en valeur, elle puisse passer comme égale aux couronnes au soleil qui sont faites en France, si bien que par ce moyen on ne puisse plus enlever notre or du royaume». Ce n’est qu en 1 *)3 y que Charles-Quint fit droit à cette demande en abaissant le titre des couronnes et des écus à 22 «quilates (l) , ce qui est le titre des écus de France et d’Italie ». Plus tard, en i5Ô2, le titre de la monnaie de billon fut abaissé aussi, «attendu que l’on nous a donné à comprendre que sa valeur intrinsèque est plus grande ici qu’en d’autres pays®».
Les Pays-Bas étaient sous l’autorité du même maître que l’Espagne, et entretenaient un commerce très actif avec la péninsule. Les métaux précieux y affluaient en grande quantité, et il n’est pas étonnant qu’étant alors un des centres les plus importants des affaires de banque et de change en Europe®, ils aient été des premiers à ressentir les effets de la révolution économique que commençait à produire l’abondance de ces métaux. De 1 5 16 à 1 548 , une série de mesures furent prises pour régler le cours de cet afflux troublant et surtout pour arrêter la hausse des prix®, notamment l’ordonnance de 1.539. Dès l’année 1627, l’Admi-
(1) Les quilates sont la même chose que les carats.
{i) \1. Shaw, op. cit., p. 84 .
Les «placcarts» (placcaets en flamand) , tarifs des monnaies publiés dans les Flandres, particulièrement à Anvers, attestent l’importance du commerce de hange dans ce pays. Par exemple, on y trouve l’ordonnance de 1606 qui contient la gravure de plus de mille pièces.
(Voir M. Shaw, o/l cit., p. 58 .)
{4) Evaluation officielle des monnaies étrangères, le 2 janvier 1516; substitution du réal d’or au florin d’or, le 4 février 1020; proclamations de Charles Quint relatives à la monnaie d’or en i 5 ai, en mars i522, le 19 juin i 524 , et à la monnaie d’argent, le 2 5 novem¬
bre i 5 a 5 , le 10 décembre 1526 et en 1 53 1 et i 53 q. François I er était mort lorsque Charles-Quint, par ordonnance du 11 juillet i 548 , autorisa une certaine hausse des prix.
La hausse dépassa la limite assignée *à laquelle les souverains essayèrent en vain de ramener les prix par les proclamations du 23 mars i 552 et du 24 octobre i 55 q. La hausse s’accusa, en effet, beaucoup plus fortement aux Pays-Bas qu’en France et que dans plusieurs autres pays pendant la seconde moitié du xvi* siècle; les ordonnances par lesquelles les souverains tentèrent de l 1 arrêter, toujours en vain, se multiplièrent pendant cette période. (Voir M. Shaw , op. cit., p. 56 .)