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âge dans leurs domaines. Au seizième siècle, le roi l’exerçait seul depuis longtemps dans le royaume.
Mais l’autorité souveraine n’a pas la puissance de déterminer la valeur commerciale de la monnaie, c’est-à-dire la quantité de marchandises qu’onpeut acheter avec la monnaie,. Des rois ont essayé de le faire, particulièrement au seizième siècle, par des édits de maximum; ils ont échoué chaque fois que la force des choses a poussé les prix au delà de la limite à laquelle ils prétendaient les arrêter.
Toutefois, s’ils n’ont pu changer la relation de valeur qui s’établit par le commerce entre les métaux précieux et les autres marchandises échangées contre des métaux précieux, ils ont pu prélever sur toutes les monnaies qu’ils émettaient un droit de seigneuriage représentant, comme nous l’avons dit, les frais de fabrication de la monnaie et un bénéfice supplémentaire qu’ils s’attribuaient.
Ils ont aussi — ce qui était quelquefois une conséquence nécessaire des changements survenus dans la valeur commerciale des métaux, mais ce qui occasionnait presque toujours de graves inconvénients — changé par ordonnance le nombre d’unités de monnaie de compte pour lesquelles la même pièce de monnaie devait circuler. Nous l’avons vu pour l’écu, pour le teston et pour d’autres espèces.
3 ° La valeur commerciale de l’argent est le pouvoir que possède la monnaie d’acheter les marchandises et de payer les services. D’une manière générale, on peut dire qu’elle est mesurée par la somme des marchandises ou des services qu’on achète communément avec l’unité monétaire.
Elle s’exprime par la comparaison de ce pouvoir à deux époques. Si, par exemple, il faut aujourd’hui, pour acheter une certaine quantité de marchandises, quatre fois ou trois fois plus d’argent qu’au xvi e siècle, on dit qu’au xvi e siècle le pouvoir commercial de l’argent était quadruple ou triple de ce qu’il est aujourd’hui, autrement dit que ce pouvoir, étant 1 aujourd’hui, était 4 ou 3 autrefois.
Il est très difficile, pour ne pas dire impossible, de cal¬
culer avec précision la valeur commerciale de l’argent à une époque et dans un passé déterminés; il est difficile d’en donner même une notion approximative. Au seizième siècle — comme aujourd’hui et hien plus qu'aujourd'hui, parce que, les communications étant moins commodes et moins
fréquentes, il n’y avait pas la même tendance au nivellement entre des marchés différents — le prix des marchandises et des services variait beaucoup d’un lieu à un autre et d’une saison à une autre dans le même lieu, particulièrement
pour les denrées agricoles.
Des statisticiens se sont servis du prix du blé pour mesio rer la valeur de la monnaie. Le blé est, en effet, une des marchandises dont la consommation est la plus générale
et dont le prix intéresse le plus la masse de la population. Mais ce n’est qu’une des nombreuses marchandises dont il faudrait rassembler et comparer les prix pour cal¬
culer une moyenne satisfaisante; car cette moyenne devrait résulter du prix de tous les objets de consommation ordinaire. Il faudrait, en outre, que ces prix constituassent des séries suffisamment continues pour permettre d’en suivre les variations. A l’exception des céréales, il n’existe pas de séries de cette espèce au xvi e siècle pour la France.
Celle du prix du blé à Paris se trouve aux Archives nationales (série KK), dans les mercuriales de la Halle de Paris, lesquelles commencent en l’an 1Ô20. Voici, calculé par périodes décennales pour le règne de François 1 er et exprimé, i° le prix moyen du setier en centigrammes d’argent fin, a 0 celui de l’hectolitre en francs:
PH1X DU SETIKR
EXFIUJ1É Efi ÇEjjTI G HAÏMES
d’argent fin*
Jt 540 - 154 i 9 .
1 Nous avons donné dans la pre- ses ouvrières en France depuis la conquête
mière édition do notre Histoire des clas- de Jules César jusqu'à la H évolution (1"
DU RÈGNE DE FRANÇOIS I er .
Si l’on essaie de remonter plus loin à l’aide de prix empruntés à Leber et à Dupré de Saint-Maur ou à M. le vicomte d’Avenel, on ne peut pas espérer atteindre à la même précision parce que les données sont tirées de lieux différents et ne forment pas de séries. Cependant on reconnaît que les prix étaient moins élevés au commencement du siècle qu’ils ne l’ont été après l’année i 5 ao.
Voici, en effet, une moyenne de dix prix donnés par Dupré de Saint-Maur et par Leber:
PÉRIODES