‹ Mémoire sur les polypes de l'urètre et de la vessieChapitre 2 sur 11 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

En suivant le conseil de Zimmermann , qui recommande aux médecins de pratiquer avec raisonnement et de parler en praticien, il me suffira aujourd’hui , pour fixer l’attention des médecins probes , de faire connaître un fait nouveau bien authentique, sur un genre de maladies qui affectent l’espèce humaine depuis des siècles, sans qu’on soit parvenu à les détruire à volonté , comme un heureux hasard m’en a fourni l’occasion. Je dis à volonté, parce que la suite de ce Mémoire fera connaître qu’un malade a détruit (sans se douter de ce qu’il faisait) la plus grande partie de son polype , et que d’autre part ces maladies sont si fréquentes que je puis affirmer que les médecins en ont guéri beaucoup sans savoir ce qu’ils faisaient avec leurs sondes et leurs bougies , seulement dans le dessein de dilater l’urètre. Aussi c’est pour faire cesser autant qu’il est en moi les funestes effets d’une si grande erreur, que je destine

un don de trois cents francs à l’anatomiste qui , le premier, démontrera, implanté dans l’urètre, un fongus mou ou un fongus dur, comme j’en ai déjà rencontré des variétés dans ma pratique sur le vivant : de plus un prix de deux cents francs à celui qui

démontrera le premier un fongus rameux de la ves-

sie, dont les divisions ou branches soient naturelles. Tous les auteurs modernes français , sans exception , qui ont écrit sur les maladies des voies urinaires et les progrès de la chirurgie , ne font aucune mention des fongus ou polypes de l’urètre ; s’ensuit-il de là que la membrane interne de ce canal (qui n’est qu’un prolongement de la peau , ainsi que celle de la vessie , des cavités nasales et pulmonaires) , ne puisse être affectée de maladies analogues aux polypes vésiculeux du nez? Non , certainement, car partout ou il y a analogie d’organisation, l’on rencontre aussi analogie de maladie. Aussi la découverte que j’ai faite en France en i8a5 , ne prouve-t-elle pas que la maladie que j’ai 1 honneur de signaler aux médecins, est d’une nouvelle origine. Elle n’est une découverte que relativement à l’état actuel des connaissances médicales en France. Elle servira à prouver que dès le

xve siècle , les guerres et les vices des gouvernemens qui ont dominé depuis cette époque , avaient ramené une barbarie qui a fait rétrograder les sciences, puisque vers le milieu du xvie siècle, Ferri enseignait toutes les variétés de leurs caractères physiques , et les a décrites avec la plus grande exactitude (i). Des caractères physiques si distincts , dont on retrouve

(i) En i 553 , Alphonse Ferri , médecin napolitain, fit imprimer à Lyon, chez Mathieu Bonhomme, in-4°., un Traité en dix chapitres , intitulé : De Carunculâ, sive callo quœ cervici vesicœ innascuntur. Voici le passage qui m’a prouvé que de son temps on connaissait déjà les diverses variétés que vingtcinq observations m’ont confirmées en moins de deux ans : « Caruncula innata cervici vesicœ , sive callus , malœ compositions œgritudo est in urinœ itinere , cùm ( exempli gratiâ) vel spotite naturâ , vej, ob incuriam medentis , sive œgri initio morbum ne gligentis, caro ex prœcedenti solutione continui , incrementum suscipit, cujus propter additamentum urinœ fistula angustior redditur , atque ita urina supprimitur sive caruncula uniusmodi , sive diversi generis sit , ut sincera, ut mollis , ut dura, aut fungosa , autrotunda, aut cumalbedine callo sa, verucosa,porosa que , aut alterius modi ingenita tùm profunda cùm cvidcnti duritie aut summa , quarum per se quœlibet de sui remotione ac dirriinutione indicat. »

ailleurs que dans le canal de l’urètre des analogies frappantes, seront démontrés en partie par mes observations particulières (et je n’en doute plus aujourd’hui), par la pratique des chirurgiens qui voudront prendre en mes écrits la confiance que je crois mériter.

ün premier fait fera connaître deux variétés de carnosités engendrées dans l’urètre ( Voj . Ire Obs.).

La 2e Obs. fournira un exemple de polype de l’urètre sans aucune complication.

La 3e Obs. donnera l’exemple d’un catarrhe vésical, causé par un polype de l’urètre, sans cause vénérienne, guéri par i5 cautérisations en 5o jours.

La 4e donnera la preuve de carnosités commençantes chez un jeune homme de 19 ans.

La 5e, l’exemple de brides chez un homme de 49 ans, qui n’avait jamais fait usage de sonde ni de bougie.

La 6e, l’exemple d’un malade qui a détruit luimême la plus grande partie de ses fongus.

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