‹ Mémoires;Chapitre 129 sur 173 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

seigneur le Président s'il est satisfait de ma personne. » Il répond, les paumes ouvertes : ({ — Sefior, c'est un excellent soldat ; nous Tavons envoyé à Porto-Rico et il s'en acquitta fort bien. » A cela je dis : « — Si je suis si excellent soldat, pourquoi Votre Seigneurie ne m'a-t-elle pas proposé, le roi en ayant ordonné ainsi et Son Excellence étant intervenue avec un nouveau billet. » Il dit : <( — Senor, ce sera pour une autre fois ; à présent toutes les places sont données. )) Alors, moi à D. Baltasar : ce — Que Votre Excellence n'en croie rien. Il vous abuse comme il m'a abusé moimême. » Et le Président de crier très fort : u — Puisqu'on vous dit que toutes les places sont données I » D. Baltasar répond : « — Considère Votre Excellence que le roi désire faire faveur au capitaine. » Don Fernando Garrillo ne put rien dire, sa voix s'étrangla dans son gosier et il sortit de la salle ; mais, avant d'arriver dans la rue, il tomba sans connaissance. On le fourra dans son carrosse, le tenant pour mort, et on lui fit des ligatures aux bras et aux jambes pour le rappeler àlui. Grâce à Dieu il recouvra ses sens, se confessa et mourut ^ ; Dieu lui ait pardonné le mal qu'il me fit! Car, s'il resta sans vie, je restai, moi, sans mon poste d'amiral. D. Baltasar, qui était mon

Page 1