‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 19 sur 200 · France 773 : sinon de pouvoir · texte numérisé non relu

France 773 : sinon de pouvoir

être près de lui avec la sûreté que doit avoir une mère près de son fils'.

Après le départ de Blainville, la Reine dépécha au Roi le sieur de Breauté^, son premier écuyer, pour représenter à S. M. les mêmes choses qu'elle avoit dites audit sieur de Blainville, avec cette différence^ que, là où le sieur de Blainville avoit commencé par les choses particulières, il eût charge de commencer par les générales, témoignant au Roi le désir extrême qu'elle avoit de le voir et se rendre auprès de lui, et ce qu'elle a fait à cette fin sans y pouvoir parvenir ; que S. M. avoit fait des ouvertures au sieur de Blainville des moyens qui peuvent lever les ombrages que les difîérents procédés lui ont apportés ; si l'on en trouve de meilleures et raisonnables, elle étoit prête de les

1. Fontenay-Mareuil apprécie dans les termes suivants le rôle joué par Richelieu dans cette négociation : a M. de Blainville, étant arrivé à Angers, y fut fort bien reçu de la Reine et de Monsieur de Luçon et trouva, quand ce vint à parler d'affaires, toutes les apparences si bonnes qu'encore qu'on l'arrêtât souvent sur des difficultés affectées et des prétextes recherchés, Monsieur de Luçon ayant besoin de gagner temps, c'étoit avec tant d'art que M. de Blainville ne laissa pas de s'assurer que l'accommodement se feroit et (ce qui étoit de pis) de le si bien persuader à M. de Luynes que, s'endormant là-dessus, il ne pourvut à rien... » [Mémoires, t. I, p. 466j.

2. A.drien-Pierre de Breauté (1599-1624), seigneur de Neville, vicomte de Hotot et baron de Gany.

3. Dans France 773, fol. 212, le commencement de cet alinéa est ainsi rédigé : le sujet du voyage du sieur de Breauté vers le Roi est semblable à celui sur lequel le Roi a envoyé M. de Blainville vers la Reine avec cette différence que là où. le sieur de Blainville commença par les choses particulières, il commencera par les générales. I^es Mémoires reproduisent ici, en les modifiant quant au style, les instructions de Breauté.

embrasser, ne désirant rien avec plus de passion que d'être près de lui^ avec autant de sûreté contre ceux qui lui pouvoient être mal affectionnés, qu'elle s'assure en avoir dans le bon naturel du Roi sou fils.

Elle lui commanda aussi de faire- voir à un chacun le peu d'apparence qu'il y avoit en la nouvelle que l'on a fait courre, que la Reine désiroit la guerre et faisoit armer publiquement (LonguevaP, que l'on a envoyé à Angers sur ce sujet, ayant reconnu la fausseté de ce bruit); que S. M. a assez fait connoîtrc combien elle est désireuse du repos public, l'ayant maintenu pendant qu'elle a gouverné; que ce sont artifices de ceux qui, désirant la guerre, font tout ce qu'ils peuvent pour obliger S. M., non seulement à une défense nécessaire, mais même à entreprendre quelque chose pour l'appréhension du mal qu'ils lui veulent faire paroître inévitable, et, par ce moyen, rejeter sur la Reine le mal dont ils sont les auteurs;

Que, si on lui parloit de ceux qui prenoient part à ses intérêts, il répondit, suivant ce qui s'en étoit dit à M. de Rlainville, que la Reine ne feroit jamais rien sans eux; [que], pour les choses particulières, si les promesses qu'avoit apportées M. de Rlainville étoient effectuées, il fît connoitre que la Reine prendroit cela comme un bon commencement pour bien espérer du

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