‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 85 sur 200 · Saint-Jean-d'Angély · texte numérisé non relu

Saint-Jean-d'Angély

7. Le texte de ces lettres patentes a été imprimé dans le Mercure français, t. VII, année 1621, p. 354-390. — Les deux paragraphes précédents sont un abrégé du Mercure français, t. VII, année 1621, p. 341-350.

tous les autres. Le comte de Montrevel^ y fut tué. Cela fait, on fit sommer Soubise de rendre la place au Roi. Il répondit qu'il étoit là de la part de l'assemblée, et que l'exécution des commandements du Roi n'étoit pas en son pouvoir. On commença à ouvrir les tranchées ; on dressa les batteries ; le Roi avoit envoyé quérir des Liégeois, qui commencèrent, le 1 3 juin, à miner le ravelin de la tour Caniot^ ; la mine ayant joué le 17®% on ne put empêcher la noblesse d'aller à l'assaut, où le baron d'Escry^ et celui de Lavardin^ furent tués et quelques autres de blessés; mais, du côté de l'ennemi, Hautefontaine^ fut tué, qui étoit l'àme de Soubise, auquel il donnoit le mouvement : ce qui parut bientôt après ; car la ville se rendit la veille de la Saint-

1. Claude-François de la Baume, comte de Montrevel (1586- 1621), mestre de camp du régiment de Champagne et conseiller d'Etat (1619), se signala au combat du Pont-de-Cé, en 1620; gouverneur des îles de Sauveterre et d'Oléron, maréchal de camp en avril 1621, il mourut le 31 mai de la même année, d'une mousquetade.

2. La tour Caniot ou la Tenaille était située au sud-est de la ville, entre les portes de Matha et de Taillebourg.

3. Suivant le Journal de Daniel Manceau et le livre de M. Saudau [Saint-Jean-d' Angély , d après les archives de t échevinage...), la mine joua et l'assaut eut lieu le 18 juin.

4. Charles-Emmanuel de Bossut, baron d'Escry et de Saint- Seyne, neveu du cardinal de Retz, avait épousé, en mai 1615, Anne Le Fèvre de Caumartin.

5. Martin de Beaumanoir-Lavardin, baron de Millesse, sixième enfant de Jean de Beaumanoir, marquis de Lavardin, maréchal de France, et de Catherine de Carmain, comtesse de Nègrepelisse, baronne de Launac.

6. Daniel Durant de Hautefontaine, fils d'un protestant français émigré à Genève, gouverneur de Henri de Rohan et de son frère Soubise, maréchal de camp dans l'armée protes-

Jean* sans aucune capitulation formée, mais sous une simple promesse, en forme de grâce que le Roi leur fit, de les laisser en liberté de leurs consciences et en la jouissance de leurs biens, leur remettant tous les crimes qu'ils auroient commis pendant le siège et à l'occasion d'icelui, pourvu qu'ils demandassent pardon à S. M. et jurassent de lui demeurer fidèles à l'avenir.

Cette capitulation fut fidèlement observée par le Roi, mais non par Soubise, qui ne laissa pas de continuer en sa rébellion contre S. M.

Cette place ayant été la première qui avoit osé fermer les portes au Roi, on jugea que, pour punition qui portât exemple et en ces mouvements présents et en tous autres à l'avenir, elle méritoit justement être démantelée et perdre ses privilèges que le roi Charles IX"" leur avoit laissés en l'an 1569~.

Cette juste vengeance, au lieu d'épouvanter les rebelles et les ramener en leur devoir, anima leur courage d'une nouvelle fureur. Ils mirent garnison dans Pons% s'assemblèrent dans le Poitou; mais Pons fut repris dès le dernier jour de juin, et tout le reste incontante. Tallemant des Réaux lui a consacré une historiette et dit qu' « il savoit, étoit hardi et avoit l'esprit agréable et plaisant » . Il mourut le 18 juin.

1. D'après le Journal de Daniel Manceau, la capitulation eut lieu le 25 juin. La même date est donnée par le Mercure français, t. VII, année 1621, p. 562.

2. Voyez sur le siège de Saint-Jean-d'Angély le Mercure français, t. VII, année 1621, p. 508-577; les Mémoires l'ont résumé très brièvement.

3. Chef-lieu de canton du département de la Charente-Inférieure.

i50 MÉMOIRES [1621]

tinent dissipé'. Et, d'autant que la source du mal venoit de la Rochelle, le Roi y envoya le duc d'Epernon pour la bloquer et se disposa d'aller en personne en Guyenne, où le duc de Rohan et le sieur de la Force soulevoient tout ce qu'ils pouvoient contre son service.

Ils s'étoient, au même instant du siège de Saint- Jean, saisis de la ville de Nérac, le 3^ juin, en avoient chassé les serviteurs du Roi et y avoient mis garnison ; mais M. de Mayenne s'y rendit incontinent avec ce qu'il put lever de troupes et y mit le siège; auquel tandis qu'il étoit empêché, le sieur de la Force surprit la ville de Caumont^, le 23^ juin, par la trahison d'un consul, qui fut depuis rompu sur la roue, mais faillit son entreprise sur le château. Ce que le duc de Mayenne sachant, partit de Nérac, la nuit, avec une partie de ses troupes, jeta quelques soldats et munitions dans le château et attaqua si vivement la ville qu'il contraignit ledit sieur de la Force à se retirer ; de là, retourna à Nérac, le prit par composition le 9^ juillet^.

Ensuite de cette victoire, plusieurs petites villes, comme Gasteljaloux'^, et tout le duché d'Albret se réduisirent à l'obéissance du Roi.

Roësse, qui étoit gouverneur de Monheurt^, se tint dans le service qu'il devoit à S. M. Laquelle, ayant le

1. Le Mercure français, t. VII, année 1621, p. 577-579, raconte le siège et la reddition de Pons.

2. Caumont- sur-Garonne, arrondissement de Marmande (Lot-et-Garonne) .

3. Tout ce début de paragraphe est un très succinct résumé du Mercure françois, t. VII, année 1621, p. 601-612.

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