Bourg du canton de Marmande
3. Le Mercure françois, t. VII, année 1621, p. 928, raconte encore plus brièvement l'incident, mais il ajoute, ce que les Mémoires ont omis, peut-être à dessein, que la défaite des troupes royales fut vengée peu après par le duc de Luxembourg, frère du connétable, qui commandait à 1,200 fantassins, 400 clievaux et avait deux canons.
nous avons failli, Monheurt que nous ne pouvons prendre, les huguenots qui ne sont rien en effet et résistent à la puissance d'un Roi. Qu'est-ce que cela? »
Contades lui répond que c'étoit la saison, les maladies et les pluies ; à quoi l'autre réplique : « Contades, mon ami, il y a autre chose que je ne puis dire », lui insinuant que Dieu n'étoit pas de son côté.
Sur ces entrefaites, il tombe malade : à peine est-il alité que Monheurt est pris, le 12!^ Deux mines ayant déjà joué à leurs bastions, Mirambeau*, fils aîné de Boësse, se présenta sur la brèche et demanda à capituler, ce qui lui fut refusé; seulement fut-il donné la vie sauve tant à la garnison qu'à tous ceux de la ville, permis aux gentilshommes de s'en aller l'épée au côté et aux soldats le bâton en la main. La place fut pillée et brûlée entièrement^.
Ce succès si désiré fut à peine ressenti du Connétable que la maladie avoit déjà réduit jusques à l'extrémité et l'emporta deux jours après, qui fut le 1 4^ jour de décembre.
Il ne fut pas si tôt frappé qu'il se crut mort ; il recommanda au Roi fortement le cardinal de Retz et M. de Schônberg, se leva au fort de sa maladie pour brûler une cassette pleine de papiers, qu'on soupçonna être des charmes ou des traités avec les huguenots, ou les uns et les autres. De charmes, il y a grande apparence par les diverses communications qu'il avoit eues avec les magiciens, car on sait qu'un nommé Bois-Gaudri fut envoyé par lui à Turin, avec La Blèche, quérir La