‹ MémoiresChapitre 18 sur 172 · A remarquer la reprise du style direct · texte numérisé non relu

A remarquer la reprise du style direct

avoir été promis, ils s'arrêtèrent à une demande qu'ils crurent la plus difficile, qui étoit la réformation du Conseil * .

Cette affaire tenoit la Reine en perplexité. Le choix de ceux qui dévoient être du Conseil étoit difficile, et n'étoit pas plus aisé de le faire de personnes qui fussent agréables à tous, que de personnes en qui le Roi dût avoir une entière confiance, outre qu'il en falloit rejeter un grand nombre qu'il étoit fâcheux d'offenser par ce rebut. Barbin ouvrit un expédient qui ne fut pas jugé mal à propos et dont la Reine se trouva bien, qui fut de remettre à ces Messieurs d'en faire ^ le choix eux-mêmes, et que la Reine agréeroit ceux qu'ils éliroient ; car, par ce moyen, ils se chargeroient de l'envie, chacun jugeant bien que LL. MM. auroient été violentées en cette occasion.

Monsieur le Prince et M. de Mayenne étant assemblés chez M. de Bouillon, pour attendre la résolution de la Reine sur ce sujet, Barbin même la leur porta, dont ils furent si étonnés qu'ils commencèrent à se regarder l'un l'autre. Monsieur le Prince, selon la promptitude ordinaire de son naturel, se leva de sa chaire^ et, se prenant à rire et se frottant les mains, s'adressa à M. de Bouillon et lui dit : « Il n'y a plus rien à dire à cela : nous avons sujet d'être contents ; » par où il paroissoit bien que ç'avoit été à son instigation qu'on avoit fait cette poursuite. M. de Bouillon, se grattant la tête, ne répondit un seul mot; mais, Barbin étant sorti, il dit à ces Messieurs qui étoient assem-

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