‹ MemoiresChapitre 18 sur 117 · ÉTÉ A PARIS · texte numérisé non relu

ÉTÉ A PARIS

A mon retour de Hollande (1^^ juin 1799) j'allai me logff dans un appartement assez agréable de la rue Copeau, trèsprès du Jardin des plantes, et je repris immédiatement et mes travaux botaniques et mes relations mondaines. La colonie des Genevois étabUs à Paris était cette année » grand goût de plaisirs ; tous les décadis on allait à la caiBpagne dès le matin et on y passait la journée d'une maniàe fort agréable. Les familles Beaumont, LuUin, Bontems, Torras formaient ces réunions. J'y voyais sans cesse Fanflf Torras, et ce fut là que je conçus pour elle un véritable amour, mais je n'osais presque y entrevoir aucune issie heureuse, tant je me trouvais trop jeune et trop istiK

pour penser au mariage. J'étais donc entraîné sans réflexion, sans examen de ma situation et avec la légèreté de vingt et un ans que j'avais alors.

Mon été se passa à étudier, à décrire, à dessécher les plantes du Jardin : je travaillais vivement, et je regarde cette époque comme une de celles où j'ai le plus amassé. Je voyais beaucoup mon bon maître Desfontaines et je recherchais toutes les occasions de travailler sous sa direction.

Je rédigeai alors un mémoire sur la fertilisation des dunes, qui fut inséré dans les Annales de Fagriailture française. Il n'oflre qu'une chose digne de remarque, c'est que, sans connaître un mot des travaux de Brémontier, j'étais arrivé par la seule inspection des faits à la même conclusion que lui, savoir que le seul moyen de remédier aux maux causés par la stérilité et la mobilité des dunes est de les planter d'arbres. L'expérience commencée dès 1789 (mais alors ignorée de moi) et reprise depuis l'époque dont je parle, dans les landes de Gascogne, a démontré la justesse de cette opinion *.

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