‹ MemoiresChapitre 84 sur 117 · DÉMISSION · texte numérisé non relu

DÉMISSION

La perspective des désagréments que je craignais dans la nouvelle organisation de l'Académie coïncida avec plusieurs autres circonstances. Je m'étais toujours dit à moimême que je conserverais des fonctions dans l'enseignement jusqu'au quarantième cours seulement; ce terme venait d'échoir ! La direction des afiaires publiques m'ôtait une grande partie de mon zèle. Je voyais l'âge avancer à grands pas, et je sentais la nécessité de consacrer plus de temps au Prodromus si je voulais avoir quelque probabilité de le terminer. Enfin, et par-dessus tout, ma santé s'affaiblissait et la fatigue des cours me devenait vraiment intolérable. Après chaque leçon j'étais obligé de rester une heure ou deux dans un repos absolu, pouvant à peine respirer. Je n'aurai que trop à parler de ma mauvaise santé, car Févé-

AQP MVR. — GENÈVE. . 451

OiSincait a prouvé à quel point le rçpos m'était devenu néciess^e. Je me décidai ^n conséquence à abandonner les ^<mctiQn9 de professeur actif.

Dès l^ l^demain de la cérémonie des promotions de J.835, jour où l'Académie avait l'habitude de r^ler les i^urs de l'année scolaire suivante, je lui adressai ma dé- QÛssion, motivée sur la longueur de mes services, l'affaisse-pieot de ma santé et le désii* de me consacrer tout entier à non ouvrage. J'oflâ-is cependant de continuer quelque sur- , yeiUance sur le Jardin, et de recevoir dans mes salles de .collections les jeunes gens qui, après avoir suivi les cours <Mrdinaires, voudraient travailler à la botanique. J'adressai cette demande et ces ofires k l'Académie et au Conseil d'État

L'Académie chargea, selon l'usage, trois de ses membres de venir me voir pour me faire changer de résolution : je^ ^ bon sur le fond, et tout ce qui résulta de leurs démarcbes fut de me faire consentir à prendre le titre de professeur honoraire plutôt que celui d'émérite, et de renforcer un peu l'ofire de diriger les travaux des jeunes gens. Le Conseil d'instruction publique chargea son président (M. Girod, syndic, mon ami intime) de m'exprimer ses regrets et m'adressa un extrait de registres honorable. Enfin le Conseil d'État, en m' accordant ma demande et en acceptant mon offre, m'adressa, le 1^^ juJUet, une pièce officielle à laquelle je fus très-sensible et dont je ne puis résister à citer quelques phrases.

* Le Conseil d'État appréciant toute l'étendue des

« services qu'a rendus à la science M. le professeur de « CandoUe, etc.... A l'époque de la Restauration de la ré- « publique, n'écoutant que la voix du patriotisme dont il

* était animé, et lui subordonnant la perspective de succès

* et de gloire que lui promettait sur un plus grand théâtre « une renommée justement acquise, M. de Candolle voulut « faire jouir sa patrie rendue à la Uberté et à l'indépendance

« du fruit de ses talents et de ses travaux Par l'intérêt

* qu'il a su répandre sur renseignement, par le charme atta-

* ché à ses leçons, par cet heureux privil^e dont il est émi-

* nemment doué d'exciter en faveur des créations utiles ou « des perfectionnements une impulsion et une émulation « salutaires, M. le professeur de GandoUe a puissamment « contribué aux progrès des études et à l'amélioration de nos « établissements scientifiques, en même temps que Fillus-

* tration d'un savant aussi distingué et aussi universelle- « ment connu a jeté le plus grand éclat sur le pays qui

* s'honore de le compter au nombre de ses citoyens

« Pénétré des regrets les plus vifs pour la détermination ^ que M. le professeur de Candolle s'est vu dans le cas de « prendre et dans laquelle il persiste malgré de pressantes « soUicitations , mais respectant toutefois les motife qui « l'ont dictée, arrête, etc »

Outre ces termes obligeants, les corps que je viens de nommer me donnèrent une nouvelle preuve de leurs sentiments en nommant mon fils à la place de professeur ordinaire de botanique, qui venait d'être créée ou plutôt séparée de celle de zoologie par la nouvelle loi. C'était une chose agréable pour moi de me sentir remplacé par mon fils, de le voir attaché à des fonctions paisibles et de continuer avec lui la direction du Jardin botanique.

Depuis ma démissioD 183S à — Vieillesse. — Genève.

En commençant cette dernière partie de mes mémoires, j'ignore jusqu'où elle se prolongera, car son terme tient à celui de ma propre vie. Je ne puis donc y suivre aucune idée d'ensemble, et je dois la raconter à peu près au jour le jour.

A peine déchargé du soin de donner des leçons, je repris mon travail botanique avec une nouvelle ardeur. Depuis plus de cinq ans je m'occupais de l'immense famille des Composées, et j'entrevoyais le moment d'en pouvoir bientôt livrer un volume à l'impression. De précieux secours m'avaient été envoyés de toute part pour ce travail, dont les botanistes sentaient le besoin et la difficulté. MM. Drège et Ecklon m'envoyèrent toutes leurs Composées du Cap , sous la seule condition de leur en donner les noms; M. Bojer, celles de Madagascar et des îles voisines; M. Aucher, celles d'Orient ; MM. Fischer et Turczaninow, celles de l'Asie russe ; M. le comte de Sternberg m'adressa, en prêt, toutes celles de l'herbier de Haenke ; M. Lindley, plusieurs des espèces rares de son herbier, etM.deMartius, celles de son voyage au Brésil. Le Musée de Paris me confia celles de Dombay et d'autres de ses herbiers, etc. , etc. En un mot, je me trouvai avoir, en prêt ou en don, presque toutes les Composées des herbiers d'Europe. Ces richesses m'encoura-

geaient au travail, mais on comprend qu^elles en accroissaient la difficulté et la durée, et c'était surtout en vue de cette œuvre gigantesque que j'avais cherché à me libérer de tous devoirs publics.

Je reçus dans l'été de 1835 plusieurs visites qui me forent très-agréables : Dunal vint passer un mois chez moi pour travailler aux Solariums, et c'était toujours un grand plaisir de me retrouver avec cet ancien et fidèle ami. tPeus encore une nouvelle visite de l'illustre Robert Brown ; je vis arriver M. Léopold de Buch, dont la société piquante et originale a tant d'intérêt, MM. Becquerel et Breschet, qui venaient faire des recherches expérimentales sur l'influence des hauteurs sur les animaux, M. Basil Hall, M. MoriW, et plusieurs autres personnes de quelque célébrité.

Depuis plusieurs années, j'étais tourmenté de la goutte^ puis des maux de dents assez prolongés vinrent me saisir. Des catarrhes réitérés m'atteignaient chaque hiver, en un mot, ma santé s'altérait , et je sentais la vieillesse arrlTer. Comme le mouvement des voyages m'avait toujours &it du bien, au mois d'octobre 1835, je me décidai à aller avec mon fils jusqu'à Besançon, où j'avais à régler quelques reliquats d'affaires relatives à Saint-Seine. Nous fîmes le voyage en voiture lente, mais nous y trouvâmes peu d'agrément; le temps fut presque continuellement pluvieux, et il ne me reste qu'un souvenir désagréable de cette traversée de la plus aride partie du Jura. Au retour , nous couchâmes à Pontarlier, où un horrible souper me donna une indigestion fort pénible, accompagnée de circonstances désagréables. Je soufirais déjà d'une difficulté de respirer que j'éprouvais depuis plusieurs mois, et que j'attribuais à un goitre qtti commençait à grandir. Je re\ins donc malade de cette course à laquelle je m'étais en partie décidé par l'espoir de me rétabUr.

Je consultai le docteur C** sur mon état. Il fit consta*ter par le docteur M** la présence du goitre, et me soumit

à un traitement par l'éponge brûlée * Le premier effet

que je ressentis fut une excitation d'appétit, mais au bout de douze à quinze jours j'éprouvai, au contraire, une diminution graduée d'appétit. Au bout de cinq semaines, je ne pouvais plus rien digérer, et je soufrais habituellement de l'estomac. Tel était mon état le 1^^ janvier 1836. J'ai l'habitude de recevoir ce jour-là ma famille à diner, et je pus encore assister au repas, mais sans rien prendre. Dès le lendemain je commençai à ne supporter aucune nourriture. Bientôt je tombai dans un état de faiblesse et d'irritation nerveuse : j'avais peine à marcher; je maigrissais à vue d'oeil; je ne pouvais ni manger, ni dormir, ni même fermer les yeux! Mes paupières restaient ouvertes, comme par une force supérieure, pendant le peu de moments que je m'assoupissais. Dans cette sorte de sommeil, j'avais des rêveries effroyables et tellement intenses, que plusieurs sont restées dans mon souvenir comme des réalités. Ma peau avait perdu toute espèce d'action; je sentais comme si elle ne faisait plus partie de mon corps, et que j'eusse été enveloppé dans un sac étranger à ma personne.

Le docteur C** me proposa d'appeler le docteur Prévost, ce dont je me suis applaudi, car, outre qu'il est un des plus habiles médecins et physiologistes de l'Europe, j'ai

• J'ai supprimé ici quelques détails, qui ne sont pas assez exacts, sur les doses prescrites par le docteur et prises réellement par le malade. M. le docteur Rilliet, dans le dernier et remarquable ouvrage sorti de sa plume {Jtitëwnre mr Viodisme consiiliutiannel, 1 vol. in-8»; Paris, 1860, pa^e 73), indique les faits avec une complète exactitude, car je sais qu'il les a relevés sur les registres du pharmacien. La prescription était : extrait de saponaire, 8 grammes; extrait de ciguë, 4 grammes; éponge torréfiée, 4 grammes^ pour 88 pilules. Le malade devait prendre chaque jour quinze de C6fl pilules. Trompé par le peu d'effet au commencement, et entraîné par une certaine ardeur qu'il mettait à toute chose, il prit jusqu'à soixante pilules dans un jour ! Du 22 octobre au 6 décembre, il consomma 1584 pilules, on 68 grammes 80 centigr. d'épongé torréfiée. Les fâcheux résultats de cette médication imprudente et exagérée sont donnés par le docteur BiUiet, d'après les Mémoires de mon père, et ils ne sont que trop exacts.

(Alph deC.)

trouvé en lui un excellent ami , un homme bon , instruit sur tous les sujets, et dévoué à ses malades.

Pendant les deux mois de souffi'ances que je viens de décrire succinctement, j'avais conservé ma tête. Je tins à recevoir toutes les personnes qui voulaient bien me voir. Je ne voulus pas non plus rester alité un seul jour. A l'époque où je pouvais à peine me soutenir sur mes jambes , je me faisais porter sur un canapé, près d'une fenêtre, pour avoir un peu d'air et de distraction. Le docteur Prévost me disait quelquefois, avec une franchise dont je lui savais gré: « Un autre en mourrait, mais vous vous en tirerez, vous êtes trop décidé à vivre. *

J'étais dans ce triste état, lorsque j'éprouvai une secousse morale qui me fit du bien. On vint me dire, au milieu de la nuit (le 20 février) , que ma belle-fiUe venait d'accoucher d'un fils, et peu d'heures après on m'apporta cet enfant que j'avais vivement désiré; on le plaça un instant sur mon lit. Je lui donnai ma bénédiction de grand-père et de parrain, car il reçut les noms de Anne-Casimir-fyramttf . Le plaisir que je ressentis fut très-vif, et je puis presque dater ma convalescence de ce jour.

Cependant je pouvais à peine manger quelque chose. J*eus l'idée de prendre du lait à la glace, et ce r^ime me réussit fort bien. Au mois de mars la maladie entra dans une autre phase. Je pouvais boire du lait ordinaire et prendre un peu de repos, mais je fus atteint d'une enflure générale qui me gênait beaucoup et me rappelait l'état où j'avais été dans mon enfance, pendant mon hydrocéphale. Il y avait juste cinquante ans de cela ; dans l'intervalle je n'avais jamais été alité un seul jour, et pendant la maladie que je décris, je citais ce fait comme un motif de consolation *.

* Une aatre circonstance matérielle rapprochait les deux époques : mon père habitait la même maison et le même appartement que celui où il avait vécu dans son enfEuice. Après tant de séjours à l'étranger et dans un aècle si agité, ce point de détail peut bien être noté. (Alph. de C.)

L'isolement et l'oisiveté me laissaient trop le temps de penser à mes maux, et d'un autre côté l'état de ma poitrine me rendait la parole difficile et dangereuse, puisque j'avais eu des crachements de sang et qu'on avait dû me saigner plusieurs fois. J'essayai alors de faire venir chaque soir une^ des personnes de ma connaissance qui cultivaient la musique et de demander qu'on m'en fit. J'en éprouvai du calme et plus de sommeil dans la nuit. Dès que le fait fut connu,^ il me vint beaucoup d'amateurs obligeants. M. de Walsch improvisait sur le piano des heures entières avec une complaisance parfaite. M^^^ Prinsep chantait des airs en quatre ou cinq langues différentes, y compris l'hindoustani, et m'a depuis avoué qu'elle chantait souvent les larmes aux yeux en voyant l'état où j'étais. Une foule d'autres personnes, surtout de dames, se joignirent à eux, de sorte qu'après avoir, au commencement de mon séjour à Genève, mis à contribution l'obligeance des amateurs de peinture, j'avais à me louer maintenant de celle des amateurs de musique.

Cependant le printemps commençait et je désirais essayer l'effet du grand air par des promenades en voiture. En général il me fit quelque bien, mais lorsque j'étais trop vivement secoué , il arrivait de temps en temps que l'enflure reprenait, et une fois même il se développa un point au côté qui exigea de nouvelles saignées. Peu à peu le calme se rétablit et je repris un peu de force, mais j'étais resté très-nerveux. Pendant plusieurs mois, dès que je parlais de quoi que ce fiit qui touchât au sentiment, je ne pouvais m' empêcher de pleurer. J'ai eu en pleine santé un peu de cette disposition, et dans mes leçons, dans mes discours au Conseil, dès que j'abordais un sujet qui tenait le moins du monde à des idées morales ou à des affections, ma voix s'altérait et j'étais souvent obligé de m'arrêter dans la crainte de pleurer. Cette disposition donnait quelquefois, m'a-t-on dit, de l'intérêt à ma parole, mais elle me déran-

geait beaucoup. Devenu plus faible à la fin de ma maladie, Tentrainement aux larmes était devenu fréquent, quoique (j'ose le dire parce que tous ceux qui m'ont approché en étaient frappés) j'eusse conservé du sang-froid, du counige et souvent de la gaîté.

J'ai été dans toute cette pénible maladie admirablement soigné par les personnes qui m'entouraient. Ma femme, quoique sa santé ne soit pas très-forte, n'a pas manqué un jour de me donner les soins les plus assidus et les plus délicats. Mon fils, mes parents, mes amis ont beaucoup contribué à me distraire et à soutenir mon courage ; mes domestiques anciens et actuels ne se sont jamais lassés de me donner des soins zélés et affectueux. Mon fils m'a mis l'esprit en repos en se chargeant de la surveillance de mes affaires botaniques et en corrigeant les épreuves du cinquième volume du Prodromus, qui a été imprimé presque en entier pendant ce temps.

J'eus au mois de mai une distraction fort agréable par l'arrivée de mon beau-frère Auguste Torras, qui vint passer un mois auprès de nous avec ses deux filles atnées. Je les avais laissées encore enfants et ce fut un grand plaisir pour moi de recevoir leurs aimables soins; elles m'oyaient par leur jeune conversation et m'accompagnaient dans mes promenades en voiture. Je sentais vivement le bénéfice da grand air, et pour le mieux éprouver, j'allai à la fin de mai passer huit jours chez mon frère, à Yillars, où je jouis beaucoup de sa bonne réception et des soins amicanx de son excellente femme. J'arrivai ainsi, lors des premiers jours de juin, à une convalescence décidée. Le 14 je vonlns donner à mes collègues de l'Académie une marque de m(m attachement. Ils avaient ce jour-là un repas à Toccasion de la fin de l'année scolaire, je me fis porter dans une salie contiguë à la leur, et après le dîner je reçus leurs félicitations.

Dès le lendemain je partis avec ma femme pour Évian^

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OÙ Terras et ses filles vinrent nous rejoindre et passèrent quelques joars avec nous. Le besoin que j'avais du grand air et le dégoût que j'avais pris de ma chambre, après six ïnoiâ de souftances, avaient décidé ce voyage. J'étais logé dans un appartement qui avait vue sur le lac, et chaque jour je faisais deux promenades en voiture pour reprendre des forces : c'est ainsi que j'ai été souvent à Meil- Imé, à Ripaille, à Amphion, etc., mais la position d'Évian, au pied d'un coteau escarpé, ne permet d'autres promenoirs en voiture que la grande route, qui finissait par m'ennuyer, et de plus l'air se trouvait encore trop vif, de sorte que, mon pouls devenant trop fréquent, je fus obligé de quitter.

D'Évian nous allâmes passer quelques semaines à Bex, où M^»« Pictet-Menet, parente et amie intime de ma femme, vint avec nous. Nous étions logés à l'hôtel des Bains, qui, par sa position presque hors du village et près d'une belle I^airie plantée d'arbres, me permettait d'être tout le jour à Pair. Nous faisions des courses en voiture dans toutes les directions, tantôt pour voir les salines et M. de Charpentier, leur directeur, tantôt pour visiter la colline de Saint-Triphon et y voir l'exploitation des marbres noirs. Quelquefois nous allions sur les bords du Rhône voir l'établissement tout récent des eaux de Lavey, ou bien à Aigle visiter l'ancien château dans lequel a vécu le grand Haller, et où son nom est aujourd'hui complètement inconnu ! Ces courses variées mettaient de l'intérêt dans notre vie et me redonnaient quelque force. Nous reçûmes aussi plusieurs visités de nos parents et amis de Genève, qui nous apportaient d'agréables distractions.

Ce séjour à Bex me fit un bien merveilleux et je quittai avec regret. En revenant, nous fîmes un détour pour montrer à mes compagnes de voyage le fameux pont de Fribourg et la ville de Berne. Je revins à Genève beaucoup mieux portant et ne gardant réellement de ma maladie que

de la faiblesse et de la difficulté à dormir. Je trouvai à mpn arrivée un bel envoi de plantes d'Orient, recueillies par M. Aucher-Eloy, dont la vue me ramena un peu à la botanique. J'allai passer quelques jours à la campagne che^ M^^ Marcet, ce qui continua le bénéfice du grand air, et dans le même but, je me décidai à aller, avec mon fils, faire une visite à mes anciens amis de Montpellier.

Ce petit voyage fut une heureuse inspiration. J'ai rarement passé un mois qui m'ait été plus agréable. Le mouvement de la voiture et le changement d'air me firent déjà du bien, mais surtout la bonne réception de mes amis, et je dirai de la ville, me fit un bien moral qui réagit sur le physique, et dont je conserverai toujours de la reconnaissance. Nos anciens amis et amies des familles Blouquier, Pommier, Levât, Veret, Lichtenstein, Tandon, Vialars, Basile, Farel, etc., nous accueillirent avec une grâce et une affection parfaites; mes collègues furent aussi très-bons et très-aimables ; l'École de médecine me donna un grand diner, où j'eus la douleur de ne plus retrouver que deux de mes anciens confrères, MM. Broussonet et Lordat, que j'eus d'autant plus de plaisir à revoir. La Faculté renouvela. auprès du ministre de l'instruction pubUque, M. Guizot, la demande faite vingt ans auparavant de me conférer le titre de professeur honoraire, et cette fois il me fut accordé sans difficulté. Mon ami Dunal me reçut avec son ancienne chaleur et me rendit tous les services qui dépendaient de lui. Je fus accueiUi par la Société de lecture, que j'avais fondée, conune si j'en étais encore membre. Mais si je fus sensible à cette réception de mes amis et de mes collègues, je le fiis aussi beaucoup, parce que je m'y attendais moins, à celle des classes inférieures de la population. D m'arrivait souvent, en traversant les rues, de voir les marchands, les ouvriers sortir des boutiques pour me dire des choses amicales. Les employés du Jardin me reçurent avec une affection extraordinaire, comme si j'étais encore leur chef»

Toutes ces marques de souvenir, exprimées avec la vivacité languedocienne, qui en relevait le prix, me furent extrêmement douces et redoublèrent dans mon cœur les sentiments d'aflfection que j'avais déjà pour Montpellier.

Au retour, je voulus faire voir à Alphonse une partie de la Provence et lui faire faire la connaissance des parents que nous y conservons. Nous allâmes donc à Arles, où je trouvai l'amphithéâtre dégagé des masures qui l'obstruaient. Nous côtoyâmes la plaine de la Crau, où je vis de fréquentes traces de défrichements et de cultures qui y avaient été fidts récemment. Dans toute la route je ftis très-frappé de la disparition des oliviers et de l'invasion des mûriers, et près d'Avignon, de celle des garances. Marseille ne fut pas pour moi un moindre sujet d'étonnement. J'y avais été à Fépoque du blocus continental : le port était désert, et dans les principales auberges on était sans diflSculté logé au premier étage. Actuellement le port était tellement plein de bâtiments, qu'il faUait attendre la sortie de l'un d'eux pour en introduire un autre, et nous ne pûmes être logés que, grâce faisant, au quatrième étage d'un hôtel.

Nos parents nous accueillirent avec amitié ; je retrouvai la marquise que j'avais vue à mon précédent voyage ; mais son mari, son beau-père et sa bélle-mère, sa fille et son gendre étaient morts. Je retrouvai encore le chevalier, qui vivait retiré à la campagne depuis l'escapade de la duchesse de Berri, à laquelle il avait pris part *, mais peu de temps après notre visite, il a lui-même été emporté par une maladie subite. Je fis connaissance avec le jeune marquis et sa femme, originaire de Belgique et née de Drack. Leur excellente et aimable réception nous toucha beaucoup.

* Après cette ayenture, le chevalier fut mis en prison et transféré à Montbrison où on devait le juger. «T avais de vraies inquiétudes pour lui : elles étaient partagées par son ami le baron de Montmorency ; nous fîmes le plan de partir de Genève dès que nous apprendrions sa condamnation et d'aUer à Paris demander sa grâce ; mais le jury déclara qu'il n'y avait pas eu de délit, et heureusement notre bonne volonté fut inutile.

462 LIVRE GINQUiSME.

De Marseille nous revînmes directement dans nos foyers. Ce petit voyage m'avait presque complètement rétabli, sauf pour les forces que je n'ai jamais retrouvées tout entières. Je témoignai ma reconnaissance aux personnes qui m'avaient si bien soigné et distrait pendant ma maladie en leur apportant quelques produits de l'industrie 4e MontpeI}ier, et je me trouvai en état de reprendre quelque travail.

Je me remis à la monographie des Composées) qui avait été forcément interrompue pendant une année entière, J^y consacrai tout l'hiver, mais, je dois l'avouer, mpn ancienne ardeur ne m'était pas revenue. Je reçus un bel envoi de plantes sèches de la Nouvelle-Hollande de lapait de M. Allan Cunniogham , voyageur infatigable , qui « peu après, a été enlevé à la science. Je ne l'avais jamais vu, mais je l'ai regretté pour les services qu'il r^da^t à la botanique et à moi-même.

Cet hiver n'est guère marqué d'une manière agréi^Me dans mon souvenir que par le retour à G^ève de mon e;icellente et respectable amie M"^^ de Klustine , qfiB j'ai toujours tant de bonheur à. revoir, et par le séjour de Wss Caroline Elton, amie de M°^® Marcet, jeune et aimable personne, remarquable par sa grâce et son intelligence. Elle a eu la bonté de recueillir plus tard des notes sur la longévité de quelques arbres d'Angleterre, et m'a envpyé des mesures et des dessins qui pourront devenir utiles si jamais je reprends ce sujet.

L'entrée du printemps fut signalée par une perte qui, quoique bien prévue, ne laissa pas de m' affliger beaucoup. Ma tante, M™« Bouer, paya, à l'âge de quatre-vingts ans, son tribut à la nature. Cette sœur de ma mère , n'ayant jamais eu d'enfants, avait concentré ses affections sur ses neveux, et j'ai la vanité de croire qu'elle avait pour moi des sentiments quasi maternels. C'était une femme de caractère, de goût et d'esprit ; la vieillesse n'avait point altéré ses heureuses facultés. A la fin d'une longue maladte et

qaelqnes jours avant sa mort j'étais auprès de son lit, et eUe me récita tout d'une haleine une pièce de vers de Voltaire. Sa perte me fut très-sensible : c'était le dernier parant de mon sang qui me restait; il me semblait perdre encore une fois ma bonne mère. Les premières pertes que l'on fait causent une douleur qui se mêle d'étonnement, les dernières en causent une qui tient de l'abattement, car on se sent pour ainsi dire isolé dans le monde quand ou voit disparaître les parents âgés qu'on s'était habitué à considérer comme des points d'appui, aii moins pour le cœur.

Dans les premiers jours de mai 1837, je partis pour Paris ; j'étais dans ma petite calèche et je voyageais de conserve avec M™e de Klustine. La pesanteur de sa %oiture retarda ma marche ordinaire, mais j'en fus bien dédommagé par le plaisir de cette aimable société. Je retrouvai mes parents et amis que je n'avais pas revus depuis la grande maladie qui avait failli me séparer d'eux pour toujours. Leur amicale réception me fut, comme à l'ordinaire, très-douce.

Le but de ce voyage était la revue des herbiers pour achever la famille des Composées , ce qui me mit à même de publier mou sixième volume à la fin de l'année. Quelques circonstances heureuses facilitèrent mon travail. Indépendamment des richesses déjà accumulées dans les herbiers, M. Ramon de la Sagra, directeur du Jardin de la Havane, et mon ancien correspondant , mit à ma disposition les plantes qu'il avait rapportées de l'île de Cuba. J'eus surtout un grand plaisir à faire sa connaissance.

En dehors de mes affaires botaniques, il me fallut faire beaucoup de courses pour la Société des Arts. Cette Société se trouvait nommée légataire universelle d'un peintre nommé Edouard Blanc, qui était né à Genève, avait gagné quelque fortune à Moscou, et était mort à Paris. Ses exécuteurs testamentaires, MM. Paccard et B***, étaient, le premier favorable, et le second contraire à nos intérêts : la

i6i LIVRE CINQUIÈME.

difficulté résultait de ce que le testament, rédigé par on homme étranger à la jurisprudence, donnait prise à une foule d'équivoques ; de plus, le notaire paraissait disposé à tout trainer en longueur. Dans un but peu bienveillant, il conseilla, pour allonger, de consulter M. de Vatismesnil, ancien garde des sceaux, qui, à la première vue, déclara notre demande mal fondée. J'eus le bonheur de le faire revenir de cette idée et de le convertir à nos intérêts. Mais ce qui contribua le plus au gain de notre affaire fut un incident de hasard. Pendant ma discussion avec celui des exécuteurs testamentaires qui nous était opposé survint le bal donné par la ville pour le mariage du duc d'Orléans. J'y allai, et pendant que je parlais avec M. B*** passa M. Mole, alors président du Conseil des ministres. Celui-ci m'aborda avec sa bonté et son amitié ordinaires. M. B***, qui avait cru sans doute pouvoir éluder ou traîner en longueur avec un inconnu, fut tout changé, et dès le lendemain j'obtins pour la société l'héritage contesté, sauf une somme de mille écus, accrochée en Russie, et que M. Fr. Duval est parvenu deux ans après à nous faire remettre.

Outre mes anciens amis, que je revois toigours avec joie, je fis dans ce voyage quelques connaissances intéressantes. M"*e de Circourt me mit en relation avec son amie M^ne Rogniat et son mari, général habile et pair de France. Par ceux-ci j'entrai en rapport avec le général Baudrand et Madame, qui, ainsi que la famille Rogniat, sont restés au nombre de mes relations agréables. La Sagra, dont j'ai parlé plus haut, me conduisit chez MJ^^ Mojon, que j'avais jadis rencontrée chez Sismondi, sous le nom de M^ejvmesi. C'est une femme remarquable par son esprit et ses connaissances ; je dînai chez elle avec deux dames, bas bleus distingués , M™e *** gj jyjue ***^ sortes de célébrités qu'il est bon d'avoir aperçues.

Mais de toutes les relations que je cultivai dans ce voyage, les plus agréables furent M.^^ de Castellane et son

amîM/le comte Mole, que j'avais vus en 1832 à Genève. M. Mole voulut profiter de sa position de premier ministre pour demander au roi de me nommer commandeur de l'ordre de la Légion d'honneur. La chose décidée, il me l'annonça par un billet très-aimable, m'en remit lui-même les insignes, de la façon la plus obligeante, dans un dîner chez M^^e de Casteliane, et m'offrit de me conduire chez le roi pour le remercier. Comme il ne m'arrive pas souvent d'avoir des audiences de ce genre, je me permettrai d'en raconter ici quelques détails.

Nous allâmes à huit heures dans les petits appartements. Le roi se promenait dans la salle de billard et reçut avec bonté mes remerciements. M. Mole lui dit que j'avais été enchanté des grandes serres du Jardin des plantes, ce qui me donna l'occasion d'exprimer un désir des botanistes du Jardin qui était de conserver les petites serres, indépendamment des grandes, vu que les petites plantes ne peuvent vivre dans les grandes serres. « Mais, me dit le roi, trèsjudicieusement, elles viennent bien en plein air! » Je lui expliquai le mieux que je pus la différence , et me rabattis sur le fait enseigné par la pratique. « C'est singulier, me dit-il , je ne l'oublierai pas, M. de CandoUe, je ne l'oublierai pas. » Après quelques propos de ce genre, il se tourna vers M. Mole en lui disant : « M. Mole, il faut que nous parlions des qualifications qu'il convient de donner à ma belle-fille. * Lorsque j'entendis cette phrase, je fis mine de me retirer, mais le roi se rapprocha de moi, comme pour me dire que je pouvais rester, et commença à exposer, avec beaucoup de suite, tous les titres qu'on avait donnés aux princesses qui avaient épousé les fils de France. M. Mole lui dit en riant : * Je ne savais pas que Votre Majesté fût si forte sur l'étiquette ! — Ah! vous ne saviez donc pas que je discutais souvent là-dessus avec Louis XVIII , et que je le battais quelquefois. * Je trouvais assez plaisant d'assister en tiers à cette conversation du roi avec son premier mi-

nistre. Le roi la termina en disant : « Pensez à tout cela, M. Mole, c'est plus important qu'il ne semble; nous en parlerons. Mais n'allez- vous pas présenter M. deCandolle à la reine ? » Celle-ci se trouvait dans un salon voisin et me reçut avec une bonté parfaite, qui donnait une idée du charme de son caractère.

M. Mole me présenta ensuite à M™e Adélaïde, dont la manière vive contrastait avec celle de la reine. Après les premiers mots, elle me dit : « M. de CandoUe, que pensezvous de ces fameux choux gigantesques dont on parle? J'en ai chez moi ; savez-vous qu'on m'en a fait payer les graines vingt sous le grain? — Eh bien ! lui dis-je, Votre Altesse Royale peut se vanter d'avoir été bien attrapée. » Cette réponse la fit beaucoup rire. Je tâchai de réparer mon incartade en lui expliquant que ce chou n'était autre que le chou cavalier de Poitou. Je craignais qu'elle ne m'eût trouvé un peu impertinent, mais je fus rassuré, lorsque quelques jours après, à la grande fête de Versailles, me reconnaissant dans le public, elle se détacha du cort^ royal, vint droit à moi au travers de la foule et m'adressa la parole en me disant : « M. de Candolle, comment trouvez-vous que mon frère ait arrangé son château de Versailles? »

Au moment où je prenais congé de M™e Adélaïde, la duchesse douairière de Mecklenbourg, qui était à côté d'elle, me dit d'un air ému : « M. de Candolle, votre nom, que je viens d'entendre, m'a donné bien de l'émotion ; je l'ai souvent entendu de la bouche de mon mari, que vous avez connu à Genève. » Je lui parlai alors de l'époque où j'avais connu le grand-duc, et où je l'avais reçu chez moi avec le grand-duc de Weimar.

Peu de jours après, je fus invité à la grande fête du 10 juin pour l'inauguration du Musée de Versailles. Comme on n'y était admis qu'en costume, je commandai un habit d'Institut*,

* Les huit associés étrangers ont le droit de porter le costume, mais lum les membres correspondants. (Alph. de C.)

et malgré tous mes soins, je ne pus l'avoir que dans la nuit du 9 au 10. J'allai à Versailles avec mes amis MM. Delessert et Eynard. Nous entrâmes dans le château à dix heures du matin, et nous employâmes notre temps à visiter le Musée, qui est réellement quelque chose d'immense. A chaque pas nous rencontrions des gens célèbres ou d'anciennes connaissances. A trois heures le roi arriva avec sa famille et sa cour. Ce fut pour moi un spectacle curieux de me trouver dans la salle de VŒU-de-Bœuf^ qui rappelle tant de souvenirs, de voir tous ces habits chamarrés et brodés, etc. A quatre heures on se mit à table : les convives, au nombre d'environ douze cents, étaient divisés en plusieurs tables, présidées par le roi et les princes. Après le dîner, on fit le tour d'une partie des salles du Musée ; puis nous eûmes le spectacle dans la salle de Louis XTV, où nous vîmes jouer le Misanthrope et un ballet destiné à représenter le contraste des cours de Louis XIV et de Louis-Philippe. Au milieu de toutes ces magnificences, bien des réflexions philosophiques se pressaient dans nos esprits. Après le spectacle, la foule, accrue de tout le corps diplomatique, fit aux flambeaux le tour des grandes salles du Musée : c'était un effet bizarre et comme magique. Enfin, à deux heures, nous pûmes sortir. Mes forces avaient tenu tant que la curiosité les soutenait, mais quand il n'y eut plus rien à voir, je crus que je ne pourrais pas même traverser la cour pour arriver à l'hôtel où je devais coucher.

A peine au lit, je fus réveillé par les préparatifs de la revue qui devait avoir lieu à dix heures. Ce fut encore un spectacle, car elle était passée par le roi et les princes. La reine et les princesses suivaient en calèche. J'allai de là voir l'ouverture publique du Musée, autre spectacle intéressant par l'ordre et la décence avec lesquels la foule s'y conduisait ; puis j'allai dîner chez M, Edwards, où je fis la connaissance de M. Michelet, l'historien. Je revins à Paris, avec Auguste de la Rive, au milieu de la nuit,

enchanté de mes deux journées , mais abîmé de fatigue.

Dès le lendemain plusieurs des dames de ma connaissance, qui n'étaient pas de la fête, me firent demander d'aller la leur raconter, et ce qui me divertissait c'est que celles qui tenaient au parti carliste y mettaient encore plus de curiosité que les autres.

Le reste de mon séjour fut assez dérangé par la goutte. Sans être violente, elle me gêna beaucoup pour les visites que j'aurais voulu faire. Dans les premiers jours de juillet je revins à Genève.

Après quelque repos, je fis encore une course pour aller, avec mon fils, assister à la session de la Société helvétique des sciences à Neuchâtel. Nous logeâmes chez mon ancien camarade Coulon. J'eus grand plaisir à revoir celles de mes anciennes connaissances neuchâteloises que la mort avait épargnées, et surtout mon vieux ami Chaillet, que je trouvai dans un état bien affligeant, auquel il succomba peu de temps après.

Pendant l'été de 1837 mes collections furent visitées avec utilité par divers botanistes. M. Bélanger apporta à Genève, pour les comparer avec mon herbier, les plantes qu'il avait recueillies dans l'Orient, mais il n'acheva pas cette revue.

M. Moquin-Tandon se rencontra avec Bélanger dans mon herbier; il est actif, laborieux, et a le travail facile. Son but était d'étudier les Chénopodées et les familles voisines, dont il a publié d'excellentes monographies dans le Prodromus. Doué d'une vivacité toute languedocienne, il nous amusa beaucoup en nous lisant un petit ouvrage de sa composition, dans la langue des troubadours, supposé trouvé à Maguelonne, et assez bien fait dans son genre pour avoir pu tromper M. Raynouard \

Nous eûmes aussi une petite visite du bon Dunal, et une

* l\ est intitulé Cart/a Magàtonensis. Une seconde édition en a été publiée en 1844, à Montpellier. (.\lph. de C.)

plus longue de M. et Mp^ de Circourt^ tous gens que j'ai eu un plaisir bien vif à revoir. Deux de mes élèves revinrent de voyage et se mirent à travailler dans mon herbier à la description de leurs plantes. M. Margot, après avoir passé quelques années à Zanthe, s'associa avec M. Reuter pour rédiger une flore de cette lie, qui me parut bonne et que j'ai (non, je dois l'avouer, sans rencontrer quelque difficulté) fait insérer dans les Mémoires de la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève. M. Edmond Boissier, qui avait été parcourir le midi de l'Espagne , et en avait rapporté de belles collections, les a étudiées d'après mon herbier, et a publié un ouvrage élégant sur la flore des royaumes de Valence et de Grenade *.

Depuis le moment où le rétablissement de ma santé m'avait permis de travailler, je m'étais remis aux Composées. Vers la fin de 1837, je pus faire paraître le sixième volume du Prodromus, J'avais espéré pouvoir y fah:e entrer la fin de cette immense famille, mais la masse des matériaux qui m'étaient arrivés était si grande que je fus obhgé de rejeter les deux derniers ordres (les Labiatiflores et les Chichoracées) à l'entrée du septième volume, dont ils forment la première partie. J'avais recueilli pendant cet immense travail beaucoup de planches et de notes sur les Composées, et j'en fis les neuvième et dixième mémoires de ma Collection,

Ainsi, à la fin de l'hiver de 1838, je me trouvai avoir entièrement achevé ce travail, qui m'avait pris huit ans de ma vie (ou plutôt sept, vu l'année de maladie pendant laquelle je n'ai pu rien faire). J'ai présenté dans le dixième

* Cette partie des Mémoires se ressent beaucoup de Tétat de santé de Fauteur. Il avait noté plusieurs choses et plusieurs personnes dont il se proposait de parler, mais le défaut de subdivisions régulières et les nombreuses interruptions de la rédaction lui ont fait oublier les notes. Il comptait parler, par exemple, de M. le baron d'Haussez et de M. l'avoyer Fischer , de Berne , qui ont été pendant quelques années au nombre de ceux des habitués de son salon qu'il aimait et estimait le plus. (Alph. de C.)

mémoire un tableau statistique des Composées, qui résume assez bien les résultats généraux de mon travail. En y renvoyant, je me dispenserai d'en parler ici Je dirai seulement que ces huit années, exclusivement consacrées au même labeur, m'ont extraordinairement fatigué. J'avais fini par ne plus connaître que les Composées, et le reste du règne végétal m'a paru quasi nouveau quand j'ai dû m'y remettre. Une véritable fatigue intellectuelle est résultée, soit de ce travail acharné, soit de ma longue maladie de 1836, soit des progrès naturels de l'âge, soit enfin de la preuve, démontrée par les circonstances, qu'il me serait impossible d'achever mon entreprise.

C'est une grande et solennelle époque dans la vie que celle où l'on est arrivé à la persuasion d'avoir mal calculé ses plans et où l'on est forcé de renoncer à celui auquel on attachait le plus de prix! Il faut pourtant tenir compte de l'accroissement subit du nombre des plantes connues, par l'effet de nouveaux moyens d'explorations et de transports. Ce que j'ai exécuté jusqu'en 1838 est à peu près ce à quoi j'avais, en commençant, estimé l'étendue totale du travail; mais, dans l'intervalle qui s'est écoulé depuis le commencement de Touvrage, le nombre des végétaux connus a plus que doublé. Je puis me flatter d'y avoir contribué pour une part de quelque importance. En effet, au moment où j'ai achevé les Composées, ce qui correspond presque exactement à celui où j'ai eu soixante ans accomplis, je trouve que j'ai établi six mille deux espèces nouvelles, quatre cent soixante-dix genres nouveaux et publié neuf cent quarante planches botaniques * , soit environ un quatorzième des espèces connues, un seizième des genres admis et un quarantième des planches publiées. Je n'ai pas fait un calcul exact de comparaison, et j'ignore si je me fais illusion, mais il me semble

* Voir les Pièces justificatives, n» iv, où ces divers calculs sont complétés par quelques travaux de mon père après celui des Composées.

(AlpLdeC.)

VIEILLESSE. — GENÈVE. ili

qu'aucun botaniste n'a jusqu'à présent atteint des chiffres aussi élevés. Je le dis comme preuve que ma carrière n'a pas été sans utilité, mais je le dis sans y attacher trop de vanité, car ce résultat tient beaucoup aux circonstances du temps où j'ai vécu. Peut-être ajouterai-je encore quelque chose à ces chifires dans ce qui me reste à vivre, mais ce ne sera sûrement pas en proportion de ce que j'ai fait jusqu'ici, car je sens mes forces diminuer et mon ardeur se ralentir.

Dans le courant de 1838, j'ai travaillé aux dernières familles des Calyciflores, formant la fin du septième volume du Prodromus. Ce travail n'a pas été long, \ii que mon fils, mes amis Dunal et surtout Bentham, l'ont bien abrégé en faisant, le premier les familles des Campanulacés, Cyphiacées et Lobéliacées; le second la famille des Vacciniées, et le troisième la vaste tribu des Ericacées. Ces trois morceaux, exécutés avec soin et talent, sont des ornements précieux pour mon ouvrage. La seconde partie du septième volume, achevée en 1838, n'a paru que l'année suivante. J'ai employé ce temps à préparer quelques familles de Corolliflores, telles que les Borraginées et surtout les Bignoniacées. Celles-ci m'ont particulièrement intéressé, vu leur beauté et le nombre considérable d'objets inédits que j'y ai trouvés. J'ai publié en 1839 une petite notice sur les genres de cette famille, afin de prendre date *.

L'hiver de 1837 à 1838 fut marqué par une attaque de goutte, qui dura plus de deux mois, mais ne fut pas violente, et me permit de suivre à quelques travaux.

Au printemps, mon fils devint père d'un second fils qui reçut les noms de Henri-François-Lucien. Cet événement, en assurant davantage l'avenir de ma famille, me fut extrêmement doux.

• L'article lui-même a paru après la mort de mon père, avec de nombreuses additions de moi , dans le volume ix du Prodromus,

(Alph. de C.)

Mon beau-frère Auguste Torras \1nt, avec toute sa famille, passer l'été à Genève, ce qui nous fut très-agréable. Ma femme dut, à cause de l'état de sa santé, aller passer un mois aux eaux de Saint-Gervais : je l'y accompagnai, et je retom'nai la reprendre, mais dans l'intervalle je continuai mes travaux à la ville. Ce fut alors que j'eus à recevoir l'excellent M. Moris, professeur à Turin, et sa femme, qui me firent une agréable diversion dans ma solitude. Je m'occupai aussi à faire arranger une nouvelle salle pour mon herbier, dont les accroissements continus exigeaient cette addition. Tout récemment il venait de m' arriver un bel envoi de plantes de Géorgie et du Caucase, recueillies par MM. Hoheuacker et Wilmsen, et que je devais à l'obligeance de mon aimable amie M"^e de Hahn, alors à Tiflis ' .

J'eus encore pendant cet été quelques autres visites de savants : l'une fut celle de M. Oscar Leclerc , neveu de M. Thouin, qui vint prendre des renseignements sur Pagriculture du pays. Plus tard, M. Preisswerk, de Bâle, séjourna quelque temps pour étudier les Lichens de mon herbier, et eut la complaisance de les arranger. Mon excellent ami Dunal \1nt encore passer un mois chez moi pour achever les Vacciniées que j'ai mentionnées plus haut. M. Splitgerber, Hollandais, arrivant de Suiînam, vint comparer les plantes de son voyage avec celles de mon herbier. Enfin je reçus la visite de mon ancien ami Frédéric Cuvier, qui, allant de Lyon à Strasbourg, comme inspecteur de l'Université, eut l'aimable idée de passer par Genève pour me voir. Je le gardai une journée, dont j'appréciai tout le prix. Hélas ! je ne croyais pas qu'il dût être sitôt enlevé à ses amis. Cet excellent homme fut saisi, à son arrivée à Strasbourg, par une attaque d'apoplexie, assez semblable à celle qui avait enlevé son frère, et y suc<;omba en bien peu de temps ; je le pleurai d'autant plus sincèrement,

* M. le baron de Halin était gouverneur général des provinces russes aa delà du Caucase. (AlpL de C.)

que sa visite récente avait pour ainsi dire ravivé notre ancienne amitié.

L'année 1838 fut marquée par quelques événements politiques qui me furent pénibles. Les querelles des cantons de Luceme et de Schwytz agitèrent la Suisse, et notre Conseil Représentatif en ressentit la secousse. Je m'affligeai de voir que les meneurs de notre canton s'engageaient toujours davantage dans leurs liaisons avec les radicaux suisses, liaisons que je crois dangereuses pour la Confédération et surtout pour Genève. Aussi je fus enchanté que, peu après cette discussion, le terme de mes fonctions m'appelât à sortir du Conseil Représentatif.

A l'automne, un événement qui aurait pu être trèsgrave excita beaucoup le pays. Louis-Napoléon *

Sismondi, qui était du même avis que moi, prononça un excellent discours dans le Conseil et perdit une partie de sa popularité. Je m'applaudissais de ne plus être membre de ce corps, mais comme il n'est point dans ma manière d'être de cacher mon opinion, je pris ma part de l'impopularité, heureux de partager le sort de mon ami. Tout cela ne m'a pas fait grand mal, néanmoins l'incident a contribué à me dégoûter des fonctions politiques. J'étais alors très-décidé à ne plus me présenter pour le Conseil Représentatif, et j'ai persévéré longtemps ; mais la veille même du jour où l'inscription devait être close, le 1^^ juiUet 1839, M. Le Fort, conseiller et secrétaire d'État, vint me presser de m'inscrire ; il le fit avec tant d'instances que je ne pus résister. Je fus réélu, pour la quatrième fois, le troisième en rang, avec 1333 voix sur 1423 votants, c'est-àdire presque exactement avec un nombre proportionnelle-

' Suit un aiticle tout politique, dont l'intérêt serait bien faible aujourd'hui, car il a pour but de prouver que Louis-Napoléon était plus Français que Suisse, et qu'il était bien un prétendant au trône de France.

(Alph. de C.)

ment semblable * à celui que j'avais obtenu en 1829, lorsque je me trouvai au ' premier rang. Je n'avais donc pas déchu dans l'opinion, mais deux autres avaient monté. En rentrant ainsi dans le Conseil je me décidai, vu l'état de ma santé, à n'y jouer aucun rôle actif, et à me contenter de voter silencieusement. Aussi puis-je croire que le rôle, déjà peu important que j'ai joué en politique, est tout à fait achevé.

L'aimée 1839 s'est présentée pour moi sous de mauvais auspices. Les mois de janvier et de février ont été signalés par un état de malaise presque continu. J'ai conservé cependant assez de force pour travailler, et cet hiver a été spécialement consacré à l'étude des Borraginées. Je sentais le besoin d'aller à Paris, soit pour visiter les herbiers, soit pour régler mes comptes avec mes libraires. Un événement de famille hâta mon départ. On nous annonça que la nièce de ma femme, qui, comme elle, s'appelait Fanny Torras, allait épouser M. Paul de Gaspann, fUs du pair de France^ alors ministre de l'intérieur, et on me pressa d'aller à Paris pour cette époque. Je m'y décidai sans peine, car ce mariage me faisait grand plaisir, et j'étais bien aise de le témoigner. Je partis donc avec Alphonse, le 22 avril, encore mal remis de la goutte et d'un long catarrhe. Je fus arrêté un jour en route par l'état de ma santé et n'arrivai que la veille du mariage, tout juste pour assister à un grand dîner chez le ministre en l'honneur de la noce. Je jouis vivement du bonheur qu'on pouvait présager pour ma nièce dans cette excellente famille.

Mon séjour à Paris fut, comme à l'ordinaire, consacré à étudier les herbiers et à revoir mes parents et amis. De nombreuses réunions de famille me fatiguèrent, aussi je repris la goutte et le catarrhe qui me laissèrent peu de jours libres. Obligé de garder la chambre, je fus habituelle-

ment entouré de personnes de ma connaissance, de manière à ne point sentir l'isolement. Le 12 de mai, j'eus occasion (pour la première fois de ma vie, après quarante ans de séjours plus ou moins prolongés à Paris) de voir quelques légers épisodes d'une émeute qui heureusement n'eut aucune suite.

Je vis quelquefois mon vieux ami Gaudy qui était tombé dans un état de demi-paralysie. Sa décadence physique et intellectuelle me causa une vive peine, et en le quittant je pensai bien ne plus le revoir. En effet, peu de mois après mon départ, je perdis cet ancien ami de mon enfance ' pour lequel j'avais toujours conservé des sentiments d'affection.

Je revins avec mon fils, au mois de juin, passer l'été à Genève. Vers la fin de cette saison, je fus encore appelé à faire une course aux bains de Baden-Baden, pour y revoir mon aimable et excellente amie M™e de Hahn, qui, après avoir quitté Tiflis, résidait à Saint-Pétersbourg (où son mari est sénateur), et de là, par raison de santé, était venue à Baden. Je partis le 25 août et arrivai à Baden sans incident. C'a été un plaisir très- vif pour moi de retrouver M"ie de Hahn, toujours bonne, aimable, et on peut dire plus amicale encore qu'à son départ de Genève. Notre correspondance avait consolidé et éprouvé notre amitié ; d'ailleurs si l'absence efi'ace les souvenirs des relations légères, elle grave d'autant plus les traits des amitiés profondes. Je passai trois jours dans cette charmante ville de Baden-Baden, jouissant du matin au soir de la conversation de M°ie de Hahn. Elle me lisait son journal de voyage à Tiflis et à l'Ararat, qui me fit connaitre ce pays remarquable. Nous avons visité ensemble les vieux châteaux des environs de Baden et les souterrains du fameux tribunal secret, du moyen âge, qui existent encore dans le château

• Voyez ci-dessus, pages 12 et 13. (Alph. de C.)

du grand-duc. Les portes en blocs de pierres, roulant silencieusement sur leurs gonds, donnent l'idée du silence de l'enfer.

J'ai vu souvent, pendant ces trois jours, la famille de Mme de Nesselrode avec laquelle M.^^ de Hahn est fort liée, et j'ai retrouvé M. et M™^ de Medem, Courlandais, que j'avais connus à Genève. M™® de Hahn est partie pour Saint- Pétersbourg ; je l'ai quittée avec un vif regret, mais avec l'espérance de la revoir un jour à Genève. C'est un bonheur rare qu'une pareille amitié, seulement il est pénible de n'en jouir que de loin en loin et d'être séparé par de si grandes distances.

En revenant je me suis arrêté quelques heures à Bâle, où j'ai vu avec plaisir M. Meissner, puis à Neuchâtel, où j'ai retrouvé avec intérêt Coulon et d'autres anciens amis. J'y ai pris l'engagement de faire l'éloge de M. Chaillet. dont je me suis occupé dès mon retour.

A vrai dire je ne fis guère autre chose. Je trouvai la force de rédiger un article sur l'excellent ouvrage de mon ancien ami de Gérando, relatif à la bienfaisance publique, puis je m'amusai de loin en loin à écrire quelques portions de mes mémoires biograpliiques. D'ailleurs je n'ai su jusqu'à présent (1^*'' juillet 1840) me remettre à aucun travail. Un découragement profond m'a atteint par suite de l'affaissement de ma santé ; une suite de légères attaques de goutte, des lumbagos, des maux d'estomac, etc., m'ôtent l'entrain nécessaire pour le travail ; je me sens atteint par un découragement qui semble maladif et que je ne puis vaincre : je vois qu'il me sera impossible d'achever le ProdromuSy et que je laisserai ainsi incomplet l'ouvrage auquel j'avais attaché mes espérances d'avenir. Sortirai-je de cet état de torpeur? Reprendrai-je un nouvel entrain ? Cela me paraît douteux..

Novembre 1840. — Comme je le prévoyais, l'état incertain de ma santé depuis un an m'a empêché de me livrer à

aucun travail régulier. Une succession de catarrhes plus ou moins accompagnés d'oppression ou de goutte remontée a amorti mon activité. Je n'ai guère fait pendant l'hiver dernier que les Oléinées et les Jasminées pour le Prodromus, et un mémoire sur un figuier que les jardiniers prenaient pour un Galactodendron et que j'ai décrit sous le nom de Ficus Saussureana^ pour l'avoir observé dans les serres de M. Théodore de Saussure.

A l'entrée du mois de juillet j'ai essayé, soit comme moyen curatif, soit comme distraction, d'aller passer trois semaines aux bains de Saint-Gervais. Ce séjour m'a été agréable, mais n'a rien changé à mon état de santé. J'y ai joui du plein air et d'une société agréable, composée de quelques Genevois de mes amis, de quelques nobles piémontais, MM. de Cavour \ de Rora, de Revel, de Viani, de M^^ de Briançon et son beau-frère, etc., et de plusieurs carlistes français des départements qui nous avoisinent, parmi lesquels je noterai M. le comte de Brissac (qui m'intéressa en me racontant plusieurs anecdotes de l'expédition de la duchesse de Berri dont il a fait partie), M. Clouet, M. le comte d'Aulnai, président de l'Institut historique, M. et M^^ de Montessui, de Bourg, M^e de Reculot, sœur de Magnoncour, et sa fille, M^^e de Valdahon, etc., etc. La chute d'un âne sur lequel j'étais monté me dégoûta dès le premier jour de ce genre de promenade, et je me bornai à parcourir la vallée à pied ou en voiture. C'est ainsi que j'allai voir l'ancien lac de Chède, aujourd'hui comblé par une avalanche, l'église de Passi, où se trouvent plusieurs inscriptions romaines, et surtout les débris de la malheureuse ville de Sallenches qui, peu de mois auparavant, avait été ' consumée tout entière par un incendie. Je vis à cette occasion M. le comte de Sales, qui était commissaire du roi pour la distribution des secours et la reconstruction de la

* Le père du ministre. (Alph. de C.)

478 LIVRE CINQUIÈ.\1E.

ville. Je l'âvais jadis un peu connu à Paris où il a été ambassadeur, et j'ai beaucoup admiré le zèle calme et paternel qu'il apportait dans sa nouvelle fonction. J'ai recueilli avec plaisir les témoignages de sa reconnaissance pour les secours que Genève avait envoyés aux habitants de Sallenches \ M. de Sales est le dernier de la famille de saint François de Sales ; aussi, en voyant tous les soins qu'il donnait aux malheureux incendiés, je lui disais en riant: « On voit bien, Monsieur le comte, que vous avez du sang de saint dans les veines.»

Je revins à Genève dans les premiers jours d'août, pour assister à la cérémonie des promotions. Je tenais à faire acte de présence à cette cérémonie solennelle de l'Académie, afin de protester, pour ainsi dire, contre les brochures qui, depuis un au, avaient été imprimées sur ce corps. Quoique formellement excepté des attaques, j'ai tenu, par cela même, à me rattacher à mes collègues.

Peu de jours après il me fallut présider la séance publique de la Société des Arts, dont je venais pour la quatrième fois d'être élu président pour cinq ans. J'y ai fait Téloge d'un peintre, M. Ferrière, du professeur Lhuillier, et de mon vieux ami Redouté, qui venait de mourir à Paris et qui était membre honoraire de la Société. C'est un homme que j'ai regretté pour sa bonhomie, et dont je n'avais m qu'à me louer depuis quarante ans que je le connaissais.

Dans la fin du mois d'août, j'allai avec mon fils, mon collègue Auguste de la Rive et le jeune Alphonse Favre ' faire une petite course à Fribourg pour assister à la réunion de la Société helvétique. Cette session avait quelque intérêt parce qu'elle était présidée par le Père Girard, homme dont j'apprécie beaucoup le caractère et que je regardais comme un devoir d'appuyer à raison des persécutions que les cagots

* Environ 35,000 francs en argent et une valeur à peu près égale en effets de vêtements et en vivres.

' Nommé peu de temps après professeur de géologie. (Alph. de C.)

lui ont fait éprouver. Ceux-ci témoignèrent en effet leur mauvaise humeur par le fait qu'aucun prêtre ne parut dans les assemblées de la Société. Elles furent assez insignifiantes à cause de la division par sections. Ma santé ne me permit pas d'aller voir une émanation de gaz hydrogène, accidentellement enflammé, qui s'était développée à trois ou quatre heues de Fribourg. L'excursion pour voir ce phénomène fut un des épisodes intéressants de la session. J'étais logé, ainsi que mon fils, chez un des MM. de Fsegueli , et je vis beaucoup d'autres membres de cette excellente famille avec laquelle j'avais des relations depuis environ quarante-cinq ans ! M. Xavier, connu sous le titre de syndic de la ville, est un vieillard de quatre-vingt-huit ans, encore vert et actif. C'est avec lui et son frère, âgé de quatre-vingt-trois ans, tous 4eux instruits et sagement libéraux, que je passai une bonne partie de mon temps.

Le voyage, pour aller et revenir de Fribourg, présenta quelques légers incidents dignes d'être notés. Au moment de partir, je vis arriver à Genève Adrien de Jussieu, Adolphe Brongniart et sa femme : affligé de manquer leur visite, et ne pouvant retarder mon départ à cause du jour fixe de la Société, je les engageai à venir avec nous sur le bateau à vapeur jusqu'à Vevey, et j'eus au moins le plaisir de jouir de leur conversation.

Au retour de Fribourg, je trouvai sur le bateau à vapeur deux sociétés dont le contraste me divertit. D'un côté une petite réunion de méthodistes genevois, de l'autre une société d'acteurs et auteurs de vaudevilles de Paris, entre autres M. Duveyrier, fils du premier président de la cour royale, que j'avais connu à Montpellier et qui se fait appeler Melesville, et une petite actrice, Eugénie Salvage, qui s'est acquise quelque célébrité dans le rôle du Gamin de Paris. Je m'amusai fort pendant la route du contraste de ces deux groupes.

Après avoir passé une quinzaine de jours chez moi, je

me décidai à aller encore, avec mon collègue et ami Auguste de la Rive, faire une course à Turin, pour assister à la réunion annuelle des savants italiens. J'espérais qu'un climat plus chaud, la distraction et le mouvement me feraient du bien. C'était d'ailleurs une occasion de voir une réonim scientifique italienne, et j'y avais été vivement invité. Nous sommes partis le 12 septembre. Dès notre entrée sur le territoire sarde, nous eûmes un indice de la bonne réception du gouvernement, car à peine on sut que nous allions à la réunion qu'on ne voulut point visiter notre voiture. Nous nous arrêtâmes deux heures à Aix pour y voir notre ami M. Dumas, de l'Institut, et son aimable femme, tille de mon ami Brongniart, avec lesquels j'ai toujours du plaisir à me trouver. Après cette petite station consacrée à l'amitié, nous sommes venus coucher à Chambéry. Le lendemain nous avons été par une pliiie continue jusqu'à Modane : le pays n'est pas beau, et nous pouvions à peine, vu le mauvais temps, profiter des aperçus qu'il présente. Notre journée s'est donc passée en causerie, agréable il est vrai, mais calfeutrés dans notre voiture et pestant souvent contre le mauvais temps. Il nous a suivi le lendemain jusqu'au sommet du mont Cenis, mais à peine avons-nous atteint le point culminant que les nuages ont disparu, et un brillant soleil nous a annoncé notre entrée dans la belle Italie. J'ai vu plusieurs fois ce changement de décoration, sans m'être jamais lassé de l'admirer.

Du mont Cenis nous descendîmes assez rapidement à Turin, en admirant ces belles plaines bien cultivées et quelques figures italiennes dignes du pinceau de Raphaël Je connaissais la route, mais j'avais un singulier plaisir à la revoir après trente ans. A huit heures du soir, nous entrâmes sous le portique de l'hôtel Feder où notre domicile avait été fixé; il faisait nuit : je descendais assez fatigué de ma voiture, tout à coup je me trouve dans les bras du bon Moris et de dix autres botanistes dont les figures m'étaient la plu-

part inconnues. Je me sens embrasser avec eflFusion, et dans le pays même que j'ai le plus habité jamais je n'avais été accueilli d'une manière aussi chaleureuse. A peine installé dans mon appartement, j'ai vu arriver la plupart des personnes de Turin que je connaissais, telles que l'avocat Colla, le comte Petiti, etc. Tous les Genevois, venus pour la réunion, MM. Pictet-de la Rive, Choisy, Maunoir, Plantamour, Alphonse Favre, étaient logés dans l'hôtel, par les soins du bon et aimable marquis de Cavour, qui n'a cessé de nous combler de bontés pendant la durée de notre séjoui'.

La Société étant le but de notre voyage, c'est par ce qui la concerne que je dois commencer mon récit Dès le lendemain de notre arrivée, nous avons été nous inscrire, et on nous a remis une description de Turin, accompagnée d'un plan panoptique de la Superga, que le Conseil municipal donnait à tous les scienziati. En sortant de l'hôtel de l'Université, où se faisait l'inscription, nous allâmes assister à une grand' messe en musique, par laquelle la session commençait. Elle fut exécutée dans l'église Saint-Philippe, et le prêtre qui officiait était membre de la réunion. Le pape avait témoigné contre la Société assez de mauvaise humeur pour défendre à ses sujets de s'y rendre, mais un grand nombre de prêtres, et même quelques évêques, ont assisté, soit aux réunions générales, soit aux assemblées de sections : contraste curieux avec la Société helvétique de Fribourg^ où aucun prêtre n'est venu, quoiqu'elle n'eût point été proscrite par le pape et qu'elle fût présidée pai' le prieur des cordeliers.

En sortant de la messe, nous avons été dans la grande salle de l'Université, où nous étions déjà environ quatre cents (le nombre total à la fin a été cinq cent cinquante). Nous nous sommes divisés en sections ; chacune d'elles a nommé ses présidents et secrétaires, qui tous étaient pris parmi les membres italiens de la réunion. Moris a été nommé

président de la section de botanique. Elle se composait de vingt-cinq à trente personnes, parmi lesquelles je citerai MM. Colla, Moretti, de Visiani, Risso, Trinchinetti, de Notaris, Masi, Bertola, Casaretto, Biasoletto, Belli, etc. Les autres sections étaient beaucoup plus nombreuses : celle de médecine comptait cent trente membres, celle de physique et chimie cent cinquante, celle d'agriculture et technologie à peu près autant. La première séance a sortoot été employée à s'organiser et à se faire nommer les personnes qu'on ne connaissait pas encore. J'ai eu pour ma part le plaisir de retrouver quelques anciennes connaissances, telles que le prince de Musignano (Charles Bonaparte), aujourd'hui prince de Canino, Risso, de Nice, Moris, Colla et Bonafous, de Turin, Moretti, de Pavie, Casaretto, de Gênes, qui a fait le voyage au Brésil avec le prince de Carignan, etc. J'ai vu pour la première fois MM. le comte de Saluces, président de la Société, de Visiani et Parolini, de Padoue, Confiliacchi, physicien de Côme, Planta, Tastronome, Gazzera, etc. Nous avons consolidé ces relations en dînant tous ensemble dans une salle prise sur l'ancien manège du roi. Ces dîners, qui se sont répétés chaque jour, n'étaient animés ni par des santés ni par des discours. A l'entrée et à la sortie, nous avions à fendre une foule de curieux qui se pressaient à la porte pour voir les savants et leur témoignaient beaucoup d'égards. La même presse avait eu lieu le matin à l'entrée et à la sortie de l'élise de Saint-Philippe.

Le second jour, la Société étant constituée, il y a eu encore séance publique, où le président, M. de Saluces, a lu à voix basse un discours auquel MM. Gêné et Confiliacchi ont répondu. Le tout a été court et froid, mais un grand concours de membres et un vaste gradin occupé par des dames y donnaient quelque intérêt de curiosité. Les jours suivants il n'y a plus eu que des réunions de sections. Celle de botanique, composée d'un petit nombre de membres, ne

m'a pas offert beaucoup d'intérêt. On n'y a présenté de mémoires que sur des points assez minutieux de la botanique locale ou sur quelques plantes de jardin. L'insouciance des botanistes italiens les empêche d'étudier les questions plus générales et retarde leurs progrès. Parmi les lecteurs qui tenaient à des recherches d'un ordre un peu relevé, je citerai M. Risso, qui présenta le tableau d'une monographie des figuiers de Nice, ouvrage qui m'a paru peu profond, et M. Casaretto, qui a lu quelques fragments sur la géographie botanique du Brésil. Pour payer mon écot, j'ai lu une note sur les monstruosités par rupture des péricarpes charnus, une autre sur les Euphorbes à feuilles tachées, et un mémoire sur la famille des Myrtacées. A la fin de la session, et après mon départ, il y a eu encore une séance générale où l'on a décidé de réunir la Société à Padoue, en 1 842 , car l'usage de cette Société est de fixer les sessions deux ans à l'avance. C'était moi qui, dans la conversation, avait indiqué cette ville, et les Italiens prétendent qu'ils l'ont adoptée pour me décider à y venir. Il n'y a d'ailleurs sorte de politesses qu'ils ne m'aient faites, quoique j'aie souvent critiqué devant eux leur trop grand attachement à la botanique locale et ailx formes linnéennes ; la bonté de leur caractère se fait par là remarquer d'une manière bien attachante.

Au milieu des égards et des politesses dont les habitants de Turin m'entouraient, j'avais peine à me défendre d'un souvenir pénible. Tous ceux que j'y avais connus dans mes précédents voyages, il y a trente et quarante ans, avaient payé leur tribut à la mort. Je ne retrouvais plus cet excellent Balbis, qui m'avait reçu comme un frère , ni son élève Bertero , ni son collègue Bellardi, ni le marquis de Spini, le comte Balbi, Piotti, MoUneri, JuUo; tous avaient disparu, et je ne jouissais plus que des souvenirs de ces anciennes relations, des connaissances que j'avais faites postérieurement, ou de celles que je devais à mes ouvrages. Les deux botanistes de Turin m'ont comblé de

prévenances : le bon Moris m'a rendu tous les petits services qui pouvaient rendre mon séjour agréable, et j'ai eu aussi du plaisir à revoir sa femme, que j'avais aperçue à Genève. Colla m'a reçu avec beaucoup de cordialité, et sa famille entière m'a accueilli comme un ancien ami ; j'ai eu surtout un plaisir parfait à revoir sa fille Tecophila, qui portait alors le nom de M™^ Billiotti, et qui peu de jours après mon départ a épousé M. Blachier, de Bologne. Elle m'a témoigné une amitié simple et vraie, et m'a accompagné pour toutes les petites emplettes que je voulais faire et au Jardin de Burnier. J'ai passé surtout,' grâce à elle, une journée agréable à Rivoli, où Colla s'est créé un Jardin ' botanique. Je l'ai vu malheureusement par un jour de pluie, et j'en ai rapporté un rhume de mauvais caractère, qui a duré plusieurs mois.

Je reçus encore l'accueil le plus 'aimable de plusieurs personnes étrangères aux sciences, parmi lesquelles je dois compter au premier rang le bon et obligeant marquis de Cavour, et sa famille, à moitié genevoise, sa femme et ses deux belles-sœurs (la duchesse de Tonnerre et M™« d'Auzèrs) étant nées de Sellon, parentes de mon compagnon de voyage de la Rive. M. de Cavour a consacré une matinée à nous montrer l'organisation des marchés et des hôpitaux de la ville de Turin , dont je fus singulièrement satisfait, aussi bien que des embelhssements de la ville depuis que le Piémont a retrouvé son indépendance. Nous avons passé une journée dans sa belle terre de Centena, où j'ai fait connaissance avec la marquise douairière, âgée de quatre-vingttrois ans, encore remarquable par la grâce et la vivacité de son esprit.

Parmi les personnes qui m'ont accueilli avec une politesse et une bonté parfaites, je dois mentionner la comtesse et le président de Briançon, la famille de Rora, que j'avais rencontrée à Saint-Gervais, le respectable comte de SaJuces, président de notre réunion, sa femme et sa belle-

fille la marquise de Cortanz, la marquise de Saint-Germain, les chevaliers de Ravel et de Viani, le comte Petiti, que j'avais un peu connu à Genève , etc^^ etc. Ces personnes, toutes de la première société, étaient pour moi des relations agréables. J'allais faire des visites aux dames, soit chez elles, de sept à neuf heures du soir, soit dans leur loge au théâtre. Enfin , pour clore dignement la liste des politesses reçues dans ce court séjour, je dois mentionner celles dont le roi lui-même nous a honorés, de la Rive et moi. M. de Cavour lui ayant témoigné le désir que nous avions de lui être présentés, il nous donna une audience particulière, dans laquelle il nous reçut avec beaucoup de bonté, nous fit asseoir à côté de lui (politesse insolite chez les rois, mais qui tient au mauvais état de sa santé), nous témoigna sa reconnaissance de ce que Genève avait fait pour Sallenches, nous parla avec amitié de son ancien maître, M. Vaucher, nous assura que si la guerre éclatait, il garderait la neutralité, et exprima le désir de s'allier sous ce rapport' avec la Suisse. Le roi manifesta l'intention de nous revoir, et, en efiet, trois jours après, nous reçûmes une invitation pour dîner au château.

Par un hasard qui donna plus de relief à ce repas, la princesse Hélène, femme du grand-duc Michel de Russie, passa à Turin, et le roi l'engagea à dîner. C'est une princesse aimable et instiiiite; elle était venue à Genève il y a dix à douze ans, et avait demandé à me voir, mais j'étais alors absent. Quand elle entendit prononcer mon nom dans le salon du roi Charles-Albert, elle vint à moi, en me disant : « M. de Candolle, il y a dix ans que je vous cherche! » Elle fut très-obligeante à mon égard. Avec elle, se trouvaient ses trois filles. La famille royale de Piémont était réunie tout entière. Ce fut donc un dîner de grande cérémonie. Je me trouvai à côté du maréchal de Latour, qui passe pour l'homme de créait par excellence. Après le dîner on reste debout; le roi et la reine vont parler à

chacun : tout cela ne forme pas un ensemble amusant, mais cette forme cérémonielle était curieuse. Le roi est venu deux fois me parler, et quand il eut reconduit la princesse Hélène, il rentra dans le salon pour me dire que si jamais je repassais à Turin il me priait d'aller le voir. Je n'ai donc eu qu'à me louer de sa politesse, et il m'en a donné encore une preuve en m'envoyant une médaille qui le représente d'un côté, avec le monument de la place Saint- Charles de l'autre.

Peu après cette journée de gala royal, nous nous décidâmes à reprendre la route de Genève. La veille du départ, nous allâmes à la Société philharmonique , où la Société entière avait été invitée. Je comptais y prendre congé de mes connaissances , mais les botanistes que j'y trouvai ne voulurent point recevoir mes adieux, et sachant l'heure de mon départ, me dirent qu'ils viendraient me voir le lendemain matin. En effet, avant sept heures je vis arriver toute la section de botanique pour me souhaiter bon voyage. Nous montâmes en voiture, et en arrivant à Rivoli, premier relai de la poste, nous retrouvâmes tous nos botanistes, auxquels s'était ajoutée la famille Colla. On recommença à me faire des adieux ; le jeune Berardi, petit-fils de Colla, me débita un compliment; M. Masi m'adressa une pièce de vers français des plus aimables; on remplit ma voiture de fiaiits du midi et de bouquets de iieurs, et chacun recommença à m' embrasser à la ronde. J'étais vivement ému de ces témoignages d'amitié, et je ne savais y répondre que par des larmes. La Gazette piémmtaise, rédigée par M. Masi, a rendu compte de cette fête simple et touchante.

Je quittai Rivoli le cœur encore ému de témoignages aussi flatteurs et amicaux, et il me serait difficile de ne pas conserver toute ma vie un souvenir reconnaissant de l'obligeance des habitants de Turin. Le temps était superbe; jusqu'au mont Cenis nous jouîmes de cette belle journée. Le soir, en descendant à Lans-le-bourg, où nous devions

coucher, nous fûmes pris par un froid assez vif qui ranima mon rhume. Le second jour, dans le but de varier la route, nous passâmes par Albertville , d'où j'écrivis à Moris et à Mme Billiotti pour exprimer mes sincères remerciements. Enfin, le 28 septembre, nous arrivâmes à Genève, après dix-sept jours d'une des excursions les plus agréables et les plus intéressantes que j'aie faites.

Peu après j'eus le plaisir de voir arriver à Genève MM. Moretti et de Visiani, que je tâchai d'accueillir de mon mieux en souvenir de la bonne réception des Italiens. Je vis aussi M. Eandi, Piémontais, qui revenait d'un voyage pour l'étude des prisons, et plus tard, Moquin-Tandon et Adrien de Jussieu vinrent aussi me faire d'aimables visites.

Ma course à Turin, qui avait été si agréable, me fatigua beaucoup. Je voulus à mon retour continuer un genre de vie actif, mais au bout de peu de temps je fus arrêté. Un violent catarrhe de poitrine me força à rester chez moi, et peu après il s'y joignit l'enflure des jambes *. On la combattit par la digitale, mais voilà plus de quatre mois que je suis prisonnier dans ma chambre (5 mars 1841), et j'attends avec impatience l'arrivée de la chaleur qui doit, dit-on, me guérir.

Cet hiver, passé dans la réclusion, a été adouci par les visites fréquentes de mes amis et des dames de ma connaissance, mais il a été bien pénible, soit à cause de l'inertie et de la paresse profonde qui résultent de mon état maladif, soit par les pertes sensibles que j'ai éprouvées coup sur coup.

Dès la tin de l'automne, je vis mourir mon ami le syndic Fatio, à la suite d'une attaque d'apoplexie. Sa mort, quoique prévue depuis plusieurs mois, me fut très-pénible. C'était un homme bon, modeste, obligeant et d'une grande capacité, qui m'avait puissamment aidé dans la fondation du Jardin botanique, et auquel j'étais tendrement attaché.

• Mon père était atteint d'une hypertrophie du cœur. (Alph. de C.)

Peu après, je perdis aussi mon aucien ami le professeur Vaucher. D m'avait le premier domié quelques leçons de botanique, et j'étais toujours resté avec lui dans les termes d'une véritable amitié, quoique la diflfiérence de nos âges et de nos manières de voir la botanique eussent paru s'y opposer. C'était un homme franc, loyal et obligeant, que j'ai sincèrement regretté.

Peu de jours après, je perdis encore mon ancien camarade d'enfance Pierre Huber. D habitait Yverdon, patrie de sa femme ; peu de jours auparavant il était venu me voir à Genève. C'était un homme d'une modestie parfaite et d'un caractère précieux. Ses travaux, comme naturaliste, s'étaient essentiellement dirigés sur les mœurs des insectes. D en a étudié plusieurs genres avec un vrai talent d'observation ; mais s'il rivalisait sous ce rapport avec Réaumur, Bonnet et son père, il avait aussi hérité de cette école l'ignorance et le mépris des classifications, de l'anatomie et de la nomenclature, de sorte que ses travaux sont restés fort inférieurs à ce qu'ils auraient pu être.

Parmi les pertes de cet hiver, je puis compter encore celle de M^^^ Prevost-Pictet, une des plus intimes amies de ma femme, et l'une des personnes dont j'appréciais le plus l'esprit, la grâce et le caractère. Son souvenir se liait pour moi à mes relations avec son père, le professeur Pictet ; son fils Edouard, qu'elle a eu le malhetfr de perdre, était intime du mien, comme je le suis resté de son mari.

Mais de toutes les pertes de cet hiver, la plus sensible fut celle de mon pauvre frère, qui succomba, le 26 janvier 1841, à une longue suite de maux. Cette perte m'a beaucoup frappé, car, nés à dix mois de distance, nous étions presque des jumeaux, et j'étais moi-même atteint de maladies qui, sans être aussi graves, avaient bien des rapports avec les siennes. Je l'ai peu vu pendant ses dernières semaines, étant moi-même retenu à la maison. Je l'ai pleuré sincèrement, et en perdant ce compagnon de mon enfance.

j'ai, malgré d'extrêmes dififérences de goûts, de carrière et de caractère, senti que j'étais beaucoup plus isolé dans le

monde Je jugeai convenable de refaire pour la

cinquième ou sixième fois mon testament, et j'ajoutai à cela un travail long et, pour mes goûts, très-fastidieux, celui de ranger mes affaires pécuniaires dans un ordre complet. D'ailleurs cet hiver 1840-1841 a été, par suite de ma mauvaise santé , entièrement perdu pour toute espèce de travail botanique * .

» Cette phrase est la dernière écrite par l'auteur. Le testament dont il parle est du 20 février, et il est mort le 25 septembre 1841, à la suite d'une hydropisie générale. Dans les notes qu'il prenait de loin en loin avec l'idée de continuer sa biographie, une des dernières, de juin 1841, est ainsi conçue : « Je reçois tous les soirs quelques amis. Ma femme me tient fidèle compagnie et allège autant qu'elle peut mon état d'abattement. » — n devait y avoir , selon le plan primitif des Mémoires, un Livre sixième, qui aurait été intitulé : Mon portrait, soit jugeinaii sur moi-même. Conclusions. Généralités. L'auteur ne l'avait pas même commencé. Est-ce une chose regrettable ? Je ne sais. H est toujours difficile de se juger soi-même, et pour un savant, dont les travaux ont été nombreux et variés, la difficulté est inunense. H faudrait qu'il pût envisager de sang-froid la marche de la science pendant un demi-siècle, et reconnaître la part qui lui revient dans le mouvement général d'une époque, mais ceci n'est guère possible avant qu'il se soit écoulé un temps plus ou moins considérable. Quant au carac tère individuel, un des éléments du succès dans les sciences, on trouvera sans doute qu'il est dépeint à peu près complètement par les Mémoires, et la lecture de quelques-unes des Pièces justificatives complétera ce qui peut manquer sous ce rapport. (Alph. de C.)

PIÈCES JUSTIFIC4T1VES

ET

Emploi du temps. — Procédés d'ordre.

Dans les années 1820 à 1824 mon père avait ouvert un cahier qui devait contenir des réflexions diverses, des anecdotes, etc. Je trouve, à la date de janvier 1822, l'article suivant, qui explique assez bien sa manière de comprendre et de régler remploi du temps.

« La vie de chaque individu se compose de trois parts : une consacrée à un travail utile à soi ou à la société ; la seconde, au délassement ou au plaisir ; la troisième n'est consacrée ni au travail ni au plaisir, mais aune foule de petites occupations subalternes qui n'ont pour résultat ni utilité ni agrément. Tout Fart de gouverner sa vie consiste à diminuer cette dernière portion pour en accroître d'autant les deux premières. Toute la différence d'homme à homme consiste essentiellement dans la proportion plus ou moins habile que chacun d'eux sait établir entre ces trois portions que, pour abréger, j'appellerai part laborieuse, part agréable et part indifférente de la vie. Ainsi lorsque, croyant gagner pour la partie consacrée au travail, on retranche trop de la partie consacrée au plaisir, l'attention s'use à la suite d'un travail trop prolongé, on finit par ceci : qu'une partie du temps qu'on croyait donner à la vie laborieuse se trouve tomber dans la vie indifférente; on ne fait pas plus de besogne, quelquefois moins, et cette habitude nonchalante énerve tout talent. C'est ce qui explique pourquoi la plupart des hommes qui ont le plus étonné le monde par l'immensité de leurs travaux ont été en même temps des hommes de plaisir et de société. Prenons l'extrême opposé. Il est des individus qui veulent donner trop de temps à la partie agréable de la vie ; qu'en arrive-t-il ? Leur faculté de jouir s'éteint par l'habitude, fil une bonne portion du temps qu'ils croient donner au plaisir tombe en réalité dans la part de l'indifférence. Ils perdent les profits du travail et n'accroissent pas la masse de leur bonheur réel. Ce n'est pas aux dépens de l'une des deux

i9i PIÈCES JUSTIFICATIVES '

premières classes que la troisième doit s'accroître, mais toutes deux peuvent faire de vraies conquêtes aux dépens de la troisième. — Retrancher autant que possible sur les devoirs oiseux d une politesse sans but et sans résultats ; s'accoutumer à ne muser ni dans le travail ni dans le plaisir ; abréger autant que possible le temps qu'on est forcé de consacrer aux opérations matérielles de la vie, qui ne donnent pas plus de résultats utiles en les faisant longuement et qui ne peuvent devenir des plaisirs que de loin en loin ; régler, en un mot, sa vie de manière à en retrancher les moments perdus : telle est, à mes yeux, la tactique la plus favorable au bonheur et au talent.

€ Deux moyens principaux facilitent la diminution du temps consacré à la vie indifférente : Vordre, qui fait que chaque opération de ce genre s'exécute plus facilement, et Vhabittide, qui économise le temps qu'on emploierait pour délibérer à chaque fois sur ce que l'on doit faire. Chacun devrait appliquer ces principes pour son propre compte, et il est peu de personnes qui ne trouvassent avoir bien plus qu'elles ne le pensent de temps disponible pour le travail ou le plaisir.»

L'auteur de cet article n'a fait, on le comprend, que réduire en formule sa manière de vivre. Personne n'a poussé plus loin l'économie du temps dans les affaires insignifiantes.

Il réfléchissait souvent srux procédés d'ordre, et il a pu en indiquer i quelques amis qui l'en ont plus tard remercié sincèrement. Le procédé au- . quel mon père attachait le plus d'importance était relatif à la manière de prendre des notes qu'on pourrait appeler notes mobiles. Voici en quoi cela consiste. Lorsqu'il avait le projet, ou vague ou arrêté, d'écrire une fob sur une question, il notait sur de petits carrés de papier tous les renseignements et toutes les idées qui se présentaient à lui sur le sujet, en ayant soin que chaque morceau de papier ne contint qu'une note et ne fût écrit que d'un côté. Ces notes étaient jetées d'abord dans un tiroir, puis une ou deux fois par an elles étaient classées selon leur nature : celles de physiologie dans un carton, celles concernant une espèce de plante dans la famille de cette plante, etc., etc. Lorsque venait ensuite le moment d'étudier une question, tous les documents se trouvaient prêts, et il ne restait qu'à classer les notes mobiles, tantôt d'une manière, tantôt d'une autre, suivant l'ordre qu'on voulait adopter en définitive dans le travail. Ce système, dont Le Sage avait donné l'idée à mon père *, permet de ne jamais recopier des notes. Il dispense de chercher les documents de livre en livre, avec un grand effort de mémoire et non sans oublier des sources impor-

* Voyez ci-dessus, page 35.

tantes. Le classement des notes facilite le classement des idées, et la mobilité des pièces fait qu*on ne recule pas devant un changement d*ordre quand il paraît désirable. J'ai continué ce mode précieux qui a économisé à mon père, à moi et à plusieurs de nos amis bien des années de travail. Il équivaut à une prolongation de vie. II donne aux travaux un degré de fini et de complet qui ne pourrait guère être obtenu sans cela. Mon père a commencé ce système en 1820 ou à peu près. Je Tai continué régulièrement. Aucun livre, aucun journal n'est entré dans notre bibliothèque depuis quarante ans sans avoir été analysé sous cette forme. Nous en avons retiré de si grands avantages que je ne saurais trop le recommander aux personnes qui s'occupent de quelque branche d'études. (Alph. de C.)

litote complète des ouTrages ou mémoires de Aug«- Pyp. de Candolle, publiés ou Inédits, et Indieatlon d'ouTrages qui lui o^it été faussement attHbués*.

§ 1. Sur la Botanique, TAgricullure ou THorticullure. Biographies de botanistes.

1" Ouvrages et Mémoires publiés par V auteur.

1 Notice sur le Reticularia rosea. Extrait dans le Bulletin de la So-

ciété philom. ; floréal an vi (1798), vol. ii, p. 105, avec 1 pi.

2 Observations sur une espèce de Gomme qui sort des bûches du

hôtre. Extrait dans le Bulletin de la Société philom. ; an vi, vol. II, p. 105. Publié dans le Journal de physique, 1799; vol. XLVIII, p. Ul.

3 Premier essai sur la nutrition des Lichens. Lu à la Société d'histoire

naturelle de Genève, en 1797 ; imprimé dans le Journal de physique (1798), vol. XLVii, p. 107, et à part, in-40. Paris.

* Les ouvrages sont en petites capitales, les publications moins importantes, en caractères courants. Les mémoires ou articles publiés dans certaines collections, comme les Mémoires de la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève et de la Société Suisse des sciences naturelles, les Annales des sciences naturelles^ la Bibliothèque universelle, ont généralement été tirés à part et diitribnés par l'auteur.

4 Observations sur les Plantes marines. Imprimées par extraits dans le

Bulletin de la Société philom. ; nivôse an vu (1799), avec 1 pi.

5 Notice sur quelques genres de Siliculeuses, et en particulier sur le

nouveau genre Senehiera. Dans les Mémoires de la Société d'histoire natur. de Paris (1799), vol. i, p. 140, avec 2 pi., et par extrait dans le Bulletin de la Société philom. , nivôse an vii.

6 Plantarum historia succulentarum. Histoire des Plantes

GRASSES, avec leurs figures en couleurs dessinées par Redouté, en latin et en français, in-folio et m-à^; vol. i, livraisons 1 i 20, contenant 120 pi. avec titre et Uible. Paris, an vii-x(1799 à 1802), livraisons 21 à 28, pi. 121 à 159 (1803).

7 Note sur la Monographie des Légumineuses biloculaires. Bulletin

de la Société phil. ; messidor an viii (1800).

8 Expériences relatives à Tinfluence de la lumière sur quelques vé-

gétaux. Imprimé par extrait dans le Bulletin de la Société philomatbique, fructidor an viii (1800), Journal de phys., an viii, vol. LIT , et en totalité dans les Mémoires des Savants étrangers de l'Institut, vol. i, 180.'>, p. 370.

9 Mémoire sur les Pores de Técorce des feuilles. Imprimé par ex-

trait dans le Bulletin de la Société philom., brumaire an ix (1801), et dans le Journal de physique, an ix (1801); en totalité dans le volume i des Mémoires des Savants étrangers de l'Institut (1805).

10 Mémoire sur la Végétation du Gui. Imprimé par extrait dans le

Bulletin de la Société philom., frimaire an ix (1801), et en entier dans le volume i des Mémoires des Savants étrangers de rinstitut.

1 1 Mémoire sur la Famille des Joubarbes. Imprimé par extrait dans le

Bulletin de la Société philom., germinal an ix(1801).

1 2 Rapport sur les Conferves, fait à la Société philomathique. Imprimé

par extrait dans le Bulletin de la Société philom., prairial an ix (1801), avec 1 pi., et en entier dans le Journal de physique, an x, vol. Liv, p. 121, et à part, in-4». Paris.

13 Note sur le Réséda-gaude et le Carlhame des teinturiers. Dans les

Annales des Arts, sciences et littérature, in-8<>, nivôse et pluviôse an IX (1801), avec 2 pi.

14 Note sur la graine des Nymphaea. Dans le Bulletin de la Société

philom., frimaire an x (1802), avec figure.

1 5 Description d*un nouveau genre de plantes nommé Strophanthus,

Imprimé par extrait dans le Bulletin de la Société philom., messidor an X (1802), et dans les Annales du Muséum d'histoire naturelle, vol. i, p. 408, extrait par M. Desfontaines, avec 1 pi.;

imprimé en totalité dans le vol. i des Mémoires des Savants étrangers de Tlnstitut.

46 Les Liliacées. (Le texte des quatre premiers volumes.) Paris, in-folio; l^rvol., 1802; 2°»^ 1805; 3"«, 1807; 4°»% 1808; avec 240 pi. en couleur, par Redouté.

17 Mémoire sur les genres AstragaltiSy Phaca, Oxytropis, ColtUea et

Lessertia. Bulletin de la Société philora., thermidor an x (180^).

18 Recherches botanico-médicales sur les différentes espèces d'Ipéca-

cuanha. Imprimées, par extraits, dans le Bulletin de la Société philomathique, messidor an x(1802), et en entier dans le vol. i (resté inédit) des Mémoires de la Société des professeurs de rÉcole de Médecine de Paris.

19 AsTRAGALOGiA. 1 vol. grand et petit in-f^. Paris, 1802, avec 50 pi.

20 Mémoire sur la fertilisation des dunes. Annales de l'Agric. franc.,

vol. xiii, an XI (1803), et à part, in-8o.

21 Note sur le genre Rhizomorpha. Bulletin de la Société phil., flo-

réal an XI (1803), avec figure.

22 Mémoire sur le Vieusseuxia, genre de la famille des Iridées, im-

primé par extraits dans le Bulletin de la Société phil., floréal an XI (1803), et en entier dans les Annales du Muséum d'histoire naturelle de Paris, vol. ii, p. 136, avec 1 pi.

23 Note sur deux genres nouveaux de la famille des Iridées, le Diasia

et le Montbretia. Bulletin de la Société philom., 2 p. 151 bis, brumaire an xii (1804).

24 Examen d*un sel recueilli sur le Reaumuria, avec M. Frédéric

Cuvier, ihid.

25 Pâquerette, Pariselte, Parnassie, Paronyque, Parthène, Passerage,

Pezize, articles remis à M. de Lamarck, en 1798, et imprimés sans la participation de l'auteur, en 1804, dans le vol. v de la partie botanique de l'Encyclopédie méthodique.

26 Essai sur les propriétés médicales des plantes, comparées

avec leurs formes extérieures et leur classification NATURELLE. 1 vol. Paris, T** édition, in-4», 1804; 2°»° édit., in-80, 1816, Traduit en allemand, par K.-J. Perleb; Aarau, 1 voL in-8«, 1818.

27 Flore française de J.-B. de Lamarck, 3™® édit., par A.-P. de

Candolle. 5 vol. in-8o; Paris, 1805; — tome vi; Paris, 1815 *.

28 Principes élémentaires de Botanique. Extrait du premier vo-

lume de l'ouvrage précédent, 180^.

A Le libraire, sans consulter l'auteur^ a vendu des ex emplaîres avec un titre portant pour tous les volumes la date du dernier.

29 Note sur la Mousse de Corse. Extrait du Bulletin de la Société phil. ;

nivôse an xni (1805).

30 Synopsis Plantarum in Flora gallica descriptarum, 1 vol.

in-80 ; Parims, 4806. — Edit. 2% sous le titre de Aug, Pyrami de Candolle , Botanicon gallicum seu Spwpsis, etc.; 2 vol. in-80. Paris, 1828 et 1830, audore J.-E. Doby.

31 Mémoire sur les Champignons parasites. Annales du Muséum d*hi$i-

toire naturelle de Paris; vol. ix, 1807, p. 56.

32 Mémoire sur le Cuviera , genre nouveau de la famille des Rubia-

cées. Annales du Muséum d*histoire naturelle de Paris, vol. ix,

1807, p. 216, avec 1 pi.

33 Icônes plantarum GALLiiB rariorum. 1 fasc. in-4®; Paristis,

1808, cum. tab. aen. 50.

Si Mémoire sur le Drusa, nouveau genre de la Famille des Ombellifères, imprimé par extrait dans le Bulletin de la Société phil., février 1808, et en entier dans les Annales du Muséum d*histoire naturelle, vol. x, p. ^166, avec 1 pi.

35 Note de quelques plantes nouvelles trouvées en France. Bulletin de

la Société phil., avril 1808.

36 Rapports sur les voyages botaniques et agronomiques, faits

DANS LES départements DE L*EMPIRE D'aPRÉS LES ORDRES DE

Son Exc. le ministre de l'intérieur. Mémoires de la Société d'agriculture de Paris; 1 et 2, 1808; 3 et 4, 1810; 5 et 6, 1813; réunis en 1 vol. in-8o, 1813.

37 Géographie agricole et botanique : article dans le Dictionnaire rai-

sonné d'Agriculture, vol. vi, 1809, p. 355.

38 Note sur la cause de la direction des tiges vers la lumière. Mé-

moires de la Société d'Arcueil, 1809; vol. ii, p. 104.

39 Éloge historique de M. Aug. Broussonet ; in-4«. Montpellier, 1809.

40 Note sur le Georgina (Dahlia Cav. et hort. par.). Bulletin de la

Société libre des Sciences et Belles-Lettres de Montpellier, 1809; in-80, vol. VI, n° 48, et au vol. xv, p. 307, des Annales du Muséum d'histoire naturelle de Paris, 1810.

41 Observations sur les plantes Composées ou Syngenèsbs.

Annales du Muséum d'histoire natur. de Paris, vol. xvi (1810); \^^ Mémoire, sur les Composées et les Cinarocéphales en général, p. 135, avec 1 pi. ; 2™» Mémoire, Monogr. de quelques genres de Cinarocéphales, iUd., p. 181, avec 10 pi.

42 Mémoire sur le genre Chailletia. Annales du Muséum d'histoire

naturelle de Paris, vol. xvi (1811), p. 153, avec 1 pi.

43 Mémoire sur les Gchnacées et les Simaroubées. Annales du Muséum

d'histoire natur. de Paris, vol. xvii (1811), p. 398, avec 21 pi.

H Monographie des Biscutelles ou Lunetières. Annales du Muséum d'histoire natur., vol. xviii(181l), p. 292, avec 10 pi. Recueil de Mémoires, et à part, in-A».

45 Mémoire sur les Composées à corolles labiées ou Labiatiflores.

Annales du Muséum d'histoire natur., vol. xix (1842), p. 59, avec 5 pi.

46 Recueil de Mémoires sur la Botanique (contenant les cinq ar-

ticles précédents); i vol. in-4°. Paris, 1843, avec 48 pi.

47 Catalogus plantarum horti botanici Monspeliknsis, addito

ohservationum circà species novas anl non salis notas fasciculo; 1 vol. in-8«. Monspelii, 1813.

48 Théorie élémentaire de la botanique ; 1 vol. in-8»: 1^° édi-

tion; Montpellier, 1813. 2™^ édition; Paris, 1819. 3™« édition (parAlph. de C); Paris, 1844. — Traduite en allemand par J.-J. Rœmer, avec des!additions ; 2vol. in-8« ;Zurich, 1814-1815.

49 Mémoire sur les Rhizoctones, nouveau genre de champignons qui

attaquent les racines des plantes, et en particulier celles de la luzerne cultivée. Mémoires du Muséum d'histoire natur., vol. ii (1815), p. 209-216, avec 1 pi.

50 Mémoire sur le genre Sclerotium, et en particulier sur l'Ergot des

Céréales. Mémoires du Muséum d'histoire natur., vol. ii (1815), p. 401 à 405, avec 1 pi.

54 Avis aux propriétaires de vignobles. 2 pages, format in-8°, signées et datées du 24 octobre 1816; distribuées par ordre du gouvernement de Genève.

52 Mémoire sur la géographie des plantes de France, considérée dans

ses rapports avec la hauteur absolue. Mémoires de la Société d'Arcueil, vol. ni (1817), p. 262-322.

53 Considérations générales sur les fleurs doubles, et en particulier

sur celles de la famille des Renonculacées. Ibid., p. 385-404.

54 Troisième mémoire sur les champignons parasites. Mémoire sur le

genre Xyloma. Mémoires du Muséum d'histoire natur., vol. m (1817), p. 312-337, avec 1 pi.

55 Quatrième mémoire sur les champignons parasites. Mémoire sur

les genres Asteroma, Polystigma et Stilhospara. Mémoires du Muséum d'histoire natur., vol. m (1817), p. 328-340, avec 4 pi.

56 Conjectures sur le nombre total des végétaux du globe. Bibliothè-

que universelle, in- 8*^, 1847, tome vi, p. 449.

57 Regni vegetabilis systema naturale ; 2 vol. in-8o. Parisiis,

vol. I, 4847; vol. il, 4824.

58 Remarks on iwo gênera of plants to he referred ta the family of

the Rosaceœ (Kerria and Purshia). Trans. of the Linn. Society

in-40. Londres, vol. xii, partie 11 (4818), p. 152-159. En français, avec le titre seul en anglais.

59 Sur le Gingko biloha. Bibliothèque univ., 1818, vol. vif, p. 130.

60 Note sur la Monographie des Céréales et VHeriarium céréale de

la Suisse, par Seringe. Bibliothèque univ., 1818.

61 Catalogue raisonné des espèces et variétés d*Âloes, etc. Bibliothè-

que universelle, 1818 ; vol. ix, p. 305.

62 Rapport sur la fondation du Jardin botanique de Genève ; in-8<^.

Genève, br. in-8®, 1819. — Second rapport sur la fondation et l'état du Jardin botanique ; br. in-8®, 1821.

63 Catalogue des arbres fruitiers et des vignes du Jardin botanique

de Genève; in-8«, 1820.

64 Essai élémentaire de géographie botanique. Dans le Dictionnaire

des Sciences naturelles,' vol. xviii (1820), p. 359-422, et à part, 1 vol. in-8».

65 Delessert, Icônes select^e, etc., in-folio, vol. i-v. Paris, 1820-

1846. (Le texte à peu prés en entier, la surveillance d'une partie des planches et la communication de plusieurs relatives aux Composées.)

66 Mémoire sur les affinités naturelles de la famille des Nymphaeacées.

Mémoires de la Société de physique et d*histoire naturelle de Genève; in-8«, vol. i (1821), p. 209, avec 2 pi.

67 Projet d'une Flore physico-géographique de la vallée du Léman ;

br. in-8«. Genève, 1821.

68 Rapports faits comme Président de la Classe d'agriculture en 1821

et 1823, insérés dans le Bulletin de cette Classe et dans les Procès-verbaux des séances publiques de la Société des Arts, vol. i, in-4«. Genève, 1820-1831. — Divers programmes ou avis publiés comme Président de la Classe.

69 Programmes et rapports sur les pépinières du canton de Genève.

Bulletin de la Classe d'agric. de Genève ; in-8«, 1821 et 1828.

70 Instruction pratique sur les collections botaniques à Tusage des

voyageurs qui, sans avoir étudié l'histoire naturelle des plantes, désirent être utiles à cette science; in-8®. Genève, 1821. — Ed. 2. Bibliothèque univ., 1834, Sciences, vol. i, p. 169.

71 Mémoire sur la famille des Crucifères. Mémoires du Muséum d'his-

toire natur. de Paris, vol. vu (1821), p. 169-252, avec 2 pL

72 Notice abrégée sur l'histoire et l'administration des Jardins bota-

niques. Dictionnaire des Sciences naturelles, vol. xxiv (1822), p. 165-181, et à part, in-8^

73 Mémoire sur la tribu des Cuspariées. Mémoires du Muséum d'his-

toire naturelle de Paris, vol. ix (1322), p. 139-154, avec 3 pi.

74 Premier rapport sur les Pommes de terre. Étude comparative du

produit des variétés; in-8<^. Genève, 1822. Bibliothèque univ. Agriculture, vol. vu, p. 275.

75 Memoir on the différent species, races and varieties ofthe genus

Brassica, and of the gênera allied to it^ which are cuUxvaled; in Europa. Trans, Hortic. Society of London, vol. v (1822), p. 1-43, with pi, 1. En français, dans Annales d'agriculture française, 1822, et Bibliothèque univ., Agriculture, vol. viii, p. 191. En allemand, trad. par Berg ; in-8o; Leipzig, 1824.

76 Mémoire sur la famille des Ternstrœmiacées, et en particulier sur

le genre Saurauja, Mém de la Soc. de phys. et d'hist. natur. de Genève, in-40, 1822 ; vol. i, partie 11, p. 393-430, avec 8 pi.

77 Rapports (ou Notices) sur les plantes rares ou nouvelles qui ont

fleuri dans le Jardin botanique de Genève. Mémoires de la Société de physique et d'histoire naturelle; in-40, l^*" rapport, vol. I (1822), partie ii; 2™^ rapport, vol. 11 partie 11 (1824), p. 125; 3""^ notice, vol. iv (1830), p. 487; 4™^ notice (1831), vol. v, p. 139, avec 5 pi. ; 5™« notice (1833), avec Alph. DG., vol. VI, p. 208, contenant 5 pi.; 6™^ notice (1834), idem, vol. VI, p. 584, avec 3 pi. ; 7^*^ notice (1836), idem, vol. vu, p. 265, avec 8 pi. ; 8™^ notice (1840), idem, vol. ix, p. 76, avec 3 pi. — Une 9™^ et une 10™<^ notice, par Alph. DC. seul, lequel a réuni les dix rapports et notices tirés à part en un volume in-40, avec titre et tables. Genève, 1823-47.

78 Mémoire sur quelques genres nouveaux de la famille des Buttné-

riacées. Mémoires du Muséum d'histoire natur. , vol. x (1824), p. 97-115, avec 5 pi.

79 Extrait de la séance de clôture d'un cours de Botanique agricole ;

in-80; Genève, 1823. Bulletin de la Classe d'agriculture, avril 1823, nos 8 et 9; Bibl. univ. Agriculture, vol. viii, p. 119.

80 PrODROMUS SYSTEMATIS NATURALIS REGNI VEGETARILIS ; in-8° ;

I, 1824; II, 1825; m, 1828; iv, 1830; v, 1836; vi, 1837; VII, partie 1, 1838; vu, partie 11, 1839 ; à l'exclusion de quelques articles faits par divers collaborateurs, indiqués au bas des pages et récapitulés en tête du volume x, et en ajoutant d'autres articles publiés dans les vol. viiiàxi, après la mort de l'auteur*.

81 Note sur le feuillage des Cliffortia. Annales des Sciences natur.,

vol. 1(1824), p. 447.

« Le dernier volume du Prodromus, publié par mes soins avec le concours de plusieurs collaborateurs, est le quatorzième. Les volumes xv et xvi sont en partie sous presse, et termineront l'ouvrage, avec l'énumération des Dicotylédones. (Alph. de C.)

82 Note sur la place de la famille des Cucurbitacées dans la série des

familles naturelles. Mémoires de la Société de physique et d'histoire natur. de Genève, vol. m (4825), p. 33-37.

83 Notice sur quelques genres et espèces nouvelles de Légumineuses.

Annales des Sciences naturelles, vol. iv (1825), p. 90.

84 MÉMOIRES SUR LA FAMILLE DES LÉGUMINEUSES; 1 VOl. in-ii*.

Paris, 1825, avec 70 pi.

85 Plantes rares du Jardin de Genève; in-i®. Genève, fascic.

1 et II, 1825; m et iv, 1826; réunies en un volume, 1829, avec 24 pi. coloriées.

86 Extrait (\\\n Mémoire sur le nouveau genre nommé Pictetia, et sur

ceux qui, comme celui-ci, avaient été confondus dans le Robinia. Bibliothèque universelle, mai 1825.

87 Note sur le Trifolium Magellantcum. Annales des Sciences natur.,

janvier 1825.

88 Instruction sur Temploi des engrais liquides. Bulletin de la Classe

d'agriculture, 1825, n" 28, vol. ii, p. 50, et dans le Journal d'agriculture du département de TAin, octobre 1831.

89 Notice sur la culture de l'Olivier. Bibliothèque univ. (Agriculture),

1825, vol. x,p.3.

90 Note sur les Myrtacées. Dictionnaire classique d'histoire naturelle;

vol. XI, et à part, in-8*. Paris, 1826.

91 Premier mémoire sur les Lenticelles des arbres et le développement

des racines qui en sortent. Annales des Sciences natur., 1826, p. 1, avec '2 pi. en couleur.

92 Mémoire sur les genres Connanis et Omphalobium ou sur les Con-

naracées Sarcolobées. Mémoires de la Société d'histoire natur. de Paris, vol. ii, et à part, in-i®. Paris, 1826, avec 3 pL

93 Notice sur la matière organique qui a coloré en rouge les eaux du

lac de Morat. Première partie : Sur la matière rouge considérée sous le rapport de l'histoire naturelle, 1826. Mémoires de la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève , vol. m, partie ii, p. 29, avec 1 pi. coloriée.

94 Revue de la famille des Lythraires, 1826. Mémoires de la Société

de physique et d'histoire natur. de Genève , vol. m, partie ii, p. 05-96, avec 3 pi.

95 Cours de Botanique ; première partie : Organographie végétale;

2 vol. in-80. Paris, 1827, avec 60 pi. Traduite en allemand par M. Meissner, 2 vol. in-8o; Tubingue. Traduite en anglais par M. Broughton Kingdon, 2 vol. Londres, 1839. Idem, édil. 2. New- York, 1840 (d'après Pritzel thés.).

96 Notice sur la botanique du Brésil. Bibl. univ., novembre 1827.

97 Revue de la famille des Porlulacées. Mémoires de la Société d'his-

toire natur. de Paris, vol. iv (1828), p. 174-194, et à part, in-40. Paris, 1827, avec 2 pi.

98 Mémoire sur le Fatioa, genre nouveau de la famille des Lythraires.

Mémoires de la Société helvétique des Sciences natur., vol. i, et à part, in-4<>. Zurich, 1828, avec 1 pi.

99 Programme et rapport sur les pépinières du canton de Genève.

Bulletin de la Classe d'agric. de Genève; in-8«, 1822 et 1828.

100 Considérations sur la Phytologie, ou Botanique générale. Diction-

naire classique d'histoire natur., article Phytologie, vol. xiii, et à part, in-8«. Paris, 1828.

101 Mémoire sur la famille des Combrétacées. Mémoires de la Société

de physique et d'histoire naturelle de Genève, vol. iv, p. 1-46, avec 5 pi., et à part, in-4^. Genève, 1828.

102 Notes sur quelques plantes observées en fleurs dans la serre de

M. Saladin, à Pregny. Mémoires de la Soc. de phys. et d'hist. natur. de Genève; vol. iv, p. 85-90, et à part, in-40, 1828.

103 Collection de Mémoires pour servir a l'histoire du règne

VÉGÉTAL ; 1 vol. in-4«. Paris. — I. Mélastomacées, 1828, avec 10 pi. — II. Crassulacées, 1828, 13 pi. — lil. Onagraires, 1829, 3 pL— IV. Paronychiées, 1829, 6pl.— V. Ombellifères, 1829, 19 pi. — VI. Loranthacées, 1830, 12 pi. — VII. Valérianées, 1830, 5 pi. — VIll. Sur quelques espèces de Cactées, 1834, 12 pi. — IX. Sur la structure et la classification des Composées, 1838, 19 pi. — X. Statistique des Composées, 1838.

104 De l'état actuel de la Botanique générale. Revue franc., avril 1829.

105 Bibliothèque universelle de Genève (journal mensuel , in-8°). —

Dans la période de 1829 à 1835, principalement, divers articles sur des ouvrages nouveaux. Us sont ordinairement signés DC. *

» La signature DC, qui est l'abréviation la plus employée pour notre nom dans les ouvrages de botanique, provient d'un usage spécial à Genève, celui d'écrire avec on grand D et une seconde grande lettre les noms qui commencent par la particule de. On écrivait souvent autrefois et on continue à écrire dans beaucoup d'actes officiels De Saussure, De la Rive, De CandoUe. Par suite des mêmes habitudes, on ne supprime pas le de quand les Français le suppriment. Ainsi on parle à Genève de l'hygromètre de De Saussure^ au lieu de dire l'hygromètre de Saussure, et j'ai des amis qui ne reculent pas devant la redondance : la méthode de De Candolle. Ces fautes locales d'orthographe ou de langage disparaissent à mesure que la langue française est mieux connue. L'abréviation DC. a fait prévaloir dans les livres de botanique la forme genevoise de notre nom, tandis que la forme française et ancienne, sous laquelle nous signons ordinairement^ est la seule qui ait jamais été employée par nos parents demeurés en France.

(Alph. de C.)

Les plus importants ont été tirés à part et sont indiqués ici sous leur titre spécial.

1 06 Notice sur TArracacha et quelques autres racines légumiéres de la

famille des Orabelliféres. Bibl. univ., janvier 1829, p. 73. (Voyez n« 126.)

107 Notice sur les difiérents genres et espèces dont les écorces ont été

confondues sous le nom de Quinquina. Bibliothèque univ., juin 1829, p. 144.

108 Notice sur la racine de Caïnca, nouveau médicament du Brésil.

Bibliothèque univ., décembre 1829.

109 Notice sur la botanique de Tlnde orientale et les encouragements

que la Compagnie anglaise lui a accordés. Bibliothèque univ., décembre 1829.

1 1 0 Revue de la famille des Cactées, avec des observations sur leur vé-

gétation et leur culture, ainsi que sur celles des autres plantes grasses. Mémoires du Muséum d'histoire naturelle; vol. xvii, p. 1-119, avec 21 pi., et à part, in-i». Paris, 1829.

1 1 1 Résumé de quelques travaux récents sur le maïs. Bibliothèque

universelle, janvier 1830.

1 1 2 Notice sur la végétation des plantes parasites et en particulier des

Loranthncées. Bibl. univ., mars 1830.

113 De quelques ouvrages récemment publiés sur la Botanique delà

Lorraine. Bibl. univ., 1830; vol. ii, p. 260.

114 Considérations sur les forêts de la France. Revue franc., 1830.

1 1 5 Note nécrologique sur Jos. Raddi. Bibliothèque univ., février 1830.

116 Histoire de la Botanique genevoise. Discours prononcé à la céré-

monie académique des promotions, le 14 juin 1830; imprimé dans le &""<' volume des Mémoires de la Société de physique et d'histoire natur. de Genève, et à part, in-4o.

117 Notice nécrologique sur J.-B. Balbis. Bibl. univ., février 1831.

118 Notice sur la longévité des arbres et les moyens de la constater.

Bibliothèque univ., Sciences et Ails, mai 1831.

119 De rinfluence de la température atmosphérique sur le développe-

ment des arbres au printemps. Bibl. univ., décembre 1831.

120 Rapport fait à la Classe d'agriculture sur le concours relatif à la

culture des fleurs. Bulletin de la Classe d'agriculture, 1831. — Idem sur le concours d'exposition des fleurs de 1 832. Bulletin de la Classe d'agriculture.

121 Essai sur la théorie des assolements. Bulletin de la Classe d'agric.

de Genève, février 1831. Tiré à part, br. in-8^ Genève, 1832, et reproduit dans la Physiologie.

122 Physiologie végétale, ou seconde partie du Cours de botanique;

3 vol. in-8°. Paris, 1832. Les deux premiers volumes ont été traduits en allemand par M. Rœper, 1833.

123 Revue de quelques ouvrages récemment publiés sur le genre des

Saules. Bibl. univ., Sciences et Arts, 1832, vol. i, p. 15.

124 Vie de Linné. Extrait de l'ouvrage de M. Fée, avec des notes, in-

séré dans la Bibliothèque universelle, 1832. Trad. en anglais dans le Journal de Jameson d'Edinburgh, 1833.

125 Genres nouveaux de la famille des Composées ou Synanthérées,

dans les Archives de Botanique de Guillemin, l^e décade, 1833; 2™e décade, vol. ii, p. 51 4.

126 Note sur l'Arracacha. Bibliothèque univ., 1833. vol. m, p. 27.

(Voyez ci-dessus, n® 106.)

127 Note sur la division du régne végétal en quatre embranchements,

lue à la Société de physique et d'h'rstoire naturelle en novembre

1833, insérée dans la Bibliothèque universelle, 1833, vol. m, p. 259. Traduite en allemand dans le Linnœa, 1835.

128 Notice sur les progrès de la botanique pendant Tannée 1832. Bi-

bliothèque univ., 1833, vol. lu, p. 142. Archives de botanique, vol. II.

129 Botanique de la Chine septentrionale. Bibliothèque univ., janvier

130 Notice historique sur la vie ef les travaux de R.-L. Desfontaines.

Bibl. univ., février 1834. Annales des Sciences natur., mars.

131 Compositœ Wightianœ, inséré dans l'ouvrage intitulé Contributions

to the Botany ofindiaby /?. Wight. London, 1834.

132 Réponse à une lettre de M. H. Stephens sur les maladies des Mé-

lèzes dans la Grande-Bretagne Bibl. univ., février 1834.

133 Notice sur les graines de l'Ananas, lue à la Société de physique et

d'histoire naturelle, en janvier 1834. Mémoires de la Société, vol. VII, art. 1, 1836.'

134 Botanique. Encyclopédie des gens du monde ; vol. m, p. 737, et

à part, in-8«, 1834.

1 35 Note sur l'huile de Ramtilla et la plante qui la produit, lue à la So-

ciété de physique et d'histoire naturelle et à la Société médicochirurgicale de Genève, en décembre 1833, imprimée dans le no 77, notice 7. 1836.

136 Revue sommaire de la famille des Bignoniacées. Bibliothèque univ.,

septembre 1838 ; réimprimée avec quelques changements dans les Annales des Sciences natur. de mai 1 839 (publ. en septembre).

137 Notice sur M. Jean-Frédéric de Chaillet, 1839, insérée dans le

premier volume des Mém. de la Société des sciences de Neuchâtel.

138 Description d'une nouvelle espèce de figuier (Ficus Saussureana).

506 PJÈCES JUSTIFICATIVES

Mémoires de la Société de physique et d'histoire nator., vol. ix (1840), avec 1 pi.

139 Aug.-Pyr. et Alph. de Candolle, Monstruosités végétales ; !«' fate.,

!23 pages, 7 pi., in-4<>. Neuchâtel, 1841. Mémoires de la Société helvétique des Sciences natur., vol. v.

2* Publiés après la mort de Vauteur,

140 Divers fragments du Prodromus, vol. viii-xi, déjà mentionnés

141 Mémoire sur la famille des Myrtacées. Genève, 1842, in-4<». Mé-

moires de la Société de physique et d'histoire natur. de Genève, vol. IX, 61 pages et 22 pi., et à part, 1 vol.

142 Mémoires et souvenirs d'Aug.-Pyr. de Candolle, écrits par lui-

même. Un vol. in-8«. Genève, 1862.

3° Manuscrits.

143 Journaux de ma vie, 1798, 1799. Non continués. (Voyez Pièces

justificatives y n® xii.)

144 Notice historique sur Ernest Coquebert de Montbret, lue à la So-

ciété philomathique, le 16 brumaire an xii.

145 Sur les rapports naturels des Dipsacées avec les Nyctaginées. Ce

mémoire est faux ; Tobservation inexacte. II ne doit pas être imprimé.

146 Observations sur la structure et la végétation des Algues marines,

1806. — Ce mémoire a été présenté à l'Institut, avec les planches. 11 a été jugé digne d'entrer dans la collection des Savants étrangers, mais n'a pas été imprimé. J'en ai tiré quelques laits pour rOrganographie et la Physiologie.

147 Notice historique sur le Jardin de Montpellier. 1813. Ce morceau

devait servir de préface à l'ouvrage projeté du Jardin de Montpellier, Le prospectus in-4»aété imprimé à Paris, chez Schœll, sans date.

148 Journaux de mes voyages botaniques et agronomiques dans

l'empire français. 8 vol. in-4» et quelques cahiers in-8*^.

149 GalliiB plantarum nomina trivialia ordine alphabetico digesta. 1 vol.

in-4« (reproduit en grande partie dans l'ouvrage suivant).

1 50 Dictionnaire des noms vulgaires des plantes, dans soixante-

sept langues ou dialectes, fait sous ma direction par Alex. Moritzi. 4 vol. in-folio.

151 Statistique végétale de la FRANiCE. Un carton comprenant le

plan de l'ouvrage, plusieurs fragments et des notes.

152 Dictionnaire étymologique des noms de genres, i vol. in-4®. (In-

complet.)

153 Dictionnaire de la nomenclature botanique. 2 vol. in-folio '.

154 Observations sur la partie botanique du Dictionnaire de l'Académie,

communiquées à M. Raynouard, secrétaire perpétuel de l'Académie française, le U septembre 1832.

155 De CandoUe et Raynouard, Flore de Troubadours.

156 Un très-grand nombre de notes botaniques, fragments de mémoires,

descriptions de plantes, extraits d'anciens cours, extraits d'ouvrages, etc., qu'il est inutile d'énumérer.

§ i Sur des sujets élrangers à la botanique ou à l'agriculture, tels que Biographies', Économie politique, Statistique, Administration, etc.

1» Publiés.

157 Notice sur H.-B. de Saussure. Décade philosophique, 1799.

158 Notice sur la vie et les écrits du comte de Rumford. Décade philo-

sophique, avec son portrait, dessiné par W^^ Henriette Rath. (Voir ci-dessus, p. 114.)

» Comprenant tous les noms de classes, familles, tribus, genres ou sections proposés ou admis par les auteurs, avec leur date, le nom des auteurs et la place dans l'ordre botanique. J'ai tenu ce dictionnaire au complet, soit pour mon propre usage, soit avec l'idée de le publier quand le Prodromus sera fini.

(Alph. de C.)

* Celles de botanistes sont déjà indiquées dans ce qui précède Mon père ayant pablié un grand nombre d'éloges ou articles biographiques, dont plusieurs sont disséminés dans des discours, articles de journaux, etc., indépendamment de ceax qui forment des opuscules distincts énumérés ici, je vais les indiquer par ordre alphabétique, en renvoyant à l'ouvrage dans lequel ils se trouvent, c'està-dire à l'un des numéros de la présente liste ou aux Procès- verbaux de la Société des Arts (S. A.), en indiquant Tannée.

Arlaud (Jérémie), peintre. S. A. 1827. Bonnet (Ch.). 116.

Arlaud (L.-A.), peintre. S. A. 1830. Doustetten (Victor de). 176, ann. 1832.

Aadéoud, agriculteur. S.A. 1837. Brière (K.-L.), amateur de peinture.

Auriol, peintre. S. A 1834. S A. 1826.

Balbis, botaniste. 117, 177. Broussonet (Aug.), botaniste. 39.

Bellamy (P.), agriculteur. S. A. 1832. Bouvier (P.), peintre. S. A. 1837.

Bertero, botaniste. 128. Butini (P.), docteur S. A. 1839.

Boissier, de Ruth (U.), agriculteur. S. A. Candolle (Pyramus de, fils de Cosme).

BoneUi. 177. Cassini, botaniste, 128.

159 Notice sur les soupes à la Rumford, par J.-P.-BenJ. Delessert et

A.-P. de CandoUe; in-8^ Paris, 1799.

160 Réponse du Bureau de Bienfaisance de la division du Mail aux ob-

jections contre l'emploi des soupes économiques ; in-8<>. Paris,

1 61 Rapports sur les travaux de la Société philanthropique, faits comme

secrétaire au nom ou de la Société, ou du Comité des soupes économiques; in-8«. Paris, 1799, 1800, 1801, 180Î.

162 Discours prononcé à Montpellier, à la séance de mon installation

comme professeur ; mentionné dans le Moniteur universel du 9 juin 1808.

Castiglione (comte Louis), présid. delà Société des Arts de Milan. S.A. 1832.

Chabrey (Dominiqae), botan. 116.

Chaillet (de), botaniste. 137.

Chaix, peintre. S. A. 1835 Chaptal, ministre, !28. CoUadon (J.-A.), pharmac. S. A. 1830.

Collart (Joseph), graveur. S. A. 1831 .

Coquebert de Moutbret (E.), botan. 144.

Cavier(G.). 179, 142, p.98.

Darier (J.-P.-L.), mécanic. S. A. 1825.

Darier (D.), mécanicien. S. A. 1829.

Desfontaines, botaniste. 130.

Duméril. 142, p. 97.

Dumont (Etienne), publiciste. 172.

Du Pan (J.), amat. de beaux-arts. S. A.

Perrière, peintre. S. A. 1840.

Houriet (J.-.F), horloger. S A. 1830.

Huber (Fr.), naturaliste. 178.

Jaquet(J.), sculpteur. S.A. 1839.

Le Fort (Jacques), juge. S.A. 1826.

Léri fJean de), voyageur botan. 116.

Leschot (J.-Fr.), mécanic. S. A. 1825.

Lethière, peintre. S. A. 1832.

Lévesque, peintre. S. A. 1832.

Lhuillier, prof, de mathém. S. A. 1840. Linné. 124.

LuUin-Joly, agriculteur. S. A. 1833.

Maurice (Fréd.-GuiU.), physicien. S. A.

Maurice (George), physic. S. A. 1839.

Mercier (Ph.), botaniste. 126.

Micheli-de Chàteauvieux, horticulteur.

Necker-de Saussure, syndic, amateur

des arts mécaniques. S. A. 1826.

Nestler, botaniste. 128.

Paul, mécanicien. 3. A. 1837.

Peschier, professeur de mathém. ITO,

année 1832.

Peschier, pharmacien. S. A. 1832.

Petit- Pierre (A.- H.), mécanicien. S. A.

Pictet (Ch.), agronome. S. A. 1825.

Pictet (M.A ), physicien. S. A. 1825.

Pictet-Diodati (J.-M.*J.), agronome. S. A.

Prévost (P.), prof, de philosophie. S. A.

1839, et no 183.

Raddi, botaniste. 115.

Redouté, peintre de fleurs. S. A. 1840. Reverdin, prof, de dessin. S. A. 1829.

Rive (G. de la), syndic et prof, de chinûe

Rumford (comte de), physicien. 158.

Sarasin (J.-L.), propriétaire. S. A. 1834. Saussure (Hor.-Bén. de). 157.

Say (Jean-Baptiste). 180.

Schaub, prof, de mathém. S. A. 1825.

Senebier. 116.

Simond, auteur de voyages. 170^ année

Tavan, horloger. S. A. 1837.

Tronchin (J.-L.-R.), amateur de peinture.

Vanière, prof, de dessin. S. A. 1835.

Vamier (Ch.-L ), docteur. 163.

Wiellandy, agriculteur. S. A. 1H37.

d63 Notice sur Ch.-L. Varnier, lue dans l'assemblée générale de la Société philanthropique le 6 avril 1816 ; br. in-8<>.

164 Un Genevois à ses concitoyens ; in-8<». Genève, 1819.

465 Rapport fait à la Société de lecture comme président, le 20 avril

1 66 Rapport de la commission des subsistances au Conseil Représen-

tatif; in-8«. Genève, 1819.

167 Discours prononcés comme président de la Société des Arts, dans

les séances publiques annuelles, en 1825, 1826, 1827, 1828, 1829, 1830, 1831, insérés dans les procès-verbaux de ce corps, vol. I«^ in-40, Genève, et dans les vol. 11 à iv, in-8®, pour les années 1832 à 1840.

1 68 Proposition faite au Conseil Représentatif de consacrer un nouveau

don de M"^" Rath à la construction d'une bibliothèque publique. Archives genevoises, 1827, p. 19.

169 Note sur une liste de poissons du lac Léman, faite en 1581, par

Jean Duvillard. Archives genevoises, 1827, p. 321.

170 Rapports au nom du Comité d'utilité cantonale; in-S'^. Genève,

171 Rapport à la Classe d'industrie sur l'exposition des produits de l'in-

dustrie genevoise ; in-8 •. Genève, 1828.

172 Notice sur la vie et les écrits de M. Dumont. Bibliothèque univ.,

novembre 1829, et à part, in-80, Genève, 1829.

173 Sur la statistique du royaume des Pays-Bas. Bibliothèque univ.,

janvier 1830.

174 De l'histoire éclairée par la physiologie des races humaines, ou des

caractères physiologiques des races humaines, considérées dans leurs rapports avec l'histoire, par W.-T. Edwards. Bibl. univ., Littérature, juillet 1829.

175 Notice sur quelques usages de la ville de Saint-Gall. Bibl. univ.,

février 1830.

176 Discours sur l'état de l'instruction publique de Genève, prononcés

cemme recteur de l'Académie aux promotions de 1831 et de 1832. Brochures in-8^

177 Discours prononcé à l'ouverture de la session de la Société helvé-

tique des Sciences naturelles à Genève, en 1832.

178 Notice sur la vie et les écrits de Fr. Huber. Bibliothèque univ.,

février 1832; reproduit dans la Revue encyclop., mars 1832; traduit dans Silliman, American Journal, 1833.

179 Mort de G. Cuvier. Bibliothèque univ., mai 1832; trad. dans le

Journal des Sciences d'Edimbourg.

180 Mort de J.-B. Say. Bibliothèque univ., octobre 1832.

510 PIÈCES J tîSTIFlC ATIVES

181 Notice sur la route du Saint-Gothard. Bibl. univ., décembre 1833.

182 Notice sur le pont suspendu de Fribourg en Suisse. Bibl. univ.

(Littérature), septembre 1834.

183 Notice sur P. Prévost. Bibliothèque univ., avril 1839.

184* Note sur Touvrage de la Bienfaisance publique, par de Gérando. Bibliothèque univ. , décembre 1839 ; réimprimée à Paris, par le libraire, in-8®, et in-24, à la suite de l'écrit intitulé: Du Paupérisme, 1840.

2* Manuscrits*.

185 Notice sur la vie des Teignes à falbalas, faite à Champagne, en

1797, après de nombreuses expériences. C'est le premier travail contenant des observations nouvelles. J*en ai publié quelques &its dans mon Essai sur les propriétés médicales des plantes.

186 Notice sur la chenille des pins. 1798.

187 Lettres sur la Hollande. 1799.

188 Description des hospices et hôpitaux de Paris, 1801. (Voyez ci-

dessus, p. 122.) J'en ai remis une copie à M. Delessert quand il fut nommé membre du Conseil général des hospices. Ce manuscrit conserve quelque valeur comme description exacte de l'état où étaient les hôpitaux avant la création du Conseil.

189 Essai sur la bienfaisance publique, 1802, non achevé 11 ne m'en

reste que des fragments. L'ouvrage aurait eu quelques rapports avec celui que de Gérando a publié en i839 ; mais je manquais de documents et je l'ai abandonné pour la botanique.

190 Réflexions sur le sort futur de la vallée du Léman, 18U. Cet

écrit, rédigé à Montpellier, fut envoyé au Conseil proTisoire de Genève. 11 s'est retrouvé dans les papiers du syndic Des Arts.

191 Mémoire sur la maladie la Pellagra. (Voyez ci-dessus, p. 266.)

192 Discours sur l'influence comparative des causes externes et de l'hé-

rédité sur les races des êtres organisés, prononcé aux Promotions de 1818. — Ce discours ne contient rien de bien nouveau, aussi je n'ai pas voulu le publier. •

193 Esquisses de géographie morale. Tableaux de Genève, Montpellier,

* La totalité des oavrages oa opuscules de mon père qui ont été publiés forme dans ma bibliothèque 9 volumes in-folio, 11 volumes in-4o et 37 volumes iii-8* (les mémoires ou articles de peu d'étendue étant réunis en volumes selon leur nature). Linné, dont Tactivitc était bien soutenue et qui a vécu huit ans de plos^ n'a pas autant écrit. Il est vrai que les moyens de publication étaient plus rares à son époque et dans son pays. (Alph. de C.)

^ La liste dressée par l'auteur contient l'indication de quarante articles manuscrits non botaniques Je n'en cite qu'une partie. - (Alph. de C.)

Saint-Seine, la Suisse, etc., 1812-1836. Ouvrage souvent interrompu.

194 Lettre à M'"« la princesse W. sur les moyens les plus convenables

de supprimer le servage parmi les nations d'origine slave. 1832. (Voyez p. 426 )

195 Souvenirs et réflexions sur divers sujets. (Voyez Pièces justifica-

tives, n^ I.)

196 Recueil de vers. (Voyez Pièces justificatives, n® xiii.)

Sont désavoués comme m' ayant été attribués faussement ou inexactement *.

Recherches sur la Botanique des anciens, par de Candolle et Encontre. Bull, de la Société des sciences. Lettres et Arts de Montpellier, et à part, in-8®, entièrement rédigé par M. Encontre, qui a cru devoir y mettre mon nom, parce que je lui avais fourni quelques notes verbales.

A -P. De Candolle s und K. Sprengel's Grtmdzuge der tvissenschaftlichen Pflanzenkunde zu Vorlesungen ; 1 vol. in-8<^. Leipzig, 1820. Ouvrage entièrement rédigé par M. Sprengel, d'après ses propres idées, et auquel je suis étranger.

Eléments of the philosophy of Plants, by A. -P. De Candolle and K. Sprengel, translated from the German (hy Jameson). Traduction de l'ouvrage précédent.

Glossaire de Botanique, ou étymologie de tous les noms de classes, de genres et espèces ; in-8<>. Paris, avec deux pi. Je ne reconnais pas cet ouvrage, mis à tort sous mon nom dans la Bibliothèque de Milltitz. Serait-ce le Glossaire de M. Al. de Theis, faussement désigné?

Tous les articles signés de mon nom dans le Dictionnaire d'agriculture de Déterville, excepté celui de Géographie botanique et agricole ; les autres ont été extraits par Bosc de mes ouvrages, et sous ce prétexte il y a mis la signature DC.

Recueil sur les soupes à la Rumford, par MM. Parmentier, Cadet de Vaux, Delessert, de Candolle, etc. ; 1 vol. in-8^ Paris. C'est un recueil de divers écrits (dont un ou deux de moi) fait par un libraire, sans mon aveu.

Une expérience agricole d'un M. Parkinson est mentionnée dans le premier volume du Cultivateur, et dans le Journal de Vludustrie et de V Agriculture, 6"^ cahier de décembre, p. 293, sous ma signature. Cet article est un acte de faux. Je n*ai rien dit ni écrit de semblable.

* L'opuscule, sous le no 2299, attribué à mon père par M. Pritzel, Thés. bot., est de moi. (Alpb. de C.)

lit.

ni

Planclies botenlques*

Histoire des plantes grasses 168 pi. coloriéeSj

Liliacées, vol. i à iv 240 id. (par Redouté.

Aslragologia 50 en noir 1

Icônes plantarura Gallige rariorum. 50 id. pir Turpio el Ptiteu.

Mémoires sur les Légumineuses. . . 70 id. \

Organographie 60 id. jpar Heyland.

Plantes rares du Jardin de Genève. 24 coloriées ) Divers autres mémoires, y compris

celui des Myrtacées publié après

la mort de l'auteur 281 col. ou noir. La plupart d*Heylaid.

Total 943

Une grande partie du texte des Icônes selectœ (5 vol. in-folio) de M. Delessert est d*Aug.-Pyr. de CandoUe, qui avait même donné à son ami, pour les insérer dans cet ouvrage, un certain nombre de planches de Composées. Le chiffre total des planches botaniques expliquées ou publiées par mon père, ou faites à ses frais, est donc à peu prés de miUe.

Environ 300 dessins préparés pour divers ouvrages n'ont pas été publiés, sans parler de 500 dessins, au trait, de germinations, et d*an millier de copies de la Flore du Mexique, mentionnées ci-dessus, p. 288.

Mon père a introduit l'usage des diagrammes ou plans de coupes transversales des fleurs, qui a contribué beaucoup à rintelligence de la symétrie des organes. (Alph. de C.)

Familles, genres et espèees établis par HC*

!• Familles.

En 1801. Algues (distinguées des Lichens).

1805. Ilypoxyla (réunion de deux ordres, l'un dans les Champignons

l'autre dans les Lichens), 1805. Alismaceaî (depuis divisées), Colchicaceae, Valériane», Gros-

sularieaî, Juglandées (indiquées seulement). 1811. Ochnaceaî, Simarubeae.

1817. Dilleniaceae.

4821. Podophyllaceae, Fumariaceae.

iS2A. (Déjà en 1813 dans la Théorie élémentaire, sans descriptions), Drosoraceae, Lineae, Camellieae.

\S2A. Hippocastaneae, Rhizoboleae, Oxalideae, Coriarieae.

1826. Alangieae, Memecyleae.

1828. Fouquieraceae.

1830. Corneae (tribu élevée au rang de famille).

1839. Roussaeaceae.

1845. (Déjà dans la Théorie élémentaire^ 2"»^ édit., sans description.) Sesameae.

Total, vingt-cinq familles, adoptées généralement par les botanistes.

2° Genres,

Les genres nouveaux établis par mon père s'élevaient en 1839,

d'après la liste qu'il en avait dressée, à 492

Publiés depuis sa mort dans les volumes vin à x du Prodrome ou

dans Meissner, Gênera 15

Total 507

L'auteur avait noté vingt-sept genres d'anciens auteurs qui avaient été abandonnés, mais qu'il avait repris et publiés de nouveau en les leur attribuant. Si on les ajoute aux genres de lui, cela forme en tout cinq cent trente-quatre genres nouveaux ou rétablis.

3" Tributs et sections.

Nous n'avons pas relevé le nombre des subdivisions de familles (tribus), ni celui des sous-genres (sections) que mon père a constitués, parce que ces divisions sont moins fixes et ont une forme moins précise que les familles ou les genres. Elles ont cependant leur valeur, et mon père a beaucoup contribué à les introduire dans la science. C'est même dans la création de ces groupes intermédiaires, fondés sur les principes de la méthode naturelle, que le Prodromns a le plus innové. La subordination des groupes y est complète, tandis que précédemment on faisait volontiers des divisions artificielles dans les familles et surtout dans les genres.

4<> Espèces nouvelles,

La liste nominative des espèces nouvelles, annexée au manuscrit des Mémoires, peut se résumer de la manière suivante :

Espèces publiées dans :

Différents mémoires ou articles antérieurs à la Flore française. . . 31

Astragologia 47

Flore française et son Supplément. Synopsis, Rapports sur les

voyages 533

Catalogm horti Monspeliensis iî5

Divers mémoires ou opuscules de 1806 à 1829 et Ficus en 1840. 127

Plantes rares du Jardin de Genève et Notices 4Q

Systema et Prodromm jusqu'aux Composées 1 72Î

Composées dans le Prodromus et dans Wight contributions .... 3064

Prodromns, vol. vu, part. 2 148

Total pendant la vie de l'auteur 5846

Après sa mort, dans les volumes viii-xi du Prodromus. 504

Total 6350

La dernière plante que mon père ait décrite (en 1841) est un Vitex; la dernière espèce nouvelle est le Vitex Vauthieri, que M. Scbauer a publiée dans le Prodromm, vol. xi, page 690.

Le chiffre de 6350, rapproché de celui des genres nouveaux (534), montre que l'auteur n*a pas multiplié les genres outre mesure, comme le pensaient jadis quelques personnes. La proportion de dix à onze espèces par genre est celle qui résulte de l'ensemble des végétaux phanérogames énumérés, en 1841, dans le Nomenclator de Steudel. Depuis celte époque, dans les derniers volumes du Prodromus, je remarque une proportion d'espèces plus grande par genre, mais cela devait arriver, puisque nous approchons du moment où tous les genres qui existent à la surCice de la terre seront connus.

Mon père est probablement le botaniste qui a décrit la plus grande quantité de formes nouvelles, génériques et spécifiques, du moins parmi ceux qui ont conservé aux mots genre et espèce leur sens ordinaire. Lamarck, Kunth, de Martius, Blume, sir W.-J. Hooker, Lindley, ont également décrit un bien plus grand nombre de formes nouvelles que Linné; cependant je suis porté à croire que les chiffres indiqués ci-dessus n*onl été atteints par personne. Du reste, le mérite du Prodromus est plutôt dans la classification de toutes les formes, ou importantes ou secondaires, conformément aux principes de la méthode naturelle, et à ce point dc^vne le groupement des espèces dans les paragraphes, la création de sousgenres ou sections de genres, celle de tribus et de sous-tribus mérite-

raient autant d'attention que l'établissement de familles, genres ou espèces. Enfin, le perfectionnement des ouvrages par de bonnes règles de nomenclature et par des procédés d'ordre avance autant la science que certaines nouveautés, et puisque nous faisons ici la récapitulation des services rendus par l'auteur des Mémoires, il convient de mentionner les suivants : i^ WdL contribué plus que personne à établir dans la nomenclature la loi de priorité ; 2<» il a le premier cité régulièrement les numéros des collections de voyageurs et a recommandé fortement ce moyen d'ordre si commode ; 3<> il a introduit l'emploi d'un signe typographique pour indiquer les auteurs ou les localités dont on a vu des échantillons authentiques.

(Alph. de C.)

HTomeitclature de» genres nouireaux*

On a pu remarquer dans le texte des Afemoires (p. 90, 118, 398, etc.), combien l'auteur attachait d'importance à la dédicace d'un genre, et cependant à quel point il tenait aux règles usitées dans cette nomenclature, par exemple à celle de ne pas prendre le nom d'une personne absolument étrangère à la botanique ou aux sciences qui s'y rattachent. 11 a voulu aussi montrer l'impartialité qu'il mettait dans les hommages rendus aux botanistes, et dans ce but il avait relevé les noms de genres dédiés par lui à divers botanistes en les classant d'après les pays d'erigine des individus. Je donne ce tableau après l'avoir complété.

Le signe f indique une personne qui était morte à l'époque où le genre lui a été dédié ; le signe 9 une personne du sexe féminin.

D'antres cantons (11).

Blanchetia.

Chailletia.

Ginginsia.

GrafFenrieda f.

Meissneria.

Moritzia.

Suteria f.

Tschudyaf.

Vicatia f.

Wydleria.

Zollikoferia.

Suisses

Huberia.

Macairea.

Genevois (19).

Marcetia.

Chabraea f.

Moricandia.

Colladonia.

Pictetia f.

Delucia f.

Pueraria.

Dubyaea.

Rochea f.

Dufresnia.

Saussurea f.

Dunantia.

Senebiera.

Fatioa f.

Trembleya f,

Heylandia.

Vaucheria.

Français (54).

Andrieuxia.

Amoreuxia f-

Anvillea f.

Auchera.

Badiera f.

Barbiera.

Baumannia.

Berlandiera * f-

Berniera f-

Berthelotia.

Biotia.

Bravaisia.

Breraontieraf.

Bucquelia f.

Bulliardaf.

Cambessedesia.

Chantransia.

Chaslenaea 9-

Clainillea.

Condaminea f.

Courselia -f.

Cuviera.

Danthoniaf.

Daubentonia f-

Doloraia?a f.

Drusa.

Duhaldea f.

Diimasia.

Flourensia.

Hauya t.

Latreilleaf.

Lavoisiera f.

Lecokia.

Lessertia.

Leuzea.

Loreya.

Lucya f $.

Menonvilleaf.

Monlbretiaf.

Moquinia.

Nicolsonia f.

Parmentiera f.

Prieurea.

Requienia,

Robertia.

Rochonia f.

Rousseauxia f.

Savignya.

Tavernieraf.

Thevenotiaf.

Trochetia.

Tessiera.

Varennea t.

Vilmorinia.

Anglais (19).

Ainsliaea.

Arrowsmithia f.

Baconia -ç.

Bedfordia.

Burriellia+.

Davya f.

Drummondiaf.

Fullartoniaf.

Hopkirkia.

Ingenhoiisziat.

Kerria y.

iSotonia.

Priestleya y.

Sabinea.

Stauntonia.

Svveetia.

Webbia.

Wollasloniat*

Woodvilleat.

Italiens (19).

Balbisia. Berteroa.

Billiotia 9.

Brignolia.

Collsea.

Comolia.

Cortiaf,

Dondisia f.

Orsinia.

Picconia.

Morettia.

Recchia.

Scaligeria f.

Spallanzania f.

Toricelliaf.

Visiania.

Allemands (16).

Betkea.

Blumea.

Ernestia.

Fresenia.

Hartmannia - Heinsia f.

Keerlia.

Meyeria. '

* En 1836. On croyait Berlandier mort; voyez page 337.

Ruckeriaf.

Salmea.

Salzmannia.

Schomburgkia.

Tiedemannia.

Espagnols (14).

Alarconia f.

Diasia.

Echcveria f.

Espajoa f.

Lugoa f.

Montagnaea f.

Ossaea f.

Oyedaea f.

Poloa f.

Sagraea.

Varthemia f.

Vascoa f.

Velaea f.

Vcnegasia f.

Russes (7).

Andreoskia.

ET notes additionnelles.

Fischeria.

Goldbachia.

Kutchubea.

Stechmannia f.

Stevenia.

Turczaninowia.

Grecs (4).

Democritea f.

Eumachia f.

Menestoriaf.

Strabonia f.

Danois (4).

Lundia.

Niebuhriat.

Schouwia.

Wallichia.

Américains des États- Unis (3).

Bigeiowia.

Dariingtonia.

Rumfordiaf.

Brésiliens (2).

Arrabidaea.

Mansoa.

Mexicains (2).

Mendezia.

Perezia.

Portugais (1).

Remija f.

Suédois (1).

Friesia.

Norwégien (1).

Christiania f.

Vénézuélien (1).

Vargasia.

Cette liste comprend cent quatre-vingt-trois noms appartenant à seize pays différents ; trois genres sont dédiés à des dames , l*une botaniste (M°»« de Chastenay) , les autres qui ont aidé aux ouvrages botaniques de leur père (M™" Billioti) ou frère (M"« Lucy Dunal). — On remarque Tabsence de quelques-uns des amis particuliers de Tauteur. Elle vient de ce que les individus en question, ou d'autres personnes de leurs noms, avaient déjà reçu Thommage d'un nom de genre. — Quatre-vingt-une personnes avaient cessé de vivre lorsque Tauteur a rappelé et consacré leur souvenir. Je pourrais amuser mes lecteurs en parlant de jeux de mots, de rapprochements bizarres qui ont parfois suggéré une dédicace {Barbiera, Biotia) ; je préfère signaler aux jeunes botanistes l'élégance de certains noms de genres dans lesquels les sections portent des noms de baptême en harmonie avec eux {Samsurea, contenant les sections Benedictia et Theodorea, d'après les deux de Saussure père et fils), celle d'autres noms de

genres où le nom de l'espèce principale est une seconde allusion personnelle obligeante (Baumannia, dédié aux frères Baumann, respèce unique recevant le nom de B. geminiflara), enfin cette autre élégance de dédier fréquemment un genre à Thomme dont le nom se rattache naturellement à l'origine de la plante, à son usage, à sou histoire ou à ses affmités, ce qui aide au souvenir et plait à l'esprit. (Alph. de C.)

Cours publics donnés par Aug.-Pjrr. de CandtoUe.

Nombre approximatif de leçoos. ^ëtftt.

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