‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 3)Chapitre 11 sur 114 · III. k · texte numérisé non relu

III. k

50 MÉMOIRES DU DUC DE IA JTQftCE.

,mi ' sieur de Bullion envoya audit Maréchal las articles qui m avoient été signés.

Cette guerre, qui avoit eu grand éclat au commencement, et laquelle donuoit sujet d'eu craindre de pernicieuses suites à l'État, fut terminée en bien peu de temps* L'accord fait, Monsieur qui devoit se retirer à Champigny, demanda permiwion à aa Majesté que ce fut à Blqis ; elle consentit qu'il allât à Tours, et ayant besoin d'argent lui en envoya } sa Majesté, quis'étoit avancée jusqu'à Montpellier, et qui avoit convoqué les États de la province à "Béziers, s'y achemina, où étant, elle ordonna ce qui étoit de ses volontés , et établit des Commissaires pour faire le procès à ceux qui s'étoient départis de son obéissance et s'étoient bandés contre son service.

De là sa Majesté continuant son chemin à Narbonne , Carcassone et Castelnaudary , se rendit à Toulouse, où étant, envoya chercher le sieur de Montmorency, qui avoit été mené à Lectoure 1 , voulant que messieurs du Parlement lui fissent le procès et qu'il fût jugé par eux, ce qui fut fait et exécuté dans la place du Palais.

Le Roi prit de là son chemin par le Limousin

1 Voir une lettre de Schomberg. (Correspondances, 17 septembre 1632.)

UVRE m, CHAPITRE XVII. SI

pour s'eh retourner à Paris, et avant de partir, tm. messieurs de son Conseil étant avec lui, il envoya chercher le Maréchal de la Force et lui dit : J'ai telle satisfaction des services que vous m'avez rendus, que je désire les reconnottre et vous témoigner ma bonne volonté; je vous donne la charge de Mattre de ma garde* tobe 9 qui est une des charges 1 qui approche le plus de ma personne; vous en pouvez disposer comme il vous plaira t V exercer autant que vous voudrez, et la remettre à votre fils quand vous voudrez ; je le vous permets. Sa Majesté commanda les Provisions lui en être délivrées, et après lui en fit prêter le serment.

Il en fit la charge pendant qu'il fut auprès de sa Majesté, qu'il accompagna jusqu'à Montauban, qui s'en retournoit à Paris, et de là, elle lui permit d'aller passer en sa maison de la Force, où il ne demeura que quatre ou cinq jours. Etant arrivé en la Cour, sa Majesté témoigna un grand contentement de le voir, et ayant exercé ladite charge encore quelques mois, il supplia le Roi qu'il trouvât bon qu'il la laissât au Marquis de la Force, son fils; ce qui lui ayant été accordé, les Provisions expédiées et le serment prêté, il entra en exercice de

* Cette charge n'était pas alors sans importance, attendu qu'il n'y avait pas encore de Grand-Maître de la garde-robe , cet office n'ayant été créé qu'en 1669 par Louis XIV, pour le Marquis de Guitry*

1632. ladite charge, qui lui réussit si bien, que sa Majesté faisoit connoître tous les jours combien elle avoit son service agréable.

Gomme le Roi revenoit du Languedoc, Monsieur, son frère, qui étoit vers la ville de Tours avec l'agréation de sa Majesté, soit sur le déplaisir qu'il put avoir de la mort du Duc de Montmorency, ou des ombrages que ceux 1 qui étoient auprès de lui lui pouvoient donner, partit de là soudainement et 10 novembre, se retira encore à Bruxelles en Flandre.

1 Puylaurens, favori de Gaston, le détermina à aller rejoindre en Flandre Marie de Médicis.

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