‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 3)Chapitre 20 sur 114 · LIVRE IU, CHAPITRE XDL · texte numérisé non relu

LIVRE IU, CHAPITRE XDL

croyoit que Mannheim étoit propre pour cela, ta*. pourvu qu'on y mît quelques compagnies. Ledit Maréchal accepte fort volontiers son offre, y envoie son fils de Tonneins avec deux compagnies de son régiment, et le sieur du Ferrier, lieutenant de l'artillerie; ils reconnoissent tous deux la place qu'ils jugent en assiette très-importante, mais fort démantelée, comme une place que Ton avoit abandonnée. Ils lui en viennent faire le rapport; soudain il les y renvoie, avec ordre audit Tonneins d'y mener tout son régiment, et à Nettancourt le sien; leur fait porter force outils, avec charge d'y travailler incessamment, et réparer le mieux qu'il se pourrait toutes les brèches, tant à la ville qu'à la citadelle. Ledit sieur Maréchal en écrit à monsieur l'Administrateur 1 qui se tenoit à Frankenthaï, et les y envoie tous deux pour lui représenter l'importance des bateaux et plus encore de la place; que l'armée des ennemis étant proche de là, s'en pouvoit saisir; le supplie d'agréer pe qu'il avoit fait, de quoi il témoigna être très-content. Toutes sortes d'efforts se font pour le travail et pour munir la place; ledit sieur Maréchal en avoit déjà

1 Louis-Philippe Duc de Simmeren, qui, après la mort du Roi de Bohême, son frère, ayait pris la tutelle de ses neveux mineurs et l'administration du Palatinat.

•ft MÉMOBUtS DU DOC M LA FO*CE.

j«w. demie avis an Rai; mats pour lai représenter plus partie ulàérenaient toutes choses, il y dëpêehe encore ledit sieur du Ferrier, e* comme il étoi* beaucoup plus à propos de mettre là le potit qu'à PhRippsbourg, à cause des deux rivières do Rhin et du Meeker, afin de recevoir ses commandement sur le iout. Sa Majesté et tous les messieurs de mn Conseil, qui savent l'importance de cette place, connue l'une des plus considérables d'Allemagne, témoignent d'en avoir un grand contentement; elle lui redépèche ledit sieur du Ferrier avec conwiaodement exprès de ne rien épargner pour la mettre en meilleur état qu'il se pourra et d'y construire le pont. Toute la diligence possible y est apportée; sa Majesté commande audit sieur de Tonneinsd'y demeurer, témoignant une grande satisfaction de lui.

Les armées impériales qui étoient répandoes dans le Wirtemberg et vers Heilbron et Aschâffenbourg, viennent attaquer Heidelberg, place du Palatinat, sise sur la rivière de Necker, à trois heures de chemin de Mannheim; d'abord ils forcent la 17 novembre, ville et assiégeai le château qu'ils battent de dix ou douze canons ; ils se défendent bien et amusent quelque temps ces armées qui étoient composées de celle de Bavière, commaudée par le Duc Charles

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de Lorraine, de celle de Galas 4 et Gronfeld*, m*.

Le Marquis de la Force*, Maréchal de camp, avait eu commamtencrent des&Majesté, y «voit plus de deux mois, de se rendre awe quinze* cents chevaux, six mille hommes de pied et six pièces de campagne vers k frontière de Liège, tant pour favoriser les levées que sa Majesté y faisoit faire, que pour s'opposer à ceUesdes ennemis; en effet, il défit quelques compagnies qui sétoient trop avancées; il reçut après ordre de s'en revenir en Lorraine et de s'approcher jusque Ters Phalsbourg et Saverne , pour s'opposer à ce qui pourroit venir du coté de Brisach.

En ee même teœsp6 monsieur le Maréchal de Bréaé 4 fut envoyé de la Cour en l'armée que éom-

* Voir (Correêpondamei , 18 et 24 octobre 1634) une lettre airieuse du Comte de Gallas à la Force, dans iaquelle il lui mande «Tftetlbronn qu'il a ordre de S. M. 1. de ne rien entreprendre contre le? gens ou Us paya iu Roi da Franee», et kt réponse que lui fit le Maréchal.

* * Maiimllien Comte de GronsfefcT , Général au service de l'Empereur.

3 Voir quelques détails sur ses opérations ( Correspondances , stpiemhrê 1634).

* Urbain de Ma>Ué* Marquis da $-&& 11 était de Ja Maison de Maillé; mais celle de Brézé s'étant éteinte dans la sienne, il en devait faire revivre le nom ; il avait épousé Nicole du Plessis , sœur de Richelieu, ce qui fit sa grande laveur. Quoique Tallemant des Réaux ait dit qu'U n'était ni ua bon soldat ni un bon capitaine , il donna des preuve* de comag» linon d'habileté. Sa fille Clémence de Mairie

itu. mandoît ledit sieur Maréchal de la Force, pour y servir conjointement. Étant arrivés à Landau, lesdits Maréchaux dépêchent vers le Marquis de la Force pour le faire avancer avec son armée et les joindre; sur l'avis qu'ils ont que le pont deMannheim est fait, que ceux de Heidelberg commençôient d'être pressés, ils jugent qu'il importe à la réputation des armées du Roi de ne souffrir que cette place,soit emportée à leur barbe; ils se rendent à Ogersheim, petite ville entre Frankenthai et Mannheim ; l'armée étant aux environs, la résolution fut prise d'aller secourir cette place: les rendez -vous étoient donnés ; les troupes marchoientdéjà, lorsque monsieur de Feuquières, Ambassadeur pour le Roi en l'Assemblée de Worms, où étoient les Confédérés, arriva, lequel représente à ces messieurs que ce dessein étoit hors temps, qu'il pouvoit traverser sa négociation, et par plusieurs raisons qu'il leur allégua, leur fit différer et contremander toutes les troupes. Cela ne laissa pas de faire son effet , car comme plusieurs troupes avoient été jusqu'à Mannheim, et quelque cavalerie qui par curiosité avoit donné jusqu'en la plaine de Heidelberg, les ennemis en prirent l'épouvante , et l'on sut le lendemain

épousa le grand Condé, et son fils Armand de Maillé Duc de Fron- •ac, Amiral de France, fut tué au liège d'Orbitello en 1646.

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