‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 3)Chapitre 79 sur 114 · LE COMTE DE NASSAU AU MARÉCHAL DE LA FORCE · texte numérisé non relu

LE COMTE DE NASSAU AU MARÉCHAL DE LA FORCE

Mission des sieurs de la Haye et Jeoin.

Monsieur 9 étant naturellement porté au respect et à l'en- *63*. tretien des personnes de piété et de mérite , entre lesquelles ^i anvier je sais que vous possédez les premiers rangs , j'ai cru être obligé à satisfaire à mon inclination, en vous rendant particulièrement ce devoir. C'est pourquoi j'ai dépêché vers vous le sieur de la Haye, gentilhomme de mon Conseil , et le sieur Jenin , ministre de la parole de Dieu , auxquels j'ai donné charge qu'en apprenant l'état de votre santé, ils vous exposent aussi la confiance que j'ai prise en votre affection, et la passion en laquelle je suis de vous sçrvir lorsque l'occasion à laquelle j'aspire me sera si favorable que de s'en présenter. Ils vous diront donc ce qui en est, selon leur capacité, à laquelle je me remets, vous suppliant leur ajouter foi , et surtout vous persuader que je suis parfaitement , etc. Guillaume-Louis Comte de Nassau Sarbruck. De Sarbruck, ce 28 e de janvier.

M. DE FBUQUIÊRE AU MARÉCHAL DE LA FORCE

Motifs qui l'ont empêché de lui écrire.

Monseigneur, l'espérance dans laquelle de jour à autre *«**«• on m'a tenu ici de m'expédier, m'a fait manquer jusques à aujourd'hui à me donner l'honneur de vous écrire, remettant

362 CORRESPONDAHCES.

lésa, à vous aller moi-même demander pardon de ce que je tarde 2 février. g . ] on g( em p S ^ m'en retourner. Mon déplaisir est que je suis arrivé, et que je n'ai seulement encore pu faire parler de mes affaires. Vous savez, Monseigneur, de quelle importance elle» me sont pour les abandonner ; ce qui me fait croire que von» ne trouverez pas mauvais mon opiniâtreté à en venir à bout; cependant je fais ce que je puis pour faire en sorte que l'on vous envoie M. le Comte de la Caze, pour donner le moyen à M. le Marquis, qui je m'imagine voudroit bien faire un tour en ces quartiers, de le pouvoir faire. Pour les nouvelles, elle* sont ici si secrètes, que je pense que vous croirez facilement qu'elles ne viennent pas jusques à moi ; c'est de quoi je crois* Monseigneur, que vous vous mettez le moins en peine, et que l'on vous feroit plus de plaisir de vous envoyer de quoi faire subsister l'armée , ce qui, je crois, ne vous met pas en petit souci. Il ne faut pas une moindre expérience que la vôtre pour en venir à bout. Feuquière. De Metz, ce 2* de février.

LE DUC DE DEUX-PONTS AU MARÉCHAL DE LA FORCE. Il le prie d'épargner ses sujets ruinés par la guerre.

14 février. Monsieur, comme la conformité de religion (en laquelle votre foi, zèle et constance vous mettent en exemple à notre siècle), nous unit d'un lien bien indissoluble, et m'oblige de plus près à vous honorer et servir : aussi me suis-je persuada que cette même considération vous porteroit plus aisément qu'aucun autre, à celle de la désolation et impuissance esquelles la rigueur de la guerre a précipité mon État, pou* épargner mes pauvres sujets, desquels il est impossible d'arracher le reste de leur naufrage sans les réduire à la faim, leur sucer le sang et leur ôter la vie , laquelle plusieurs de leurs ancêtres, sous la conduite des miens, ont autrefois valeureusement exposée en France pour le secours de ceux qui faisoient profession de pareille créance. Ce n'est pas que je ne sois disposé de tout mon cœur à rendre service à S. M. Très-Chrétienne, selon mon possible; mais je juge qu'à son grand préjudice, son armée donnant par un surcroît de charge le dernier coup de ruine à mes sujets , die y pourra prendre part par l'incommodité dans laquelle leur impuissance les réduira. C'est pourquoi» outre celles qu'en

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