‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 4)Chapitre 33 sur 106 · LIVRE m, CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE XX

troupes qui n'étoient pas encore arrivées. Tant il leas. y a qu'il voit bien que la diligence y est requise; il s'avance vers Rainbervillers, où il donne rendez- «savra. vous à toutes les troupes, et lui s'avance avec quelques corps jusqu'à Épinal, et de celles qui furent les plus diligentes, en envoie promptement dans Mirecourt pour s'en saisir et de même à Remiremont; elles arrivèrent si à propos que ledit Duc Charles y fut une heure après pour s'en saisir, et y eut quelque combat avec des nôtres qui n'étoient pas encore entres dans la ville ; il tacha fort de les ébranler, mais il n'y gagna rien ; après y avoir demeuré quatre ou cinq heures, il se retira vers la Comté de Bourgogne et se saisit de plusieurs châteaux de Lorraine vers la frontière du Bassigni, comme Conflans, Chàtillon, Fontenay, Montreuil et Desme, où il n'y avoit pas de garnisons.

Le ISÎaréchal de la Force, dès que l'armée qu'il commandoit l'eut joint aux environs d'Epinal et que l'artillerie fut arrivée, il donne le rendez-vous général, afin de bien connoître ses forces et de quoi il pouvoit faire état, et prend un méchant village tirant vers la Bourgogne, où il commence à faire camper toute l'armée; il trouve les régiments fort diminués et la cavalerie aussi, tant par les grandes fatigues qu'ils avoient reçues et de grandes mala-

1635 . dies^ qu'aussi sa Majesté faisant état que ses troupes se dussent rafraîchir, on avoit trié tout ce qui étoit de meilleur et en meilleur état pour la guerre de Flandre. Néanmoins ce qui restoit, faisoit encore huit mille hommes de pied, près de neuf cents cheyaux et environ cinq cents carabins; il recoonott en tous une si bonne disposition, puisque l'on alloit vers les ennemis, et tant décourage, qu'il se résout d'aller droit où seioit le Duc Charles et tacher de le combattre.

Comme il est en cet état, arrive monsieur le Comte deNogent ', envoyé de la part du Roi avec des lettres desalMajesté fort bonnes, et demonsieur leCardinal, et créance particulière pour lui témoigner sa bonne volonté et la satisfaction qu'elle avoit de ses bons services qu'elle vouloit reconnoître ; cependant , pour satisfaire aux grands frais que sa Majesté savoit que lui et son fils, le Marquis de la Force, faisoient tous les jours pour son service, qu'elle lui faisoit don de soixante-quatre mille livres et audit Marquis de trente-six mille livres. Parmi tout cela il reconnut bien par les discours du Comte de Nogent, qu'on avoit taché de lui rendre de mau-

^ Nicolas Bautru Comte de Nogent, créature du Roi et de Richelieu ; il était d'une bonne famille d'Angers et frère de Bautru, bel esprit de son temps.

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