‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 4)Chapitre 63 sur 106 · LIVRE m, CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE XXIV

lendemain et s'en va à Saint-Germain faire la ré- «38. vërence à leurs Majestés, desquelles il fut trèsbien reçu, lui témoignant la satisfaction qu'elles avoient de ses bons services; il séjourna quelque temps à Paris, fort visité de tous les Grands de la Cour, et même de plusieurs des messieurs du Parlement.

Son âge avancé, ayant passé les quatre-vingts ^^^^* ans, le convie à chercher du repos et à jouir du plaisir de sa maison, dont il avoit presque toujours été privé pendant l'espace de trente-cinq ou quarante ans; d'ailleurs il y avoit son fils, le Marquis de la Force avec toute sa famille, qui s'y étoit retiré après que l'armée que monseigneur le Prince de Condé commandoit, eût été mise en garnison durant l'hiver. Son deuxième fils de Castelnaut, y étoit aussi avec toute sa famille, et deux autres de ses enfants, Eymet et Tonneins. Tout cela aup"mentoit son désir de se rendre chez lui, car il avoit toujours aimé fort tendrement toute sa famille, et n'avoit point de plus grand contentement que lorsqu'il les pouvoit voir tous ensemble près de lui ; ayant toujours apporté un si grand soin à les bien unir et faire vivre entre eux avec la bonne amitié qui se doit, que c' étoit une belle chose et de grand exemple de voir cette belle har-

1639. monic qui étoit entre toute cette honorable famille.

11 se dispose à ce voyage et supplie le Roi de le lui permettre; ce qu'ayant obtenu et pris congé de leurs Majestés, du Cardinal de Richelieu et de ses principaux amis, il se met en chemin, et fort bien vu des principaux des bonnes villes où il passe, il se rend chez lui heureusement; il trouve toute sa famille qui l'y attendoit avec grande impatience; il n'est pas croyable la joie et la grande satisfaction qu'il reçut de se voir en sa maison au milieu d'eux tous. Soudain on vient de tous côtés le visiter, et véritablement toute la province témoigne une grande joie de sa venue.

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