CHAPITRE h
il y eut une grande quantité de monde et où il se *«*• fit une très-grande dépense.
Peu de jours après monsieur de Favas ayant été congédié de la Cour, arriva à la Rochelle tout malade et mélancolique, et avec cela bien étonné; comme il étoit malcontent, il déguisoit au mieux qu'il put les affaires et tâchoit à échauffer les esprits et à les portera prendre les armes le plus qu'il pouvoit, dessein qu'il avoit eu de longue main. Ceux qui ne savoient pas ce que c'est que la guerre , louoient fort cette passion en lui, l'attribuant à zèle et affection pour le parti de ceux de la Religion, outre que personne n'avoit cette particulière connoissance qu'il avoit toujours préféré ses intérêts au bien et au repos de ceux de la Religion.
Il fut élu ensuite des Généraux et autres Officiers pour toutes les autres provinces, non sans le mécontentement de force personnes qui y prétendoient.
Mais comme ce n'est pas notre dessein de nous étendre sur toutes les particularités de ce qui s'est passé dans le Royaume, nous dirons seulement que monsieur de Montpouillan étant retourné à la Cour, messieurs de Luynes s'opposèrent toujours à son rétablissement auprès du Roi, quoique sa Majesté témoignât en toute rencontre qu'elle avoit toujours
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une affection particulière pour lui, ce qui obligeoit d'autant plus ces messieui*s à le Touloir éloigner ; ils se servirent encore de ce prétexte des remuements qui commençoient à se fomenter partout , pour le chasser une seconde fois de la Cour, si bien qu'il fut contraint d'aller trouver monsieur de la Force qui étoit à Bergerac.
Avant que le mois ne fût 6ni que monsieur de Castelnaut présidoit en TÂssemblée de la Rochelle, voici monsieur de Rohan qui y arrive, comme aussi monsieur de la Trémouilie et quelques autres, et de tous côtés, toutes choses commencent à se préparer à la guerre. Monsieur de Castelnaut apprend comme quoi monsieur de la Force avoit été contraint d'abandonner le Bëarn, et qu^il s'éloit retiré à Bergerac , ce qui l'obligea à demander son congé à messieurs de l'Assemblée afin de l'aller trouver et de se rendre à son Gouvernement de Bergerac, ce qu'elle lui accorda, jugeant être nécessaire et à propos. Il part donc pour s'y en retourner et lors on commençoit à dire que très*assûrement le Roi venoit assi^r Saint-Jean et que pour cet effet les troupes s'avançoientdéjà; le sieur de Castelnaut eut le bonheur de se conduire heureusement pendant son voyage.
Mais pour représenter mieux toutes choses,