ET DESCRIPTION DES MANUSCRITS. CXXIII
» poursuit l'auteur, apprendra par là la manière dont » M. de la Force a vu ces lettres, et je lui apprendrai » ensuite qu'il les fit copier pour les envoyer à sa femme » qui n'étoit pas avec lui en Poitou, et dans les lettres » de qui on a trouvé les copies de la main de M. de » la Force, avec la lettre, qu'il lui écrivoit en les » lui envoyant, et il ne s'attendoit pas, en ce temps, » qu'elles dussent exister cent deux ans après, et » qu'un de ses descendants s'en dût servir pour » écrire son histoire. »
Or ceci se passait en 1608 ; l'auteur de ce Mémoire l'écrivait donc vers 17 10. En recherchant parmi les descendants du maréchal qui vivaient à cette époque, on en trouve deux auxquels on peut attribuer cette histoire : l'un est Henri Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, académicien en 1715 ; l'autre, Charlotte Rose de la Force, morte à soixante-quatorze ans, en 1724, elle aurait été alors âgée de soixante ans. Quoiqu'elle ait composé beaucoup de romans dans le goût prétentieux de son temps, elle a cependant fait preuve de quelque aptitude et de beaucoup de prédilection pour les études historiques ; il ne serait donc pas impossible que dans sa vieillesse elle se fût divertie, comme l'on disait alors, à écrire l'histoire de son illustre aïeul. Quel qu'en soit l'auteur, il est à regretter qu'il n'ait pu terminer ce travail qu'il semblait avoir entrepris