Paris. Perrotin, 1835. 3 vol. in-18. 15 fr OEvres com
plètes.
18. Paris. Perrotin, 1836, 5 vol. in-8, dont un supplément avec
104 gravures.
Le supplément renferme les chansons défenaues. Pour cette édition, on a fait imprimer, suivant les procédés de la typographie, la musique des chansons de Béranger. (Paris, Perrotin. Savaresse, in-8".) — Depuis 1827, il existait déjà un recueil^ gravé de la musique des chansons de Béranger, publié par M. Savaresse.
19. Les mômes, édition ilustrée, contenant 120 sujets nouveaux, gravés sur bois, d'après les dessins de P. F. Granville, par les premiers artistes de France et d'Angleterre, un portrait et un fac-similé. Paris, Fournier, 1835 36, 3 vol. in-18. —Nouvelle édition. Paris, le même, 1839, 3 vol. in-8 (25 fr.). Paris, Fournier, 1840, grand in 8, avec 120 gravures par Granville. — Les mêmes. Édition diamant. Paris. Fournier, 1839, in-32 (3fr. 50 c).
Outre un assez grand nombre de contrefaçons, les chansons de Béranger ont été traduites dans presque toutes les langues de l'Europe. Six ont été traduites en anglais, en 1831, par madame Elisabeth CoUins. Une traduction complète en vers allemands a paru à Stuttgard chez Scheweizerbath en 1832, 2 vol. in-12, sous le nom emprunté de Métrominus»
OEUVRES POSTHCMES.
— Dernières Chansons de P.-J. de Béranger, 1834 à 1851, in-S. Paris. Perrotin, 1857.
— Ma Biographie, par P.-J. de Béranger, in-8. Paris. Perrotin, 1857.
— Janvier 1858, en cinquante livraisons à 30 centimes. OEu' vres complètes de P.-J. de Béranger, y compris les œuvres posthumes, in-8. Paris. Perrotin.
Des deux volumes composant les œuvres posthumes de Béranger, l'un. Ma Biographie, a causé plus d'un désappointement. La malignité avait déjà
spéculé sur cette œuvre. On savait que Béranger s'était occupé de l'histoire de ses contemporains, et l'on croyait en trouver là quelques éléments. La malice spirituelle du chansonnier plus ou moins bonhomme que l'on connaissait, avait laissé dans bien des esprits la certitude que quelques fragments noircis avaient bien pu échapper aux flammes qui avaient consumé les fameux Mémoires tant redoutés sur les hommes et les choses du temps. On ajoutait que le titre de 3Ia Biographie n'était qu'une dernière mahce du chansonnier, et qu'en fin de compte cette biographie ne serait autre chose que des mémoires.
Le livre parut, et tout le monde fut détrompé. On put se convaincre que l'esprit peut servir à autre chose qu'à médire du prochain. Ce ne fut qu'une simple et très-simple biographie, écrite correctement par le poète, mais en style bien moins magnifique que ses vers. Le chansonnier ne cesse pas de s'y cacher dans la modestie de ce rôle. Il ne se donne la peine ni de tracer les portraits des personnages Importants avec lesquels il a été en contact, ni de dépeindre et d'apprécier les événements auxquels il a été mêlé, et les curieuses et dramatiques époques qu'il lui a été donné de traverser.
Dans ses Dernières chansons, c'est autre chose. Le nouveau volume n'ajoute rien à la gloire du chansonnier, mais il la complète. C'est la même forme,
toujours belle; le mêmerhythme, toujours facile; la même rime, toujours riche .
Le volume est divisé en six périodes :
Cette époque de dix-sept ans embrasse dans l'ordre politique le règne de Louis- Philippe et sa chute, la révolution de 1848 et l'avènement de la République, et la résurrection de l'Empire.
Ces événements, dont on ne saurait contester la grandeur, exercent tour à tour leur influence sur l'imagination du poète. Des vingt et une chansons de la première période, huit sont consacrées à la gloire du premier empereur. Ce sont tantôt des petits poèmes dialogues, composés à la façon des Souvenirs du peuple, ou de simples chansons. Ces dernières sont le Cheval arabe, la Leçon d'histoire, l'Aigle et l'Étoile, Sainte- Hélène, Il n'est pas mort. Le Baptême, l'Égyptienne, Madame Mère, forment les poèmes dialogues. Dans le dernier, Béranger a placé sa profession de foi :
Des simples chants que ton grand nom m'inspire, Napoléon, c'est ici le dernier.
Républicain, s'il a blâmé l'Empire, Sur ta chute et tes fers pleura le cliansonnier.
Pour réveiller notre France abattue,
J'exaltai l'homme et non le souverain.
Puisse la main du peuple incruster dans l'airain
Mon nom au pied de la statue.
Dans ce vœu où il demande à se voir associé la gloire da grand empereur, auquel il devait une» grande partie de la sienne, le poète a évidemment obéi au sentiment de sa vie.
Dans les autres parties du recueil, la politique est généralement absente. Soit que son esprit ait gagné en étendue et en élévation, soit qu'il ait pris de plus en plus le caractère de philosophie socialedont quelques-uns de seschants précédents portaient déjà l'empreinte, ses regards semblent laisser de côté les faits particuliers pour ne s'arrêter que sur les idées générales. Quelques chants de ce recueil : V Apôtre, l'Histoire d'une idée que nous avons cités déjà. Plus de vers, le Septuagénaire, et surtout la Prisonnière, l'une des mieux réussies peut-être de ses compositions comme forme et comme idée, rappellent son meilleur temps. Puis, après une série de petits poèmes charmants quoi qu'on en ait dit, le poète retrouve toute sa poésie pour mourir dans un Adieu à la France, le plus noble et le plus doux accent que jamais fils pieux ait adressé à une tendre mère.
France!— je meurs,— je meurs, tout me l'annonce; Mèie adorée : adieu ! (Jtie ton saiiii nom
GO
Soit le dernier que ma bouche prononce- Aucun Français t'aima-t-il plus?— Oh! non. Je l'ai chantée avant de savoir lire.
Et quand la mort me tient sous son épieu, En te chantant, mon dernier souffle expire: A tant d'amour donne une larme.— Adieu.
Lorque dix rois, dans leur triomphe impie. Poussaient leurs chars sur ton corps mutilé, De leurs bandeaux j'ai fait de la charpie Pour ta blessure où mon baume a coulé. Le ciel rendit ta ruine féconde ; De te bénir les siècles auront lieu.
Car ta pensée ensemence le monde.
L'égalité fera sa gerbe. — Adieu.
Demi couché je me vois dans la tombe:
Ah ! viens en aide à tous ceux que j'aimais. Tu le dois, France, à la pauvre colombe Qui dans ton champ ne butina jamais.
Pour qu'à tes fils arrive ma prière Lorsque déjà j'entends la voix de Dieu, De mon tombeau j'ai soutenu la pierre, Mon bras se lasse; elle retombe. Adieu!
C'est le dernier chant du cygne: il est sublime. Le poète meurt, et l'immortalité s'ouvre pour lui '