PREMIÈRE PARTIE
DE l’aRTÉRIECTASIE OU DE l’anÉVRYSME VRAI.
Les opinions les plus généralement reçues en physiologie et en médecine , celles qui sont consacrées par l’assentiment de tous les auteurs célèbres , reposent souvent sur des bases bien incertaines.
Bichat.
^ I. « Les opinions les plus gëneralement reçues en physiologie et en mëdecine, celles qui sont consacrées par l’assentiment de tous les auteurs célébrés, reposent souvent sur des bases bien incertaines. Ces paroles de Bichat sont d’une grande jus-
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tesse, et peuvent s’appliquer à une muliitucle de sujets de médecine, mais surtout aux anévrysmes.W doit paraître étonnant qu’un point aussi important d’anatomie pathologicfue, la dilatation ou la non- dilatation des artères, soit encore un sujet de doute et de controverse parmi les médecins.
^ If. Le mot ane'vrysme, dans son sens e'tymologique et primitif, signifie la dilatation d’une artère; mais comme on a conteste' la possibilité' de cette dilatation artérielle, on a détourne le mot de sa valeur rigoureuse et grammaticale.
III. Les artères peuvent-elles se dilater dans toute répaisseur de leurs parois, et constituer, par cette dilatation, ce qu’on doit appeler anévrysme? Voilà ce que nous nous sommes propose' d’examiner dans la première partie de ces recherches pratiques.
§ IV. Dans la seconde partie, nous traiterons de \ anévrysme mixte, dont la production a aussi été' contestée par plusieurs médecins, et, dans la troisième, des anévrysmes par transfusion.
^ V. Les anciens auteurs ne paraissaient pas douter de l’existence de ces dilatations des parois artérielles, et leurs ouvrages présentent de nombreux passages qui ne laissent aucune incertitude à cet égard; ce n’est que depuis la publication de la splendide monographie de Scarpa, ejue la réalité des anévrysmes vrais ou par expansion des membranes artérielles , sans rupture d’aucun feuillet, n’a plus été admise. Une autorité aussi imposante que celle de ce savant célèbre, a ébranlé toutes les croyances sur ce point de doctrine, et dès lors on a vu plusieurs médecins adopter les idées du professeur de Pavie, et cesser d’admett're l’existence des anévrysmes vrais ou par simple dilatation des parois artérielles.
^ VI. Les anévrysmes,. en général, sont Beaucoup moins fréquens en France qu’en Angleterre, et que dans plusieurs autres contrées. Cette différence, dont nous ne chercherons pas ici à donner la raison, suffit pour expliquer pourquoi les travaux
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d’anatomie pathologique sont moins avances en France, sur cette partie, que sur d’autres points de la meme science.
^ VII. Ætius d’Amide et Paul d’Ëgine ne sont pas des auteurs assez originaux, et de leur temps les recherches sur les cadavres étaient trop difficiles et trop rares , pour faire prendre en considération ce c[u’ils disent de cette maladie. Ces auteurs ne sont, le plus souvent, que des copistes de Galien; cependant, comme le fait très-bien observer Freind , on trouve dans les écrits de Paul une sage critique des opinions de Galien. C’est ce qu’on voit pour l’anévrysme, où le médecin d’Egine réfute les idées du médecin de Pergame. On lit dans Paul une description exacte du procédé opératoire pour l’anévrysme : il veut, lorsque les ligatures sont placées, que l’on incise; puis il recommande expressément de lier l’artère non-seulement au-dessus de l’ouverture, mais encore audessous.
Vésaîe a, le premier, parlé d’un anévrysme par dilatation, puis par rupture de l’artère aorte, d’après^la dissection qu’il avait faite du cadavre. Sennert, M.-A. Séverin, Paul Barbette, Fabrice de Hilden pensèrent que l’anévrysme était toujours une rupture du tube artériel. Fernel, en comparant l’anévrysme à une varice, professa une opinion totalement opposée a celle de ces auteurs (i). Forestus (2), dont les écrits forment un immense recueil d’observations curieuses, et Diemerbroeck (5), anatomiste habile, partagèrent le sentiment du professeur de Montpellier, et trouvèrent des soutiens dans Jonston, Goue}^, etc. Enfin Vidus-Vidius rapporte un exemple remarquable d’une prodigieuse distension des artères de l’extérieur de la tête, de manière que ces vaisseaux ressemblaient a de grandes veines variqueuses.
(1) . Universel medicina de extern, corp. affect., lib. III , cap. iit , p. 4^6 , I^ugduni, 1602. TovÉvpLi^pa. aneuryswa, arteriœ ddataho spintuoso plcna sanguine.
(2) Oper. nied.
(3) Oper. nied. , lib. VI.
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Il ajoute que Fallopia, ayant entrepris d’ouvrir la tumeur, fut effraye de son volume, et ne voulut pas y loucher (i).
§ VIll. Jusque l'a, les avis avaient etë partages entre la possibilité et l’impossibilité de l’existence de l’anëvrysme vrai. Une troisième classe d’observateurs sembla vouloir faire cesser toute dissidence en déclarant que tantôt la dilatation et tantôt la l'Liptiu'e pouvaient constituer les tumeurs anévrysmales. Ils affirmèrent que, dans beaucoup de cas, la dilatation constituait les premières phases de la maladie, tandis que la rupture en caractérisait les dernières. Lancisi, Guattani, Freind, Morgagni, etc., furent les premiers 'a soutenir celte doctrine, à la faire adopter et 'a l’enseigner dans toutes les écoles, où elle régna jusqu’à l’époque de la publication du Traité de Scarpa sur l’anévrysme. On lit dans cet ouvrage, que l’anévrysme est constam-
(i). Fidi-Kidii Florenlini artis medecinalis ^ Venetiis, i6ii ; et Freind, Hisl. delà rndd. Paris, lyaS.
Vidus-Yidius s’illustra en enseignant l’anatomie dans la chaire du collège de France, chaire à laquelle la médecine est si redevable , et qui vient d’ètre supprimée d’une manièretsi triste par un gouvernement c|ui se dit le protecteur des sciences! L’observation de Yidus-Vidius est un bel exemple à' anévrysme eu 'varice ou de varice artérielle; et si les auteurs qui ortt nié l’existence de la dilatation des artères , eussent connu ce fait ou s’ils eussent voulu l’examiner, ils n’auraient palus élevé de doute sur la réalité des anévrysmes vrais. Nous avons observé deux cas semblables d’anévrysmes vrais des artères occipitales. Dans les deux cas , les malades étaient à l’hospice de la Salpétrière. MYl. Tartra et Pelletanont laissé l’histoire de l’un de ces cas, et je donnerai la figure de l’autre. Yoici l’observation de Yidus-Yidius. .
« Intumcseunt interdum arteriæ, et fiunt in illis veluti varices, quod tamen » raro accidit, nam ob duprliccm tunicam, quani durîorem habent , et crasssio- » rem , et ob sanguinem tenuem, quem continent , renituntur, et non ita facile 1) dilatantur. Yidimus tamen Alexandrum Boscollum , civem Florcntinum , » cui arteriæ capritis à vertice ad occipitium, adeotumidæ erant , ut viderem )) tur varices ingcntes , pulsabant autem vehementer , cum tangcbantur , ve- » nit hue Pisas ut curaretur a Gabriele Fallopio, qui magno cum apparatu y) sectionem pollicitus , cum manum jam inciperet admovere , p)erterritus ma-- » gnitudine tumoris curalione supersedit, verilus ne homo vitam cum sanguine 3 funderet ; ille autem cum ejusmodi affectu diutius vixit. n
De curatione generalim , t. Il, piag.. 5io.
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ment du à une degënerescence stëatomateuse des parois artérielles, suivie de déchirure des membranes et d’ëpanchement de sang(i).
^ IX. Dans des additions à ce traité de l’anévrysme, Scarpa paraît revenir sur sa première opinion, et il la modifie. Pour ne pas avouer qu’il a été trop exclusif, il cherche à établir une distinction entre la dilatation artérielle , et ce qu’il nomme anévrjsme. Il dit qu’on ne pourrait élever aucun doute qu’il eût reconnu la possibilité de la dilatation morbide des artères avec ou sans anévrysme. Il assigne pour cause de cette dilatation ^ le ramollissement des membranes de l’artère avec affaiblissement latéral d’un point ou de toute la circonférence de ses parois; mais il considère toujours celte altération comme très -distincte de l’anévrysme par ses caractères particuliers. Quoique l’anévrysme de la crosse de l’aorte soit quelquefois précédé de son élargissement partiel ou total, notre auteur dit cju’il ne faut pas en conclure que la dilatation artérielle et Manévrysme soient une seule et même maladie. Suivant Scarpa, la dilatation morbide de l’artère offre des caractères propres, et ces caractères sont tellement distincts de ceux cjiui accompagnent l’anévrysme, qu’en reconnaissant la nécessité de donner à l’une de ces altérations la dénomination d’anévrysme, il est indispensable, pour s’exprimer avec exactitude et précision, de désigner l’autre sous un nom différent. On ne peut pas non plus, selon Scarpa, appeler la dilatation d’une cu'tère un anévrysme commençant. Il reconnaît très-bien que tantôt la dilatation morbide est partielle, c’est-à-dire qu’elle n’occupe qu’un coté de l’artère, qu’elle a la forme d’un dé à coudre, et que tantôt elle envahit toute la circonférence du tube artériel; la tumeur qui en résulte est cylindrique ou ovoïde, et si sa situation permet de la comprimer, elle cède facilement, et disparaît presque en to-
( 1 ) RcfJexiojis el ohseivations anal omico -chirurgicales sur l’anévrysme, elc.,. U'nd. de l’italien par Delpecli. Paris, i8og.
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talitë. Tous les caractères attribues par Scarpa à ces tumeurs sont exacts; mais il borne trop exclusivement à Tarière aorte, et surtout à sa crosse ou courbure thoracique, ces dilatations. L’élargissement du calibre de ce tronc vasculaire est si commun et si ge'neralement connu, que Scarpa n’a rien dit de nouveau à cet égard.
$ X. Quant au ramollissement morbide qui produit, selon Scarpa, ces dilatations, nous ignorons comment il faut l’entendre; car les parois artérielles, dans ces dilatations , sont tantôt avec épaississement , tantôt avec amincissement de leurs membranes, et jamais avec une consistance moins grande que celle qui leur est naturelle (i).
^ XI. Plus récemment Scarpa est encore revenu et dans un sens bien plus étendu, sur son opinion primitive, et il admet une dilatation des petites artères (2); mais avant lui, cette espèce d’anévrysme avait été indiquée et décrite par plusieurs médecins français ou anglais, et particulièr.ement par M. Dupuytren (3), John Bell, Dalrymphe, B. Travers, Brodîe, Hodgson, etc.
^ Xn. M. Hodgson, dont l’ouvrage peut être placé a côté de celui de Scarpa, ne regarde point Tanévrysme comme constamment produit par la déchirure ou la destruction des membranes d’une artère ; au contraire, d’après l’examen attentif et la dissection d’un gr^nd nombre de pièces anatomiques, conservées dans les riches musées de Londres, pièces sur lesquelles on voit les
(1) Voyez Additions au traité de Z’a/2eV/y577te , par Ant. Scarpa •, trad. de Titalien , parOllivier d’Angers. Paris, 1822.
(2) Il arrive aussi , mais bien plus rarement , qu’un nombre plus ou moins considérable d’artérioles sous-cutanées se dilatent de la même manière et forment également une tumeur c[ui soulève la peau. Cette tumeur , c[ui n’est quelquefois pas plus grosse qu’un pois , offre des battemens correspondans à ceux du cœur et des artères , exactement comme ceux qu’on observe dans les anévrysmes proprement dits. Annali imioersali di ined, juin i83o.
(3) Sous le nom de tumeurs érectiles. M. Dupuytren a , depuis long-temps , décrit ces dilatations des petites artères.
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maladies des artères aux diverses périodes de leur formation , il dit s’étre convaincu que, quoique dans la plupart des sacs anévrysmaux, surtout dans ceux qui ont atteint un volume considérable, les membranes du vaisseaux se soient ouvertes, il est pourtant un grand nombre d’anévrysmes qui ont commencé par la dilatation partielle de l’artère. M. Hodgson appuie son opinion de beaucoup de faits dont il donne l’histoire, et qu’il doit à sa propre observation, ou qui lui ont été communiqués par MM. Everard Home, Brodie, Farre, Heaviside, Burns, etc., tous gens recommandables par leur caractère, leur savoir et leurs travaux scientifiques.
§ XIII. Les dilatations dont parle M. Hodgson se rapportent principalement à celles de la portion thoracique ou ascendante de l’aorte. Cet état morbide du tronc principal des artères paraît être produit, suivant notre auteur, par une maladie antérieure des tissus du vaisseau, qui leur fait perdre leur élasticité, et ne permet pas à l’artère de reprendre ses dimensions naturelles, après que la colonne de sang l’a traversée.
Dans quelques cas cependant, cet état ne pourrait-il pas être du à une sorte de paralysie de la membrane moyenne ou membrane fibreuse? demande M. Hodgson. Il dit avoir vu l’artère aorte très-dilatée, sans que ce vaisseau présentât aucune altération dans son tissu. Enfin, il a observé des dilatations partielles des parois des artères sur tous les points de l’arbre vasculaire où des anévrysmes peuvent se former, et principalement à la division des artères carotides, iliaques, etc.
Desault et toute son école considèrent l’anévrysme partiel comme formant la première période de la maladie; mais la tumeur n’acquiert jamais un grand volume par la simple dilatation des membranes, tandis cfue dans l’anévrysme volumineux et ancien , les tuniques interne et moyenne du vaisseau sont constamment déchirées. Pendant la durée de cette première période, le sang circule et reste liquide dans la tumeur; lorsque les feuillets internes du vaisseau se rompent, et que Fané-
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vrysme devient faux consécutif, un caillot à lames superposées se forme alors dans la cavité' de la tumeur (i).
^ XIV. Descliamps est de l’opinion de Desault; mais le sentiment de quelques auteurs plus modernes tient à la fois de celui de Desault et de celui de Scarpa. L’anevrysme commence par une véritable dilatation de l’artère ; mais bientôt l’expansion partielle du vaisseau se rompt, et il survient un anévrysme faux conse'cutif qui constitue l’état le plus ordinaire des tumeurs anévrysmales.
MM. Dupuytren, Richerand, Marjolin ont adopté cette dernière opinion. Cependant M. Dupuytren admet en outre des dilatations des artères d’un petit calibre, dilatations auxquelles il a donné le nom de tumeurs érectiles.
^ XV. Burns combat les idées de Scarpa sur l’anévrysme; il admet des anévrysmes vrais, dans lesquels la base de la tumeur comprend toute la circonférence du tube artériel. Il possède des pièces sur lesquelles on voit cette disposition, et sur l’une d’elles les tuniques de l’artère ne sont pas seulement dilatées, mais encore altérées dans leur structure. A l’extérieur et à l’intérieur, elles ont pris l’aspect des membranes du fœtus; seulement elles sont plus épaisses et plus denses, mais gélatineuses et diaphanes. Sur leur surface interne, elles sont recouvertes d’une pseudo - membrane formée par la lymphe plastique. Il compare à ce fait celui qui est rapporté dans le London medical review , où l’anévrysme avait la grosseur du poing, et où toutes les tuniques de l’artère étaient uniformément dilatées sans solution de continuité sur aucun point (2).
^ XVI. Dans la traduction de l’ouvrage de Hodgson , j’ai rapporté un exemple curieux d’anévrysme vrai de l’aorte, publié par le professeur Nœgele , de Heidelberg (3) ; et, dix ans aupa-
(1) Riclierand, Nosogr. chirurgicale.
(2) Allan Burns, On diseases of lhe Heart. Édinburgh, 1809.
(3J C. F. Nœgele , Epistola ad T. F. Baltz , qud historiâ et descr. ane- -vrism., quod inaortâ abdominali observant coîitinetur. Heidelb. , i8i6.
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ravant, C.-F. Ludwig avait déjà admis l’existence des anévrysmes vrais internes (i).
^ XVII. L’aorte est le vaisseau sur lequel on a observé le plus grand nombre de cas d’anévrysmes vrais; et parmi les personnes qui se sont refusées à croire à la réalité de la dilatation artérielle, il en est plusieurs qui font une exception pour l’artère aorte. De nos jours, cette dilatation du tronc principal de l’arbre artériel a été admise par beaucoup de pathologistes. Nous citeronsplus particulièrement Laënnec (2), Berlin (3), MM. Cliomel (4) et Bouillaud (5).
XVIir. M. Wilson, tout en admettant l’anévrysme vrai sur différentes artères, assure ne connaître qu’un exemple de ce genre de maladie sur les artères au dessus du coude. En suivant le vaisseau, on ne pourrait arriver à aucune lésion de ses membranes; il ajoute qu’on a souvent observé des anévrysmes vrais sur les artères iliaque externe, fémorale, poplitée, tibiale postérieure ; mais il déclare n’en connaître aucun exemple aux artères tibiale antérieure, péronière, etc., et il cite un fait remarquable qu’il a rencontré sur l’artère hépatique (6).
^ XIX. D’après Reeder (7), quelquefois les différentes tuniques de l’artère sont également affectées, et la dilatation existe sur toute la circonférence du vaisseau ; d’autres fois elle n’occupe qu’un seul des cotés de l’artère. Alors le sac ressemble à cette espèce d’anévrysme qui consiste dans une expansion de la tunique externe. Cependant la première espèce ne contient ‘pas de couclies
(1) Diagn. chirurgie, fragni. De aneuijsmale interno. Lips., i8o5.
(2) De C auscultation médiate.
(3) Traité des maladies du cœur et des gros vaisseaux. Paris, i824- Dictionn. de médec. en 9.1 'volumes y art. Anévrysme.
(5) Traité des maladies du cœur et des gros vaisseaux ; par M. Bertin. Paris , 1824.
(6) Wilson , Lectures on tlie hlood , and on tlie analomy , physiology and surgical paüiology of tlie vascular system of tlie Iliiman Body , clr.
(7) pcatical ireatise on the inflammation organic and sympathetic diseuses of the heart , etc. London , 1821.
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de sang coagule comme on en voit dans la seconde; et lorsque la dilation comprend toutes les membranes, le sang ne forme pas de caillot. Reeder a vu l’aorte considérablement dilatée, et en même temps une tumeur anévrysmale s’élever de sa surface et communiquer avec la cavité du vaisseau par une ouverture d’environ trois pouces de diamètre. La tumeur ne paraissait pas avoir été formée par la rupture des membranes interne, moyenne et externe , et dans ce cas , toutes les membranes avaient , dans un point plus que dans un autre , perdu leur force de résistance.
§ XX. La portion thoracique de^ l’aorte est bien plus fréquemment affectée d’anévrysme que toute autre artère du corps. Cette dilatation uniforme de tontes les membranes de l’aorte doit être attribuée à une perte de leur tonicité ou force de résistance, ou bien lorsqu’elles possèdent leurs propriétés naturelles, si le sang vient à être chassé avec une grande impétuosité par l’effet de violens exercices corporels ou de violentes émotions morales, alors les tuniques ne pouvant plus résister à son effort, elles se dilatent. Si la tunique externe devient pulpeuse ou s’épaissit , et s’altère de manière à ressembler à un cartilage ou à des lames de matière stéatomateuse et comme caséeuse, alors les membranes perdent leur élasticité naturelle, et elles se rompent ou se fendent par l’impétuosité du mouvement du sang, etc.
$ XXL M. Samuel Cooper ne partage pas les opinions de Scarpa sur l’anévrysme, et, quelque puissante que lui paraisse celte autorité, il lui oppose celle de Sabatier, de MM. Dupuytren, Richerand, etc., qui prétendent encore que, dans quelques anévrysmes , les tuniques de l’artère sont dilatées. L’opinion de ces professeurs s’accorde avec ce qu’on enseigne dans les écoles de chirurgie de la Grande-Bretagne, et M. S. Cooper a constamment établi la distinction des anévrysmes en i’rais et en faux, les uns produits par la dilatation , les autres par la rupture des membranes artérielles (i).
(t) Samuel Cooper, Dictionnaire de chirurg.
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§ XXII. Suivant M. Gutlirie (i), lorsque les parois d’une artère se dilatent sur un point de leur circonférence et dans une petite étendue , on donne à cette dilatation le nom ^anévjysjne vrai. A l’examen du vaisseau malade, les membranes interne et moyenne sont intactes; mais cet état des parois artérielles ne se montre bien distinctement que sur les petits anévrysmes; car à mesure de l’augmentation de volume de la tumeur , les membranes interne et moyenne paraissent se détruire et être résorbées. Dans quelques cas aussi, elles finissent par se rompre. Le premier degré dans la formation d’un anévrysme, par exemple, celui de l’artère aorte , est la perte de la plus grande partie de l’élasticité de ce vaisseau. Cette perte est suivie du dépôt d’une matière grumeleuse, jaunâtre, correspondant au point dilaté.
La dilatation est d’abord circulaire ou ovale, d’une étendue comparable au volume d’une tête d’épingle, ou d’un volume bien plus grand, et qui est subordonné au calibre du vaisseau. Dans quelques cas, on croit apercevoir une fente ou fissure plutôt qu’une ouverture ovalaire. Lorsqu’on examine un de ces anévrysmes de la grosseur d’un pois ou du bout du doigt, et qu’on le presse circulairement , on peut en exprimer une petite quantité de matière grumeleuse jaunâtre, qui semble provenir de dessous la membrane interne.
5 XXIII. Si l’on dissèque avec soin, de dehors en dedans, ces tumeurs, les trois feuillets membraneux peuvent être reconnus, et l’on peut voir que la matière grumeleuse jaunâtre provient de la membrane moyenne. Dèsque l’anévrysme est produit, et avant qu’il soit assez grand pour admettre le bout du doigt, il se remplit d’un coagulum mou. Lorsque la partie malade cède de manière à fournir le commencement du sac anévrysmal, surtout au pourtour du point affecté, les parois de l’artère deviennent plus fermes et plus épaisses, et forment un rebôrd arrondi. M. Guthrie rapporte ensuite, à l’appui de ce qu’il dit, la description de plu-
(i) On the diseases and injuries O f arteries , hy G. -G. Gullirie. London, i83o.
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sieurs pièces pathologiques appartenant au cabinet deHunter,qui mettent hors de doute l’existence des ane'vrysmes vrais ou par dilatation des tuniques artérielles : nous indiquerons surtout le n" 336.
§ XXIV. L’incertitude règne donc encore sur cette partie de l’histoire des anévrysmes, et c’est pour la dissiper que nous avons entrepris d’écrire ce mémoire.
Suivant nous , la dilatation des artères ne peut plus être contestée que par les personnes étrangères à l’anatomie ou qui n’ont pas fait d’ouvertures de cadavres. Cette dilatation peut se présenter sous quatre formes différentes auxquelles nous avons imposé des noms nouveaux tirés de ces formes elles-mêmes. Ces tumenrs anévrysmales sont :
1° L’anévrysme vrai sacciforme ( aneufysma verum sacciforme );
2° L’anévrysme vrai ïnsiîovme {aneurysma v. fusiforme)',
3° L’anévrysme vrai cylindroide [aneurysma o. cylindroïdeum ) , subdivisé en celui des grosses artères et en celui des petites artères ou anévrysme par anastomose ( John Bell ) , ou tumeurs érectiles ( M. Dupuytren ) ;
4° L’anévrysme cyrsoïde {aneurysma cyrsoideum). Anévrysme en varice ou varice artérielle ( varix arterialis) ,(M. Dupuytren ).
1° Anévrysme vrai sacciforme.
$ XXV. Dans \ anévrysme sacciforme , le vaisseau offre sur un point de sa circonférence un renflement comparable à un petit sac produit par l’expansion des membranes artérielles. Cet état, considéré dans l’aorte ascendante, pourrait ne paraître que l’exagération de certaines dispositions anatomiques qu’on sait exister à l’orifice de ce tronc artériel ou vers sa courbure soussternale. On voit, au dessus des valvules sigmoïdes de l’aorte, de même que vers la partie supérieure delà courbure de ce vaisseau, des dépressions ou sinus , que des pathologistes ont regardés
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comme le premier degre' d’un anëvrysme , mais dont l’existence constante sur tous les sujets adultes doit faire considérer comme une disposition anatomique naturelle et régulière. Sur des artères de deuxième et troisième ordre, on a fréquemment observe des tumeurs de la grosseur d’une noisette , d’une noix et même d’un œuf de poule , dépendantes de la dilatation d’un point de la circonférence du vaisseau. C’est cet état que plusieurs pathologistes ont considéré comme le premier degré des tumeurs anévrysmales, et qu’ils ont nommé anévrysme vrai {^aneurysma lacciforme ).
§ XXVI. Les gros troncs artériels, tels que l’aorte ascendante, la crosse et l’aorte descendante, sont spécialement le siège de cet anévrysme sacciforme. On le rencontre aussi sur les artères carotides, iliaques, et parfois sur les artères des membres ; il n’a jamais un grand volume. Toutes les membranes sont dilatées simultanément; mais comme le feuillet interne et le feuillet médian , ce dernier surtout , ont une extensibilité très-bornée, jamais on ne voit d’anévrysme sacciforme volumineux. En général , la grosseur de ces anévrysmes est comparable à celle d’une aveline ou d’une noix. Cependant, vers la crosse de l’aorte ou sur quelque autre point du trajet de ce tronc vasculaire, nous avons vu des anévrysmes sacciformes d’une grosseur plus considérable.