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3T0 RECUEIL DE DOCUMENTS (m3-18l5).

j'en manquais, TEmpereur me dit que le public chez nous paraissait très-inquiet des progrès des Russes contre les Turcs. Je répondis que le fait était on ne peut pas plus simple. « Tout ce qui ressemble à la guerre, kii dis-je, est péniblement accueilli chez nous; et à l'époque heureuse où nos peuples voient cesser leurs inquiétudes sur la frontière occidentale de l'Empire, ce n'est qu'avec peine qu'ils doivent voir renaître des complications sur la frontière opposée. Le dernier des commerçants, continuai-jc, calcule plus ou moins l'extrême importance du cours du Danube; la perte de ce fleuve serait tellement grave, qu'elle se feiait sentir dans les canaux les plus reculés de notre industrie nationale. Notre public est d'ailleurs forcément devenu politique; il s'occupe de grandes questions depuis trop longtemps, pour ne pas taxer celle du moment à sa juste valeur. »

L'Empereur me dit que cela était fort naturel; et il me répéta à cette occasion à peu près tout ce qu'il m'avait dit dans la dernière conversation que j'avais eue avec lui, sur l'intérêt commun entre l'Autriche et la France dans les affaires de l'Orient. « Je viens, continua-t-il , d'expédier un courrier à Caulaincourt pour lui ordonner de déclarer au comte de Romanzow que, fidèle à mes engagements d'Erfurt, je ne puis m'oj)poser à la réunion de la Valachie et de la Moldavie à l'Empire russe, mais que je ne souffrirai aucun empiétement au delà. L'occupation de places fortes sur la rive droite du Danube et le protectorat des Serbes ne doivent pas avoir lieu, et je ne souffrirai ni l'un ni l'autre. «

Je répondis à Sa Majesté que, selon ma conviction, cette déclaration suffirait pour tenir le Cabinet russe dans les bornes du traité d'Erfurt. « Je veux le croire, reprit l'Empereur, mais l'appétit vient en mangeant, et je ne me permets plus de suivre les calculs du comte de Romanzow. Je me méfie toutefois encore trop peu de tentatives russes au delà de nos engagements, pour vous faire parler officiellement des mesures à prendre dans le cas où mon attente serait trompée. »

c< — La Serbie, continua l'Empereur, doit vous appartenir un jour; je ne crois pas de mon intérêt de provoquer la chute

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