CHAPITRE XXV
Baguettes du parlement baissées à Dijon chez M. le Prince, — Baronnies de Languedoc réelles, non personnelles. — Deux cent mille livres de brevet de retenue à BuUion. — Cardinal de Janson arrivé de Rome. — Mariage de des Forts avec la fille de Bàville. — Foucault cède à son fils l'intendance de Caen. — Fortune de l'abbé de La Bourlie en Angleterre. — Galanterie du roi à Marlborougb. — Yerbaum arrêté allant aux ennemis. — Fauxsauniers. — Orry à Paris; ne retourne plus en Espagne; frise la curde de près, puis président à mortier au parlement de Metz. — La reine douairière d'Espagne conduite de Tolède à Bayonne. — Mort de Fontaine-Martel et sa dépouille. — Caractère, conduite, extraction et dégoût de Saint-Pierre. — Ma façon d'être avec M. le duc d'Orloans. — Mlle de Sery fait légitimer le fils qu'elle avoit de M. le duc d'Orléans, et se fait appeler Mme la comtesse d'Argenton par lettres patentes. — Curiosités sur l'avenir très-singulières.
Le roi jugea au conseil de dépêches deux affaires assez singulières: la première qui tenoit fort au cœur à M. le Prince entre lui et le parlement de Dijon, qui venant le saluer à son arrivée, pour tenir les états de Bourgogne , faicoit marcher ses huissiers avec leurs baguettes hautes dans le logis de M. le Prince, qui, de son côté , prétendoit que. représentant le roi dans la province dont il éloit gouverneur, les baguettes des huissiers du parlement ne pouvoient entrer chez lui que baissées. Cela fut ordonné ainsi , dont ce parlement fut fort mortifié.
L'autre paroissoit tout à fait sans fondement. Mérinville, dont le père étoit le seul lieutenant général de Provence, et qui fut chevalier de l'ordre en 1661 , avoit été forcé par la ruine de ses affaires de vendre à Samuel Bernard , le plus fameux et le plus riche banquier de l'Europe, sa terre de Rieux qui est une des baronnies des états de Languedoc. Ces états ne voulurent pas souffrir que Bernard prît aucune séance dans leur assemblée, comme n'étant pas noble par lui-même, et incapable , par conséquent, de jouir du droit de la terre qu'il avoit acquise. Sur cela, Mérinville prétendit demeurer baron des états de Languedoc sans terre, comme étant une dignité personnelle. Il fut jugé qu'elle étoit réelle , attachée à la terre , et Mérinville évincé avec elle de la