‹ Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la régence (volume 3)Chapitre 268 sur 345 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Mort, état et caractère du comte de Nassau -Saarbrûck. — Mort et singularité de Chambonas, évêque de Viviers. — Singularité étrange de Desmarets, archevêque d'Auch. — Mort du connétable de Castille. — Villena, majordome-major du roi d'Espagne, en sa place. — Chalais reconduit son cordelier prisonnier en Espagne. — Duc et duchesse de Shrewsbury à la cour. — État et nom de cet ambassadeur et de l'ambassadrice ; caractère de Ja duchesse, qui change entièrement les coiffures des femmes, dont le roi n'avoii pu venir à bout. — Maison du duc d'Aumont, à Londres, brûlée.

— Caractère du duc d'Aumont. — L'incendie coûte cinq cent cinquante mille livres au roi. — Bout de l'an à Saint-Denis du Dauphin et de la Dauphine. — Histoire de la compagnie de Jésus, du P. Jouvency. — Scandale de ce livre, dont les jésuites se tirent à bon marché. — Abbé de Castries premier aumônier de Mme la duchesse de Berry. — Son caractère ; sa fortune. — Lonf;epierre secrétaire des commandements de Mme la duchesse de Berry; son caractère. — Mort de l'électeur de Brandebourg, premier roi de Prusse. — Électeurs de Cologne et de Bavière à Paris et à Suresne ; voient le roi. — Règlement en vingt-cinq articles, fait par le roi, entre les gouverneurs ou commandants généraux de Guyenne et le gouverneur de Blaye, dont je gagne vingt-quatre articles, de l'avis du duc du Maine, contre le maréchal de Monlrevel. — Ténébreuse noirceur de Pontchartrain, qui me fait éclater. — La Chapelle; quel; je lui fais une étrange déclaration.

— Gonvei salion étrange entre le chancelier et moi. — Même conversation avec la chancelière. — Mme de Saint Simon vainement attaquée. — L'intimité entière subsiste entre le chancelier, la chancelière, et Mme de Saint- Simon et moi.

Le comte de Nassau-Saarbriick mourut dans son château de Saarbriick, où il s'étoit comme retiré depuis quelques années. Il avoit toujours servi, étoit lieutenant général, et il avoit le régiment Royal-Allemand, qui est de vingt-cinq mille livres de rente. C'étoit l'homme du monde le mieux fait, du plus grand air et imposant, fort poli, fort brave, fort honnête homme, avec peu d'esprit et considéré. Il étoit aussi fort riche, mais luthérien, et point vieux. Le roi lui-même lui avoit fait diverses attaques sur sa religion avec bonté, et il ne lui avoit pas laissé ignorer qu'il iroit à tout en se faisant catholique , sans l'avoir pu ébranler.

4. Cette anecdote a déjà été racontée par Saint-Simon, t. IV, p. \\0; mais les variantes des deux récils sont nombreuses, et nous n'avons pas cru devoir supprimer ce passage, comme Tout fait les précédents éditeurs

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