Journal, IP partie, fol
4. Cette première intrigue se place en \66\, comme on le voit par les Mémoires de Mme de Mottefilte. Le petit roman spirituellement brodé par Mme de La Fayette présente sous le jour ie plus favorable les relations d'Henriette d'Angleterre et d'Antoine de Grammout : « Le comte de Guiche, dit-elle, ne trouvoit rien de plus beau que de tout hasarder; et Madame et lui, sans avoir de véritable passion l'un pour l'autre, s'exposèrent au plus grand danger où Ion se soit jamais exposé. Madame éloit malade et environnée de toutes ses femmes.... Elle faisoit entrer le comte de Quiche, quelquefois en plein jour, déguisé en femme qui dit la bonne aventure, et il la disoit même aux femmes de Madame, qui le voyoient tous les jours et qui ne le reconnoissoient pas; d'autres lois, par d'autres invention-, mais toujours avec beaucoup de hasard ; et ces entrevues si périlleuses se passoient à se moquer de Monsieur. »
5. Obvier d'Ormesson a ajouté en marge : ce fait est incertain.
6. Ces événements sont de la fin de l'année 1662, d'après les Mémoires de Mme de Motteville.
1 . Gouvernante des filles d'honneur de la reine. Voy. les Mémoires de Mme de Motteville,
à Aigues-Mortes ' , sans lui vouloir cependant de mal , disant qu'il seroit son solliciteur d'affaires.
ce Mme la Comtesse, ennuyée de ce long exil, a fait prier Madame de s'adoucir, et pour l'y obliger lui a fait dire qu'elle avoit des lettres et de quoi lui donner de la peine. Madame s'en étant irritée , et sachant par le comte de Guiche l'histoire de la lettre, elle l'a dite au roi. Ce fut dans la tribune le jour du ballet qu'elle en fit sortir Mme la Comtesse ; et le roi l'ayant pressée de faire quelque civilité à Mme la Comtesse et lui disant qu'elle la devoit ménager ayant des lettres, sur cela Madame lui dit la lettre espagnole ^
fc Le comte de Guiche mandé aussitôt par le roi , après avoir obtenu son pardon , lui a dit toute l'intrigue et a fort chargé Vardes , et le roi a pris par écrit sa déclaration et la lui a fait signer. L'on dit que le comte de Guiche a découvert encore d'autres intrigues sur l'affaire de Dunkerque, et qu'il avoit conseillé à Madame de s'y retirer avec Monsieur, et que , soutenue du roi d'Angleterre , elle se feroit considérer , et l'on parle que ces lettres ont été rendues au roi, par lesquelles il mandoit à Madame : Votre timide beau-frère n'est qu'un fanfaron et un avare. Quand une fois vous serez dans Dunkerque, nous lui ferons faire, le bâton haut, tout ce que nous voudrons. Le roi a envoyé un exempt à Vardes avec des gardes pour l'arrêter prisonnier et le conduire dans la citadelle de Montpellier et lui ordonner de se défaire de sa charge. M. le maréchal de Grammont a eu de longues conférences avec le roi , et l'on dit qu'il a obtenu le pardon pour son fils; [mais néanmoins que c'est un homme dont la fortune est perdue. »