DES CHAPITRES DU NEUVIÈME VOLUME
Chapitre I. — Louville envoyé secrètement en Espagne. — Sa commission irèsimporlante et très-secrète. — Incapacité surprenante du duc de Noailles. — Jalousie extrême du maréclial d'Huxelles. — Craintes et manèges intérieurs d'Albéroni en Esp;igne. — Insolence de l'inquisition sur les deux frères Macanas, — Cardinal Acquaviva chargé, au lieu de Molinez, des affaires d'Espagne à Rome. — La peur qu'Albéroni cl Aubenton ont l'un de l'autre les unit. — Giudice ôté d'auprès du prince des Asturies cl du conseil. — Popoli fait gouverneur du prince des Asturies; sa figure et son caractère.
— Mécontentement réciproque entre l'Espagne et l'Angleterre. — Fourberie d'Albéroni pour en profiter. — Les Anglois, en peine du chagrin du roi d'Espagne sur leur traité avec l'empereur, le lui communiquent, et en même temps les propositions que leur fait la France, et leur réponse. — Malignité contre le régent pour le brouiller avec le roi d'Espagne. — Adresse de Slanhope pour se défaire de Monteléon en Angleterre, et gagner Albéroni, qui passe tout aux Anglois. — Albéroni, gagné par la souplesse de Slanhope, donne carte blanche aux Anglois pour signer avec eux une alliance défensive. — Embarras et craintes diverses de Bubb , secrétaire et seul ministre d'Angleterre à Madrid. — Prétentions des Anglois insupportable pour le commerce , qu'Albéroni ne leur conteste seulement pas. — Bassesses el empressement pour les Anglois. — Crainte d'Albéroni des Parmesans , qu'il empêche de venir en Espagne. — Louville à Madrid ; en est renvoyé sans pouvoir être admis. — Il en coûte Gibraltar à l'Espagne. — Impostures d'Albéroni sur Louville. — Le régent et Albéroni demeurent toujours piqués l'un contre l'autre du voyage de Louville Page 1
Chapitre II. — Traité de Yasiento signé à Madrid avec l'Angleterre. — Monteléon dupe de Slanhope, jouet d'Albéroni. — Le roi d'Angleterre à Hanovre.
— L'abbé Dubois va chercher Slanhope passant à la Haye , revient sans y avoir rien fait, repart aussitôt pour Hanovre. — Jugement des Impériaux sur la fascination du régent pour l'Angleterre. — Chélive conduite du roi de Prusse. — 11 attire chez lui des ouvriers françois, — Aldovrandi, d'abord très-mal reçu à Rome, gagne la confiance du pape. — Nuage léger entre lui et Albéroni, lequel éclate contre Giudice, dont il ouvre les lettres, et en irrite le roi d'Espagne contre ce cardinal. — Etranges bruits publiés en Espagne contre la reine. — Albéroni les fait retomber sur Giudice. — La peur en prend à Cellamare, son neveu, qui abandonne son oncle. — Albéroni invente et publie une fausse lettre flatteuse du régent à lui, et se pare de ce mensonge. — Inquiétudes el jalousie d'Albéroni sur les François qui sont' en Espagne. — Il amuse son ami Monli, l'empêche de quiller Paris pour Madrid, lui prescrit ce qu'il lui doit écrire sur la reine, pour le lui montrer el s'en avantager. — Son noir manège contre le régent auprès du roi d'Espagne. — Son extrême dissimulation. — Il veut rétablir la marine d'Espagne. — Ses manèges. — Belle leçon sur Rome pour les bons et doctes serviteurs des rois. — Attention de l'Espagne pour l'Angleterre sur le départ de la flotte pour les Indes, el des Hollandois pour l'Espagne sur leur traité à faire avec l'Angleterre el la France. — Dillficullés du dernier renvoyées aux ministres en Angleterre. — Scélératesse de Slairs. — Perfidie de Walpole. — Frayeurs
et mesures d'Albéroni contre la venue des Parmesans. —Il profite de celles du pape sur les Turcs, et redouble de manèges pour son chapeau, de promesses et de menaces. — Giudice publie des choses épouvaniablcs d'Albéroni, bien défendu par Aubenlon et Aldovrandi. — Molinez fait grand inquisiteur d'Espagne. — Quel étoit le duc de Parme à l'égard d'Albéroni. — Idées bien confuses de ce prince. — Le pape s'engage enfin à donner un chapeau à Albéroni. — Impossibilité présente peu durable. — Avis d'Aldovrandi à Albéroni. — Aventure des sbires ([ui suspend d'abord, puis confirme l'engagement en faveur d'Albéroni. — Art et bassesse d'Acquaviva. — Raison de tant de détails sur Albéroni. — Acquaviva, par ordre d'Espagne, transfuge à la constitution. — Promesses, menaces, manèges d'Albéroni et d'Aubenlon pour presser la promotion d'Albéroni. — Invectives atroces de Giudice et d'Albéroni l'un contre l'autre. — Fanfaronnades d'Abéroni, et sa frayeur de l'arrivée A Madrid du mari de la nourrice de la reine et de leur fils capucin. — Quels ces trois personnages. — Albéroni craint mortellement la venue d'un autre Parmesan ; écrit aigrement au duc de Parme Page -1 <
Chapitre IIL — [Albéroni] compte sur l'appui de l'Angleterre ; reçoit avis de Stanhope d'envoyer quelqu'un de confiance veiller à Hanovre à ce qu'il s'y Iraitoit avec l'abbé Dubois. — Pensée des étrangers sur la négociation d'Hanovre. — Les Impériaux la traversent de toute leur adresse, et la Suède s'en alai'me. — Affaires de Suède. — Pernicieuse haine d'Albéroni pour le régent. — Esprit de retour en France, siirtoui de la reine d'Espagne. — Sages réflexions d'Albéroni sur le choix, le cas arrivant. — Quel étoit M. le duc d'Orléans sur la succession à la couronne. — Affaire du nommé Pomereu. — Mme de Cheverny gouvernante des filles de M. le duc d'Orléans. — Livry obtient pour son fils la survivance de sa charge de premier maître d'hôtel du roi. — Effiat quitte le conseil des finances et entre dans celui de régence. — Honneurs du Louvre accordés à Dangeau et à la comtesse de Mailiy par leurs charges perdues. — Origine de cette grâce à leurs charges. — Ce que c'est que les honneurs du Louvre. — Style de la république de Ycnise écrivant au Dauphin ; d'où venu. — , Entreprise de la nomination du prédicateur de l'avent devant le roi. — M. de Fréjus officie devant le roi sans en dire un seul mot au cardinal de Noailles. — Abbé de Breleuil en tabouret, rochet et camail, près du prie- Dieu du roi, comme maître de la chapelle, condamné de cette entreprise comme n'étant pas évêque. — Quel fut le P. de La Ferté, jésuite. — L'abbé Fleury confesseur du roi. — Mort de la duchesse do Richelieu et de Mme d'Armenonville. — Mort et caractère du maréchal de Chàleaurenaud. — Belle anecdote sur le maréchal de Coetlogon. — Mort de la duchesse d'Orval. — Mort de d'.4guesscau , conseiller d'Etat; son éloge. — Saint-Conlest fait conseiller dÉtat, en quitte le conseil de guerre. — L'empereur prend Temeswar; perd son fils unique. — La duchesse de Saint-Aignau va trouver son mari en Espagne avec trente mille livres de gratification. — Mort, caractère et famille de M. d'Étampes. — Mort de la comtesse de Roucy. — Mort de Mme Fonquel; sa famille. — Force grâces au maréchal de Montesquieu, au gi'and prévôt, aux ducs de Guiclie , de Villeroy, de Tresmes, et au comte de Hanau. — Le duc de La Force viceprésident du conseil des finances. — Augmentation de la paye de l'infanterie. — Caractère de Broglio, fils et frère aine des deux maréchaux de ce nom. — Le duc de Valentinois reçu au parlement, où les princes du sang ni bâtards n'assistent point. — Mariage du fils unique d'Estaing avec la fille uniciue de Mme de Fontaine-Martel, et la survivance du gou\ernement de Douai. — Bonne val obtient son abolition en épousant une fille de Biron.
— Dispute entre les grands officiers de service et le maréchal de Villeroy, qui, comme gouverneur du roi, prétend faire leur service et le perd. — Grande aigreur entre les princes du sang et bâtards sur les mémoires publiés par les derniers. — Étonnante apathie de M. le duc d'Orléans. — Ma façon d'être avec le duc du Maine et le comte de Toulouse. . . Page ?.4
Chapitre IV. — Albéroni continue ses manèges de menaces et de promesses au pape pour hâter son chapeau; y fait une offre monstrueuse. — Sa conduite avec Auhenton. — Souplesse du jésuite. — Réflexion sur les entreprises de Rome. — Albéroni se soumet Auhenton avec éclat, qui baise le fouet dont il le frappe, et fait valoir à Rome son pouvoir et ses menaces.
— Gesvres, arclievêque de Bourges, trompé par le pape, qui est moqué et de plus en plus menacé et pressé par Albéroni, qui fait écrire vivement par la reine d'Espagne jusqu'à se prostituer. — Triste situation de l'Espagne. — Abattement et politique du P. Daubenton, qui sacrifie à Albéroni une lettre du régent au roi d'Espagne. — Audacieux et pernicieux usage qu'en fait Albéroni. — Il fait au régent une insolence énorme. — Réflexion. — Albéroni, dans l'incertitude et l'embarras des alliances du régent, consulte Cellamare. — Efforts des Impériaux contre le traité désiré par le régent. — Conduite des Hollandois avec l'Espagne. — Conférence importante avec Beretti. — Caractère de cet ambassadeur d'Espagne. — Sentiment de Cadogan , ambassadeur d'Angleterre à la Haye, sur l'empereur. — Étrange réponse d'un roi d'Espagne au régent dictée par Albéroni, qui triomphe par des mensonges. — Albéroni profite de la peur des Turcs et de l'embarras du pape sur sa constitution Unigenitus, pour presser sa promotion par menaces et par promesses. — Offres du pape sur le clergé des Indes et d'Espagne. — Monsti'ueux abus de la franchise des ecclésiastiques en Espagne. — Réflexion. — Le pape ébranlé sur la promotion d' Albéroni par les cris des Espagnols, raffermi par Auhenton. — Confiance du pape en ce jésuite. — Basse politique de Cellamare et de ses frères à Rome. — Cardinal de La Trémoille dupé sur la promotion d'Albéroni, pour laquelle la reine d'Espagne écrit de nouveau. — Sentiment d'Albéroni sur les alliances traitées par le régent. — Il consulte Cellamare. — Réponse de cet ambassadeur.
— Manèges des Impériaux contre les alliances que traitoit le régent. — Altercations entre eux et les Hollandois sur leur traité de la Barrière, qui ouvrent les yeux à ces derniers et avancent la conclusion des alliances. — Beretti abusé. — L'Espagne veut traiter avec les Hollandois. — Froideur du Pensionnaire, qui élude 42
Chapitre V. — Le traité entre la France et l'Angleterre signé à la Haye, qui effarouche les ministres de la Suède. — Intrigue des ambassadeurs de Suède en Angleterre , ea France et à la Haye , entre eux , pour une révolution en Angleterre en faveur du prétendant. — Lettre importante d'Erskin au duc de Marr sur le projet inconnu du czar, mais par lui conçu. — Médecins britanniques souvent cadets des premières maisons. — Adresse de Spaar à pomper Canillac et à en profiter. — Gœrtz seul se refroidit. — Précaution du roi d'Angleterre peu instruit. — Il fait travailler à la réforme de ses troupes, et diffère de toucher aux intérêts des fonds publics. — Artifices du ministère d'Angleterre secondés par ceux de Stairs. — Fidélité de Gœrtz fort suspecte. — Le roi d'Angleterre refuse sa fille au prince de Piémont par ménagement pour l'empereur. — Scélératesse de Benlivoglio contre la France. — Nouveaux artifices pour presser la promotion d'Albéroni. — Acquaviva fait suspendre la promotion de Borromée au moment qu'elle s'alloit faire, et tire une nouvelle promesse pour Albéroni dès qu'il y auroil trois chapeaux vacants. — Défiances réciproques du pape et d'Albéroni, qui
arrêtent tout pour quelque temps. — Le duc de P;irme élude de faire passer à la reine d'Espagne les plaintes du régent sur Albéroni ; consulte ce dernier sur ce qu'il pense du régent. — Sentiment du duc de Parme sur le choix à faire par le roi d'Espagne, en cas de malheur en France. — Insolentes récriminations d'Albéroni, qui est abhorré eu Espagne, qui veut se fortifier par des troupes étrangères. — Crainte et nouvel éclat d'Albéroni contre Giudice. — Imprudence de ce cardinal. — Avidité du pape. — Impudence et hypocrites artifices d'Albéroni et ses menaces — Réflexion sur le cardinalat. — Albéroni veut sacrifier Monteléon à Stanhope, et laisser Beretti dans les ténèbres et l'embarras ; veut traiter avec la Hollande à Madrid; fait divers projets sur le commerce et sur les Indes; se met à travailler à la marine et aux ports de Cadix et du Ferrol. — Abus réfoi'més dans les finances, dont Albéroni lire avantage pour hâter sa promotion, et redouble de manèges, de promesses, de menaces, d'impostures et de toutes sortes d'artifices pour y forcer le pape ; [il est] bien secondé par Aubenton. Son adresse. — La reine d'Espagne altière, et le fait sentir au duc et à la duchesse de Parme. — Peines de Beretti. — Heinsius veut traiter avec l'empereur avant de traiter avec l'Espagne. — Conditions proposées par la Hollande à l'empereur, qui s'opiniàlre au silence. — Manèges des Impériaux et de Bentivoglio pour empêcher le traité entre lu France, l'Angleterre et la
Hollande Page 52
Chapitre VI. — ^7^7. — Singularité à l'occasion de l'ordre envoyé au prince des Asturies, el par occasion au duc de Popoli. — Caylus obtient la Toison.
— Mort de Mme de Langeais. — Mort de Mlle de Beuvron. — Je prédis en plein conseil de régence que la constitution deviendra règle et article de foi.
— Colloque curieux là même entre M. de Troyes et moi. — Le procureur général d'Aguesseau lit au cardinal deNoailles et à moi un mémoire transcendant sur la constitution. — Abbé de Caslries, archevêque de Tours, puis d'Alby, entre au conseil de conscience. — Son caractère. — Abbaye d'Andecy donnée à une de mes belles-sœurs. — Belle prétention des maîtres des requêtes sur toutes les intendances. — Mort et caractère de l'abbé de Saillant. — Je fais donner son abbaye, à Senlis, à l'abbé de Fourilles. — Mort de Mme d'Arco. — Paris égoul des voluptés de toute l'Europe. — Mort du chancelier Voysin. — Prompte adresse du duc de Noailles. — D'Aguesseau, procureur général, chancelier, — Singularité de son frère. — Ma conduite avec le régent et avec le nouveau chancelier. — Joly de Fleury procureur général. — Le duc de Noailles administrateur de Saint-Cyr avec Ormesson sous lui. — Famille et caractère du chancelier d'Aguesseau. — Réponse étrange du chancelier à une sage question du duc de Grammont l'ainé., 67
Chapitre VII. —Infamie du maréchal d'Huxelles sur le traité avec l'Angleterre.
— Embarras et mesures du régent pour apprendre et faire passer au conseil de régence le traité d'Angleterre. — Singulier entrelien, el convention plus singulière, entre M. le duc d'Orléans el moi. — Le irailé d'Angleterre porté et passé au conseil de régence. — Étrange malice qu'en opinant j'y faisiii maréchal d'Huxelles. — Conseil de régence où la triple alliance est a[)prouvée. — Je m'y oppose en vain <à la proscription des jacobiles en France. — Brevet de retenue de quatre cent mille livres au prince de Rohan , et survivance à son fils de sa charge des gens d'armes. — Le roi mis entre les mains des hommes. — Présent de cent quatre-vingt mille livres de pierreries à la duchesse de Venladour. — Survivance du graud fauconnier à son fils enfant. — Famille, caractère et mort de la duchesse d'Albret. — Survivances de grand chambellan el de premier gentilhomme de la chambre aux fils, enfants, des ducs de Bouillon el de la Trémoille, lequel obiient un brevet de retenue de quatre cent raille livres. — Survivance de la charge
442 TABLE DES CHAPITRESç.
des clievau-légers an fils, enfant, du duc de Cliaulnes, et une augmentation de brevet de retenue jusqu'à quatre cent mille livres. — Survivance de la charge de grand louveticr au iils d'Heudicourt. — Survivance inouïe d'aumônier du roi au neveu de l'abbé de Maulevrier, — Étrange grâce pécuniaire au premier président. — Quatre cent mille livres de brevet de retenue à Maillcbois sur sa charge de maître de la gai'de-robe. 7- Mort de Callières. — Abbé Dubois secrétaire du cabinet du roi avec la plume. — Il procuve une visite de M. le duc d'Orléans au maréchal d'Huxelles. — Abbé Dubois entre dans le conseil des afTaires étrangères par un rare mezzotermine qui finit sa liaison avec Canillac. — Comte de La Marck ambassadeur auprès du roi de Suède. — J'empêche la destruction de Marly. — J'obtiens les grandes entrées. — Elles sont après prodiguées, puis révoquées. — Explication des entrées Page 80
Chapitre YIIL — Mariage de Mortagne avec Mlle de Guéméné. — Mariage du duc d'Olonne avec la fille unique de Verlilly. — Mariage de Seignelay avec Mlle deWalsassine. — Princes du sang pressent vivement leur jugement, que les bâtards tâchent de différer. — Requête des pairs au roi à fin de réduire les bâtards à leur rang de pairs et d'ancienneté entre eux. — Grand prieur assiste en prince du sang aux cérémonies du jeudi et vendredi saints chez le roi. — Plusieurs jeunes gens vont voir la guerre en Hongrie. — M. le prince de Conti, gouverneur de Poitou, entre au conseil de régence cl en celui de la guerre. — M. le Duc prétend que, lorsque le conseil de guerre ne se lient pas au Louvre, il se doit tenir chez lui, non chez le maréchal de ViUeroy. — Il est condamné par le régent. — Pelletier-Sousy entre au conseil de régence et y prend la dernière place. — Mme de Mainlcnon malade fort à petit bruit. — Mort, fortune et caractère d'Albergolti. — Sa dépouille. — Fin et effets de la chambre de justice. — Triple alliance signée à la Haye, qui déi)laîl fort à l'empereur, qui refuse d'y entrer. — Mouvements de Beretli pour empêcher un traité entre l'Espagne et la Hollande. — Conversation importante chez Duywenworde , puis avec Slanhope.
— Mesures de Berelti contre l'union de la Hollande avec l'empereur, et pour celle de la république avec l'Espagne. — Motifs du traité de l'Angleterre avec la France, et du désir de l'empereur de la paix du Nord. — Divisions en Angleierre et blâme du traité avec la France. — Menées et mesures des ministres suédois et des jacobiies., — Méchanceté de Benli- Yoglio à l'égard de la France et du régent. — Étranges pensées prises à Borne de la triple alliance. — Instruction et pouvoir d'Aldovrandi retournant de Rome en Espagne. — Manèges d'Albéroni pour avancer sa promotion. — Son pouvoir sans bornes; dépit et jalousie des Espagnols. — Misères de Giudice. — Vanteries d'Albéroni. — H fait de grands changements en Espagne, — Politique et mesures entre le duc d'Albe et Albéroni.
— Caractère de Landi, envoyé de Parme à Paris. — Vives mesures d'Albéroni pour détourner les Ilollandois de traiter avec l'empereur, et les amener à traiter avec le roi d'Espagne à Madrid. — Artificieuses impostures d'Albéroni sur la France. — 11 se rend seul maître de toutes les affaires en Espagne. — Fortune de Grimaldo. — Giudice s'en va enfin <à Borne. — Mesures d'Albéroni avec Bome. — Étranges impressions prises à Rome sur la triple alliance. — Conférence d'Aldovrandi avec le duc de Parme à Plaisance. — Hauteur, à son égard, de la reine d'Espagne, — L'Angleterre, alarmée des bruits d'un traité négocie iiar le pape entre l'empereur et l'Espagne, fait là-dessus des propositions à Albéroni. — Saréponse à Stanhope. — Son dessein. — Son artifice auprès du roi d'Espagne pour se rendre seul maître de toute négociation. — Fort propos du roi d'Espagne à l'ambassadeur de Hollande sur les traités avec lui et l'empereur- . ... 94
Obapiïre IX. — Le roi d'Angleten-e à Londres. — Intérieur de son ministère.
— S«s mesures. — Gyllembourg, envoyé de Suède, arrêté. — Son projet découvert. — Mouvement causé par celte action parmi les ministres étrangers et dans le public. — Mesures du roi d'Angleterre et de ses ministres, — L'Espagne, à tous hasards, conserve des ménagements pour le Prétendant.
— Castel-Blanco. — Le roi de Prusse se lie aux ennemis du roi d'Angleterre. — Les Anglois ne veulent point se mêler des affaires de leur roi en Allemagne. — Gœrlz arrêté à Arnlieim et le frère de Gyllembourg à la Haye, parle crédit du Pensionnaire. — Sentiment général des Holbnduis sur celte affaire. — Leur situation. — Entrevue du Prétendant , passant à Turin, avec le roi de Sicile , qui s'en excuse au roi d'Angleterre. — Cause de ce ménagement. — Réponse ferme de Gœrlz interrogé en Hollande.
— L'Angleterre et la Hollande communiquent la triple alliance au roi d'Espagne. — Soupçons, politique et feinte indifférence de ce monarque. — Mauvaise santé du roi d'Espagne. — Burlet, premier médecin du roi d'Espagne, chassé. — Craintes de la reine d'Espagne et d'Albéroni. — Ses infinis artifices pour hâter sa promotion. — Clameurs de Giudice contre Aldovrandi, Albéroni et Aubenton. — Angoisses du pape entraîné enfin. — Il déclare Borromée cardinal seul et sans ménagement pour Albéroni. — Mesures et conseils d'Acquaviva et d'Alexandre Albani à Albéroni. — Nouveaux artifices d'Albéroni pour hâter sa promotion, ignorant encore celle de Borromée. — Albéroni fait travailler à Pampelune et à la marine; fait considérer l'Espagne; se vante et se fait louer de tout; traite froidement le roi de Sicile ; veut traiter à Madrid avec les HoUandois. — Journées uniformes et clôture du roi et de la reine d'Espagne. — Albéroni veut avoir des troupes étrangères ; hait Monteléon. — Singulière et confidente conversation de Stanhope avec Monteléon. — Dettes et embarras de l'Angleterre. — Mesures contre la Suède. — Conduite d'Albéroni à l'égard de la Hollande.
— Le Pensionnaire fait à Berelti une ouverture de paix entre l'empereur et le roi d'Espagne. — L'Angleterre entame une négociation à Vienne pour la paix entre l'empereur et le roi d'Espagne. — Lettre de Stanhope à Beretli, et de celui-ci à Albéroni. — Son embarras. — Ordres qu'il en reçoit et raisonnement. — Vues et mesures de commerce intérieur et de politique au dehors d'Albéroni. — Angoisses du roi de Sicile éconduit par l'Espagne. — Venise veut se raccommoder avec le roi d'Espagne : Page -H 2
Chapitre X. — Le régent livré à la constitution sans contre-poids. — Le nonce Benlivoglio veut faire signer aux évêques que la constitution est règle de foi, et y échoue. — Appel de la Sorbonne cl des quatre évêques. — J'exhorte en vain le cardinal de Noaillcs à publier son appel, et lui en prédis le succès et celui de son délai. — Variations du maréchal d'Huxelles dans les affaires de la conslilulion. — Entrelien entre M. le duc d'Orléans et moi sur les appels de la conslilulion, lèle à lèle dans sa petite loge à l'Opéra. — Objection du grand nombre. — Le duc de Noailles vend son oncle à sa fortune.
— Poids des personnes cl des corps. — Conduite à tenir par le régent. -^ Raisons personnelles. — Le régent arrête les appels et se livre à la constitution i26
Chapitre XI. —Mlle de Chartres prend l'habil à Clielles. — Mortd'Armenlièrcs
— Mort du duc de Bélliunc. — Mort de Mme d'Eslrades. — Son beau-fils va en Hongrie avec le prince de Dombcs. — Indécence du carrosse du roi expliquée. — Maupeou président à mortier, depuis premier président. — Nicolaï obtient pour son fils la survivance de sa charge tle premier pj-ésidenl de la chambre des comptes. — Bassettc cl pharaon défendus. — Mort et famille de la duchesse douairière de Duras. — Mort de la duchesse de Melun. — Mort de la comtesse d'Egmonl. — Mort de Mme de Chamaraude. — Éclair-
cissemenl sur sa naissance. — Mort de l'abbé de Vauban. — Mariage d'une fille de la maréchale de Boufflers avec le fils unique du duc de Popoli. — Le duc de Noailles manque le prince de Turenne pour sa fille aînée, et la marie au prince Charles de Lorraine , avec un million de brevet de retenue sur sa charge de grand écuyer, et un triste succès de ce mariage. — M. le comte de Charolois part furtivement pour la Hongrie par Munich. — Personne ne tàte de celle comédie. — H ne voit point l'empereur ni l'impératrice, quoique le prince de Dombes les eût vus, dont M. le Duc se montre fort piqué. — L'abbé de La Rochefoucauld va en Hongrie et meurt à Bude. — Conduite de M. et Mme du Maine dans leur affreux projet. — Causes et degrés de confusion et de division dont ils savent profiter pour se former un parti. — Formation d'un parti aveugle composé de toutes pièces sans aveu de personne, qui ose de soi-même usurper le nom de noblesse.
— But et adresse des conducteurs. — Folie el stupidité des conduits. — Menées du grand prieur et de l'ambassadeur de Malle pour en exiler tous les chevaliers, qui reçoivent défense du régent de s'assembler que pour les affaires uniquement de leur ordre. — Huit seigneurs veulent présenter au nom de la prétendue noblesse un mémoire contre les ducs. — Le régent ne reçoit point le mémoire el les traite fort sèchement. — Courte dissertation de ces huit personnages. — Embarras de celte noblesse dans l'impossibilité de répondre sur l'absurdité de son projet Page 1 4 i
Chapitre XII. — Différence diamétrale du but des assemblées de plusieurs seigneurs et gentilshommes en 1649, de celles de celle année. — Copie du traité original d'union et association de plusieurs de la noblesse en <649 , et des signatures. — Eclaircissement sur les signatures. — Requête des pairs au roi à même fin que l'association de plusieurs de la noblesse en ^649. — Comparaison de la noblesse de ^649 avec celle de 17<7. — Succès et fin des assemblées de 1649. — Ma conduite avec le régent sur l'affaire des princes du sang et des bâtards , et sur les mouvements de la prétendue noblesse. — Les bâtards ne jjrétendent reconnoître d'autres juges que le roi majeur ou les états généraux du royaume , et s'attirent par là un jugement préparatoire. — Excès de la prétendue noblesse trompée par confiance en ses appuis. — Conduite el parfaite tranquillité des ducs. — Arrêt du conseil de régence portant défense à tous nobles de s'assembler, etc., sous peine de désobéissance. — Ma conrluite dans ce conseil suivie par les ducs, puis par les princes du sang el bâtards. — Succès de l'arrêt. — Gouvernement de Sainl-Malo à Coelquen, el six mille livres de pension à Laval. — Mensoncc impudent de ce dernier prouvé, et qui lui demeure utile, quoique sans nulle parenté avec la maison royale. — Maison de Laval-Monlfort très- différente des Lavai-Montmorency, expliquée. | — Autre imposture du même M. de Laval sur la préséance sur le chancelier. — Premier exemple de mariage de fille de qualité avec un secrétaire d'Élat < 53
Chapitre XIII. — Six conseillers d'Élatnommés commissaires, et l'un deux rapporteur de l'affaire des princes du sang et bâtards au conseil de régence, et temps court fixé aux deux parties pour lui remettre leurs papiers. — Extrême embarras du duc cl de la duchesse du Maine. — Leurs mesures forcées. — Requête de trente-neuf personnes, se disant la noblesse, présentée par six d'entre eux au parlement pour faire renvoyer l'affaire des princes du sang et des bâtards aux états généraux du royaume. — RéHexion sur celle requête.
— Le premier président avec les gens du roi portent la requête au régenl el lui demandent ses ordres. — Digression sur la fausseté d'un endroit , entre autres, concernant celte affaire, des mémoires manuscrits de Dangeau. — Courte dissertation sur les porteurs de la requête de la prétendue noblesse au parlement, et sur cette démarche. — Les six porteurs de la
requêle au parlement arrêtés par des exempts des gardes du corps, et conduits à la Bastille et à Vincennes. — Libelle très-séditieux répandu sur les trois états. — Le régent travaille avec le rapporteur et avec les commissaires. — Formation d'un conseil extraordinaire de régence pour juger. — Lettre sur le dixième et la capitalion de force gentilshommes de Bretagne au comte de Toulouse, pour tocsin de ce qui y suivit bientôt. — Députation du parlement au roi pour lui rendre compte de ce qui s'y étoit passé sur l'afTaire des princes du sang et bâtards, et recevoir ses ordres. — Arrêt en forme d'édil rendu au conseil de régence, enregistré au parlement, qui prononce sur l'affaire des princes du sang et des bâtards ; adouci par le régent, et aussitôt après adouci de son autorité contre la teneur de l'arrêt. — Rage de la duchesse du Maine. — Douleur de Mme la duchesse d'Orléans. — Scandale du monde, — Les six prisonniers très-honorablement remis en liberté ; leur hauteur. — Misère du régent. — Il ôte néanmoins la pension et le logement qu'il donnoit à M. de Chàtillon, qui va s'enterrer pour toujours en Poitou. — Conduite des ducs en ces mouvements, et la mienne particulière. — Motifs et mesures des bâtards et du duc de Noailles. peutêtre les mômes, peut-être différents, pour faire convoquer les états généraux. — Occasion de la pièce suivante, qui empêche la convocation des états généraux. — Raisons de l'insérer ici, et après coup Page il \
Chapitre XIV. — Projet d'étals généraux fréquents de Mgr le Dauphin, père du roi. — Je voulois des états généraux à la mort du roi. — Embarras des finances et subsidiairement de l'affaire des princes. — Motifs de vouloir les étals généraux. — Trait sur le duc de Noailles. — Introduction à l'égard des finances.
— État de la question. — Grande différence d'assembler d'abord, et avant d'avoir touché à rien, les états généraux, ou après tout entamé et tant d'opérations. — Chambre de justice, mauvais moyen. — Timidité, artifice et malice du duc de Noailles sur le duc de La Force, très-nuisible aux affaires. — Banque du sieur Law. — Première partie : raisons générales de l'inutilité des états. — Malheurs du dernier gouvernement. — Choc certain entre les fonciers et les rentiers. — Premier ordre divisé nécessairement entre les rentiers et les fonciers, quoique bien plus favorable aux derniers.
— Second ordre tout entier contraire aux rentiers. — Éloge et triste état du second ordre, — Troisième ordre tout entier pour les renies. — Choc entre les deux premiers ordres et le troisième sur les rentts, certain et dangereux, — Pareil choc entre les provinces sur les renies, auxquelles le plus grand nombre sera contraire, — Ce qu'il paroit de M. le duc d'Orléans sur l'affaire des princes. — Ses motifs de la renvoyer aux états généraux. — Certitude du jugement par les états généraux, et de l'abus des vues de Son Altesse Royale à cet égard. — Etats généraux parfaitement inutiles pour le point des finances et pour celui de l'affaire des princes. — Deuxième partie: inconvénients des états généraux. — Rangs et compétences. — Autorité et prétentions, — Difficulté de conduite et de réputation pour M. le duc d'Orléans. — Danger et dégoût des promesses sans succès effectif, — Fermeté nécessaire. — Demandes des étals. — Propositions des éiats. — Nulle proportion ni comparaison de l'assemblée des états généraux à pas une autre, — Deux moyens de refréner les états , mais pernicieux l'un à l'antre. — Refus. — Danger de formation de troubles. — Autorité royale à l'égard du jugement de l'affaire des princes. — Troisième parti : premier ordre. — La constitution Unigenitus. — Juridiction ecclésiastique. — Deuxième ordre. — Le deuxième ordre voudra seul juger l'affaire des princes. — Trait sur les mouvements de la prétendue noblesse et sur le rang de prince étranger. — Partialités et leurs suites. — Situation du second ordre , d'où naîtront ses représentations et ses propositions. —
Choc entre le second ordre et le troisième ordre inévitable sur le soulagement du second. — Mécontentement du militaire. — Troisième ordre et ce qui le compose. — Troisième ordre en qucçcUe et en division. — Confusion intérieure en laquelle le second ordre prendra partie ; et [troisième ordre] commis d'ailleurs avec les deux premiers ordres. — Grande et totale différence de la tenue des états généraux, à la mort du roi , d'avec leur tenue à présent. — Tiers état peu docile, et dangereux en matière de finance. — Péril de la banque du sieur Law. — Trait sur le duc de Noailles. — Exemples qui doivent dissuader la tenue des états généraux. — États généraux utiles, mais suivant le temps et les conjonctures. — Courte récapitulation des inconvénients d'assembler les étals généraux. — Conclusion. — Trait sur le duc de Noailles. — Vues personnelles à moi répandues en ce mémoire Page ^ 8 1
Chapitre XV. — M. le duc d'Orléans, prêt à se rendre sur les états, se trouve convaincu par le mémoire, et on n'entend plus parler d'états généraux, — Mémoire sur les finances annoncé par le duc de Noailles. — M. le duc d'Orléans me parle du mémoire; d'un comité pour les finances; me propose à deux reprises d'en être, dont je m'excuse fortement. — Le duc de Noailles lit son mémoire en plusieurs conseils de régence. — Quelle cette pièce. — Je suis bombardé du comité, au conseil de régence, où, malgré mes excuses, je reçois ordre d'en être. — M. de Fréjus obtient personnellement l'entrée du carrosse du roi, où jamais évêque non pair, ni précepteur, ni sous-gouverneur n'éloit entré, lesquels sous-gouverneurs l'obtiennent aussi. — Dispute sur la place du carrosse entre le précepteur et le sous-gouverneur, qui la perd. — Mariage de Fresnel avec Mlle Le Blanc ; de Flamarens avec Mlle de Beauvau; de La Luzerne avec Mme de La Varenne; du marquis d'Harcourt avec Mlle de Barbezieux, dont le duc d'Albret veut épouser la sœur et y trouve des obstacles. — Arouet à la Bastille , connu depuis sous le nom de Voltaire. — Mort du vieux prince palatin do Birkenfeld. — Mort de la duchesse douairière d'Elbœuf. — Mort de M. de Montbazon. — Mort de la fameuse Mme Guyon. — Six mille livres de pension au maréchal de Villars. — Dix mille livres de pension au duc de Brissac. — Six mille livres de pension à Blancménil , avocat général, — Canillac lieutenant général de Languedoc. — Duel à Paris de Contade et de Brillac, dont il n'est autre chose. — Je fais acheter ce diamant unique en tout, qui fut nommé le Régent 215
CHAPiTaE XVL — Le czar vient en France, et ce voyage importune. — Origine de la haine personnelle du czar pour le roi d'Angleterre. — Kuvakin ambassadeur de Bussie en France ; quel. — Motifs et mesures du czar qui veut, puis ne veut plus être catholique. — Courte réllexion sur Borne. — Il est reçu à Dunkerque par les équipages du roi, et à Calais par le marquis de Nesle. — 11 est en tout défrayé avec toute sa suite. — On lui rend partout les mômes honneurs qu'au roi. — On lui prépare des logements au Louvre et à l'hôtel de Lesdiguières, qu'il choisit. — Je propose au régent le maréchal de Tessé pour le mettre auprès du czar pendant son séjour, qui l'attend à Beaumont. — Vie que mcnoil le maréchal de Tessé. — Journal du séjour du czar à Paris. — Vcrlon, maître d'hôtel du roi, chargé des tables du czar et de sa suite, gagne les bonnes grâces du czar. — Grandes qualités du czar, sa conduite à Paris. — Sa figure; son vêtement; sa nourriture — Le régent visite le cznr. — Le roi visite le czar en cérémonie. — Le czar visite le roi en toute pareille cérémonie. — Le czar voit les places du roi en relief. — Le czar visite Madame, qui l'avoit envoyé complimenter; puis [va] à l'Opéra avec M. le duc d'Orléans, qui là lui sert à boire. — Le czar aux Invalides. —Mme la duchesse de Berry et Mme la duchesse d'Orléans,
perdant espérance d'ouïr parler du czar, envoient enfin le complimenter.
— II ne dislingue les princes du sang en rien , et trouve mauvais que les princesses du sang prétendissent qu'il les visitât. — Il visite Mme la duchesse de Berry. — Dîne avec M, le duc d'Orléans à Saint-Cloud, et visite Mme la duchesse d'Orléans au Palais-Royal. — Voit le roi comme par hasard aux Tuileries. — Le czar va à Versailles. — Dépense pour le czar.
— Il va à Petit-Bourg et à Fontainebleau ; voit en revenant Choisy, et par hasard Mme la princesse de Conli un moment, qui y étoit demeurante. — Le czar va passer plusieurs jours à Versailles, Trianon et Marly; voit Saint-Cyr; fait à Mme de Mainlenon une visite insultante. — Je vais voir le czar chez d'Anlin tout à mon aise sans en être connu. — Mme la Duchesse l'y va voir par curiosité. — Il en est averti; il passe devant elle, la regarde, et ne fait ni la moindre civilité ni semblant de rien. — Présents. — Le régent va dire adieu au czar, lequel va dire adieu au roi sans cérémonie , et reçoit chez lui celui du roi de même. — Départ du czar, qui ne veut être accompagné de personne. — Il va trouver la czarine à Spa. — Le czar visite le régent. — Personnes présentées au czar. — Maréchal de Tessé commande tous les officiers du roi servant le czar. — Le czar, en partant, s'attendrit sur la France et sur son luxe. — 11 refuse le régent qui, à la prière du roi d'Angleterre, désiroit qu'il retirât ses troupes du Mecklembourg. — Il désire ardemment de s'unir avec la France, sans pouvoir réussir, à notre grand et long dommage, par l'intérêt de l'abbé Dubois et l'infatualion de l'Angleterre fuuestement transmise à ses successeurs. Page 224
Chapitre XVII. — Mort du palatin de Livonie. — Nouveaux manèges d'Albéroni pour sa promotion. — Giudice à Gênes, misère de ses neveux. — Effet à Madrid de la promotion de Borromée. — Patino depuis premier ministre et grand. — Vanteries d'Albéroni. — Le roi de Sicile inquiet désire être compris dans le traité projeté de l'Espagne avec la Hollande. — Réponse d'Albéroni. — Albéroni change tout à coup de système et en embrasse un fort peu possible, et encore avec d'étranges variations. — Ses ordres à Berelli làdessus. — Les HoUandois désirent l'union avec l'Espagne. — Ils craignent la puissance et l'ambition de l'empereur et les mouvements du roi de Prusse. — Plaintes et dépit du roi de Prusse contre le roi d'Angleterre. — Cabales et changements en Angleterre. — Berelti propose d'allacher à l'Espagne plusieurs membres principaux des Etals généraux, qu'il nomme, par des pensions. — Lettre d'Albéroni à Berelti suivant son nouveau système, pour être montrée au Pensionnaire èl à quelques autres de la république, et parle en même sens à Riperda. — Riperda découvre un changement dans le dernier système d'Albéroni, et prévoit le dessein sur la Sicile. — Esprit continuel de retour à la succession de France. — Double friponnerie d'Albéroni et d'Aubenton sur la constitution. — Artifices d'Albéroni pour sa promotion; ses éclats et ses menaces. — ■ Mauvais état des finances d'Espagne. — Propos des ministres d'Angleterre et de Hollande à celui de Sicile, en conformité du dernier système d'Albéroni, cl lui font une proposition étrange. — Il élude d'y répondre et fait une curieuse et importante découverte. — Albéroni, sous le nom de la reine, éclate en menaces, ferme l'Espagne à Aldovrandi, fait un reproclie et donne une leçon à Accpiaviva, avec l'air de le ménager. — Nouveaux efforts d'Albéroni pour sa promotion,
— Rare bref du pape au P. Daubenton. — Le mi d'Espagne parle trois fois à Riperda suivant le système d'Albéroni. — L'ambassadeur de Sicile, alarmé sur la cession de cette lie, élude de répondre aux propositions de l'ambassadeur de Hollande. — Albéroni change de batteries et veut plaire au pape pour obtenir sa promotion. — Embarras du pape. — Vénitiens mal avec la France et avec l'Espagne. — Acquaviva veut gagner le cardinal Oltobon, —
Vil iniéiél des Romains. — Réflexion sur les cardinaux lïançois. — Changement de plus en plus subit de la conduite d'Albéroni sur sa promotion.
— Ses raisons. — Conduite et ordres d'Albéroni à Beretti suivant son dernier système. — Raisonnements de Berelti. — Agitations intérieures de la cour d'Angleterre Page 237
Chapitke XVIII. — Allcniion générale sur le voyage du czar à Paris. — Le roi de Prusse tenté et détourné d'y venir. — Vues et conduite de ce prince. — Liaison entre le roi de Prusse et le czar. — Inquiétude du roi d'Angleterre sur le czar. — 11 est forcé à réformer dix mille hommes. — Servitude de la Hollande pour l'Angleterre. — Union et traité entre le czar et le roi de Prusse. — Mesures du czar avec la France et avec le roi de Pologne. — Mesures sur le séjour des troupes moscovites dans le Mecklembourg. — Le pape veut lier le czar avec l'empereur contre le Turc. — Manèges d'Albéroni en France pour son chapeau. — Véritables raisons du changement de conduite d'Albéroni à l'égard du pape. — Le pape écrit au czar : il le veut liguer avec l'empereur et obtenir le libre exercice de la religion catholique dans ses Etats. — Le czar l'amuse et se moque de lui. — Il en parle très-sensément au maréchal de Tessé. — Molinez, inquisiteur général dEspagne, revenant de Rome en Espagne, arrêté à Milan. — Embarras et caractère du pape. — Promotion d'Albéroni est l'unique affaire. — Il se moque de Molinez, s'assure du régent sur sa promotion. — Ses vanteries. — La cour d'Espagne à l'Escurial malgré la reine. — Aldovrandi y arrive. — Manèges d'Albéroni. — L'Angleterre reprend la négociation de la paix entre l'empereur et l'Espagne. — Divisions domestiques en Angleterre, — Son inquiétude sur le czar. — Troupes russiennes sortent de Mecklembourg. — Le Danemark, inquiet sur le nord, éprouve le mécontentement de la Russie.
— Le czar veut traiter avec la France. — Obstacles du traité. — Le czar en mesure avec l'empereur à cause du czarowitz. — Plaintes et avis du roi de Prusse. — Office du régent sur le nord. — Scélératesse du nonce Benlivoglio. — Le Prétendant à Rome; y sert Albéroni. — Soupçons de nouveaux délais de sa promotion. — Hauteurs et manèges du pape. — Départ de Cadix de la flolle d'Espagne. — Scélératesse d'Albéroni. — Giudice à Rome. — Misère de sa conduite , de sa position, de sa réputation. — Friponnerie d'Ottobon. — Chiaous à Marseille. — Vie solitane et pénitente de Ragolzi 250
Chapitre XIX. — Le général et l'intendant de nos îles paquetés et renvoyés en France par les habitants de la Martinique. — Mort de la duchesse de La Trémoille ; du fils unique du maréchal de Montesquieu; de Busanval ; d'Harlay, conseiller d'État. — Caractère et singularités de ce dernier. — MortdeDongois, greffier en chef du parlement. — Mort et deuil d'un fils du prince de Conti.
— Affaire de Courson , intendant de Bordeaux et conseiller d'État, et de la ville, etc., de Périgueux. — Courson, cause de la chute de des Forts, son beau-frère ; et seul coupable, se soutient. — Le maréchal de Tallard entre au conseil de régence. — Question de préséance entre le maréchal d'Estrées et lui, jugée en sa faveur. — Son aventure au même conseil. — Duc d'Albret gouverneur d'Auvergne. — Maréchal de Tessé quitte le conseil de marine. — Grâces accordées aux conseillers du grand conseil. — Le roi Stanislas près d'être enlevé aux Deux-Ponts; quelque temps après reçu en asile à Weissembourg en basse Alsace. — Naissance du prince de Conti et d'uti fils du roi de Portugal. — Fêle donnée par son ambassadeur. — La Forêt ; quel ; perd un procès de suite importante. — Le régent assiste, à la royale, à la procession de Notre-Dame, le 4 5 août. — Le parlement refuse d'enregistrer la création de deux charges dans les bâtiments. — Fête de Saint-Louis. — Rare leçon du maréchal de Villeroy 265
Chapitre XX. — Comité pour les finances. — Ma conduite à cet égard. — Je propose en particulier au chancelier la réforme de quelques troupes distinguées, avec les raisons et la manière de la faire. — Il l'approuve; mais elle demeure entre nous deux par la foiblesse du régent. — Fin et résolutions du comité des finances mises en édit. — Démêlé ajusté entre le premier président avec les enquêtes pour le choix et le nombre des commissaires du parlement, quand il en faut nommer. — Le parlement veut qu'on lui rende compte des finances avant d'opiner sur l'enregislreraenl de l'édit, et l'obtient. — Il l'enregistre enfin avec peine. — Misère du régent; peur et valeiage du duc de Noailles. — Évêques prétendent inutilement des carreaux à l'anniversaire du feu roi. — Entreprise de nouveau condamnée entre les princesses du sang, femmes et filles, au mariage de Chalmazel avec une sœur du maréchal d'Harcourt. — Mme la duchesse d'Orléans achète Bagnolet. — Maison donnée à Paris aux chanceliers; et Champ donné à la princesse de Conti pour La Vallière , aux dépens du financier Bourvalais. — Ragotzi s'en va en Turquie ; ce qu'il devient jusqu'à sa mort. — Victoire du prince Eugène sur les Turcs. — Prise de Belgrade. — Mort de Villetle et d'Estrade. — Le fils du dernier obtient sa mairie de Bordeaux. — Mme de Mouchy et Rion, dame d'atours et premier écuyer en second de Mme la duchesse de Berry. — Changements parmi ses dames.
— Diverses grâces de M. le duc d'Orléans. — Retour de Hongrie des François. — Mort du duc de Ventadour; extinction de son duché-pairie. — Mort de Moncault. — J'achète pour mes enfants deux régiments de cavalerie. — Abbé Dubois repasse en Angleterre. — Peterborough arrêté dans l'État ecclésiastique , Page 277
Chapitre XXL — Mépris d'Albéroni pour la détention de Molinez. — Ses réflexions sur la situation de l'Europe. — Son dégoût de Berelti. — Conduite et pensées de cet ambassadeur. — Inquiétude et avis de Beretti. — Différents sentiments sur l'empereur en Angleterre. — Manège intérieur de cette cour.
— Même diversité de sentiments sur l'union établie entre le régent et le roi d'Angleterre. — Empressement et offres des ministres d'Angleterre au régent pour l'unir avec l'empereur et y faire entrer l'Espagne. — Saint- Saphorin employé par le roi d'Angleterre à Vienne; quel. — Son avis sur les traités à faire. — Roi de Prusse suspect à Vienne et à Londres. — Son caractère et sa conduite. — Ministres hanovriens dévoués à l'empereur, qui veut tenir le roi d'Angleterre en dépendance. — Complaisance de ce dernier à lui payer un reste de subsides , qui excite du bruit en Angleterre et dans le nord. — Hauteur de l'empereur sur Peterborough. — Secret profond de l'entreprise sur la Sardaigne. — Conseils du duc de Parms au roi d'Espagne. — Colère du pape sur l'accommodement signé en Espagne. — Contre-temps du Prétendant. — Adresse hardie d'Acquaviva. — Congrégation consultée favorable à Albéroni , contraire à Aldovrandi , qui excuse Albéroni sur la destination de la flotte espagnole. L'entreprise de l'Espagne, au-dessus de ses forces sans alliés, donne lieu à beaucoup de divers raisonnements. — Albéroni se moque d'Aldovrandi et de Mocenigo. L'entreprise généralement blâmée , colorée de l'enlèvement de Molinez. — Vanteries et fausseté impudente d'Albéroni. — Inquiétude pour la Sicile. — Le secret confié au seul duc de Parme. — Ses avis et ses conseils. — Albéroni fait cardinal dans le consistoire du -12 juillet. — Cris sur sa promotion. — Giudice s'y dislingue. — Malaise du roi d'Angleterre dans sa cour et dans sa famille. — Comte d'Oxford absous en parlement. — Éclat entre le roi d'Angleterre et le prince de Galles. — Inquiétude sur l'entreprise d'Espagne moindre en Hollande qu'à Londres. — Applaudissements et avis de Beretti. — Son intérêt personnel. — Les Impériaux somment le roi d'An-
glelerre de secours, avec peu de succès. — Caractère du comte de Peterborough. — Secret profond de la destination de l'entreprise de l'Espagne.
— Double hardiesse d'Albéroni. — Plaintes et menaces de Gallas, qui font trembler le pape. — Frayeur de toute l'Italie, — Hauteur et sécurité d'Albéroni. — Aldovrandi veut persuader que l'entreprise se fait malgré Albéroni. — Mouvements partout contre cette entreprise , et opinions diverses Page2 90
Chapitre XXH. — L'Espagne publie un manifeste contre l'empereur. — Déclaration vague de Cellamare au régent. — Efforts d'Albéroni pour exciter toutes les puissances contre l'empereur ; veut acheter des vaisseaux dont il manque ; en est refusé. — Ses bassesses pour l'Angleterre inutiles. — Singulières informations d'Albéroni sur Riperda. — Cet ambassadeur cru vendu à Albéroni et soupçonné de vouloir s'attacher au service du roi d'Espagne. — Aldovrandi cru, à Rome et ailleurs , vendu à Albéroni. — Artifices de ce dernier sur son manque d'alliés. — Ses offres à Ragolzi. — Fureur d'Albéroni contre Giudice. — Crainte et bassesse de ses neveux. — Le roi d'Espagne défend à ses sujets de voir Giudice à Rome et tout commerce avec lui. — Point de la succession de Toscane. — Manèges des ministres hanovriens pour engager le régent à s'unir à l'empereur. — L'Angleterre désire la paix de l'empereur et de l'Espagne, et veut envoyer faire des efforts à Madrid. — Ruses à Londres avec Monleléon. — Soupçons et vigilance de Kœnigseck à Paris.
— Entreprise sur Ragotzi sans effet. — Les Impériaux lui enlèvent des officiers à Hambourg. — Baron de Gœrtz mis en liberté. — Le czar plus que froid aux propositions du roi d'Angleterre, lequel rappelle ses vaisseaux de la mer Baltique. — Situation personnelle du roi d'Angleterre avec les Anglois. Il choisit le colonel Slanhope, cousin du secrétaire d'État, pour aller en Espagne. — Visite et singulier consolide Chàteauneufà Beretli. — Sentiment des minisires d'Angleterre sur l'entreprise de l'Espagne en soi.
— Wolckra rappelé à Vienne ; Penlerrieder attendu à Londres en sa place pour y traiter la paix entre l'empereur et l'Espagne avec l'abbé Dubois. — Artifices de Saint- Saphorin auprès du régent de concert avec Stairs. — Vainc tentative de l'empereur pour de nouveaux honneurs à son ambassadeur eu France. — Inquiétude de l'Angleterre ; ses soupçons du roi de Sicile. — Misérables flâneries à Albéroni. — Cellamare excuse et confie le secret de l'entreprise de l'Espagne au régent, dont la réponse nette ne le satisfait pas.
— Nouveau complot des Impériaux pour se défaire de Ragolzi.^ inutile. — Sèche réponse des minisires russiens aux propositions de l'Angleterre. — La flolle espagnole en Sardaigne. — Le pape, effrayé des menaces de Gallas, révoque les induits accordés au roi d'Espagne ; lui écrit une lettre à la satisfaction des Impériaux; désire au fond succès à l'Espagne; offre sa médiation. — Misérables flatteries à Albéroni. — Il fait ordonner à Giudice d'ôter les armes d'Espagne de dessus la porte de son palais à Rome. — Sa conduite et celle de ses neveux. — Victoire du prince Eugène sur les Turcs.
— Il prend Belgrade, etc. — Soupçons de l'empereur à l'égard de la France. — Entreprise inutile sur la vie du prince Ragotzi. — Deux François à lui arrêtés à Staden. — Scélératesse de Welez. — Artifices de l'Angleterre et de Saint-Saphorin pour lier le régent à l'empereur, et en tirer des subsides contre les rois d'Espagne et de Sicile. — Artifices du roi de Prusse auprès du régent sur la paix du nord. — Gœrtz à Berlin; y attend le czar. — Propositions de ce ministre pour faire la paix de la Suède.
— Soupçons du roi de Prusse à l'égard de la France, à qui il cache les propositions de Gœrtz. — Hasard à Paris qui les découvre. — L'Angleterre liée avec l'empereur par des traités précis , et craignant pour son commerce de se brouiller avec l'Espagne, y envoie par Paris le colonel
Stanhope. — Objet de cet envoi, et par Paris. — Artifices de l'Anglelerre pour unir le régent à l'empereur. — Georges et ses ministres en crainte du czar et de la Prusse, en soupçon sur la France. — Leur liaino pour Chàleauneuf. — Bolingbroke secrètement reçu en grâce par le roi
d'Angleterre. — Opiniâtreté d'Albéroni. — Leurres sur la Hollande.
Étal et suite de la vie de Riperda. — Venise se déclare pour l'empereur.
— Colère d'Albéroni. — Ses étranges vanleries et ses artifices pour se faire un mérite de se borner à^la Sardaigne celle année, sentant limpossibiliié de faire davantage. — Sa fausseté insigne à Rome. — Embarras et conduite artificieuse et opiniâtre d'Albéroni, — Sa réponse à l'envoyé d'Angleterre.
— Albéroni se fait un bouclier d'un équilibre en Europe; flatte bassement la Hollande ; n'espère rien de l'Angleterre. — Plan qu'il se propose pour objet en Italie ; il le confie à Berelli et lui donne ses ordres en conséquence.
— Propos d'Albéroni; vanleries et fourberies insignes el contradictoires. — Conduite d'Aubcnlon et d'Aldovrandi, ijui lui sont vendus pour leur intérêt personnel. — Les Impériaux demandent qu'Aldovrandi soit puni ; effrayent le pape. — Il révoque ses induits au roi d'Espagne ; lui écrit au gré des Impériaux ; en même temps le fait ménager et adoucir par Aldovrandi , à qui il écrit, et à Daubenton, de sa main. — Frayeurs du duc de Parme, qui implore vainement la proleclion du pape et le secours du roi d'Espagne. — Plaisant mot du cardinal del Giudice au pape. — Le pape dépècbe à Vienne sur des propositions sauvages d'Acquaviva, comptant sur le crédit de Stella, qui vouloitun chapeau pour son frère. — Molinez transféré du château de Milan dans un des collèges de la ville. — Vastes projets d'Albéroni, qui en même temps sent el avoue sa foiblesse. — Propos trompeurs entre del Marc et Albéroni. — Ses divers artifices. — La Hollande inquiète est touchée de l'offre de l'Espagne de reconnoitre sa médiation. — Cadogan à la Haye, son caractère. — Ses plaintes, sa conduite. — Inquiétude de l'Angleterre sur le nord. — Ses ministres détrompés sur le régent, reprennent confiance en lui; font les derniers efforts pour faire rappeler Chàleauneuf. — Substance et but du traité entre la France, le czar et la Prusse. — Abbé Dubois à Londres et le colonel Stanhope à Madrid. — Le czar parti de Berlin sans y avoir rien fait ni voulu écouler sur la paix du nord. — Le roi de Prusse, réconcilié avec le roi d'Angleterre, cherche à le tromper sur la paix du nord ; se plaint de la France, qui le contente. — Poniatowski à Paris, confident du roi de Suède, consulté par Kniphausen, lui trace le chemin de la paix du nord. — Ardeur du roi d'Angleterre, et sa cause, pour pacifier l'empereur et l'Espagne, qui ne s'en éloigne pas. — Sentiment de Monleléon sur les Anglois. — Sa situation redevenue agréable avec eux. — Caractère du roi d'Angleterre el de ses ministres. — Bassesse du roi de Sicile pour l'Angleterre, inutile. — Son envoyé à Londres forme une intrigue à Vienne pour y réconcilier son maître. — Opinion prétendue de l'empereur sur le régent et sur le roi de Sicile. — Crainte publique des princes d'Italie. — Siiges pensées de Cellamare. — Avis envenimés contre la France de Welez à l'empereur. — Conseils enragés de Benlivoglio au pape, qui fait entendre qu'il ne donnera plus de bulles sans conditions et précautions. . Page 304
Ch.\pitre XXIII. — Saint-Albin coadjuteur de Saint-Martin des Champs. — Infamie de l'abbé d'Auvergne. — Disputes encore entre le grand et le premier écuyer. — Le duc de Noaillcs et Lnw, brouillés, se raccommodent en apparence. — Noailles obtient le gouvernement et capitainerie de Sainl-Germain par la mort de Mornay. — Plénœuf, reiaissé à Turin de peur de la chambre de justice, imagine d'y traiter le mariage d'une fille de M. le duc d'Orléans nvec le prince de Piémont, pour se faire de fête. — Je suis chargé de ce commerce malgré moi , et je m'en décharge sur l'abbé Dubois, à son retour d'Angle-
terre. — Querelle entre le maréchal de Villeroy et le duc de Mortemart, premier gentilhomme de la chambre en année, qui la perd. — Autres disputes des premiers gentilsliommes de la chambre. — Le maréchal de Villeroy refuse la prolongation du don de cinquante mille livres de rente sur Lyon. — Son motif; sa conduite; explication de ce qu'il n'y perd rien. — Quatre-vingt mille livres au duc de Tresmes. — Le prince électoral de Saxe se déclare catholique à Vienne. — Abbé de Louvois refuse l'évêché de Glermont; quel. — Rion gouverneur de Cognac. — Mort d'Oppède, mari secret de Mme d'Argenton, et de l'abbé de Langlée. — Mort et famille de la comtesse de Soissons. — Appel du cardinal de Noailles devenu public. — La Parisière, évêqtie de Nîmes, exilé dans son diocèse. — Affaire du pays de Lalleu , où je sers adroitement le duc de Boufïlers. — Anecdote singulière de l'étrange indécision du chancelier. — Capacité singulière de d'Antin. — Reconnoissance des députés du pays de Lalleu. — Les ducs de La Force et de Noailles brouillés. — Mme d'Arpajon dame de Mme la duchesse de Berry, cl Bonivet maître de sa garde-robe. — Mort du cardinal Arias , archevêque de Séville. — Mort de Mme de Monjeu et de Richard Hamilton. — Caractère de ce dernier. — Assassinats et vols. — Teneurs de jeux de hasard mis en prison. — États de Bretagne orageux et rompus. — Mme d'Alègre entre avec moi en mystérieux commerce qui dure plus d'un an. — Abbé Dubois revient pour peu de jours d'Angleterre à Paris; y laisse sa correspondance à Nancré ; trouve le roi d'Angleterre et le prince de Galles fort brouillés. — Cause originelle de leur éloignement Page 327
Chapitre XXIV. — Idées et précautions d'Albéroni. — Étal embarrassant du roi d'Espagne. — Capacité de del Maro odieuse à Albéroni, qui le décrie partout.
— Ses exhortations et ses menaces au pape en faveur d'Aldovrandi. — Manèges d'Aldovrandi. — Sagacité de del Maro. — Première audience du colonel Slanhope peu salifaisante. — Chimères d'Albéroni. — Craintes d'Albéroni parmi sa fermeté. — Son espérance en la Hollande fomentée par Berelti. — Découverte de ce dernier sur le roi de Sicile. — Faux raisonnements de Bt^retti sur les Hollandois. — Abbé Dubois à Londres. — Monteléon y est leurré ; cherche à pénétrer et à se faire valoir, — Audacieux avis des Anglois au régent sur son gouvernement intérieur, qu'ils voudroienl changer à leur gré. — Réflexions. — Projets du czar à l'égard de la Suède , et ceux du roi de Prusse. — Offres de la Suède. — Conduite suspecte de Gœrlz , et celle du czar et du roi de Prusse en conséquence. — Avis de ce dernier au régent. — Ses chimères. — Objet du roi d'Angleterre dans son désir de moyenner la paix entre l'empereur et l'Espagne à Londres. — Penterrieder y arrive. — Divers sentiments en Hollande. — Conditions fondamentales proposées à l'Espagne pour la paix. — Albéroni, aigri contre Slairs, est contenté par Stanhope, qui l'amuse sur l'affaire principale par une équivoque.
— Grande maladie du roi d'Espagne. — Solitude de sa vie. — Albéroni veut interdire toute entrée à Villena , majordome-major, qui, dans la chambre du roi d'Espagne, la reine présente , donne des coups de bâton au cardinal, et est exilé pour peu de temps. — Le roi d'Espagne fait un testament. 346
Chapitre XXV. — Opiniâtreté d'Albéroni contre la paix. — Le pape fait imprimer son bref injurieux au roi d'Espagne, qu'Aldovrandi n'avoit osé lui présenter. — Ce nonce fait recevoir la constitution aux évêques d'Espagne. — Anecdote différée. — Servitude du pape pour l'empereur, qui le méprise et fait Czaki cardinal. — Le pape fait arrêter le comte Pélerborough, et, menacé par les Anglois, le relâche avec force excuses. — Sa frayeur, et celle du duc de Parme, de l'empereur. — Conseils furieux et fous contre la France de Bentivoglio au pape. — Son extrême embarras entre l'empereur et l'Espagne.
— Ses tremblantes mesures, — Le pape avoue son impuissance pour la paix.
— Avis à l'Espagne et raisonnements sur Naples. — Mesures militaires d'AIbéroni , et sur la paix qu'il ne veut point. — Mystère du testament du roi d'Espagne. — Foiblesse d'esprit du roi d'Espagne guéri. — Vanteries des forces d'Espagne, et conduite dAlbéroni. — Ses mesures. — L'Angleterre arme une escadre. — Forts propos entre le duc de Saint-Aignan et Albéroni. — Chimères de ce cardinal. — Riperda, tout à Albéroni, tient à dei Maro d'étranges propos. — Dons faits au cardinal Albéroni, qui est nommé à l'évêché de Malaga, puis à l'archevêché de Séville. — Il montre à del Maro son éloignement de la paix , qui en avertit le roi de Sicile. — Le cardinalat prédit à Albéroni. — Aldovrandi , pensant bien faire d'engager les prélats d'Espagne d'accepter la constitution , est tancé avec ordre de détruire cet ouvrage comme contraire à l'infaillibilité. — Aldovrandi fort malmené. — Griefs du pape contre lui. — Demandes énormes de l'empereur au pape. — Hauteur incroyable de l'empereur avec le pape, qui tremble devant lui, et qui est pressé par l'Espagne. — Reproches entre le cardinal Acquaviva et le prélat Alamanni , de la part du pape. — Mouvements inutiles dans le royaume de Naples. — Soupçons sur le roi de Sicile , qui envoie le comte de Provane à Pans. — Le duc de Modène n'ose donner sa fille au Prétendant, qui est pressé de tous côtés de se marier. — Les neveux du pape vendus à l'empereur. — Foiblesse entière du pape pour le cardinal Albane, sans l'aimer ni l'estimer. — Crainte de ce neveu à l'égard d'Aldovrandi. — Gallas et Acquaviva également bien informés par l'intérieur du palais du pape. — [Le pape] veut se mêler de la paix entre l'empereur et l'Espagne.
— Hauteur et menaces des Impériaux sur la paix, qui déplaisent en Hollande. — Manèges intéressés de Reretti. — Friponnerie de l'abbé Dubois.
— Manèges intéressés de Monleléon, qui compte sur Chavigny , amené par l'abbé Dubois à Londres, et en est trompé. — Inquiétude chimérique des Anglois d'un mariage du prince de Piémont avec une fille du régent. — Même inquiétude, et personnelle, de La Pérouse. — Il apprend de Penlerrieder que l'empereur veut absolument la Sicile, avec force propos hauts et caressants, — 11 l'assure de tout l'éloignement de la France pour le roi de Sicile. — Court voyage de l'abbé Dubois à Paris. — Cajoleries du roi d'Angleterre à la reine d'Espagne et à Albéroni, en cas de mort du roi d'Espagne. — Proposition du roi d'Espagne pour entrer en traité avec l'empereur par l'Angleterre. — Manège des ministres du roi d'Angleterre. — Ils n'ont point de secret pour Penterrieder. — Résolution du régent sur le traité, mandée par l'abbé Dubois en Angleterre. — Inquiétude des ministres de Sicile à Londres et à Paris. — Éclat entre le roi d'Angleterre et le prince de Galles. — Manège et embarras de La Pérouse. — L'Angleterre arme doucement une escadre pour la Méditerranée. — Plaintes de Montelèon.
— Réponse honnête , mais claire, des ministres anglois. — Chimère imaginée par les ennemis du régent, qu'il vouloit obtenir de l'empereur la succession de la Toscane pour M. son fils. — Reretti, trompé par de faux avis, cpmpte avec grande complaisance sur la Hollande, dont il écrit merveilles en Espagne, et de la partialité impériale des Anglois Page 36o
Chapitre XXVI. — Mouvements du roi de Prusse à divers égards. — Son caractère et ses embarras. — Tentatives pleines d'illusions de Cellamare, qui découvre avec art la vraie disposition du régent sur les affaires présentes. — Mouvements en Rrelagne. — Idées d'Alhéroni. — 11 s'emporte contre les demandes de l'empereur au pape, surtout sur celle qui le regarde personnellement. — Déclaration du roi d'Espagne sur la paix. — Propos, sentiments, conduite d'Albéroni. — Ses préparatifs. — Son profond secret. — Sa toute-puissance en Espagne. — Monli à Madrid. — Le roi d'Espagne inaccessible. — Souverain mépris d'Albéroni pour Rome. — Sa conduite sur le bref injurieux
ou roi d'Espagne. — Aldovrandi occupé de rapprocher les deux cours, et de se justifier à Rome sur ce qu'il avoil fait à l'égard de l'acceplalion de la constitution en Espagne. — Délicatesse de Rome étrangement erronée. — Anecdote importante sur la constitution enire l'archevêque de Tolède et moi. — Son caractère. — La nonciature chassée de Naplcs. — Le pape, n'osant rien contre l'empereur, s'en prend à l'Espagne. — Rare expédient du pape sur la non-résidence d'Albéroni en son évèché de Malaga. — Réflexion. — Délicatesse horrible de Rome. — Fureurs de Bentivoglio qui dégoûtent de lui les siens mêmes. — 11 donne au pape des conseils extravagants sur les affaires temporelles. — D. Alexandre Albane passe pour vendu à l'Espagne. — Mauvais gouvernement du pape.— 11 refuse les huiles de Séville à Albéroni. — Frayeur du duc de Parme et ses conseils à l'Espagne. — Conduite et sentiments d'Albéroni. — Forces de l'Espagne diversement regardées. — Sage avis de del Maro au roi de Sicile. — Riperda, vendu à Albéroni, lui propose l'union du roi de Sicile au roi d'Espagne. — Singulière aventure d'argent entre Bubb, Riperda et Albéroni. — Triste état personnel du roi d'Espagne et du futur froi]. — Insolentes vanteries d'Albéroni. — Ses efforts auprès des Hollandois. — Son opinion de l'Angleterre.
— Ses bravades. — Riche arrivée des galions. — Haute déclaration des ambassadeurs d'Espagne en France, en Angleterre et ailleurs. — Propos d'Albéroni sur l'Angleterre et la Hollande. — Mesures militaires d'Ali)éroni.
— 11 veut engager une guerre générale. — Les Anglois ne laissent pas de le ménager. — Triste état personnel du roi d'Espagne, quoique rétabli — Mesures d'Albéroni pour èire seul et bien le maître de sa personne. — Docteur Servi, médecin parmesan. — Proposition en l'air de marier le prince des Asluries à une fille du prince de Galles. — Roideur de l'empereur soutenu des Anglois. — Inquiétude du roi de Sicile. — Propos de son envoyé en Angleterre avec Slanhope , qui l'augmente. — La Pérouse est la dupe de Penterrieder sur la France. — Le czar prend la protection du duc de Mecklembourg, et rassure le roi de Prusse sur un traité particulier avec la Suède. — Mort de la maréchale de Duras. — Quatre gentilhommes de Bretagne mandés par lettre de cachet pour venir rendre compte de leur conduite Page 377
Chapitre XXVIL — 1718. — Manèges du duc de Noaiiies à l'égard de Law. Mort de Mornay. — Duc de Noailles obtient sur-le-champ le gouvernement et capitainerie de Saint-Germain. — Liaison de l'abbé Dubois et de Law, et sa cause. — Duc de Noailles, agité de crainte pour sa place, veut me regagner, et me propose de rétablir le temporel usé de la Trappe. — Sourds préparatifs à déposter le duc de Noailles et son ami le chancelier. — Edit en faveur de la compagnie d'Occident; quel. — Le régent travaille à la Raquette avec Law, le chancelier et le duc de Noailles, sur lequel il achève de s'indisposer. — La Raquette et les Biron. — Grâce pécuniaire au Languedoc , d'où Bàville se retire avec douze mille livres de pension. — Inondations vers le nord. — Mme la Duchesse enlève à Mme la maréchale d'Estrées uuc loge à l'Opéra. — Morville ambassadeur en Hollande. — Mariage de Chauvelin, depuis si haut et si bas. — Grâces pécuniaires aux comtes de Roucy et de Médavy. — Le comte de Rieux s'excuse au régent de ses pratiques.— Son caractère. — Mouvements, lettres et dépulation de Bretagne.
— Incidents du maréchal de Montesquiou. — Gentilshommes bretons mandés, puis exilés. — Embarras et projets sur les tailles. — On me fait, par deux différentes fois, manquer la suppression de la gabelle. — Tout bien impossible en France. — Manège d'Efiiat et du premier président. — Duperie du régent. — Conspiration très-organisée pour le culbuter. — Mouvements du parlement. — Singulière colère et propos entre M. le duc
d'Orléans el moi sur les entreprises du parlement. — Manège contre Law, du dac de Noailles et du chancelier. — Ma conduite à son égard. — Àbbé Dubois lié de plus en plus avec Law contre le duc de Noailles. — Son double intérêt. — Caractère d'Argenson. — Raisons qui me déterminent pour Argenson, à qui je fais donner les sceaux et les finances. — Je l'en avertis la veille, et tâche de le capter en faveur du cardinal de Noailles. — Le chancelier perd les sceaux; est exilé à Fresnes. — Le duc de Noailles se démet des finances; entre au conseil de régence. — Argenson a les finances et les sceaux. — Politesse fort marquée d'Argenson à mon égard. — Courte digression sur le chancelier. — Survivance de la charge et des gouvernements du duc de Noailles donnée à son fils enfant, sans l'avoir demandée. — Rouillé quitte les finances avec douze mille livres de pension. — Machault lieutenant de police; son caractère. — Grâces faites à Chàleauneuf; à Torcy, qui marie sa fille à Duplessis-Châlillon ; au duc d'Albret, qui veut épouser la fille de Barbezieux Page 391
L Causes de la disgrâce de Fouquet. — Son procès 414
IL Charles XIL — Projets qu'il avait formés dans les derniers temps de
son règne. — Ses relations avec le régent 425