‹ Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la régence (volume 4)Chapitre 64 sur 319 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Mariage de Mortagne avec Mlle de Guéméné. — Mariage du duc d'Olonne avec la fille unique de Verlilly. — Mariage de Seignelay avec Mlle de "NValsassine. — Princes du sang pressent vivement leur jugement, que les bâtards tâchent de différer. — Requête des pairs au roi à lin de réduire les bâtards à leur rang de pairs et d'ancienneté entre eux. — Grand prieur assiste en prince du sang aux cérémonies du jeudi et vendredi saints cliez le roi. — Plusieurs jeunes gens vont voir la guerre en Hongrie. — M. le prince de Conti, gouverneur de Poitou, entre au conseil de régence et ea celui de la guerre. — M. le Duc prétend que, lorsque le conseil de guerre ne se lient pas au Louvre, il se doit tenir chez lui, non chez le maréchal de ViUeroy. — Il est condamné par le régent. — Felletier-Siusy entre au conseil de régence et y prend la dernière place. — Mme de Mninlenon malade fort à petit bruit. — Mort, fortune et caractère d'Albergolli. — Sa dépouille. — Fin et effets de la chambre de justice. — Triple alliance signée a la Haye, qui déjjlait fort à l'empereur, qui refuse d'y entrer. — Mouvements de Beretli pour empêcher un traité entre l'Espagne et la Hollande. — Conversation importante chez Duywenworde, puis avec S'.anhope.

— Mesures de Berelli contre l'union de la Hollande avec l'empei eur, et pour celle de la république avec l'Espagne. — Motifs du traité de l'Angleterre avec la France, et du désir de l'empereur de la paix du Nord. — Divisions en Angleterre et blâme du traité avec la France. — Menées et mesures des ministres suédois et des jacobiies. — Méchanceté de Bentivoglio à l'égard de la France et du régent. — Étranges pensées prises à Rome de la triple alliance. — Instruction et pouvoir d'Aldovrandi retournant de Rome en Espagne. — Manèges d'Alhéroni pour avancer sa promotion. — Son pouvoir sans bornes; dépit et jalousie des Espagnols. — Misères de Giudice. — Vanteries d'Aibéroni. — Il fait de grands changements en Espagne. — Politique et mesures entre le duc d'Albe et Albéroni.

— Caractère de Landi, envoyé de Parme à Paris. — Vives mesures d'Aibéroni pour détourner les Hollandois de traiter avec l'empereur, et les amener à traiter avec le roi d'Espagne à Madrid. — Ariificieuses impostures d'Aibéroni sur la France. — Il se rend seul maître de toutes les affaires en Espagne. — Fortune de Grimaldo. — Giudice s'en va enfin à Rome. — Mesures d'Aibéroni avec Rome. — Étranges impressions prises à Rome sur la triple alliance. — Conférence d'Aldovrandi avec le duc de Parme à Plaisance. — Hauteur, à son égard, de la reine d'Espagne. — L'Angleterre, alarmée des bruits d'un traité négocié parle pape entre l'empereur et l'Esiiagne, fait là-dessus des propositions à Albéroni. — Sa réponse à Stanhope. — Son dessein. — Son artifice auprès du roi d'Espagne pour se rendre seul maître de toute négociation. — Fort propos du roi d'Espagne à l'ambassadeur de Hollande sur les traités avec lui et l'empereur.

Mortagne, chevalier d'honneur de Madame, dont j'ai parlé quelquefois , avoit une espèce de maison de campagne dans le fond du faubourg Saint-Antoine, où il demeuroil le plus qu'il pouvoit. M. de Guéméné, qui n'aimoit point à marier ses sœurs ni ses filles, et qui ne se corrigeoit point par l'exemple de ses sœurs qui s'étoient enlin mariées sans lui, avoit une de ses filles dans un couvent tout voisin de la maison de Mortagne, lequel avoit fait connoissance avec elle, et pris grande pitié de ses ennuis et de la voir manquer de tout. Il y suppléa par des pré-

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