‹ Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon, sur le siècle de Louis XIV et la Régence (volume 5)Chapitre 151 sur 374 · ÉCHANGE DE CHOISY ET DE MEUDON · texte numérisé non relu

ÉCHANGE DE CHOISY ET DE MEUDON

que sur ses courtisans et sur son peuple , et qui la vouloit toujours rassemblée sous ses yeux , n'avoit pas vu avec plaisir le don de Choisy à Monseigneur , et les voyages fréquents qu'il y faisoit avec le petit nombre de ceux qu'il nommoit à chacun pour l'y suivre. Cela faisoit une séparation de la cour, qui, à l'âge de son fils, ne se pouvoit éviter, dès que le présent de cette maison l'avoit fait naître, mais il voulut au moins le rapprocher de lui. Meudon , bien plus vaste et extrêmement superbe par les millions que M. de Louvois y avoit enfouis, lui parut propre pour cela. Il en proposa donc l'échange à Barbezieux, pour sa mère , qui l'avoit pris dans les biens pour cinq cent mille livres , et le chargea de lui en offrir quatre cent mille livres de plus avec Choisy en retour. Mme de Louvois, pour qui Meudon étoit trop grand et trop difficile à remplir, fut ravie de recevoir neuf cent mille livres avec une maison plus à sa portée et d'ailleurs fort agréable; et le même jour que le roi témoigna désirer cet échange, il fut conclu. Le roi ne l'avoit pas fait sans avoir parlé à Monseigneur , pour qui ses moindres apparences de désir étoient des ordres. Mme de Louvois passa depuis les étés en bonne compagnie à Choisy , et Monseigneur n'en voltigea que de plus en plus de Versailles à Meudon, où, à l'imitation du roi, il fit beaucoup de choses dans la maison et dans les jardins , et combla les merveilles que les cardinaux de Meudon et de Lorraine et MM. Servient et de Louvois y aTOieot successivement ajoutées.

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