‹ Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon, sur le siècle de Louis XIV et la Régence (volume 5)Chapitre 299 sur 374 · CURIOSITÉS · texte numérisé non relu

CURIOSITÉS

el celui de «on unique héritière ; enfants de celle-ci. — Benjamin de Rolian, ■leur de Soubise, duc à brevet ou non Tériflé. — M. de Sully obtient un tabouret de grftce aux deux sœurs du duc do Roban , son gendre , non mariées. — Dispute de préséance au premier mariage de M. Gaston, entre les duchesses d'IIalluyn et de Rohan, décidée en faveur de la première. — Louis, puis Hercule de Roban, faits l'un après l'autre ducs et pairs de MoDtbazon; famille de ce dernier.

Jamais aucun de la maison de Rohan n'avoit imaginé d'être prince; jamais de souveraineté chez eux , jamais en Bretagne ni en France : depuis qu'ils y furent venus sous Louis XI , aucune autre distinction que celle des établissements que méritoient leurs grandes possessions de terre , leurs hautes alliances et une naissance qui , sans avoir d'autre origine que celle de la noblesse, ni avoir jamais été distinguée de ce corps , étoit pourtant fort au-dessus de la noblesse ordinaire , et se pouvoit dire de la plus haute qualité. Ils avoient par leur baronnie le second rang en Bretagne, et puis ils l'alternèrent avec les barons de Vitré, mais cela n'influoit point sur leurs cadets , quoique sortis de plus d'une sœur des ducs de Bretagne. Ils ne purent obtenir aucune préférence sur les autres puînés nobles de Bretagne ; et Alain VI , vicomte de Rohan , fut obligé vers 1300 par Jean II, duc de Bretagne, de reconnoître que, selon la coutume de cette province , tous les juveigneurs ' de Rohan dévoient être hommes liges' du duc de Bretagne, et qu'il avoit droit de retirer de leurs terres tous les émoluments et profits de fief qu'il pouvoit retirer de celles de ses autres sujets libres. C'est ce duc de Bretagne qui fut écrasé par la chute d'une muraille à Lyon à l'entrée du pape Clément V, où il accompagnoit Philippe le Bel (;ui l'avoit fait duc et pair en 1297 , et il mourut à Lyon le 18 novembre l''05, quatre jours après la chute de ce mur. Cela n'a point varié depuis. Ainsi pour les cadets, nulle préférence sur ceux des autres maisons nobles de Bretagne. Voici maintenant pour les aînés.

Alain IX , vicomte de Rohan , est sans doute celui qui par ses grands biens, ses hautes alliances et celles de ses enfants, a fait le plus d'honneur à la maison , dont il étoit le chef. Sa mère étoit fille du connétable de Clisson ; sa première femme , dont il ne vint point de postérité masculine , étoit fille de Jean V , duc de Bretagne , et de Jeanne fille de Charles le Mauvais , roi de Navarre. La seconde femme du même Alain , qui étoit Lorraine-Vaudemont , continua la postérité à laquelle je reviendrai. Du premier lit il maria sa seconde fille à Jean d'Orléans , comte d'Angoulême, deuxième fils du duc d'Orléans, frère de Charles VI, assassiné par ordre du duc de Bourgogne , et cette Rohan fut mère de Charles d'Orléans , comte d'Angoulême , père du roi François I". Certainement voilà de la grandeur , et qui fut soutenue par les emplois et la figure que cet Alain ÏX, vicomte de Rohan, fit toute sa vie. Néanmoins Pierre , duc de Bretagne , fils de Jean VI , duc de Bretagne , frère de la

t. Fils cadets de maisons nobles, du l&iinjuniores.

2. On appelait homme lige un vassal lié {ligatus) k son seigneur par des obligations plus étroites que les autres vassaux.

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