CHAPITRE X
Mémoire des pertes de la dignité de duc et pair, etc. — Tête-à-tête du Dauphin avec mot. — Affaire du cardinal de Noaillei remise par le roi au Dauphin. — Causes de ce renvoi. — Discussion entre le duc de Beauvilliers et moi sur un préial i proposer au Dauphin pour travailler sous lui i l'affaire du cardinal de Noailles. — Voyage de Fontainebleau par Petit- Bourg — Dureté du roi dans sa famille. — Comte de Toulouse attaqué de la pierre. — Musique du roi à la messe de la Dauphine. — Je raccommode sincèrement et solidement le duc de Beauvilliers et le chancelier. — Famille et mort du prince de Nassau, gouverneur de Prise. — Mort de Penau- Uer; quel il étoit. — Mort du duc de Lesdiguières, qui éteint ce duchépairie. — Neuf mille livres de pension sur Lyon au duc de Villeroy. — Mort de PelleUer, ci-devant ministre et contrôleur général. — Mort de Phélypeaux, conseiller d'État, frère du chancelier. — Mort de Serrant et du chevalier de Maulevrier; leur famille. — Mort de la princesse de Fiirslemberg; sa famille, son caractère. — Maison de son mari. — Le tabouret lui est procuré tard par adresse. — Mariage du chevalier de Luiembourg avec Mlle d'Harlay. — Mort du cardinal de Tournon. — Mort et caractère du maréchal de BouBlers. — Danger que j'y cours. — Triste fin de vie. — Hor reur des médecins. — Générosité de la maréchale de Boufllers, qui accepte à peine une pension du roi de douze mille livres.
Parmi tous ces soins et cès affaires , il falloit travailler au mémoire de noi pertes tel que le Dauphin me l'a voit demandé. De tout temps je les avois rassemblées avec les occasions qui les avoient causées autant que j'avois pu. J'avois eu cette curiosité dès ma première jeunesse; je l'avois toujours suivie depuis; je m'étois continuellement appliqué à m'en instruire des vieux ducs et duchesses les plus de la cour en leur temps et les mieux informés; à constater par d'autres ce que j'en apprenois, et surtout à m'en donner à moi-même la dernière certitude par des gens non titrés, anciens, instruits, versés dans les usages de la cour et du monde, qui y avoient été beaucoup» qui avoient vu par eux-mêmes, et par d'anciens valets principaux. Je mettois les uns et les autres sur les voies j et par conversation je les enfilois doucement à raconter ce que je m'étois proposé de tirer d'eux. J'avois écrit à mesure; ainsi j'avois tous mes matériaux , où j'avois ajouté à mesure aussi les pertes depuis mon temps, et dont j'avois été témoin avec toute la cour. Sans une telle avance , le recueil m'eût été impossible , et les recherches m'en auroient mené trop loin. Mais l'arrangement tel que le Dauphin le voulut fut en-