s'agit ici de Louis de Bourbon (le grand Condé
3. Nous avons déj* fait remarquer qu'Olivier d'Ormesson, disgracié pour sa noble et courageuse conduite dans le propè» de Fouquct, n'était pas disposé à Juger Colbert avec impartialité.
*. histoire de Mme tiennent, cqH. Petiiot, t. LXIV, n. 4to,
6. Mémoires de Mme de Motteville, coll. Petitot, t. XLI, p. 4 80, 228,
NOTES
Guiche' et Vardes» ne se relevèrent pas de cette disgrâce. On peut ajouter aux documents relatifs à ces intrigues le r$çit qu'en a tracé Olivier d'Qrmeseon^t
«M. de Bar nous dit une intrigue découverte à la cour, et comme je l'ai sue aussi d'autres personnes et qu'elle peut avoir des suites , je la veux écrire tout entière, comme je l'ai apprise. Il y a quelques années que l'intelligence de Madame avec M. le comte dp Guiche lit un grand éclat M. le comte de Guiche fut envoyé en Lorraine , après i'accommo-, . dément de Lorraine, et il fit ensuite le yoyage de Pologne. M, de Vardes fut commis pour retirer les lettres des mains de Mile de Montalais , et ètoit le confident entre les deux ; mais il ne rendit pas toutes les lettres et il en retint deux qu'il mit entre les mains de Mme la Comtesse pour s'en servir contre Madame en cas de besoin.
« Dans ce même temps les amours de Mlle de La Yallière et du roi commençaient , et Mme la Comtesse vouloit les rompre» Elle prit une enveloppe d'un paquet du roi d'Espagne i la reine, et concerta une lettre avec Yardes comme du roi d'Espagne à la reine , qui lui donnoit avis des amours de Mlle de Valliàre et du roi, et ils la firent traduire en espagnol par le comte de Guiche, la firent éerire* par le beau-frère de Gourville, et l'envoyèrent à Geunrille en Flandre afin qu'il l'envoyât par un courrier.
« Cette lettre fut adressée à la senora Molina, Espagnole, pour la rendre à la reine 4. Elle la donna au roi qui jugea que c'était une lettre supposée , mais ne put découvrir d'où elle venait , et Ton prétend qu'il soupçonna Mme de Na vailles \ et que c'est la véritable cause de sa dis*
grâce. Depuis, M. de Vardes s'étant brouillé avec Madame pour avoir dit au fils de M. le comte. d'HtfCQUrt qu/U Revoit s'adressér à Madame sans s'amuser aux suivantes, le rpj l'a envoyé, à la prière de Madame,
Armand de Grammont, comte de Guiche. né en *637 ? mort en J673. fi. François-René du Bec-Crespin, marquis de Vardes, mort en 1888. 8. Journal, W partie, fol. 09.
A. Cette première intrigue te place en If f J , comme on le volt par les Mè~ miw de Mme (i* M&tevill*. Le petit roman spirituellement brodé par Mme de l# f ayaUe Bré«eptfi sous le- j<rçr le plus favorable les relations d'Henriette d/Angletprre et d'Antoine de Grammont; „ ^ comte de Guicue, dit-elle, ne trouvoii rien de pjus bpau que de tout hasarder; et Madame et lui, sans avoir de véritable passion l'un pour l'autre, s'exposèrent au plus grand danger où l'on se soit jamais exposé. Madame élofl ma'ade et environnée de toutes ses femmes.... ïlle faisolt entrer le comte de Guiche, quelquefois en plein jour, déguisé en femme qui dit )a bpnno aventure, et il la disoit môme aux femmes de Madame, qui le voyoient tous les jours et qui ne le reconnoiasoient pas; d'a^s fois, patd/autrgs invention*, raajs toujours avec beaucoup de hasard ; çl ces entrevues SÎ périlleuse sç pagsoient 4 se moquer de Monsieur. »
5. Olivier d'Ormesson a ajouté en marge : ce fait est incertain.
6. Ces événements sont de la fin de l'année 1682, d'après les Mémoires de Mme de Moltevillc .
7. Gouvernante des filles d'honneur de la reine. Voy. les Mémoires de Mme de Motteville.
NOTES
à Àigues-Mortes • , sans lui vouloir cependant de mal , disant qu'il seroit son solliciteur d'affaires.
« Mme la Comtesse, ennuyée de ce long exil, a fait prier Madame de s'adoucir, et pour l'y obliger lui a fait dire qu'elle avoit des lettres et de quoi lui donner de la peine. Madame s'en étant irritée , et sachant par le comte de Guiche l'histoire de la lettre, elle l'a dite au roi. Ce fut dans la tribune le jour du ballet qu'elle en fit sortir Mme la Comtesse ; et le roi l'ayant pressée de faire quelque civilité à Mme la Comtesse et lui disant qu'elle la devoit ménager ayant des lettres , sur cela Madame lui dit la lettre espagnole J .
« Le comte de Guiche mandé aussitôt par le roi , après avoir obtenu son pardon , lui a dit toute l'intrigue et a fort chargé Yardes , et le roi a pris par écrit sa déclaration et la lui a fait signer. L'on dit que le comte de Guiche a découvert encore d'autres intrigues sur l'affaire de Dunkerque , et qu'il avoit conseillé à Madame de s'y retirer avec Monsieur , et que , soutenue du roi d'Angleterre , elle se feroit considérer , et l'on parle que ces lettres ont été rendues au roi , par lesquelles il mandoit à Madame : Votre timide beau- frère n*est qu'un fanfaron et un avare. Quand une fois vous serex dans Dunkerque, nous lui ferons faire, le bâton haut, tout ce que nous voudrons. Le roi a envoyé un exempt à Vardes avec des gardes pour l'arrêter prisonnier et le conduire dans la citadelle de Montpellier et lui ordonner de se défaire de sa charge. M. le maréchal de Grammont a eu de longues conférences avec le roi , et l'on dit qu'il a obtenu le pardon pour son fils ; [mais néanmoins que c'est un homme dont la fortune est perdue. »