R£G1M£I4T D£S GÂRD£S ENLEVÉ A BOLFFLERS
ment des gardes qui alloit payer le pareil de H. de Duras.
Boufilers, hors de lui de douleur et de dépit, mais trop sage pour donner des scènes, avala ce dernier calice, et obtint ce brevet de retenue au premier mot qu'il en dit au roi, toujours sur le ton de lui faire des grâces pour son beau-Irère. Jamais BouflQers ni sa femme ne se sont consolés du régiment des gardes, jamais ils n'en ont pardonné le rapt au duc, et moins encore à la duchesse de Guiche ; mais en gens qui ne veulent point d'éclats et d'éclats inutiles, ils gardèrent les mêmes dehors avec eux et avec tous les Noailles. Ils essayèrent de consoler le maréchal comme un enfant avec un hochet. Le roi lui dit de conserver partout le logement de colonel des gardes, et de continuer d'en mettre les drapeaux à ses armes. ,
lie gouvernement de la Franche-Gomté fut donné à Tallard, à l'étonnement et au scandale de tout le monde. M. le duc
d'Orléans dit là-dessus plaisamment qu'il falloit bien donner quelque chose à un homme qui avoit tout perdu. Comme il le dit sur-le-champ et tout haut, ce bon mot vola de bouche en bouche, et il déplut fort au roi.
Peu de jours après, le roi donna quarante mille livres de pension au petit comte de La Marche, tout enfant, fils du prince de Gonti. Cela parut prodigieux et l'étoit en eliét pour lors. Pour aujourd'hui, à ce qu'en ont tiré ces princes depuis la mort du roi , ce seroit une goutte d*eau.
GHAPITKE m.
Siéee de Venue par le duc de Vendôme. — Retour de Fontainebleau par Sceaux. — Rouillé sans caractère près l'électeur de Bavière ; son caractère et ses emplois. — Progrès des mécontents. — Ragotzi élu prince de Transybranie. — Des Alleore. — Subsides. — «
SIÈGE DE VERUE.
La Bavière on proie à l'empereur. — Trêves et Traarbach perdus.
— Marlborough en diverses cours d'Allemagne. — Landau rendu au roi dos Romains; Laubanie, aveuglé dedans, récompensé. — Séparation des armées. — Ck)igny colonel général dos dragons. — Abbé de Pomponne ambassadeur à Venise. — Puysieux ; sa famille ; son caractère. — Son adresse le fait chevalier de l'ordre. — Comte de Toulouse, de retour, résolu de perdre Pontchartrain, est arrêté par sa femme. — Caractère de Pontchartrain. — Suites funestes à l'État. — Mort de Caylus; caractère de sa femme. — Ceceles. — Berwick de retour d'Espagne. » Mariage du marquis de Gharost et de Mlle Brùlart, depuis duchesse de Luynes et dame d'honneur de la reine. — Mort de Mme de Gamaches* — Mort du duc de Gesyres.
— Mort du président Payen. ^ Bouligneox et Wartigny tués devant Verue. — Singularité arrivée à des masques de ( iro. — Mort de la duchesse d'Aiguillon; son caractère. — Marquis de Richelieu; explication de sa prétention de succéder à la dignité d'Aiguillon, rejetée par le roi. — Denonville obtient permission do venir se justifier. — Marlborough passe en Angielorro avec Tallard et les principaux ])risonniers. — Yillars rappelé de Languedoc, où Berwick va commander,
M. de Vendôme s'opiniâtra à vouloir assiéger Verue; il dépêcha, à son ordinaire, un courrier pour mander qu*en y arrivant, le 14 octobre, il ayoit emporté trois hauteurs que •
les ennemis avoient négligé de retrancher, d'où il. les avoit chassés à la vue de M. de Savoie et de toute sa cour, qui avoient été obligés de se retirer à toutes jambes. Avec ces fanfiaronnades il repaissoit le roi à l'appui de Mme de Maintenon par M. du Maine. Jamais siège si follement entrepris, peu qui aient tant coûté de temps, d'hommes et d'argent. Il influa encore sur la campagne suivante, qu'on ne put ouvrir à temps par le délabrement de l'armée. Le terrain étoit extrêmement mauvais, même dans la belle saison, et on alloit se trouver dans la mauvaise; et tandis que la place étoit attaquée d'un côté, elle étoit soutenue de Tautre par un camp retrandié de l'autre côté de l'eau, qui rafraichissoit la place tout à son aise de troupes et de tout, et inquiétoît continuellement notre armée. L'opiniâtreté et l'autorité que M. de Vendôme s' étoit acquise par sou crédit l'emportèrent