‹ Mémoires complets et authentiques du duc de SaintSimon sur le siècle de Louis XIV et la Régence 16911723 (volume 3)Chapitre 66 sur 209 · DES GRANDS OFFICIERS D*ATEC LES CHEVALIERS. «M · texte numérisé non relu

DES GRANDS OFFICIERS D*ATEC LES CHEVALIERS. «M

éHe RToit un grand ascendant. Un troisième avoit cinq

grosses abbayes avec l'évêché de Chartres, et fut après premier aumônier de Marie de Médicis. Les filles de ce chancelier étoient mariées dès avant l'institution de l'ordre : rainée an marquis de Nesle-Layai, pnis au brave Givi^ d*Anglure; la deuxîàme, en 1592 , an marquis de Royan La Trémoille; la dernière au marquis d'Alluye-Bscoubleau , puis au marquis d'Aumont. Avec ces alliances, quoique fort nouvelles pour ce chancelier et la figure personnelle qu'il faisoit , il se prétendit homme à faire 4e8 preuves, et véritablement il ne fout pas se lever de grand matin pour faire celles de Tordre du Saint-Esprit, autre distinction des autres grands ordres où il ne faut pas de preuves, parce que les instituteurs ont cru, sur l'exemple qu'ils en donnoient, que tous ceux qui y seroient admis dans la suite seroient d'une naissance trop grandement connue pour qd'on pût leur en demander. Ghevemy donc voulut faire des preuves » comme les* dievaliers, et cette néces^té de preuves , ou pour mieux dire cette distinction, est demeurée à cette charge de l'ordre. Quoique chancelier de France, il prit sa place aux cérémonies de l'ordre comme en étant chancelier, c'est-ànlire après le dernier chevalier et avec une distance entre-deux, s'y trouva toujours et n'en fit jamais difficulté. Mais je pense que l'office de la couronne dont il étoit revêtu lui procura, et par lui à ses successeurs chanceliers de l'ordre, la distinction sur les trois autres charges de parler assis et couvert aux chapitres de l'ordre, où le prévôt, le grand trés<»ier et le greffier sont debout et découverts, et de manger au réfec^ toire du roi à la dernière place des chevaliers, mais comme eux; tandis que les trois autres charges mangent dans le même temps dans une autre pièce avec les petits ofiiciers de l'ordre.

C'est aussi cette différence que les ministres accrédités, revétns dans la suite de ces trois autres charges, n'ont pu supporter, qui par Imr crédit a fait temr las chapitres

i52 0RIG1I«£ D£S HONNEURS DU LOUVRE.

debout , découverts et sans rang pêle-méle , et qui a banni

Tusage du repas du roi avec les chevaliers. Cette même raison de l'office de chancelier de France donna force à cette autre, que les papiers de l'ordre étant chez le chancelier de l'ordre, de tenir toutes les commissions pour les aiiaires de l'ordre chez le chancelier de Tordre^ de quelque dignité et qualité que soient les commandeurs et chevaliers commissaires, cardinaux, ducs et princes de maison souveraine, car les princes du sang seuls ne le sont jamais. Sur cet exemple, la même chose s'est continuée chez les chanceliers de Tordre toujours depuis , et à Tappui de cette raison des papiers, les grands trésoriers de Tordre ont obtenu le même avantage que les commissions de Tordre se tiennent aussi chez eux.

Quoique ces charges de l'ordre fussent destinées à la décoration des ministres , celle de prévôt et de grand maître des cérémonies de Tordre fut donnée à M. de Rhodes, qui eut le choix de la prendre ou d*étre chevalier de Tordre. Le goût d*Henri III pour les cérémonies décida M. de Rhodes, du nom de Pot, et d'une grande naissance. Un Pot avoit été chevalier de la Toison d'or à l'institution de cet ordre et reçu à la première promotion qu'en lit Philippe le Bon. G*est ce même M. de Rhodes pour qui fut faite la charge de grand mettre des cérémonies de France. Il voulut, en seigneur qu'il étoit, faire les mêmes preuves que les chevaliers, et cela est demeuré à cette charge comme à celle de chancelier de l'ordre.

Ce qu*on appelle les honneurs du Louvre étoit inconnu avant le connétable Anne duc de Montmorency, et réservé aux seuls fils et filles de France qui montoient et descen-

doient de cheval ou de coche, comme on disoit alors, et qui étoient même peu en usage aux plus grandes dames, dans la cour du logis du roi. Ce fut ce célèbre Anne qui,. décoré de ses services, de ses dignités et de sa faveur, entra un beau jour, à cheval, dans la cour du logis du roi et y monta

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