‹ Mémoires complets et authentiques sur le siècle de Louis XIV et la RégenceChapitre 44 sur 61 · UC · texte numérisé non relu

UC

Angbu.

Princes 0 .... 4 .... 3 .... 44 .... »

Marquis ....45.. ..4. ...2.... 5. ...s Comtes .... 22 .... 4 0 . . . . 4 s

Grands de tous pays : 442.

Outre ces grands, il y en a par charges ou état, qui sont:

Le majordome major du roi. Le général de la Mercy.

Le grand prieur de Castilh de Le général des dominicains.

Malle. Le général ilcs corJeliers.

L'abbé de Gîteaux. Le général des capucin«. L^abbé de Glairvaux.

Mais ces grands sont imperceptibles. Rien de si rare qu'un majordome major du roi d'Espagne ne soit pas pris d'entre les grands, et plus rare encore, s'il se peut, qu'il ne soit pas fait grand, s'il ne l'est pas, fort tôt après être fait majordome major. Le grand prieuré de Castille de l'ordre de Malte , qui vaut 400,000 écus de rente, est donné à un des infants, et tant qu'il y aura de ces princes, il y a toute apparence que ce riche morceau demeurera entre leurs mains. A l'égard des moines, ce n'est que très-improprement qu'on tes dit être grands d'Espagne. Ils n'ont jamais eu nulle part hors de l'Espagne aucune des distinctions, rangs ni honneurs des grands d'Espagne; ils en reçoivent à titre de généraux d'ordre, et quoi que ce puisse être à titre de grandesse , et jusqu'à présent les choses ont toujours été ainsi. |!n Espagne même, quand ils y vont pour la visite de leurs couvents ou les affaires de leur ordre, ils n'y sont pas autrement traités qu'à titre de généraux d'ordre. Tout ce qu'ils ont de particulier en Espagne , et qu'ils n'ont nulle part ailleurs , c'est que la première fois seulement qu'ils vont saluer le roi d'Espagne, il les fait couvrir, et ils se couvrent en effet, et c'est de là qu'ils sont dits grands d'Espagne. Mais après cette première fois, s'ils reparaissent devant le roi d'Espagne, ils ne se couvrent point et n'y ont aucune distinction différente de celles qu'y ont les autres généraux d'ordre qui ne sont point grands , c'est-à-dire qui ne se couvrent jamais devant le roi d'Espagne. Il en est de même en Espagne à leur égard partout , comme à l'égard de ces derniers, d'avec lesquels ils n'ont aucune différence. Depuis mon retour, le général des jésuites a été associé au même honneur, aussi imperceptible pour lui que pour les six autres.

Il faut maintenant réparer l'oubli que j'ai fait des

17t MÉMOIRES

marquis de Tavora et de Villafranca. Je veux me flat* ter qu'il n'y en a point d'autre dans ce qu'il y avait de grands d'Espagne existant en avril 1722, que je suis parti de la cour d'Espagne pour revenir en celle de France. Je n'oserais toutefois m'en répondre , quelque soin que j'y aie pris dans le peu de temps que j'ai pu y donner en Espagne , et en matière si étendue en tant de pays, et si diverse par tant de transmissions d'héritières. Cet oubli n'est pas dans la table des grands précédente.

Tàvobjl, Tolède, Emmanuel, par sa mère Antoinette- Marie de Gordoue y Pimentel, dont la mère était Antoinette-Harie Pimentel , sixième marquise de Tavora. Tavora m'a été donné pour grandesse par le duc de Veragua , et j'ai de sa main une liste de grands d'Espagne, à laquelle j'ai conformé celle que j'ai mise ici, dans laquelle Tavora est compris entre les marquis grands d'Espagne. Mais je n'ai pas eu ou le temps de m'instruire de toutes les grandesses , ou d'en garder toutes les instructions en note , ou de retenir tout ce que je n'ai pas eu par écrit. Il s*en faut donc beaucoup que je puisse rendre compte de toutes ces grandesses , et celle de Tavora est de ce nombre.

ViLLAFBANCÀ , Tolède. Ce marquis et le précédent étaient enfants des deux frères. Cette terre, dans le royaume de Léon , fut érigée par les rois catholiques en marquisat, vers 1490 , en faveur de Louis Pimente! , mort en 1497, avant son père, quatrième comte de Benevente. Sa fille unique porta sa grandesse et ses biens en mariage à Pierre Alvarez de Tolède , second fils du second duc d'Albe , dans la maison duquel cette grandesse est demeurée jusqu'à celui que j'ai vu en Espagne, qui était petit-fils du marquis de Yillafranca, duquel il a été tant parlé à l'occasion du testament de

Charles II, de l'arrivée de Philippe V en Espagne, dont il fat majordome major, et qui fut un des cinq premiers seigneurs espagnols à qui le feu roi envoya l'ordre du Saint-Esprit. Son même petit-fils fut par sa mère, héritière de Moncade y Aragon, duc de Montalte et de Vibonne , et par sa femme , marquis de los Vêlez , de sorte que je le laissai avec quatre grandesses. Il était jeune , et ne faisait pas encore souvenir de son grandpère. Ces trois dernières sont en Aragon , en Sicile et au royaume de Naples , toutes trois de Ferdinand le Catholique; les quatre rico-hombreries alors sont devenues grandesses sous Charles V, et n'ont fait que passer d'un état et d'un nom à un autre.

On a vu, lorsque j'ai traité des grands et de leur dignité , le soin qu'ils apportent de tout temps à faire un mystère de leur ancienneté et de leur classe. Tous conspirent à vouloir cacher leurs différentes classes , qui , en effet , ne sont sensibles que dans leur diplôme d'érection dans leur couverture, et dans le style de chancellerie à leur égard; et quant à l'ancienneté, à laisser croire, en l'étouffant parmi eux, qulis viennent tousde ces anciens ricos-hombres abolis par Charles Y et transformés en grands d'Espagne , dont il imagina la dignité destituée de la puissance de celledes ricos-hombres qu^ il abolit peu à peu en leur substituant la grandesse. J'ai tâché de pénétrer autant qu'il m'a été possible le secret de Tancienneté. Il est vrai qu'il m'en est échappé une vingtaine sur cent douze grands, existant en 1722, que j'ai quitté l'Espagne, et qu'il y en a plusieurs autres dont je n*ai pu fixer l'érection qu'avec incertitude, en disant vers telle année. Dans ces cas, je me suis réglé aux générations ou aux emplois le plus vraisemblablement qu'il m'a été possible sans reculer ni avancer trop celui qui le premier a eu la qualité de grand

d'Espagne, et dont les pères ne l'avalent pas. Et cXmme ces grandesses , dont les héritières femelles BoJk presque toutes capables, tombent quelquefois par el|^ grands postérieurs aux grandesses qu'elles leur^^^.. tent , j'ai eu soin de les marquer quand cela est BirriTé ce qui s'est trouvé rare. f

Quant aux classes , je n'ai pu rien y démêler, sinon que Philippe II, comme je l'ai remarqué en traitant de la grandesse, n'a faltde grands que de la seconde classe. On voit assez au long , dans la première liste alphabétique des grandesses, ce qui regarde ceux qui les ont possédées. Je me contenterai dans l'abrégé suivant, rangé non plus par ordre alphabétique ni de titres, mais par Tordre d'ancienneté que j'ai pu découvrir, d'indiquer pour qui érigées , et à qui tombées, sans m'y étendre davantage, ni rien répéter de ce qui se trouve dans la première liste alphabétique, sinon quelques légers suppléments.

Etat des grands d'Espagne existant en avril 1722 suivant ce qu'on a pu découvrir de dates de leur ancienneté respective.

RiGOs-HoMBRBs , dont l'ancienne dignité trop multipliée, abrogée par Charles V, et transmuée en celle de grand d'Espagne qu'il inventa, a passé sous ce prince en grandesse, sans nouvelle érection, les autres qui n'y passèrent pas étant demeurées abolies , et les grands d'Espagne de Charles Y, et depuis.

Page 1