MORT DE FOURILLE. [I
et très -bon François; il avoit été confesseur de mon père jusqu'à son départ pour l'Italie;
Fourille, aveugle, qui avoit beaucoup d'esprit et fort orné, et longtemps capitaine aux gardes , estimé et fort dans la bonne compagnie. Sa pension fut donnée à sa veuve, qui demeuroit pauvre avec des enfants, à l'un desquels on a vu ici que j'avois fait donner une abbaye sans les connoître;
Mme de La Hoguette, veuve d'un lîeutenant général sous -lieutenant des mousquetaires , mort aux précédentes guerres du feu roi en Italie . qui étoit un fort galant homme et très- estimé. Cette femme étoit fort riche, avare, dévote pharisaïque, toute merveilleuse, du plus prude maintien, et qui sentoit la profession de ce métier de fort loin avec de l'esprit et de la vertu, si elle eût bien voulu n'imposer pas tant au monde; elle étoit très-peu de chose, et toutefois merveilleusement glorieuse. Son mari étoit neveu de La Hoguette, archevêque de Sens, si estimé et si considéré sans le rechercher , et qui refusa l'ordre du Saint- Esprit avec une humilité si modeste, comme on l'a vu en son lieu ici. La fille unique de Mme de La Hoguette, qui avoit épousé Nangis. fut sa seule héritière , et avec beaucoup de patience et de vertu n'en fut pas plus heureuse;
Mortagne, officier général, qui s'étoit fait estimer dans la gendarmerie et dans le monde. Il en a été parlé sur ses deux mariages, l'un et l'autre assez singuliers. Il s'étoit fait chevalier d'honneur de Madame. C'étoit un fort honnête homme, mais de fort obscure naissance. Son père étoit un riche maître de forges devers Liège, qui laissa à son fils un nom qui n'étoit pas à lui. Il laissa une fille unique et une veuve assez digue du duc de Montbazon, mort enfermé à Liège, père de son père , dont la plupart de la postérité s'est sentie peu ou beaucoup.
Mme la Duchesse , sœur de M. le prince de Conti et de Mlle de La Roche- sur -Yon, mourut le 21 mars à Paris, dans l'hôtel de Coudé, après une fort longue maladie, à trente et un ans, au bout de sept ans de mariage, dont il a été parlé ici en son temps, pendant lequel elle ne s'étoit pas contrainte : elle fut plainte sans être regrettée. Les princes du sang rebutés de leurs tentatives inutiles de faire garder le corps de ces princesses, l'usage de brusquer l'enterrement, pris depuis ce peu de succès, fut continué en cette occasion. Le surlendemain de sa mort, sans qu'il y eût eu aucune cérémonie à l'hôtel de Condé que le pur nécessaire, elle fut portée aux Carmélites de la rue Saint- Jacques où elle lut enterrée. Le convoi fut très -magnifique. Mlle de Clermont accompagna le corps avec la duchesse de Sully et de Tallard , que M. le Duc et Mme sa mère en avoient priées. Quelques jours après, M. le Duc reçut les visites de tout le monde , avec la précaution ordinaire d'un magasin de manteaux dans son antichambre, et l'indécence ordinaire et aflecAée contre cette nouvelle pratique, qui a été marquée ici à son commencement. Mme la Duchesse, qui ne laissa point d'enfants, fit un testament et Mme de La Roche -sur -Yon sa légatrice universelle. Il y avoit beaucoup à rendre et force pierreries, parce que feu M. le prince de Conti avoit fort avantagé cette princesse qui étoit sa fille aînée. Mlle de La