CHAPITRE V
Eyêques et cardinaux en débat sur les carreaux à la chapelle du roi pour le
sacre de Massillon, évèque de Clermont, qui s'y fit devant le roi , qui lui donna ircne mille livres de gratification, en attendant une abbaye. — Le parlement refuse d'enrepistrer la banque royale. — Le régent s'en passe, le méprise, la publie el l'établit. — Menille à la Bastille. — Cellamare écrit très-inutilement aux ministres étrangers résidant à Paris. — Conseil secret au Palais-Royal, qui se réduit après à M. le Duc et à moi, à ijui le régent confio que le duc tl la duchesse du Maine sont des plus avant dans la conspiiation, et qui délibère avec nous ce qu'il doit l'aire. — Nous concluons tous trois a les faire arrêter; conduire M. du Maine à Dourlens, et Mme du Maine au château de Dijon, bien gardés et resserrés. — M. le Duc dispute un peu sur Dijon el se rend. — M. et Mme du Maine el leurs affidés ont tout le temps de mettre leurs papiers à couvei't et en profitent. — Perfidie de l'abbé Dubois. — Conseil secret enire M. le duc d'Orléans, M. le Duc, l'abbé Dubois, Le Blanc et moi, où tout est résolu pour le lendemain.
— Le duc du .Maine arrêté à Sceaux par La Billarderie, lieutenant des gardes du corps , et conduit dans la citadelle de Dourlens. — Mme la duchesse du Maine arrêtée par le duc d'Ancenis, capitaine des gardes du corps, et conduite au château de Di on. — Enfants du duc du Maine exilés.
— Caidmal de Polignac exilé à Anchin. — Un geniilhomnie ordinaire du roi est mis auprès de lui. — Davisard et autres gens attachés ou domestiques du duc et de la duchesse du Maine, mis à la Bastille. — Excellente et nette conduite du comte de Toulouse. — Le duc de Saint-Aignan se tire habilement d'Espagne, où on vouloil le relen.r. — Mort du comte de Solre , sans nulle préieiitiou toute sa vie. — Son fils et sa belle fille s'en figurent de toutes nouvelles et inutiles. — Mort de Noinlol , conseiller d'Etat, et du vieu.\ Heudicourt. — Belle-Ile; sa famille; son île. — Caractère de Belle- Ile. — Caractère du chevalier de Belle-Ile. — Union des deux frères Belle- Ile; leur conduite domestique; leur liaison avec moi. — L'ainé commence à pointer el fait avec le roi l'échange de Belle-lie. — Raison de s'être étendu sur les deux frères Bulie-lle.
Deux incidents arrivés le vendredi 16 décembre méritent d'être rapportés, et n'interrompront pas longtemps l'atTaire de la conspiration. Le premier fut ecclésiastique : le P. Massillon, de l'Oratoire, e.\cellent prédicateur, avoit reçu ses bulles pour l'évèché de Clermont, auquel le roi l'avoit nommé. Il avoit fort plu à la cour par des sermons à la portée de râ<;e et de l'éclat du roi, qu'il avoit précédemment prêches à la chapelle. Le roi eut curiosité de voir son sacre. Il fut dit que , pour sa commodité, il se feroit dans la chapelle. Les évêques, toujours très-at entifs à usurper, tirèrent sur le temps et déclarèrent que pas un n'a.ssisteroit à ce sacre s'il s'y trouvoil des cardinaux. Il n'y avoit point d'exemple de sacre daus la chapelle du roi, tres-peu ailleurs, oii le roi ou la reine