‹ Mémoires complets et authentiques, sur le sièvle de Louis XIV et la Régence; (volume 2)Chapitre 73 sur 335 · LA PEYROKIE PREMIER CHIRURGIEN · texte numérisé non relu

LA PEYROKIE PREMIER CHIRURGIEN

vie, la conduite, les mœurs et la mercenaire scélératesse. Ils la surent bien employer. Il fut arrêté peu après et envoyé aux îles de Sainte-Marguerite . d"où à la fin il obtint de sortir avant la fin de la régence. Il eut l'audace de se montrer partout dans Paris, et. tandis qu'il y paroissoit aux spectacles et dans tous les lieux publics, on eut l'impudence de répandre que M. le duc d'Orléans l'avoit fait tuer. Les ennemis de M. le duc d'Orléans et ce prince ont été également infatigables : les premiers en toutes les plus noires horreurs , lui à la plus infructueuse clémence , pour ne lui pas donner un nom plus expressif.

Maréchal , premier chirurgien du roi , dont le fils avoit la survivance , mais si dégoûté du métier, qu'il ne vouloit plus l'exercer, s'accommoda de sa charge avec La Peyronie, fort grand chirurgien, qui parut depuis grand et habile courtisan , et qui fit grand bruit à la cour et dans le monde. Il avoit beaucoup d'esprit et d'ambition.

Stairsfit une superbe entrée. Soit ignorance que les ambassadeurs n'entrent à Paris dans la cour du roi qu'à deux chevaux, ou entreprise, ses carrosses, attelés de huit chevaux, prétendirent entrer. La contestation fut vive, mais enfin il fallut entrer à deux chevaux, et dételer les six autres. Les jours suivants il alla voir les princes du sang suivant l'usage. M. le prince de Conti lui rendit sa visite; mais ne voyant pasStairs au bas de son escalier, pour le recevoir , comme c'est la règle, il attendit un peu dans son carrosse , puis le fit tourner . et alla au Palais-Royal se plaindre de cette innovation. Stairs avoit déjà envoyé demander une audience à Mnies les princesses de Conti , à qui M. le duc d'Orléans manda de ne le point recevoir qu'il n'eût reçu les princes du sang comme il devoit. M. le Duc suspendit aussi la visite, qu'il devoit lui rendre. Stairs prétendit que la réception au bas du degré n'étoit pas dans son protocole. Il s'en fit approuver par les autres ambassadeurs, et blâmer par eux d'en avoir trop fait pour M. le duc de Chartres, qui, quoique premier prince du sang, ne devoit pas être traité difl"éremment (les autres princes du sang. Enfin au bout de deux mois de lutte et de négociations, M. le Duc et M. le prince de Conti rendirent séparément leur visite à Stairs, qui les reçut au bas de son degré. L'audace de cet ambassadeur d'Angleterre , qu'il portoit également peinte dans sa personne , dans ses discours et dans ses actions , avoit révolté toute la France. On a vu en son lieu que le r'égent, d'abord par Canillac et par le duc de Noailles , puis par l'abbé Dubois, dès qu'il fut à portée d'agir par lui-même, en fut subjugué, et Stairs se crut assez le maître du terrain pour hasarder, seul de tous les ambassadeurs des têtes couronnées, une entreprise sur les princes du sang, dont la longue dispute fut honteuse à notre cour. Elle finit pourtant sans innovation, mais uniquement par la persévérance des princes du sang, et sans que Stairs en fût plus mal à Londres ni au Palais-Royal.

3\Ime de Seignelay-Walsassine mourut en couche. Elle avoit épousa le dernier fils de Seigiielay, ministre et secrétaire d'Êat, qui avoif quitté le petit collet" , et qui ne servit point. Il avoit eu dans son partage

H. L». petit collel était une espèce de rabat, qui indiquait qu'on avait

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