LÉGERS MOUVEMENTS DU CONSEIL
à La Vrillière de se saisir de toutes les commissions pour aller à la porte, de peur du babil de M. de Troyes ou de quelque autre, parce que de l'éloigriement d'où j'étois assis, cela marquoit trop. Eu etlet, cela étoit essentiel, et La Vrillière le fit depuis. Retournant en ma place, encore d'Antin en embuscade, m'interpellant , au nom de Dieu et les mains jointes, je tins bon, et lui dis : « Vous allez voir. » Le duc de Guiche à mon retour en place me pressa aussi inutilement, jusqu'à me dire qu'on voyoit bien que j'étois dans la bouteille : je demeurai sourd.
Ces petits mouvements passés, M. le duc d'Orléans, redressé sur son siège d'un demi-pied , dit à la compagnie, d'un ton encore plus ferme et plus de maître qu'à la première affaire , qu'il y en avoit une autre à proposer bien plus importante que celle qu'on venoit d'entendre. Ce prélude renouvela l'étonnement das visages, et rendit les assistants immobiles. Après un moment de silence, le récent dit qu'il avoit jugé le procès qui s'étoit élevé entre les princes du sang et les légitimés : ce fut le terme dont il usa sans y ajouter celui de prince; qu'il avoit eu alors ses raisons pour n'en pas faire davantage ; mais qu il n'étoit pas moins obligé de faire justice aux pairs de France, qui l'avoient demandée en même temps au roi par une requête en corps, que Sa Majesté avoit reçue ellemême , et que lui-même récent avoit communiquée aux légitimés; que cette justice ne se pouvoit plus différer à un corps aussi illustre, composé de tous les grands du royaume, des premiers seigneurs de l'État, des personnes les plus grandement revêtues, et dont la plupart s'étoieii.". distingués par les services qu'ils avoient rendus: que, s'il avoit estime au temps de leur requête n'y devoir pas répondre, il ne se sentoit que plus pressé de ne plus différer une justice qui ne pouvoit plus demeurer suspendue, et que tous les pairs désiroient de préférence à tout; que c'étoit avec douleur qu'il voyoit des gens (ce fut le mot dont il se servit) qui lui étoient si proches, montés à un rang dont ils éloient les premiers exemples, et qui avoit continuellement augmenté contre toutes les lois: qu'il ne pouvoit se fermer les yeux à la vérité: que la faveur de quelques princes, et encore bien nouvellement, avoit interverti le rang des pairs; que ce préjudice fait à cette dignité n'avoit duré qu'autant que l'autorité qui avoit forcé les lois; qu'ainsi les ducs de Joyeuse et (l'P.pernon . ainsi MM. de Vendôme avoient été remis en règle et en leur rang d'ancienneté parmi les piiirs. aussitôt après la mort de Henri II. et de Henri IV; que M. de Beaufort n'avoit point eu d'autre rang sous les yeux du feu roi, ni M. de Verneuil , que le roi l'it duc et pair, en 16(53., avic treize autres, et qui fut reçu au parlement, le roi y tenant son lit de justice, avec eux. et y prit place après tous les pairs ses anciens y séants, et n'y s". a jamais eu d'autre: que l'équité, le bon ordre, la cause de tant de personnes si considénibles et la première dignité de rP.tat ne lui permettoient pas un plus long déni de justice; que les légitimés avoient eu tout le temps de répondre, mais qu'ils ne pouvoieiit alléguer rien de valable contre la force des lois et des exemples ; qu'il ne s'agissoil que de faire droit sur une requête pour un procès existant et pendant, qu'on ne uouvoii pas dire qui ne fût pas instruit; que, pour y proaoucer , il avoit l'.ni dresser la déclaration dont M. le tcarde des sceaui