CHAPITRE XXn
Indifférence pour les grands des litres de duc , marquis ou comte. — Titre de prince encore pl\is indi lièrent. — Succession aux grandcsses. — Majorasques. — Étrange chaos de noms etd'armrs en Espagne, et sa cause. — Bâtards; leurs avantages et leurs différences en Espagne. — Récapitulation sur la grandesse. — Étrange coutume en faveur des juifs et des Maures baptisés. — Nulle marque de dignité aux armes, aux carrosses, aux maisons, que le dais. — Hoiir»urs dits en France du Louvre. — Distinctions de quelques personnes par-dessus les grands. — Démission de grandesse inconnue en Espagne. — Exemples récents de grands étranger."» expliqués. — Successeurs à grandesse ont rangs et honneurs.
Il y a maintenant deux choses à expliq'iT : l'indifférence des titres de duc. marquis et comte; la succession à la dignité.
Pour la première, il faut encore en revenir aux ricos-hombres. tige, pour ainsi dire, de la dignité des grands. On a vu que ce titre de ricoshombres , avec toutes les distinctions qui y étoient attachées , ne fut d'abord que pour les grands vassaux immédiats à bannière et à chaudière, et que dans la suite de leur multiplication, usurpée ou concédée à la nécessité du temps ou à la confusion des affaires des divers royaumes qui ont si longtemps composé les Espagnes , les cadets de ces ricoshombres, leurs gendres et la postérité des uns et des autres se maintint peu à peu dans la possession de ce titre , sans posséder ces premiers grands fiefs, qui dans leurs auteurs en avoient été le fondement. Lorsque les titres de duc . de marquis et de comte commencèrent à s'introduire dans les Espagnes, ce ne fut que pour les grands vassaux effectifs, qui étoient ces ricos-hombres premiers . dont le titre s' étant multiplié dans la suite par la voie qui vient d'être expliquée , elle servit de même pour la multiplication des titres de duc , de marquis et de comte; et ces derniers-ci. comme bien plus modernes, et comme n'ayant en soi dans les Espagnes aucune distinction de prérogative attachée, n'étoit qu'un accompagnement indifférent au titre de ricohombre: il fut aussi dès lors indifférent d'être duc, marquis ou comte, parce que l'unique distinction éclatante et supérieure à toute autre , n'étoit attachée qu'au titre de rico-hombre. Bien est vrai que le duché marquoit et fut effectivement une terre plus noble et plus grande que le marquisat et le comté, et c'est ce qui fit que tous les ducs espagnols d'alors , se trouvant les plus distingués seigneurs et les dIus riches