SIXIÈME PARTIE
Qui eoDtieiit les aetioDs des quatre derniers Évèqoes d'Aoxerre, qai siégèrent depais l'an i 676 jasqn'en i 801 .
ANDRÉ COLBERT, Cll« ËVÊQUE D'AUXERRË.
Peu de jours après la mort de Nicolas Colbert, on appril que cet i676 a 1704. illustre prélat avait pour successeur M. André Colbert.
André Colbert était fils de Charles Colbert, président au présidial de Reims, et de Marguerite de Mévillicrs. Il était né dans cette ville en 1647. Dès l'âge de sept ans, ses parents voyant ses goûts pieux , lui firent embrasser la carrière ecclésiastique. En 1665 il fut pourvu d'un canonicat dans Téglise de Reims. Après avoir fait de brillantes études à Paris, il fut reçu docteur eu Sorbonne, le 5 novembre 1669.
294 ksmt COI.BBAT,
1G7C ^ 1704. L'évêque Nicolas Colbert , dont il était parent , Tappela auprès de lai et lui conféra une prébende dans la collégiale d'Âppoigny. Nommé ensuite archidiacre d'Âuxerre, il se distingua par ses prédications dans les paroisses de Moléme et de Treigny. Le clergé du diocèse Payant élu pour son représentant à l'assemblée provinciale de Sens, en i675, il y fut nommé député à rassemblée générale du clergé.
Le diocèse ayant perdu son premier pasteur, Tabbé de Pierre- Basse, neveu de Tévéque P. de Broc, se mit sur les rangs pour lui succéder. Mais la réputation de savoir que s'était acquise Fabbé Colbert, jointe à l'appui du grand ministre du même nom, lui valut le siège d'Auxerre, et le roi Ty nomma le IS septembre 1676. Les évêchés étaient alors une ressource dans la main des rois. Louis XIV, en donnant celui d'Auxerre à M. Colbert, le greva de plusieurs pensions et particulièrement d'une de 1 ,500 livres pour le docte abbé Baluze, qui était conservateur delà bibliothèque Colbertine (1).
 la mort de Nicolas Colbert, le Chapitre cathédral avait voala exercer son droit d'administration pendant la vacance, en vertu de l'exemption de la régale.
Il avait pourvu aux services temporels et spirituels du diocèse, et, à cet effet, il avait nommé trois économes. Les dispositions prises par le Chapitre déplurent au nouvel évéque. Il fit signifier a la compagnie que le roi l'avait gratifié de l'économat. Le Chapitre fit des remontrances. Cependant l'évèque avait ordonné k M^ Panier, son homme d'affaires, de ne pas faire d'actes qui fussent trop hostiles au Chapitre. Mais la résistance de ce corps le mécontenta, et il obtint deux lettres de cachet pour trancher les difficultés. M® Panier fut adjoint aux économes du Chapitre.
M. Colbert demeura jusqu'au mois de juillet 1678 à attendre ses bulles pour prendre possession. Pendant ce temps, les vicaires-généraux du Chapitre gouvernèrent le diocèse. Le 7 août 1677, ils lancèrent un monitoire à la requête des maire et échevins d'Auxerre, contre
(I) L'abbé touchait encore cette pension en J703y suivant la mention qui est faite « d'une traite de 833 \h, an profit de Tabbé Baluze» dans Tinventaire après décès de H. de Colbert. — Archives de T Yonne. 4~-
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cerlaifls malfaiteurs qui, depuis quelques années el oolaninieni celle-là, ygtB h 1704. commettaient des désordres dans la ville , couraient les rues pendant la nuit , escaladaient les jardins, brisaient les arbres et volaient les fruits et les fleurs.
Les bulles de M. André Colbert étant enfin arrivées de Home , il fut sacré dans la chapelle de la Sorbonne, où il demeurait depuis deux ans, par M. de Harlaj, archevêque de Paris, le 18 juillet 1678 (i).
Le 5 septembre suivant, on annonça à Âuxerre Tarrivée du prélat. Il n'avait pas négligé les cérémonies ordinaires de prise de possession. Les quatre barons avaient été assignés pour faire foi et hommage, eé pour porter Tévéque depuis Téglise Saint-Germain jusqu'à la cathédrale. M. Louis de Boulainvilliers, chargé de la procuration de madame la maréchale de la Mothe, née Marie-Louise de Prie, se présenta pour prêter foi et hommage de la baronnie de Toucy. Il fut dispensé du portage. Le comte d'Âuxerre , le baron de Saint-Vemin , et M. de Colbert, baron de Seignelay, n'ayant comparu ni en personne ni par procureur, l'évêque fit toutes protestations pardevant notaires , pour la conservation de ses droits.
Malgré la prière faite par M. Colbert aux habitants d'Âuxerre , de ne point le recevoir avec solennité , la milice bourgeoise, au nombre de i2 à 1,500 hommes, s'était mise sous les armes et formait la haie hors de la ville depuis la porte de Sain t-Siméon. Les magistrats et le corps de ville reçurent le prélat en dehors des barrières. On remarquait à cette cérémonie le comte César-Philippe de Chastellux, qui , en sa qualité de chanoine héréditaire de la cathédrale, avait revêtu son costume historique (2).
 peine M. Colbert fut-il installé dans son siège épiscopal , qu'il voulut continuer l'œuvre de son prédécesseur pour la réforme des graves abus qui s'étaient introduits dans le diocèse. Le 15 décembre 1678, il adressa au clergé un mandement où il déclarait qu'il voulait connaître la capacité de tous ceux qui seraient employés dans le saint ministère. Il prescrivit, en conséquence, à tous les prêtres
(1) Il ne prêta serment de fidélité au métropolitain que le 25 septembre 1679.
(2) 5 et 6 sept. 1678.
im à 1704. àe se présenter devant lui pour recevoir ses ordres , révoquant eo même temps toutes les permissions de prêcher et de confesser qu'ils avaient pu obtenir jusque-là. Dans un synode ouvert le i8 avril 1679 il renouvela les ordonnances de son prédécesseur, et on y arrêta les bases d'un règlement sur l'administration des sacrements.
Cette assemblée élut alors M. Chrétien, grand-vicaire de l'évêqae, en qualité de député it la chambre ecclésiastique (1), et M. Marpon, prieur-curé de Saint-Âmatre, comme syndic du clei^é.
Peu de temps après, M. Colbert confirma Télection, qu^avait faite le Chapitre, de M. Toussaint Leclerc, chanoine-diacre, à la dignité de chantre de Téglise cathédrale.
Les états de Bourgogne ayant été convoqués le 14 août 1699, M. Colbert y fut choisi pour Félu du clergé.
C'est pendant la tenue de cette assemblée que l'évéque d'Âutun fit exécuter l'arrêt du Conseil du 8 avril 1658, qui l'avait maintenu daos le droit de présider les Etals et d'y précéder tous les évéques qui y avaient entrée, quoique]^ plus anciens en sacre. Nicolas Colbert avait bien protesté, mais celte fois l'évéque d^Âutun Gt observer que Tarrêl avait été exécuté pendant plus de vingt ans sans réclamations. M. André Colbert garda le silence, et la prérogative des évéques d'Âutun fut coosacrée jusqu'à la révolution.
M. Colbert, nommé élu du clei^é dans l'assemblée générale tenue i Saint-Germain-en-Laye, au mois de mai 1680, fut chargé de faire, ï Louis XIV, des représentations sur l'état des affaires religieuses. On était alors vivement divisé sur les questions du jansénisme et des libertés gallicanes. Le prélat, après avoir assuré le roi du dévouement du clergé, lui parla de la nécessité des conciles provinciaux pour la réforme de la discipline et des mœurs. 11 lui rappela encore qu'il était le bras de l'Eglise, l'instrument temporel de la volonté divine.
(1) M. Chrétien , qui avait obtenu par son mérite toute la confiance de Tévéque et était devenu archidiacre de Puisaye, encourut plus tard sa disgrâce et fut exilé à Tréguier par lettre de cachet. M. Potel dit que cet exil fut pour M. Chrétien une espèce de triomphe. D'un autre côté, le Chapitre protesta en refusant de suppléer Tofficc d'archidiacre lorsque Tcvéque officiait.
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Loois XIV, alors tout paissant, avait déclaré qae le droit de régale i^jq ^ 1704. loi appartenait dans tons les évéchés du royaume. Un petit nombre d*évêques réclamèrent. Us furent soutenus vigoureusement par le pape qui accusa le roi de violer les droits de l'Eglise. L'assemblée du clergé de 1682, k qui Taffaire avait été renvoyée, s'empressa de proclamer les droits du roi et consentit à l'extinction de la régale partout. L'évéque d'Auxerre céda alors, sans réclamer, une des plus belles prérogatives de son église.
Les dispositions^ si favorables aux intentions du roi , de l'assemblée du clergé de 1682, se révélèrent encore mieux par la fameuse déclaration des quatre articles devenus célèbres dans l'histoire. M. Colbert y donna son adhésion entière.
Il ne parait pas avoir pris une part active aux affaires générales après l'assemblée de 1682. Il se concentra dans les soins de l'administration de son diocèse et s'y dévoua tout à fait. La suite de l'histoire de son épiscopat est tout entière dans les mesures qu'il ne cessa de prendre pour l'amélioration de ses ouailles et la discipline de son clergé.
Esprit fin et délicat , M. Colbert avait une connaissance solide de l'histoire, et l'auteur de sa vie (I) nous le dépeint comme un amateur éclairé des lettres et des beaux-arts. Il goûtait surtout la musique (2). Il était somptueux et magnifique dans l'occasion, quoique vivant ordinairement d'une façon fort réglée. Ses manières distinguées donnaient St sa réception le meilleur air. Son goût pour la bâtisse le porta à embellir son palais épiscopal et son château de Régennes (3).
Lorsque Louis XIV passa a Âuxerre, le dimanche 50 mai 1685,
(1) L'abbé Potel.
(2) Santeuil était souvent reçu dans son palais.
(3) On voit par l'ioventaire dressé à sa mort, en 1704 , que le palais épiscopal était richement meublé et décoré de tapisseries. 11 y avait dans les écuries six chevaux de carosse et trois de selle , et dans les remises deux carosses garnis. Le jardin étaitorné,entr'autres arbustes y de 26 caisses de lauriers blancs et roses, et de 33 orangers. — Archives de ITonnc -^J?
1976 ^ 1704. P^^r ^"^^ ^^ ^^™P ^^ '^ Saône, M. Golberl trouva Toccasion de montrer sa magnificence, et le roi lui en fit compliment. Il reçut le prince avec toute sa suite ; parmi les dames qui accompagnaient la reine , on vojfait mesdames de Montespan et deMaintenon. Pendant la réception faite au roi et a laquelle assistait le Chapitre, ce prince fut frappé du costume singulier que portait Tun des chanoines, M. de Chastellui, revêtu de son costume mi-parti militaire et ecclésiastique. Les courtisans, comme le roi lui-même, étaient fort intrigués de ce qu'ils voyaient. Louis XIY s'étant fart expliquer la raison de cet usage, apprit que c'était un souvenir de la concession d'un canonicat accordé par le Chapitre a Claude de Beauvoir, en 1425, lorsqu'il eut rendu à l'église d'Âuxerre la ville de Cravan qu'il avait reprise pour le duc de Bourgogne et défendue ensuite dans un long si^e contre les troupes de Charles VIL
On rapporte que Louis XIV complimenta M. de Chastellui sur la prérogative dont il jouissait, et qu'il répondit aux courtisans qui plaisantaient : c Ne badinez pas. Messieurs, il n'y a aucun de vous qui ne > dût se faire honneur d'un pareil titre. »
Le Ic^ndemain le roi quitta Âuxerre après avoir entfendu la messe dans la cathédrale.
Peu de mois après, la mort vint frapper cruellement deux des hôtes qu'avait reçus M. Colbert. La reine mourut le 50 juillet, après trois jours de maladie. Le grand Colbert succomba également le 6 septembre , k l'âge de 64 ans. Des services solennels furent célébrés en l'honneur des illustres morts. L'abbesse des Bernardines, sœur de M. de Colbert , fut la première à lui payer le tribut de sa douleur et de son affection, par un service auquel assistèrent toutes les autorités, le 10 et 11 septembre.
Nous avons dit que M. André Colbert avait consacré sa vie k l'amélioration de ses diocésains. Ses nombreuses visites des paroisses et des monastères nous apprennent l'état du diocèse à cette époque.
Parmi les usages superstitieux qui subsistaient encore, Tabbé Potel parle de la vénération qu'on attachait dans certains lieux à des vases de cuivre conservés dans les églises comme des reliquaires. On trouvait aussi , dans quelques paroisses , des pintes d'étain et des
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verres qui servaient aux ablulions des communiants. Les mariages ^^^ ^ ^^^ étaient souvent Tobjet de cérémonies burlesques. Les invités allaient offrir des présents à la mariée qui les recevait dans un fauteuil , tenant un ciej^e à la main ; et tout se terminait par un salut que chacun lui faisait aux dépens de la pudeur.
Les funérailles étaient aussi l'occasion de pratiques étranges et contraires à Tesprit de TEglise. Les sorciers étaient encore l'objet de la croyance populaire. En 1696, deux hommes et trois femmes de Montigny, accusés de sorcellerie par leurs concitoyens, se soumirent k Têpreuve de l'eau pour se purger de cette imputation. Acte fut dressé pardevant notaire , en présence de plus de deux cents personnes des villages voisins. On plongea les accusés dans le Serain , au-dessus du gué du Bas-des-Pierres, près de Tabbaye de Pontigny, les mains et les pieds liés. Trois d'entre eux enfoncèrent dans l'eau et les deux autres surnagèrent; ce qui fut gravement constaté par le notaire (I).
M. Colbert proscrivit, par zèle pieux, toutes les statues de saint Martin et de saint Georges h cheval et les fit remplacer par un tableau de la résurrection. Cette tendance anti-archéologique, qui se développa de plus en plus pendant le xvin® siècle, causa la destruction de beaucoup d'antiquités curieuses. L'intention morale qui dictait ces proscriptions était bonne sans donte, mais ou doit en regretter les excès.
Les fêtes et les processions servaient de prétexte à des scènes qui rappelaient le moyen-âge. Â Glamecy, les individus qui avaient fait le voyage de Saint-Jacques-de-Compostelle assistaient à la procession de la Fête-Dieu en habit de pèlerin avec le roquet et le bourdon.
A Varzy, on voyait encore dans cette même fêle les douze apôtres que figuraient autant de personnages revêtus d'aubes et d'ornements d'église (2).
M. Colbert supprima ces usages ridicules, et donna une meilleure direction à la piété des populations.
Il savait que plus le peuple est éclairé, mieux il comprend
(1) Voy. aux Preuves de ces Mémoires^ t. iv, n^ 476.
(2) Cet usage qui remontait au moyen-Age était très-répandu dans les paroisses.
1^6 b 1704. 1^ respect dû aux choses saintes. Dans le synode de 1685, il recommanda particulièrement \k son clei^é l'instruction de la jeunesse et surtout celle des pauvres et des bergers, qu'il exhortait les curés d'aller chercher dans les champs s'ils négligeaient de se rendre aux leçons. Beaucoup de paroisses de la campagne manquaient de maîtres d'école ; il mit tous ses soins à en augmenter le nombre (1). Les ordonnances publiées dans le synode de 1689 sont empreintes d'un grand esprit de sagesse. L'évéque y prescrit des règles pour la célébration des mariages, l'emploi des deniers des fabriques, l'observation du dimanche , l'instruction religieuse à donner par les curés. Il leur recommande la réserve dans les fêtes paroissiales. Il proscrit certains abus superstitieux comme de porter le saint-sacrement aux incendies, de donner le baptême aux enfants morts-nés. Dans rassemblée du clergé de 1695, furent arrêtées définitivement les ordonnances synodales préparées dans les réunions antérieures. Elles ont été observées jusqu'à celles que fit M. de Caylus en 1758.
Le roi voulait faire disparaître toute trace du calvinisme dans ses états : poussé dans cette voie par madame de Maintenon, il ordonna, par une déclaration du 15 décembre 1698, quMI serait établi partout des maîtres d'école catholiques. Le questionnaire adressé à ce sujet par l'évéque aux curés nous révèle l'état peu avancé du diocèse sons ce rapport. Sur 67 paroisses, 50 seulement sont pourvues d'instituteurs (2).
Le zèle de M. Colbert pour la conversion des réformés n'avait pas attendu les ordres officiels du roi. Dès Tannée 1679, il consultait, a Paris, un M. Peu sur ce projet. Celui-ci lui répond très-sagement : € que c'est un ouvrage de Dieu des plus difficiles ; pour y réussir, il » faut que la réputation soit bien établie pour la piété et l'érudition et » beaucoup de charité. » Il conseille à l'évéque d'aller résider lui-même sur les lieux et d y appeler des ouvriers sages et doctes ; et quoique
(1) On voit qu'à cette époque il était défendu de tenir des écoles privées ou publiques sans la permission de Tévéque. — Arch. de l'Yonne ^ ^
(2) Les réponses des curés ne sont pas toutes parvenues à révêcbé, puisque sur 210 paroisses 67 seulement Ggurent dans le dossier.
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ropinifttreté paraisse fort grande , il attirera la bénédiction de Dieu ^^jq ^ nia. sur ses travaux (1).
Dès ce moment, la conversion des protestants des villes de la Loire Tut la préoccupation de M. Colhert. Au mois de septembre 1685, il adressa, par ordre du roi, ^ ceux de La Charité, l'avertissement pastoral fait par l'assemblée générale du clei^é. Les réformés étaient réunis au Crot-Guillot où se tenait le consistoire (2). Le ministre Boju reçut poliment les envoyés parmi lesquels étaient le prieur de Tabbaye Saint-Père d'Âuxerre, le curé de Sainte-Croix de La Charité, l'intendant d'Orléans et deux notaires. La lecture de l'avertissement pastoral fut écoutée en silence, après que le ministre eut protesté de son profond respect pour le roi, et de l'injustice des persécutions dont les réformés étaient l'objet. Le ministre répondit ensuite : « Ce » que nous avons à dire maintenant, c'est que les conversions sont y l'ouvrage du Saint-Esprit , c'est du ciel qu'il faut les attendre, nous » espérons de la bonté du roi qu'il ne nous obligera jamais k des choses » contre notre. conscience. »
Après la révocation de l'édit de Nantes, en 1685, les mesures prises pour la conversion des réformés , affectèrent une forme officielle et administrative qui était loin de la charité évangélique (5). En vertu de l'édit , on démolit les temples, l'exercice de la religion réformée fut défendu ; les prédicants refusant d'abjurer furent exilés. Les écoles des réformés furent abolies et leurs enfants baptisés et élevés dans l'église romaine. On voulut bien leur permettre encore la liberté de conscience jusqu'à ce qu'il plût it Dieu de les éclairer.
Cependant, il ne paraît pas que M. Colbert ait usé de la rigueur qu'on reproche avec raison au gouvernement de Louis XIV. Les
(i) Arch. de l'Yonne, pièces sur les réformés.
(2) Suivant un mémoire du xvu* siècle , le Crot-Guillot , situé à une lieue de La Giaritéy sur la terre de Passy , n'aurait commencé à servir de prêche qu'après Védit de Nantes. Les réformés s'assemblèrent d'abord sous un arbre, puis dans une grange, et ils ne firent bâtir leur temple qu*en 1653.
(3) En 1687, l'intendant d'Orléans payait les missionnaires aux frais du roi, mais d'une manière si mesquine que quelques-uns n'avaient que 20 sous par jour. — Arch. de l'Yonne J-^- ,
502 ANDRÉ COLBEKT,
im il 1704. mesures qu'il avait prises dès avant Pédit royal l'eu dispensèrent.
L'histoire de sa vie nous apprend qu'il travaillait lui-même ^ ramener les réformés dans le sein de l'Église. Des familles entières abjuraient. Les villes de Gosne, Gien, La Charité, n'oublieront jamais qu'elles sont redevables à M. Golbert de la réunion de la plupart de leurs citoyens (1). Parmi ses eoopérateurs les plus dévoués, on cite MM. Marie^, son grand- ' vicaire, pénitencier de la cathédrale (2), et l'abbé Jegou de Kervilio, qui
fut depuis évéque de Quimper.
Cependant, on voit bien par la physionomie des rapports faits à l'évéque sur l'état des esprits, que les nouveaux convertis^ comme on appelait les réformés qui avaient abjuré, n'avaient pas toujours cenoncé du fond du cœur à leur foi première. Quelques-uns disent même c que leur abjuration n'a pas été volontaire et qu'ils la considèrent > comme un grand péché. » Geux de Gien ne pratiquaient pas leurs devoirs religieux et conservaient des rapports avec les réformés émigrés.
M. Golbert ne négligeait pas, d'un autre côté, la surveillance des monastères ou des églises collégiales dé son diocèse. Ses nombreuses visites étaient marquées par des mesures d'ordre et des améliorations que réclamait l'état des maisons religieuses, régulières ou séculières.
Son Chapitre lui offrit tout particulièrement l'occasion de se prononcer sur une question importante. Il existait, depuis la 6n da xiv^ siècle (5)^ une institution de douze prêtres qu'on appelait chanoines tortriers et dont les fonctions étaient de suppléer les grands chanoines, soit au chœur, soit à la lecture des leçons. Les prérogatives de ces chanoines étaient bien moindres que celles des autres. Ils devaîeit résider continuellement et ne pouvaient s'absenter plus d'un mois sans la permission du Chapitre. Ils n'avaient aucune part aux délibérations capiiulaires. Ils n'accompagnaient pas le Chapitre lors des visites aux princes et autres personnes de considération. Leur part, dans les distribntions, était de moitié moindre que celle des grands chanoines, etc.
(1) L'abbé Potel, p. 44.
(2) M. Marie prononça , daas la cathédrale , Toraison funèbre de la reine Marie- Thérèse d'Autriche, le 2 octobre 1683 (M" bibl. d'Auxerre, n. 76).
(3) Voy, ci-dessus à la vie de G. d'Eslouteville, p. 7.
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Cependant, en 1649^ un sieor Filey, semi-prébendé , éleva de^ pré- i^^ >, ,704. tentions contraires an sujet de l'obligation de la desserte , et demanda la réunion des douze semi-prébendes en six , attendu la médiocrité des ' reTenns de son canonicat. D'incidents en incidents , le procès porté an parlement dura jusqu'en 1686; alors l'évéque nommé commissaire pour prononcer en dernier ressort, condamna le sieur Filey sur tous les points, et maintint le Chapitre dans tous ses droits , conformément à la bulle du pape Clément VII, de Tan i581 (1).
En 1682, il régla les différends qui existaient depuis longtemps . entre les chanoines de Gien et le curé de Saint-Laurent de la même ville, au sujet de la portion congrue et de l'autorité du Chapitre. Les droits des chanoines furent maintenus , mais ils durent payer la portion congrue au curé et à son vicaire , attendu que les biens de la cure avaient été réunis au Chapitre en 4669. Les collégiales de Donzy (1683) et de Clamecy(1684), reçurent également de nouveaux statuts dans un article desquels il leur était recommandé de se conformer aux usages de la cathédrale. Il en donna a celle de Gien en 1699.
La collégiale de Saint-Laurent de Cosne jouissait d'un revenu modique. Déjà, en 1640, M. de Broc avait réduit de 12 à 10 le nombre des prébendes , et en 1655 lui avait donné des statuts nouveaux. M. Colbert supprima encore deux prébendes le 1^*^ juillet 1685. Il visita alors le couvent des Bénédictines de Cosne. A la demande des directeurs du canal de Briare, il érigea, la mi^me année, en cure, l'église de Cbampoulet, en faisant distraction à cet effet d'une partie de la paroisse de Batilly.
Les chanoines de Varzy tenaient une conduite peu édifiante et tracassaient le curé. M. Colbert fit une information contre eux en 1684. L'abbaye de Crisenon n'avait pas non plus, à la fin du xvii^ siècle, une ré-
(1) Mém. sur l'origine des semi- prébendes^ par M. Viart. ^ — . On voit encore
qu'il était défendu aux semi-prébendés de porter des aumusscs grises, et que les leurs devaient être d'un gris plus uni et plus marqué de roux. Le côté blanc hermine devait être barré et mêlé de pointes de petit gris de 9 à 10 pouces de long sur 4 de large. Ils ne devaient point avoir de bandes de velours ou d'autres étoffes sur le devant de leurs chapes d^hiver, non plus qu'en aucun temps la soutane violette.
1676 il 1704. putalion bien exemplaire. L'abbesse, M'"® de Romainval, avec ane reli-gieuse bénédictine de Nantes nommée M^^ d'Hairval, menaient la vie la plus scandaleuse. Les plaintes adressées à Tévéque par de vieilles religieuses désolées de ces désordres , nous révèlent des mœurs honteuses (1). Les Urbanistes d'Entrains, qui n'étaient plus que quatre, furent supprimées en 1 688, et leur maison fut réunie à Tabbaye des Isles.
Les institutions de charité prenaient à cette époque un développement plus considérable que jamais. M. Colbert favorisa de tout sod pouvoir ces tendances dans son diocèse. Il institua ou approuva les confréries des dames de charité dont le but était le soulagement des pauvres et des malades, notamment à Glamecy y^i684) , La Charité et Donzy (1688), Gien (1695). La paroisse de Saint-Père d'Âuxerreqae le curé dépeint comme la retraite ordinaire des indigents et comme renfermant un grand nombre de pauvres gens ce souffrant de grandes disettes, pour ne pas dire qu'ils meurent quasi de faim faute de secours » (2), reçut aussi sous son épiscopat cette utile création .Ces confréries, qui remplaçaient plus utilement d'autres associations de métiers dites des bâtons (3) , étaient devenues nécessaires dans ces temps malheureux où l'excès des tailles avait ruiné les populations. La religion prenait sous son patronage ces pieuses fondations qui s'accomplissaient par des dames veuves ou des demoiselles âgées pour lesquelles c'était une espèce de profession religieuse.
Les hôtels-dieu et les maladeries avaient éprouvé, en 4672, une grave atteinte dans leur existence. Le roi étant informé qu'un trèsgrand nombre de ces maisons étaient mal gérées et servaient plutôt à faire vivre des parasites qu'à subvenir aux besoins des pauvres et des malades, les réunit à l'Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel, qui devait être chargé de leur administration. De nombreuses réclamations
(1) Arch. de l'Yonne g q
(2) Arch.de l'Yonne ^^•
(3) La statue du saint patron était, dans le moyen âge, portée au bout d'un bâtoo dans une niche ornée. Cest ce qui flt donner à ces associations le surnom de hâtons. On adjugeait les bâtons aux enchères, le jour de la fête du saint; ce qoi donnait lieu à de grands abus.
CBT^T DEUXIÈME ÉVÊQUE d'aUXERRE. 505
s'élevèrenl contre cette mesure qui nuisait aux hôpitaux et aux pauvres ; t^^ ^ ^^04^ enfin, en 1695, un édit modifia cet état de choses.
Dans chaque intendance, des fermiers furent provisoirement chargés de la gestion des biens. En ce qui concerne le diocèse d'Âuxerre, la réorganisation du service de charité eut lieu peu après (1). Une déclaration du roi, du 12 décembre 1698, avait prescrit la formation dans chaque hôtel-dieu, d'un bureau de direction qui devait être composé des premières autorités judiciaires et municipales ; le curé en faisait partie de droit. Les habitants élisaient aussi un certain nombre de membres tous les trois ans. L'évêque étant à La Charité, le 17 juillet i(t99, fit procéder, par l'assemblée générale des habitants, au choix des membres éligibles du bureau de Thôtel-dieu. Le 25 novembre suivant, il opéra de même à Varzy. L'hôtel-dieu de cette ville avait été rétabli par édit du 10 septembre 1695, avec union des maladeries de Varzy et d'Entrains. L'hôpital de Clamecy fut alors restauré, dans le faubourg de Bethléem, par les habitants et le Chapitre delà ville. Cette maison avait plus de six cents ans d'existence. On y réunit, en 1695 les maladeries de Clamecy, de Druyes et de Corvol. L'hôtel-dieu de La Charité fut aussi , en 1690, transféré dans les nouveaux bâtiments construits aux frais des habitants. L'ancien était au-dessus du grenier à sel et ne se composait que d'une seule salle où les malades étaient plusieurs dans chaque lit.
L'hôpital de Coulanges-les-Vineuses fut rétabli par arrêt du conseil privé du 4 mai 1697. On y réunit les biens des maladeries de Mailly-le- Château, Mailly-la-Ville, Cravan et Saint-Cyr. L'évéque avait fait un travail pour proposer la réunion des maladeries et léproseries devenues inutiles aux hôpitaux les plus voisins. Cette mesure fut exécutée en grande partie. Les hôtels-dieu étaient obligés de recevoir les malades des lieux où il y avait des maladeries, à proportion des revenus de ces établissements (2). En 1690, M. Colbert autorisa la dédicace de la cha-
(1) Cette mesure ne tarda pas à être très-nécessaire, car la misère devint si grande dans la campagne au printemps de 1699, que des paysans étaient réduits à ▼ivre de racines et de son. — Reg. du Chapitre d'Auxerre, mélanges divers, 11,84.
(2) Yoy. Preuves, t. iv, no 475.
506 ANDRÉ COLBBitT,
irc ï 1704. P®ll<^ ^1(1 nouvel hôteUdieu de La Charité. Celle maison venait d^élre reconstruite par les habitants.
L'organisation complète de Thâpital général d'Âuxerre fut une œuvre qui occupa beaucoup la sollicitude de M. Colberl. Fondé par sod prédécesseur avec le concours delà ville qui Tavait prié d'en prendre Tadministration , cet établissement, ouvert en 1675, n'était pas dans un liett convenable (1). L'évéque, qui assistait très-souvent aux réunions du bureau d'administration tenues dans son palais , Gt tous ses efforts pour obtenir sa translation sur un emplacement plus spacieux. Des terrains voisins de la chapelle Notre-Dame-de-Lorette, située hors de la porte Saint-Siméon, furent achetés. Les bâtiments furent constmils en deux années et coûtèrent 1 6,200 liv. Le 25 juin 1686, M. Golbert fit la bénédiction solennelle du nouvel hôpital dans lequel les panvres avaient été transférés la veille. Le prélat, qui avait fait bâtir à ses frais le portail de la maison, désirait y placer les armes du roi et celles de la ville. Sur le bruit de ce projet, le maire d'Âuxerre , M. Billard, provoqua une délibération du corps municipal, pour faire mettre aussi une inscription portant ces mots : Hùpital général fondé par la tSk d'Auxerre. L'évéque et le bureau d'administration s'y opposèrent. L*affaire prit des proportions considérables ; le duc d'Enghien , gouveroeer de Bourgogne, à qui on avait demandé la permission de placer aussi ses armes sur le portail, et qui écoutait volontiers M. Billard, penchait pour son projet. Enfin, après de longs pourparlers, il fut décidé qu'on placerait au milieu du portail les armes du roi, celles de la ville au-dessous, et sur une plaque de marbre qui existe encore, les mots h&pital générd. Les armes du duc furent mises sur les deux côtés du portail, et, un peu au-dessous, celles des deux évoques du nom de Colberl (2). M. André Colberl , quand il mourut, donna encore une nouvelle marque de son intérêt pour cet établissement, en lui louant une somme de 8,000 liv.
(1) H occupait une maison dans la rue du Pont. Les pauvres , entassés dans des chambres mal aérées, avaient contracté Le scorbut en 1679. On avait voula envoyer les malades dans une maison du faubourg Saint-Julien. Alors les habitaots d« quartier s'ameutèrent et jetèrent violemment les meubles dehors. Il faHot rintertention du bailliage pour rétablir Tordre.
(2) Arch. de l'Yonne, Reg. de Thôpital général.
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Le sémioaire diocésain fondé par M. Nicolas Colbert et qui fut dirigé i6T6 ï ntx. jusqu'en i682 par M. H abert ^docteur en Sorbonne ^ reçut une Dooyelle institution. Les Pères de la Mission en furent chargés et l'évéque leur donna la maison où était le séminaire , dans la paroisse de Saint-Loup. Le clergé du diocèse contribuait alors annuellement pour 5,000 Ut. aux dépenses du séminaire.
Les registres des ordonnances épiseopales nous apprennent encore plusieurs faits d'administration qu'il ne faut pas passer sous silence. Pendant la visite de l'année 1695, M. Colbert fit à Gien la dédicace de la nouvelle église paroissiale de Saint-Louis, construite par les habitants, partie avec les matériaux du temple des protestants démoli après la révocation de Tédtt de Nantes, et partie avec l'argent provenant des revenus du consistoire de Gien. Il réserva, cependant, k l'ancienne église de Saint-Pierre, son titre de primauté , et voulut que le curé de Saint- Loois y célébrât k certains jours l'ofiBce divin. Il fit aussi, dans cette . même année, le jour de l'Ascension , la dédicace de l'église de Saint- Pierre-en-Vallée d'Âuxerre. Ce monument , bâti aux frais des habitants de la paroisse , quoique achevé du temps du cardinal Richelieu , n'avait pas encore reçu la consécration.
Les reliques de saint Prix, conservées dans l'église de Saints-en- Paisaye, fore»t Tobjet de plusieurs ordonnances. Après une translation iaite le 9 jain 1686, l'évèque ap[Mrouva la distraction de quelques portions d'ossements en iaveur de Frères-Mineurs de Paris, (juin 1687) et du curé de Fontainebleau, (50 janvier 1688).
Le 1^ août 1688, l'évèque se transporta à Pontigny pour bénir le nouvel abbé, frère Oronce Fine de Brian ville. Le 25 septembre de Tannée suivante, il consacra sa sœur Hélène Colbert en qualité d'abbesse de l'abbaye des Isles. Les Providenciennes d'Âuxerre, d'abord appelées Filles de l'Union, dont l'origine remontait à 1655 (1), obtinrent sous M. Colbert des lettres-patentes. Elles étaient vouées k
(1) Deux dames pieuses , Anne Petit et Marie Gautier, se vouèrent alors à recueillir les pauvres filles d'Auxerre, pour les sauver de Toisiveté et les former à la piété. Elles agrandirent peu à peu leur maison et reçurent des demoiselles pauvres et orphelines, puis elles formèrent une école pour les enfants de la ville. Leur but
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rinslruclion des jeunes filles. M. Colbert leur donna un règleroent fort étendu.
Le Chapilre cathédral, ce corps antique et puissant, gardien né des traditions de Téglise d'Auxerre, avait eu avec M. Colbert, au commencement de son épiscopat, des difficultés pour T exercice de ses droits de régale. En i687 , Tomission, dans un mandement, de la formule aprèê en avoir conféré avec nos vénérables confrères^ avait failli amener une grave perturbation dans les bons rapports qui régnaient entre le prélat et le Chapilre. Les représentations du Chapitre éclairèrent Tévéque sur Tirrégulariié de sa prétention et Tomission fat réparée. L'année suivante, autre obstacle à propos d'une cérémonie dans la cathédrale , où Tévéque fut encore obligé de céder aux vieux usages. On peut supposer toutefois, sans aller trop loin, que M. Colbert avait gardé souvenir de ces discussions, lorsqu'en i695 il obtint, du conseil d'Etat, un arrêt qui interdisait au Chapitre d'ordonner aucune cérémonie religieuse sans Tassenlimeut de Tévéque ou de ses grandsvicaires. De plus, le Chapitre fut condamné à lui faire des excuses, par une députation de douze de ses membres, de ce qu'il avait prescrit plusieurs processions sans Ten informer.
Cette affaire jeta de la froideur entre Tévéque et le Chapitre. L'auteur de sa vie, chauoine de la cathédrale, blâme, bien entendu Ja conduite de M. Colbert. Il accuse son entourage de Tavoir poussé à porter atteinte aux usages et à la juridiction du Chapitre « et met sur le compte de sa vivacité la persistance qu'il montra dans ces affaires. Ses projets de composer un nouveau bréviaire et un missel, furent, par suite de ses relations avec le Chapitre, indéfiniment ajournés. Ce corps renfermait alors des hommes éminents , car les Pères Cordeliers, tenant leur Chapitre général à Âuxerre, en 1690, lui demandèrent la permission de lui dédier une thèse qui serait soutenue par un de leurs docteurs, ce qu'il accepta. Et, pour reconnaître cette déférence, le Chapitre envoya cent livres aux frères mendiants (1). Le Chapitre
fut toujours renseignement gratuit. Les filles des novveaux converUi étaient placées dans cette maison. Les Providenciennes avaient des succursales dans plusieurs rilles du diocèse , à Vermanton , k Clamecy, à Cravan. (1) Arch. de ITonne, Reg. de divers recueils du Chapitre, t. ii, 198.
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iii enregistrer h la chancellerie royale (1697) ses armoiries qui sont k^g^ no4. d'azur à trois cailloux d'argent (1). Elles existaient déjà sous celte forme au seizième siècle, et sont figurées sur la tour sud de la cathédrale.
M. de Colbert visita pour la dernière fois son diocèse pendant Tannée 1699. Il donna alors de nouveaux staiuls aux religieux du monastère de Saint-Laurent-lez-Cosne, qui étaient réduits à quatre. La discipline y était tout à fait perdue et les mœurs des moines étaient très-déréglées (2). L'évéque, étant à Paris Tannée suivante^ tomba dangereusement malade et ne se rétablit jamais entièrement. Il languit encore pendant plusieurs années et perdit peu à peu ses forces. Les derniers actes qu'il signa furent une approbation de reliques envoyées de Rome au curé de Seignelay, (5 avril 1704), et la provision d'un canonicat de Clamecy, le 7 juillet suivant. Il mourut le i 9 du même mois.
Son testament, daté du 7 mai i704, respire la piété la plus vive et la plus noble. Il déclare mourir dans des sentiments tout à fait couformes à ceux de TËglise catholique , apostolique et romaine. Il demande pardon des sujets de plainte qu'il a pu donner et pardonne lui-même à tous ceux dont il a pu recevoir quelque déplaisir ou quelques injures.
Ses dispositions leslameniaires sont marquées au coin de la libéralité. Après avoir rendu à sa famille les 50 mille livres qu'il en avait reçues, il répartit le reste de ses biens entre les pauvres et les établissements religieux et charitables. Son Chapitre reçut, outre divers ornements , la somme de 12,000 liv. ; l'hôtel-dieu d'Auxerre, 4,000 liv. ; rhôpital-gcnéral , 8,000 liv. ; les Jésuites , 5,000 liv. ; les charités des paroisses, i,200 liv. Les pauvres des seigneuries épiscopales ne furent pas non plus oubliés. Après avoir employé en legs la plus grande partie de sa fortune , il disposa du reste en faveur de son séminaire ; il donna ainsi plus de 70,000 livres.
Le Chapitre cathédral, malgré les déclarations du roi, se mil en
(1) Reg de divers Recueils, t. ii.
(2) Arch. de l'Yonne -2 G.
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\m 1 1704. possessioB d'exercer son antique droit de régale k la mort de M. Colbert. U nomma trois chanoines-économes pour régir le temporel de FéTéché et trois autres en qualité de grands-vicaires. Il ne parait pas que ces mesures aient souffert de difficulté et que les officiers du bailliage s*y soient opposés.