‹ Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocese, continues jusqu'a nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotationsChapitre 78 sur 122 · M. DE LA FARE · texte numérisé non relu

M. DE LA FARE

i8?i i \m. I^c ce moment toute autre juridiction ecclésiastique cessa sur le département de TYonne. Un acte du 10 novembre 4824 établit M. Viart, doyen de Téglise paroissiale d*Auxerre, comme vicaire-général de Parchevéque. M. Viart continua d'administrer son doyenné comme auparavant, conservant ses habitudes, dirigeant les choses h sa manière pour le plus grand bien; de sorte que les changements successifs d aiitoYité ecclésiastique ne se faisaient que faiblement sentir dans Tancien Auxerrois. Cet état de choses dura jusqu'à M. de Gosnac*

M, de La Fare, attaché à la duchesse d^Angouléme par son service de premier aumônier, devait nécessairement négliger son diocèse. Cependant il s'empressa d'en visiter tout d'abord les principales villes. Il arriva k Auxerre, le 10 décembre 1821, descendit à l'Hôtel-de-Ville, puis se rendit en grande cérémonie k la cathédrale. M. Viart lui adressa dans son église un discours où l'éloge du passé du prélat se mêlait à l'espoir que l'avenir réservait à Téglise d'Auxerre.

D'autres allocutions furent également prononcées par différents fooc'- Uonnaires de la ville. On y remarque surtout un ton de critique pour le régime précédent qui semble malheureusement être de tous les temps.

Le 1®' novembre 1821, M. Dupont qui avait toute la confiance de Tarchevéque fut nommé son secrétaire-général. Le même jour, le Chapitre métropolitain fut installé. M. de La Fare nomma cinq archidiacres portant le titre de chacun des arrondissements du département.

Ce n'était rien que de créer les titres et les nouvelles fonctions destinées aux services généraux, il fallait pourvoir aux besoins de plus en plus urgents des paroisses qui allaient bientôt manquer de pasteurs. Les prêtres qui avaient échappé à la persécution se faisaient vieux ; beaucoup d'entre eux étaient plus que sexagénaires. La création de séminaires pouvait seule après quelques années remédier à cet état fâcheux. Aussi dès le 5 décembre 1821 l'archevêque publia un mandement pour intéresser les fidèles à cet établissement. Le conseil général du département, dans sa session de 1822, déclarait qu'il manquait plus de la moitié des desservants nécessaires aux besoins du culte. Un tiers des autres, disait-il, est dans un âge très-avancé, qui menace dans peu de voir vaquer un grand nombre de paroisses. Il approuva alors l'offre faite par la ville d'Auxerre des ^bâtiments dits de Sainle-Marie pour un petit séminaire

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diocésain. La fondaiioQ eut lieu en conséquence et fut autorisée par igai ^ ordonnance royale du 26 mars 1823 (1).

Dix bourses de 5,000 fr. furent fondées par le conseil général» k partager par moitié entre le grand et le petit séminaire. Les candidats étaient à la présentation du préfet. Mais les résultats de cette nouvelle institution ne devaient être efficaces qu'après un certain nombre d'années. Aussi le chiffre des églises où la desserte se faisait par binage, qui était de 98 en 1818, était de 111 en 1822, et de 128 en 1828.

En 1823, M. de La Fare, obligé de partir pour Rome afin d'assister au conclave, en sa qualité de cardinal, emmena avec lui M. Dupont, pour son conclaviste.

L'année 1823 est remarquable pour notre ancien diocèse d'Âuxerre, par la publication de la bulle du pape (2) qui réunit le titre d*évéché d'Âuxerre à l'archevêché de Sens. Cet acte eut lieu le 23 juillet. Le conseil municipal d'Auxerre, justement préoccupé de la perte de Tantique siège épiscopal, avait sollicité la conservation du titre de Tévéché et son union k l'église archiépiscopale de Sens, et le roi avait accueilli favorablement sa requête.

M. Dupont, nommé évêque de Samosate inpartibuiinfideliufn^ devint, ^ partir de 1824, comme le coadjuteur de M. de La Fare et le remplaça dans la visite de son diocèse qu'il ne pouvait pas faire lui-même.

Vers la fin de cette année, des missionnaires furent envoyés à Auxerre par M. de La Fare, pour ramener les esprits aux croyances religieuses. Hais la prévention d'une partie de la population fut si grande contre eux qu ils quittèrent la ville sans avoir obtenu tout le succès qu'ils avaient espéré.

Parmi les mesures, générales d'administration que prit M. de La Fare, nous citerons notamment l'ordonnance sur les fêtes, du 28 mars 1822, par laquelle «ont maintenus les règlements antérieurs et spécialement celui du 1®' août 1803» Par cette ordonnance les fêtes de l'Ëpi-^

(1] La ville fit abandon des bâtimeiits à condition qu'ils seraient à perpétuité affectés à un séminaire.

(2) Du 3 juin 1823.— Yoy, Preuves, t. iv n. 477.

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)8;;i 2i 18:29. phanic, dc saint Pierre et saint Paul et celles des saints Patrons de cha* que paroisse forent transférées, et durent être célébrées le dimanche le plus proche des jours où elles étaient chômées jadis.

L'archevêque étant à Paris, le 9 septembre 1824, publia une ordonnance considérable sur la discipline générale du clei^é , sur le service divin et sur les devoirs des ecclésiastiques. Le 18 août 1826 parut une autre ordonnance pour renseignement du cathéchisme de Sens, grand et petit, dans tout le diocèse, à Texclusion de tous antres. C'était l'ancien catéchisme de Tarchevéque de Luynes. Bientôt après (20 mars 1827), une circulaire d'un vicaire-général annonça le projet d'établir partout la liturgie sénonaise. On y donnait pour motifs le besoin d'uniformité dans la liturgie, la dégradation des anciens livres et l'impossibilité de les faire réimprimer sans de grands frais, etc. Mais ce projet n'eat pas de suite. Les prêtres de l'Âuxerrois s'unirent pour conserver leur belle liturgie qui avait eu l'illustre Lebeuf pour parrain et il ne fut plus question de rien. Cette tentative montrait bien qu'il y avait sur ce point une grande réforme à opérer, mais le temps n'éiait pas venu et elle devait arriver de plus haut.

Parmi les paroisses de l'ancien diocèse d'Aoxerre qui éprouvèreot des modifications dans leur titre, sous Tépiscopat de M* de La Fare, on trouve en 1822, l'église Saint-Eusèbe d'Auxerre, qui obtint le rang de cure. L'église Saint-Pierre de la même ville, fut alors érigée en cure de 5® classe. Jusqu'alors il n'y avait eu à Anxerre qu'une core, celle de Saint-Etienne dont le bénéficiaire, M. Viart, se qualifiait curé d'Âuxerre(l).

Le 1®' janvier 1825 eut lieu Térection de l'église de Cravan en cure; la succursale de Beaumontdate du mois de novembre 18%.

(1) M. Viart avait pris, comme on l'a déji vu/des allures d'indépendance qa*attlorisaient jusqu'à un certain point son âge, ses longs services et sa grande influence dans tout Ta ncien diocèse d'Auxerre. M. de La Farc , qui n'aimait pas le titre d'évéque d'Auxerre que le pape avait ajouté à celui de son siège, ne signait jamais qu'archevêque de Sens et d'Auxcrrc. Mais M. Viart avait grand soin^ lorsque des pièces de ce genre lui arrivaient de rarchevéché, d'ajouter après le mot Sens « ti évéque d'Auxcrrc, » et de ne les publier qu'avec cette rectiûcation.

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Les Ursulines de Yermanton qui étaient venues de Troyes forent isai i is». autorisées le 1^' juillet 1825.

La mort de M. de La Fare arriva te iO décembre 1829. Cet événement fut annoncé au diocèse par les vicaires-généraux élus par le Chapitre.

Nous terminerons ici la suite des Mémoires ecclésiastiques sur le diocèse d'Âuxerre. L'épiscopat de M. de Cosnac et celui de son vénérable successeur ne sont pas encore entrés dans le domaine de l'histoire •

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