‹ Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocese, continues jusqu'a nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotationsChapitre 80 sur 122 · PRÉVÔTS · texte numérisé non relu

PRÉVÔTS

dire ceux auxquels le zèle pastoral commençoit à diminuer, quelques évéques d'Âuxerre, soit par infirmité ou parce qu'ils avoient d'autres occupations qui partageoient leur soins, auront permis à des évéques régionaires de s'établir vers l'une ou l'autre de ces extrémités, comme on en a des exemples dans d'autres diocèses. Ces évéques, espace de grandsvicaires, avoient des pouvoirs limités et ne se qualifioient jamais évéques du diocèse où ils rendoient service.

Le Nécrologe de Téglise d'Auxerre écrit dans le xi® siècle, où sont nommés tous les morts remarquables depuis le temps de Charles- Martel ou environ, n'en marque qu'un seul qui mourut le 10 décembre. On y lit cette annonce h la tête de ce jour : Obiit Wadimiruê corepiscopus.

Les prévôts furent plus connus dans l'église d'Âuxerre que les corévéques.

Par leur charge, ils dévoient prendre soin du temporel des chanoines, et cette sollicitude leur produisoit un grand revenu. C'étoit donc au prévôt à fournir la nourriture aux chanoines dans le temps qu'ils observèrent la règle du concile d'Aix-la-Chapelle (l)t et même depuis qu'ils cessèrent de la pratiquer toute Tannée. Ce soin général du temporel, qui Tobligeoit à connoltre les terres de l'église, fit que les évéques lui lais* soient le soin de pourvoir aux cures de ces lieux du consentement du Chapitre; c'est dont il y a un vestige dans la vie de Guy, évéque d'Auxerre (2).

Cette dignité étoit conférée par l'évéque de l'avis et du consentement des chanoines, comme il paroi t par une lettre où Pascal II remercie l'évéque Humbaud d'en avoir gratifié le chanoine llger.

Dans les actes, il étoit nommé le premier avant le doyen, même dans ceux qui émanoient du Chapitre.

L'autorité de ce dignitaire ne fut pas toujours goûtée à Auxerre. L'évéque Robert de Nevers promit de l'éteindre. Un autre évéque eut la même intention ; et, enfin, Alain la réunit au Chapitre, lorsqu'elle eut vaqué, en 1177, par la promotion de Gui de Noyers à l'archevêché de Sens. -

!} Vie d'Angclclme, Héribald, Wala, etc. | [% Koy. t. i. page 237.

DE l'église dauxerre. 411

Les prévôts les plus anciens de Téglise d'Âuxerre, h eu juger par le Nécrologe <1q xi^ siècle, sont : Ermembert, prêtre, qoi y est au 16 février; David, au 27 avril ; Ermenfroy, au 7 août. Il donna des terres situées sur le ruisseau de Beauche, et d'autres à Vaux ou dans la vallée, et à Basson en Sénonois. Âdémard, prêtre an 9 novembre, Etienne, prêtre au 4 décembre, et Ermembert, diacre au 5 du même mois.

Vaidric, qui les suivit, est au 1^' mars; Bobert est au 51 octobre ; ces deux précédèrent ceux que je vais nommer, dont on sait le temps positivement.

HncuES, prévôt de l'église d'Âuxerre, neveu de Tévêque Geoffroy de Champaleman, fut élu évéque de Nevers vers Tan 1060.

Hugues II est nommé dans un titre de 1076, concernant la fondation du Chapitre de Clamecy en 1076 (1). Il pourroit être le même que le nécrologe dit au 5 août être mort dans le voyage de la Terre-Sainte. Dans le catalogue des chanoines, écrit vers Tan 1000, il n'est que parmi les sous-diacres.

Ingelbold, qui rebâtit Grevan, Âccolay et Villeneuve, est dans le nécrologe, au 12 novembre, du caractère du xii^ siècle. Ainsi, il doit être ici ou après Ilger.

Emelbert, prévôt de Téglise d'Ânxerre, signa, en 1109, un accord entre Etienne, abbé de Bèze, et Hugues, abbé de Saint«-Germain d'Ânxerre.

Ilger ou Ulger fut fait prévôt par Tévéque Humbaud, son oncle, sur la fin de son épiscopat, vers l'an 1 1 12 ou 1 1 15. Il eut quelques suffrages pour lui succéder. Il fut de son temps le modèle des chanoines, et sur la fin de sa vie il se fit religieux. Il donna un moulin du côté d'Âigleny, poar l'anniversaire de son oncle, bien de Tai^enterie et des livres.

Etienne, prévôt, vivoit en 1151.

Hervé, en 1157.

Gui de Noyers est qualifié prévôt en plusieurs litres, depuis l'an

(1) Fojf. Preuves, t. iv.

il68 jusqu'en 1177, qu'il fut élu archevêque de Sens. Il écrivit à la tète du Chapitre au roi Louis-le-Jeunc, pour le prier de prendre la défense des terres du Chapitre contre le comte de Nevers (1).

DOYENS DE L'ËGLISE DAUXERRE.

Le nom de doyen ne se trouve employé, pour désigner un titre honorifique parmi les clercs ou chanoines, que depuis le concile d'Âiila-Chapelle tenu sous Louis-le-Débonnaire. Plus anciennement, il étoit d'usage parmi les moines, comme il paroit par les règles. Il est même employé dans saint Jérôme et dans saint Augustin. Les fondions des doyens étoient purement spirituelles. C'étoit ^ eux b veillera Tobserva* tion de la règle ; cependant, le doyen à Auxerre n'étoit pas le premier du Chapitre, et il ne le devint que lorsque la prévôté fut supprimée.

Ce doyen jouissoit autrefois de plusieurs beaux droits : il avoit juridiction dans la ville et faubouYgs d' Auxerre, excepté la paroisse de Saint-Loup (2). Il avoit un officiai et une cour où se passoient des actes solennels. Ces droits commencèrent à être combattus par Guillaume de Seignelay, fait évêque en 1207 (a).

La dignité de doyen est celle qui a fourni un plus grand nombre d'évéques à Téglise d'Auxerre. Elle est élective par le Chapitre, et on doit appeler à l'élection du doyen même les chanoines absents. Sa place est la première en entrant au chœur a main droite. Ce dignitaire porte le rochet sous son surplis ou sous son camail.

Le premier monument qui fournisse le nom des doyens de Téglise d'Auxerre, est le Nécrologe qui se trouve écrit d'un caractère d'environ le commencement du xi^' siècle.

(1) Ducbêne, t. iv. | (2) Voy. la vie de Guill. de Seignelay.

(a) Au xii« siècle, Hervé de Chilry prenait le litre de Dei gratia deeanus.

(JV. d. JE.)

DE l'église d*auxerre. 415

Voici les noms des plus anciens, rangés selon les jours des mois qu'ils sont décédés :

Adoyn, mort le 27 janvier. Rotfrid, le 1" mars. Valchaire, prêtre et dojen an i8 mars. Aigulpbe, prêtre et doyen, le 29 avril. Salomon, chanoine et doyen, le 9 août. Ingebaud, prêtre et doyen, le 8 septembre. Gauzon, prêtre et doyen, le i9 octobre. 11 légua aux chanoines son domaine de Grevan. Vital, doyen, mourut le 1®' décembre. Âcclevert, prêtre et doyen, mourut le J 5 du même mois. Benoit, Geoffroy, Âganon et Hugues n'ont vécu qu^après tous ceux-là, et sont morts durant le cours du xi® siècle. le 4 et 16 janvier, le il mars et le 50 avril.

Voici les noms de ceux qu'on connoît depuis la fin du même siècle.

HuHBAUD, issu d'une famille d'Auxerre. Il souscrivit aux lettres de fondation du Chapitre de Clamecy, en 1076, et fut depuis évêque d'Auxerre en 1087.

Frodon, doyen, signa en 1110 l'accord fait par l'évêque Humbaud, entre Létheric, abbé de Saint-Benoit-sur-Loire, et les seigneurs de Toncy, touchant les coutumes de Villiers-Saint-Benoit.

Etienne, doyen, est nommé en plusieurs actes. Dans un titre du monastère de Molême, de 1125; dans un autre de la même année, qui regarde la donation de l'église de Saint-Fargeau,' faite par Hugues, évêque d'Auxerre, à Gervais, abbé de Saint-Germain. On le trouve pareillement à l'an 1126, dans le cartulaire de Crisenon ; et il souscrivit, en 1128, à la donation faite de l'église d'Augy aux chanoines de Saint- Père, par l'évêque ci-dessus nommé.

GossELiN, doyen, souscrivit en 1156 à la donation de quatre églises faite au Chapitre d'Auxerre (1), par l'évêque Hugues, et, en 1145, à celle de l'église Saint-Pèlerin faite aux religieux de Saint-Père. On lit dans les additions au premier Nécrologe, au 25 novembre, jour de sa mort, qu'il donna au Chapitre sa maison avec des vignes, qu'il fonda un chapelain Si l'autel de Saint-Clément, qu'il donna des ornements à

(1.) Spicil., t. XIII.

Tëglise et an calice accompagné de tuyaux d'argent, pour la communion du sang. Il est aiissi dans TObituaire de Tan i250, sous le nom de Jocelin*

Miles I^^ du nom signa, comme témoin, le titre des donations que le comte Guillaume fit au monastère de Saint-Marien en 1140. Il mourut le 21 avril, selon un nécrologe de cette maison va par Dom Viole. Je trouve dans un obituaire du prieuré de Notre-Dame-la-d'Hors, dépendant de Saint-Marien; au i5 mai, d'une main d'environ Tan 1400 : Commemoratio Milonis decani Autiss. pro quo habemiLS iij $oL super ierram de Campo^Regis.

GuiLLAUMB h^ du nom est nommé dans le cartulaire de Crisenoo, à Tan i J59. Il est présent Si la vente de deux hommes de Venoy, faite à Fabbé de SainirGermain, en t160 (i). En il 66, il assista à Tacte de . la suppression de la prévôté du Chapitre ; en 1176, à une confirmation da droit du prieuré de Saint-Eusèbe, sur les prébendes vacantes. La chronique de la cathédrale écrite en marge du cycle pascal, met k Tan 1165 : Devinea Wilhlmide Prune^ annus iste primus. Il pourroitêtre ce Guillaume doyen, dont Tannonce de l'obit marqué au 16 octobre, est conçue en ces termes : < Obitus Guillelmi de Pruneto presbyteri et » decani xl. s. super vineam de Poriaco que fuit Milonis de Tremunt » militb fratris ejus{a). »

Hugues de Noyers» Il fut doyen peu de temps, mais on est assuré qa^il le fat avant que d'être élu évéque d'Âuxerre, Tan 1182.

Hervé de Chitry, succéda à Hugues de Noyers. Il est nommé dans des actes de 1186 (2) ; dans le testament du chanoine Abbon de Fan 1191 ; dans la confirmation du don de Pierre de €histriaco son frère, de la même année ; dans un acte de 1195, touchant une maison de la paroisse de Saint-Pèlerin, et dans le cartulaire de Reigny, à Tan 1194.

(1) Cart. S. Genn. \ (2) Voy. Preuves, n» 82.

(a) Il approuva en 1178 le don du cours d'eau, fait par Hervé Cellerier, de Saint- Etienne a Tabbaye de Saint-Marien. — Arch. deTYonne, fonds Saint-Marien.

DE l'église d'ai/xerre. 415

L'obituaire de la cathédrale, écrit vers i250, met au 30 mars : « Ob. n Hervei decani lx s. quos débet capitulum pro operatoriis juxta portam

> comîlis, emplis de denariis suis ab heredibus Guiberti Roter, super » que etiam idem decanus assigna vit alios lx. sol. in anniv. Manasse

> quondam Trecensis episcopi dividendos. »

Guillaume II du nom, issu des barons de Seignelay, fut élu doyen vers Tan il98, auquel temps il est nommé dans quelques titres. Il soutint ses droits contre Tévéque et contre le comte, et fut enfin élu évéque en i207.

Rekaud, doyen, est nommé dans le cartulaire du Chapitre, k Toccasion d^un bail de vigne en 1209. Mais ce qui le rend plus célèbre la même année, est qu^il se croisa alors avec Guillaume de Seignelay, son évéque, qu'il se trouva depuis à la prise de Carcassonne, et qu'il fut nommé avec le même évéque par Innocent III, pour faire rendre à Simon de Montfort, chef de la croisade, ce qui lui avoit été adjugé sur le butin de la même ville. Le même pape lui adressa, conjointement avec les abbés de Saint-Germain et de Sainte-Colombe, une lettre sur ^abbayedeMoutie^- Saint-Jean, Tan 1211 (1). Étant retourné a la guerre contre les Albigeois, il y mourut (2). Voici ce qu'on enlisoit dans Tancienne chronique d'Âuxerre, qui ne se retrouve plus : « Laval est pris et Penez en » Agenois. Li château trop fort est assis et après ou assiégé. Les gardes » de chastel* rendent le chastel sur leur cors et leurs choses. Renaud )> doyen d'Aucerre est enfoui en ce chastel en Téglise de S. Pierre. » Les BoUandistes parlent de ce doyen au commencement du mois de juillet.

Le nom du doyen Renaud parolt aussi dans l'acte par lequel Bethléem est déclaré, au mois d'octobre 1 21 1 , être du diocèse d'Auxerre. £n 1212, il avoit été choisi pour arbitre avec Arnaud, abbé de Saint- Père, entre les abbés de Saint-Germain et de Saint-Marien, touchant les dîmes de La Chapelle, paroisse de Yenoy. J'ai aussi aperçu au cartulaire du Chapitre d'Auxerre le nom de R. Decanm, dans un acte du mois de mars 1212. Enfin, le même R. doyen donne, en 1212, quarante sols

(1) Innoc, Regist. xiv, Ep. 5G. i (5) Petrns de VcUl. Cernait.

sur sa maison de Paris, située devant Saint*Pierre-aux-Bœufs, pour son anniversaire (1).

Quelques-uns ont cru que tout ce que j'ai rapporté du doyen Renaud, depuis la chronique que je viens de citer, regarde un second Renaud, différent du premier. Je n'ose décider sur ce point.

Guillaume III du nom. On lit de celui-ci qu*il fut délégué par Innocent III, avec Élie, abbé de Sain le- Colombe de Sens, pour régler un différend entre l'évéque de Troyes et l'abbé de Pontigny, en i2i2. Il pareil la même année h des ventes (2). En 1215, il soutint un grand procès sur l'Hôtel-Dieu, dont il est fait mention dans les lettres d'Innocent III. La même année, il ratifia la fondation et dotation des chanoines de la Trinité et souscrivit aux lettres de Tévéque Guillaume, qui confirmoient au Chapitre les églises de Bazerne , Pourein , Lindry , Parly et Beauvoir. L*obit d'un Guillaume, doyen, est marqué au 15 juillet dans l'obituaire écrit vers 1250. Le nécrologe de Notre-Dame de la Cité le marque au même jour, en ces termes, qui nous apprennent qu'il avoit été abbé de ce Chapitre : a Obiit Guillelmus venerabilis » abbas, hujus ecclesie primus abbas, et venerabilis majoris ecclesie 1» decanus. xsol. capitulum solvit. »

Henri pe la Ferté. Un titre du prieuré de Saint-Amatre, d'environ l'an 1216, paroit en faire mention. Quelques comptes d'anniversaires du xiv^ siècle fqnt aussi mention d'un Geoffroy de la Ferté,*doyen. Cette différence de nom peut venir de ce qu'on se contentoit souvent alors de mettre dans les actes la lettre initiale, ce qui rendoit la méprise plus facile. Ce doyen a été peu connu par les auteurs des collections concernant l'histoire ecclésiastique d'Âuxerre. Cependant, dom Viole en parle dans son catalogue manuscrit des évêques de Chartres. Une bulle d'Innocent III, k l'occasion du prêtre de l'Hôtel-Dieu d'Auxerre (5) , parle aussi du doyen d'Auxerre, vers Tan 1217 ou 1218, mais sans le nommer (4).

(1) Cartul. CapiU, f. 510.

(â) Cartul. Capit., f. 122, 124.

(3) DeÀpellat.yC.^b.

(4) Ici quelques nouveaux oompilaleurs de listes des doyens d'Auxerre ont placé mal

à propos un Robert, qu'ils disent avoir été nommé pour administrer le comté d'Auxerre par Pierre de Courtenay, lorsqu'il alla prendre possession de l'empire de Constaniinople. Mais ayant vu la charte qui leur servoit do

DE l'église d'auxerre. 417

Guillaume IV du nom. Celui-ci a été oublié dans le Gallia Ckristiana, aussi bien que Henri de la Ferté. Il étoit simple chanoine de Sens en 1205, comme il paroit par un acte de cette année, où le Chapitre de Sens transige avec celui d'Auxerre. Il est mentionné dans le traité sur les oblations de la cathédrale, fait en 1221 (1). Il fit un legs au Chapitre pour son anniversaire, au mois d'août de la même année.

Brice. Il est connu par plusieurs actes de Tannée i223, dont l'un regarde Tabbaye des Isles, d'autres les dons faits k l'église d'Auxerre,en i220, par Guillaume de Seignelay (2), et d'autres le don de la dtme de Molincns et Lailly (5). Il paroit être le même doyen qui, peu après la translation de Févéque Guillaume à Paris, fut emmené en Bresse par Gui de Brouillât, chevalier, en qualité de prisonnier. Il monmt le 5 octobre, selon le nécrologe de Notre-Dame de la Cité.

Miles IL Une sentence d'arbitrage de 1225 prouve qu*il étoit dèslors doyen (4). Il transigea avec l'évéque Henri, touchant la juridiction du doyen, en 1224, et passa un accord entre Renaud , abbé de Saint- Germain, et Colin de Châtillon, chevalier, en 1225. Il est aussi nommé dans les titres des Cordeliers d'Âuxerre, à l'an i228. Il est cité comme mort dans le cartulaire du Chapitre d'Auxerre, à l'an 1255 (5). L'Obitaaire d'Auxerre, écrit vers 4241, annonce ainsi sa mort au 21 mai : Obiius MiloHis de Cicop hujus ecclesie deeani et lemte. te $ol. super praium situm super Belcam quod dédit nobis ; et celui de Sens : xiij cal. jonii obiit Milo de Cicuns decanus Autiss. et noeter canonieus. Cicon est mae famille noble de la Franche-Comté.

Guillaume Torti est qualifié doyen de bonne mémoire, dans un contrat du mois de juillet 1259, par lequel le Chapitre accepte du bien pour son obit (6). Mais il devoit être mort avant le mois de février 1257. Quelques apostilles aux titres de son temps l'appellent aussi Guillaume de Prunet.

fondement, j'ai reconnu qu'ils ont lu Rohertus Decanus j où il y avoit Robertus de Ctinaco abrégé de CurUnaco.

(1) Preuves, t. iv, n. 341 .

(2) CartuL Capit., fol. 49 el. 52. Idem en

1221, fol, 149.

(3) Carlul. fol. 517.

(41 CarL Cap., f. 377.

(5) FoL 374.

(()) Carm/. f. 511.

Il 27

Regnaud de Salignt étoit doyen dès Tan 1255, s'il est vrai qu'il soit nommé dans la transaction de cette année sur les roarguilliers. Il est nommé, en 1240, dans la transaction passée entre le Chapitre et l'abbaye de Saint-Germain sur les processions des Rogations, dans le règlement intervenu entre ces églises et Guillaume de Mello, sur le pacage du bois de Bruère, en i245 (i), et dans le titre des fondations dé Tévéque Bernard de Sully, en i244. Il succéda peu de temps après a cet évéque.

Guy de Mello se trouva au concile de Reims, sous Innocent IV, en qualité de doyen d'Auxerre, et fut élu en même temps évéque de Verdun. H en accepta la dignité, retenant par dispense le doyenné d'Auxerre, jusqu'à ce qu'il devint évéque de la même église. J'ai lusnr le sceau d'un acte du mois de février i245 : Sigillum curie Gvidms deeani Autissiod.

Herbert. Vraisemblablement , il avoit été archidiacre avant que de devenir doyen. Il autorisa, en i247, les anniversaires d'Urse, voyer d'Auxerre, etc. Il consentit, en i249, a l'augmentation du revenu do scolastique faite par Tévèque Guy de Mello. Il fit des legs à Saint- Germain, en 1252. Les Chartreux de Bellary le marquèrent avec distinction dans leur nécrologe. On le trouve au 22 juillet dans celai de Saint-Laurent proche Cosne. J'ai vu parmi les manuscrits de Glairraoi une Somme de théologie sur les sacrements, attribuée k Herbert, doyen d'Auxerre ; elle est aussi en Sorbonne, cod. 494. Il y a aussi an cartulaire du Chapitre (2) une lettre de lui, adressée à Renaud de Vichier, commandeur des chevaliers du Temple.

GoDEFROY DE JoiGNY. Il doit être le G. doyen nommé comme arbitre en des lettres de i258 (5). Il est à la tête de l'acte par lequel le Chapitre vendit, en 1265, des maisons situées en la rue de Villeneuve à l'abbaye de Saint-Germain. On croit qu'il mourut sur la fin de Tan i267, ou an commencement de i268. Son obit se lit dans le nécrologe de la collégiale de Clamecy : XVII cal. febr. Gaufridus Autiss. decanus

(1) Cartul Cap., f. 514 1 (5) Cari. Cap,, f. 430.

(2) Fol 129.

DE l'église d'auxerre. 419

ei caiumieus qui dédit tineam^ etc. C'est mal h propos que quelques moderoes ont placé ici, parmi les doyens, on Bernard de la Brnile, qui étoit vicomte d'Âuxerre et qui mourut en 1261.

Êrard de Lésignes maintint les droits de sa dignité contre Guy de Mello, son oncle, évéque d'Auxerre, auquel il succéda en 1270.

Hugues DE SuLLT est nommé dans le cartulaire de Crisenon, en 1275. Il est à la tète de la charte sur Tordre de conférer les bénéfices à la Domination du Chapitre, donnée en 1276, et dans celle de la même anoée qui regarde le droit de justice dans les maisons canoniales. Il présida, en 1278, à l'élection de Guillaume des Grez. En 1281, il fit UD échange d'hommes avec Humbert de Beaujeu, sire de Saint-Maurice- Tiroaaille (1). En 1285, il fut uni ^ Jean, seigneur dé Seignelay, dans m même compromis (2). On croit que ce seigneur étoit de ses parents. Eo 1285, il transigea avec les moines de Flaviguy, pour des biens qu*il tenoit d'eux à Massingy, et parut dans le traité fait avec l'abbaye de Saint-Laurent, pour le droit des prébendes d'Auxcrre. En 1286, il répondit avec le Chapitre aux chanoines de Nevers sur les Tortriers(5); et en 1289, il consentit k la donation que fit Guillaume des Grez de la chapelle de Ponlchevron à Tabbaye de Saint-Laurent. L'année de sa mort est aussi 1289, suivant Tinscription de sa tombe qui est dans la nef de Tabbaye de Saint-Germain, devant la porto du chœur.

Geoffroy IL II fut présent, en 1291 , dans l'abbaye de Saint-Julien, lorsque Jean, comte de Joigny, y confirma les dons faits par ses prédécesseurs; et, en 1296, à Thommage que Louis, comte de Nevers, fit à l'évéque d*Âuxerre. En 1297, il ratifia une sentence portée au ^ujet de la justice d'Àppoigny (4). Il se trouve depuis nommé dans un concordat de l'évéque Pierre, de Tan 1504, avec l'abbaye de Saint- Germain, touchant la correction de moines. De plus, dans un autre titre de 1505, sur les droits du Chapitre dans Téglise Saint-Âubin d'Oisy, et dans un titre de la pénitencerie du mois d'octobre 1507 (5).

(1) Cart. Cap., fol. 408.

m Ibid., fol. 428.

(3) Preuves, t. iv, n.360,

(4) Cart. CapU., f. 43.

(5) Le sieur Bargedé, assesseur, dans sa liste des doyens d'Auxerre, a attribué une partie des faits qui regardent ce Geoffroy, à un Guillaume qu'il stirnoinnie Cbauderon ;

GoiLLAUMB surnommé en latin Catini. Il est apparemment le même Guillaume Catini qui étoit lecteur et pénitencier en 1504. Quoi qo'il en soit, il ne parolt en qualité de doyen que depuis i5i2. Cette année h, il fut le premier député pour les partitions des prébendes. L'année sui* vante , au mois de mai , il se trouve nommé dans une enquête et jugement au profit de Durand, prieur de Saint-Eusèbe, et il avoit alors 70 ans et 50 ans au moins de canonicat. Il est aussi à la tête du consentement que le Chapitre donna en décembre à l'érection des archiprétrés en titres perpétuels. En i515, il signa Pacte de confraternité du Chapitre d'Âuxerre avec celui de Saint-Martin de Tours. Enfin, il reste de lui une sentence qu'il porta en i516, au mois de juillet, contre Jean, baron de Seignelay.

Jean de Melun, issu des vicomtes de ce nom. Il est connu par la dispense de résider qu'il obtint en i5i8 du pape Jean XXII ; ce qui dura plusieurs années, puisqu'en i550 lé Chapitre se crut obligé d'en venir aux sommations.

Jean de Saint-Germain. Il n'est connu que par l'acte de la réception du suivant, qui est dit lui avoir succédé (a).

Dreux Jourdain fut reçu en vertu de sa nomination en cour de Rome l'an i 545, au mois de novembre, en place de Jean de Saint-Germain (I), dont la dignité \aqnoit par mort. Il obtint, le 7 janvier suivant, de l'évéque Pierre de Villaines, la permission de fonder la chapelle de Sainte-

mais ce doyen ne fut pas sitôt en place quïl I*a crtt. C'est vraisemblablement le même que le suivant : le nom de Catini le laisse à

penser (6).

(1) Statuta anHqna eirca finem.

(a) Cest probablement le même dont fait mention un acte de 1391, par lequel les moines de Saint-Germain donnent à rente une vigne en Boivin, laquelle avait tenue Jehan Feny Jadis doyen d'Auxerre. —Fonds de Saint-Germain, vignes.

(b) Bargedé n'avait pas tort de placer parmi les doyens un Ghauderons, seulement, au lieu de rappeler Guillaume , il faut le nommer Geofiroj , {GoMfridÊÊS dieiuê Chauderms) et il devient le même que Geoffroy II. C'est ce qui résulte d'an bail de 1293 de Tabbaye Saint-Julien, ^-^ qui relate une donation faite par ce Geoffroy

nune âecanut Àutisêiodorentis,

DE l'église o'aUXERRE. 431

Hargoerite en i'église paroissiale de Saint-Maracrt. Il foDcla aussi deux ehapellenies dans la cathédrale à Taulrl de Saiot-André, à condition que la collation en apparliendraii au doyen. Hugues d'Arsi, évéque de Laoo, le nomma dans son testament pour un de ses exécuteurs. Jean de Challott, comte d'Auxerre, fait mention de lui dans ses lettres de qnitlaiice du G février 1547 (a).

Jean Germain, natif dcDimon au diocèse de Sens, étoit doyen d*Au^ xerre, lorsqu'à la recommandation de la reine, il fut fait évéque de Chalon-sur-Saône l'an 1357.

Jean Le Mercier, auxerrois, de la paroisse Notre-Dame-la-d'Hors éloit doyen en i358, lorque la ville d'Auxerre fut prise par les Anglois, et il s'obligea avec le clergé et les habitants envers les religieux de Saint-Germain pour les joyaux de leur église engagés h ces mêmes Angloisen 1559 ; son nom paroit en d'autres actes qui se rapportent^ cet éTéoement. Il avoit été officiai et vicaire-général de l'évéque. Il homologua en sa première qualité, l'an 1555, un traité fait avec les habitants deHoDtigny-le-Roi. Il établit vers Tan 1560 sous le titre de fondation, qnele verset Te ergo qiMBsumus se diroit deux fois dans le Te Deum. Il fboda l'autel de Sainte-Catherine dans la nef, le dotant d'une maison qn'il avoit achetée le 27 novembre 1575. Ce qui fut approuvé par J'évéqoeeo 1578.

Pierre de Chisst. Après avoir résidé en qualité de simple ecclésiastique a la cour des papes à Avignon, où il rendit service aux moines de Saiot-Germain d'Auxerre en 1560, il fut fait curé d'Ëcim au diocèse d'ÂQxerre. Urbain Y l'avoit député dès l'an 1564, pour aller à Fleury-, mr-Loire recevoir des reliques de Saint-Benoit (1), pour la nouvelle ^ise de Uontpellier. On le voit comme notaire h la fin de l'acte du don des reliques de Saint-Thibaud fait en 1581 aux habitants de Provins. D fut aussi archidiacre de Puisaye avant que d'être doyen (2), Mais il

a) Bibl Ftoriac, p. 248. | (2) Preuves, t iv, n. 328.

(a) Ce Dreux Jourdain fut en 1308 l'un des deux députés envoyés par la viUe <l'Auxcrre aux étals de Tours.— Foj/.t. i,p. 496, Note sur les Templiers. (iV. d. E.)

étoit élevé au décanat au moins en 1589 qu*il paroll dausun acte de Tévêque Ferrie, qui concerne la terre de Sassy. En 1397, le i 5 juin, le Chapitre le priva de voix capitulaire, pour avoir dit des injures a un chanoine. En 1402, il soutint procès contre Tévêque au sujet de sa juridiction. Elant devenu sourd on choisit pour présider au Chapitre en sa place maître Renaud de Fontaines, chanoine, le 1^' décembre i4i0. Il mourut en 1412, le 26 octobre, s'étant démis du doyenné.

Pierre Michel (ou Micheau), auxerrois, licencié ès-lois, fut pourvu du doyenné du vivant de Pierre de Çhissy. On le dispensa en 1 41 5 d'une partie de son stage, à cause que la ville le députa à Paris avec Jean rUsurier, citoyen, pour réprimer les pillages des gens de guerre. Philippe des Essarts, évêque d'Auxerre, le déclara excommunié en 1414 contre le bon droit. Il fut élu chambricr de Crevan en 1417, quoiqu'il le fût déjà d'Auxerre et d'Oisy. Il mourut en 1420 avant le 12 août.

Hugues des Noes, chanoine d'Auxerre et trésorier de Toucy, fut éhi doyen le 2 septembre 1420. L'évêque. Philippe des Essarts lui fit défendre par un arrêt du parlement du 14 juillet 1425, de porter le rochei qu'en certains jours. Il-fit les funérailles du même évéque en 1426. U étoit l'un des gouverneurs de l'Hôlel-de-Ville en 1431 . Il assista au codcile de Bâie en 1452. Il fut élu Tannée d'après évêque d'Auxerre par le Chapitre, et essaya de faire valoir son droit contre Laurent Pinon, jacobin. Il vivoit encore au mois de juin 1459, étant nommé présent a Taccord du curé de Seignelay avec l'archiprêtre (a).

Pierre de Longueil, chanoine d'Auxerre, élu doyen en 1459, prêta serment de fidélité entre les mains de l'abbé de Saint-Marien, commis parl'évêque Laurent Pinon, le 9 septembre. Dans les registres de la ville du 11 janvier 1448, il se qualifie doyen d'Auxerre et conseiller an parlement de Paris. Il fut fait évéque d'Auxerre en 1449.

Louis Raguier, conseiller clerc au parlement de Paris, fit le serment ordinaire des doyens d'Auxerre entre les mains de Jean Mauvoisin» trésorier, commis par l'évéque. Il ne tint cette dignité que durant deux

{a) Il est mort le 30 août 143». (,V. d. E.)

DE l'ÉGL1S£ D*AUX£RRE. 425

ans ou environ, ayant été fait président en la cour des aides puis évéque de Troyes.

Thomas DE la Plotb étoit doyen d'Âuxerredès Tan i45J, auquel il a cette qualité aussi bien que celle de gouverneur de rHôtel*de-Ville dans un registre de cet hôtel. Il eut vers ce temps-1^ de fréquentes délégations pour les affaires de la communauté des habitants, tant en Flandre qu'à Paris (a). Le Chapitre d'Auxerre le députa aussi an concile provincial de Sens, le 15 février 1460, et ceux de la ville renvoyèrent ensuite à Dijon, pour leurs intérêts. Il étoit en 1469, archidiacre d'Ëtaropes dans Féglise de Sens. Il parolt avoir été parent d'un Pierre de la Plote, gouverneur de l'Hôiel-de-Ville d*Auxerre en 1 451 , et de Denis de la Plotte, avocat du roi ^ Sens. Il étoit encore doyen en 1475, lorsqu^on apprit à Auxerre la mort de Pierre de Longueil, évéque. J'ai rapporté sous cet évéque les démêlés de ce doyen.

Guillaume Arbaleste, qualifié clerc du diocèse d'Auiun, dans sa réception k un canonicat, le 28 octobre 1 470; on ne le trouve sous le litre de doyen, que dans des actes depuis Tan 1489 (6). Dans les titres de VUô^ tel-de-Ville il est qualifié premier gouverneur pendant les années 1495, 1496 et 1497. Il eut une commission du pape, le 9 juillet 1502, en faveur d'un religieux de Tonnerre. Le livre du sous-chantre marquait son obit le 28 avril. Il mourut en 1511 ou 1512, puisque c'est dans les comptes de fabrique de 1512 qu'on trouve la réception de Nicolas Arbaleste h son canonicat.

Laurent LE Routier. On ne sait rien de lui sinon qu'il prêta serment de fidélité h Jean Baillet, évéque, le 21 décembre 1 510 (1) (c). Il pouvait être parent d'Edme le Routier alors gouverneur d 'Auxerre (2),

(1) Cartul. novum Ep. ÀuHss.

{i) Quelques-uns ont placé ici un Simon le Charpentier. Son nom n'est point inconnu dans ce siècle là parmi les bienfaiteurs de

réglise d' Auxerre ; mais rien ne prouve qu'il ait été doyen. Pour ce qui est de Guillaume de Prunai, marqué ici dans le Gcdlia Christianaj il est ci-dessus à sa véritable place.

(a) 11 fut députe, en 1452, auprès du duc Jean, pour \h question des limites du comté d'Auxerre. (N. d. E.)

(h) 11 fut député aux Ëlats de Beaune, en 1494. (iV. d. £.)

(c) La GalUa ChrisUana^ t. xii, n'est pas d'accord avec Lebeuf. Elle le fait prêter serment en qualité de doyen des le 27 aoûl 14S0, (iV. d. E.]

Jean Sauuot, né 2i Gosne au diocèse d'Auxerre, liceiicié ès-Iois, chanoine et pénitencier dès l'an 1495, quitta la pénitencerie au bout de i8 ans. Il paroit comme doyen k la tête de la convocation des chanoines faite en 1513, le 5 décembre pour choisir un successeur à Tévêque Jean Baillet. Il mourut le 28 septembre 1528 selon Tobituaire de Saint-Laurent de Cosne, et les registres du chapitre d'Âuxerre.

François de Dinteyillb, nommé évêque de Riez, accepta le dojeoné d*Anxerre en 1528, pour être plus près de son oncle, Févéque, auquel il succéda en 1550.

François DU Bourg, clerc du diocèse de Clermont, résignataire da précédent, fut reçu le 7 décembre 1550 (1). Il étudioit encore h Orléans en 1555, le 2 octobre (2), et avoit pour vicaire Guillaume Daro chargé de conférer les chapelles de sa dépendance. Il mourut en 1534.

Florent DE la Barre, reçu chanoine le 2 juin 1554, fut aussi reconna doyen le même jour par résignation de François du Bourg. Il étoit issu des sieurs de la Barre proche La Gharité-sur-Loire. Dès Tan 1555, il obtint monitoire contre ceux qui retenoient les papiers concernant sa dignité. Il étoit gouverneur de THôtel-de- Ville en 1537. Il résigna son canonicat en 1551; mais il ne mourut qu'en 1555,1e 29 octobre, selon le registre capitulaire.

Nicolas lilanchard et Pierre du Broc furent pourvus du doyenné ; mais sans effet et sans prise de posse sion. Le dernier dont le droit étoit mieux fondé le céda à François de la Barre, qui d'ailleurs étoit pourvu en cour de Rome.

François de la Barre, neveu de Florent, fut installé le 17 avril 1556 par Pierre Pean, sous-chantre. II garda avec cette dignité Yes cures de Saint-Siméon de N^nvigne, et de Saint-Germain de Cbasnay. Il est nommé dans le procès-verbal de la coutume en 1561. Ses armoiries jointes à l'image de saint François , se voient au bas du vitrage dans le fond du sanctuaire, pour avoir contribué à la réparation des vitres du chœur après le ravage des calvinistes. Il mourut le 20 janvier 1588.

Sébastien le Roter, docteur en droit, fut reçu doyen le 5 juin 1588.

(I) Ex Compta Fahr. | (i) Ex Reg. 16 maii.

DE l'église D^AUXERRE. 425

Il avoit été reçu chanoine dès l*an 157i , par permutation pour le prieuré d'Andrie, et dans cette première réception il est dit clerc sénonois. En quelques actes il est surnommé De-la-Molte (i). De son temps arrivèrent les épineuses affaires qui furent suscitées a Jacques Amyot, évéque. Il résigna son doyenné au suivant en 1595, par permutation pour la cure de Ghichery.

Guillaume de Rignt fut reçu doyen le 20 mars 1595. Il étoit de Bar-sur-Seine, selon son épitaphe rapportée dans le Gallia Christiana. Il fut à différents temps gouverneur de THôtel-de-Ville. Il s*acquitta aussi de la charge de vicaire-général pour Tabbé de Saint-Germain ; il eut en commende Tabbaye d'Oigny en Bourgogne, et il venoit d'être pourvu du prieuré de Saint-Florentin, lorsqu'il fut frappé d'apoplexie. Il mourut le 4 novembre 1610 et fut inhumé dans la chapelle de Saint* Georges, sous laquelle on a construit depuis une crypte.

Erard de Roghefort, abbé de Yézelay, fut élu doyen d'Auxerre en 1610 ; l'élection de Pierre le Clerc n'ayant pas eu lieu. Il ne fut reçu chanoine qu'en 1613, le l^'^ février. Il permuta son canonicat et son doyenné avec le suivant Tan 1622.

François de Lauzon, prêlre du diocèse de Paris, aumônier du roi, prieur commendataire de Sainte-Marie-de-Dieu-Lidon, au diocèse de Saintes, installé le 29 avril 1622. Il fut fort inquiété sur ce qu'un autre chanoine demeuroit avec lui dans la même maison contre la défense des statuts. Il mourut à Crevan, le 21 novembre 1627.

Claude LEMUEifut pourvu du doyenné le 15 décembre 1627. Il étoit auparavant grand-archidiacre. Il prêta serment de fidélité à Tévêque Gilles de Souvré fort solennellement. Il fut depuis doyen de Yézelay. M. Gaud, archidiacre d'Amiens, n'ayant point fini sa permutation avec lui, il se trouva un successeur dans Claude Seguenot, fameux Père de l'Oratoire qui, avant que d'avoir pris possession, céda son droit ii Edme Amiot, n'ayant pas réussi dans les vues qu'il avoit eues pour le célèbre Morin son confrère.

Edve Amiot ayant eu le doyenné par la cession de Claude Seguenot,

i; En févr. 1587.

426 DOYENS DE l'église d'auxerre.

en prit possession le i9 octobre 1652 [a). Il éloit né ^ Villemer au diocèse de Sens, ou à Saint«Âubin-Ghàteau-neuf du même .diocèse. Il avoit étudié à Auxerre, de h à Nevers où il prit Thabit de récollet. Hais Tamour de Tétude Favoit engagé ^ s'y remettre à Paris, en quittant cet Ordre. Pendant qu'il continuoit la théologie demeurant au collège des Grassins, il fut fait curé de Villemer. Il devint par la suite docteur de Paris, après avoir professé, la philosophie au collège du cardinal Le Moine, puis curé de Ghampignelles au diocèse de Sens, après cela de Ghàteau-neuf au même diocèse. Etant procureur de Sorbonne, il fut fait doyen d'Âuxerre, et son résignataire fut pourvu du doyenné de Saint-Fergean. Les difierenls postes de ce personnage avoient été soigneusement remarqués depuis qu'il mit la division dans le Ghapitre d'Auxerre, en voulant changer l'usage du capuchon d'hiver, par un procès qui coûta des sommes immenses. Au bout de i8 ans il résigna son doyenné, et eut encore différents postes k Paris. Il n'étoit ni allié, ni parent à l'évêque Jacques Amyot. Il en avoit adopté les armoiries, et les fit mettre à des ornements de velours rouge qu'il donna h la cathédrale (6).

Jean Foudriat fut doyen par permutation du prieuré de Saint-Sidroinc, proche Joigny, le 15 juillet 1650. Il étoit fils d'un présidentaa présidial d'Auxerre, et frère de Palamèdes Foudriat, lieutenant-général de Sens. Il avoit été capucin k Paris au faubourg Saint-Jacques, et ensuite de l'Oratoire dont les supérieurs l'avoient fait professeur de philosophie à Nantes. Pierre de Broc l'établit son oi&cial et son vicaire général. 11 fut aussi gouverneur ecclésiastique de rtlôtel-de- Ville. Il mourut le 19 septembre 1661 , âgé de 46 ans, et fut inhumé dans la nef sous une

(a) Il ne fut pas reçu sans opposition. Lemuet, qui voulait permuter avec M. Malo, archidiacre de Puisayc, protesta par Tintermédiaire de ce dernier. Mais le Chapitre passa outre, à Tcxception de quatre chanoines. — Reg. capitul. de 1632.

(iV. d. E.)

[h] Suivant le chanoine Bardolat, c'cUit un esprit léger et novateur, qui traitait les affaires du Ghapitre sans consulter ses confrères et qui éprouva bien des échecs dans ses propositions. 11 ajoute qu'il ne s'oubliait pas lorsqu'il trouvait Toccasion dç faire ses affaires. — Mémorial du chanoine Bardolat, archives de F Yonne.

(2V. d. JE.)

GRANDS ARCHIDIACRES DB l'ÉGLISE d'aUXBRRE. 427

tombe qaî est aujourd'hui changée de place. En 1657, Robert Luyt, chanoine de Tonnerre, fit imprimer à Sens uneYie de Saint-Micomer, prétendu chanoine d'Âuxerre et prévôt, dans laquelle il paroit y avoir une peinture du premier du Chapitre d'Auxerre, alors en place.

Charles Testu de Pierre-Basse fut élu doyen en 1661, n'étant encore que sous-diacre, et il fut installé le 27 octobre. Il étoit neveu de Pierre de Broc alors évéque. Il fut fait chanoine quelques jours après. Il eut aussi en comraende Tabbaye de Toussaints d'Angers et de Roches au diocèse d'Auxerre. Il résigna au suivant le doyenné Tan 1 704.

Gaspard Moreau, docteur en théologie de la maison de Navarre, posséda le doyenné depuis le 10 mars 1704.

* Il fut élu général des Etats de Bourgogne en 1750. Il est mort en 1746. Après sa mort le roi fit défendre au Chapitre de procéder k Félection de son successeur. Le Chapitre ne fit point de représentations et resta privé de chef pendant 55 ans.

* Adrien de Robien, prêtre du diocèse de Vannes, natif d'Hennebond, fut élu le 8-10 janvier 1781. Il ferma la liste des doyens.

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