‹ Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocese, continues jusqu'a nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotationsChapitre 82 sur 122 · CHANTRES DE L'EGLISE D'AUXERRE · texte numérisé non relu

CHANTRES DE L'EGLISE D'AUXERRE

Oq peut (lire que la fonclioD de chaolre est aussi ancienne que rétablissement de l'office divin ; mais ce n'est que peu ^ peu qu'il s'est formé dans des églises une dignité de celui qui étoit le premier des chantres. De là vint qu'en quelques pays on l'appela Prœcentor ou Àrchichorus, pendant que dansla plupart on lui donna le simple nom de Cantar. Il y a des ordinaires romains très-anciens qui le qualifient Ârchiparaphonista.

 Auxerre, le chantre est la troisième dignité, et est élective par le Chapitre. Sa place au chœur est proche celle de l'évêque vers l'extrémité des stalles du côté droit en approchant du sanctuaire. C'est la première qui ait fourni un évéque au diocèse dans la personne d'Aidulfe an vni® siècle. Il y a eu quelques variations dans les charges et privilèges du chantre de l'église d'Auxerre qu'il est inutile d'expliquer ici (i). Son bâton cantoral surmonté d'un oiseau qu'il porte avec les gants et l'anneau au doigt, ne paroit singulier, que depuis que dans la plupart des églises, on a donné une espèce de lanterne pour couronnement à ce bâton. Voici les noms des chantres d'Auxerre.

AiBULFË, qui fut fait évéque après avoir été chantre : Ex Caniorê EpiscopuSs vers le temps.de Charles-Martel.

On ne peut faire une suite de ses successeurs, d'autant qu'il n'y en a que quatre mentionnés dans le Nécrologe de 1007. Savoir :

Beraldcs au 15 novembre, Sacerdos et perfectus Cantar.

Ingo au 2 décembre, Canonicus et Cantor eximius.

Lesging(}s au 12 décembre, Levila et perfectus Cantûr.

Il y avait aussi au 7 janvier un chantre, mais le nom a été effacé..

GiRALD on Girard, est le premier qui puisse commencer un catalogue suivi. Il est nommé dans un titre de l'an 1076, qui regarde la

(1) Voy. Preuves, t. iv, n. 412, 413.

fondation du Chapitre de Clamecy, et dans la matricule des chanoines sous Tévéque Humbaud. Sa mort arriva le 20 décembre.

Hugues, que j*ai trouvé nommé dans un titre de Saint-Père d'Âuxerre vers Tan 1112, a son obit marqué par addition, dans l'obitier de 1007 au 8 novembre en ces termes : « Obiit Hugo levita et canonicus, S. » Marie Prepositus, hujus eiiam Ecclesie Ganlor eximius. »

jEAN,prélre et chanoine, présent ^ l'accord fait vers Tan 1110 entre le baron de Toucy et l'abbé de Saint-Benoit-sur-Loire. Il donna au Chapitre ses maisons situées à Accolay. (V. Necrol. ad 27 nov.J

GoDEFROi Gàpel (ou Chapeau), de l'ancienne famille auxerroise de ce nom, parolt dans plusieurs titres de Pontigny, Regny, Grisenon depuis Taii 1120 jusqu'en 1147; entr'autres dans l'accord passé par saint Bernard entre l'évéque et le comte d'Auxerre en 1145. L'obituaire de l'an 1250 met au 7 janvier : Ob. Gaufredi Cantons, ij den.

Guillaume. Il souscrivit au traité lait entre Alain, évéque d'Auxerre» et le comte Guillaume en 1157.

Etienne étoit chantre d'Auxerre en 1163 et 1166, selon les titres de ces années-là (1). Il fut aussi en même temps curé de Saint-Loap dans la ville. En 1171 il fut élu évéque d'Autun. Sa mort arriva en 1189 le 29 mai, auquel jour elle est ainsi annoncée dans l'Obituaire de la cathédrale d'Auxerre écrit en 1250. « Obi tus Stephani Eduensis

> episcopi. ij d. et unam quartam vini. Dédit nobis unam vineam in

> Poriaco et aliam in Monie-defenso. >

Hugues paroit comme chantre dans différents cartulaires, aux années 1 172, 1175, 1176 et 1180. Il étoii de la famille de Toucy, neveu de l'évéque Guillaume de ce nom. Il fut aussi archidiacre de Sens. Il ne prit point la prêtrise. L'Obitier de 1250 marque au 20 mai : a Oh. Hu- I» gonis Cantoris et lévite, lx sol. super reddilus de Montigniaco. »

Jacques de Tonnerre. Ce chantre est marqué au 11 mai dans l'Obituaire de l'an 1250 en ces termes : c Ob. Jacobi de Tornodoro Cantoris » et lévite xl sol. proxLv lib. Tur. quas habiiit Capitulum dedenarîis

(l) Voy. Preuves, n*» 58, 59.

DE l'églisb d'auxerre. 441

» sois que assignate faeruot super terram de Draciaco versus Au- » giacom in qua de novo plantata est vinea et salicetum. i» Il ne peut avoir vécu plus tard que vers la fia du xii® siècle, parce que la place est remplie par ceux qui suivent. Un tilre de 1256 le suppose mort depuis longtemps.

GAirriER, chantre d'Âuxerre au moins dès Tan 1198 qu'il fut présent a un titre d'Héloïse, abbesse de Saint-Julien, contre Tévèque Hugues de Trojes. En 1202, il fut arbitre avec Arnoul, abbé de Saint-Père (1) et Robert, lecteur, sur une difficulté élevée entre le curé de Palay, diocèse de Sens, et les chanoines de Saint-Pierre dans la métropolitaine. En 1205,il fut encore arbitre entre le Chapitre de Sens et celui d'Âuxerre, touchant des droits de main-morte. Il légua en 1209 une maison au monastère de Saint-Marien. Le cartulaire du Chapitre rapporte à l'an 1221 , la charte de Jean, abbé de Sainte-Geneviève de Paris où ce chantre est nommé comme déjà mort. L'Obituaire de 1250 marque au 28 juillet : a Ob. Galteri Cantoris et lévite c. sol. Dédit nobis duo operato- > ria in Draperia et domum ibidem sitam et pratum super Belcam. »

Brice, chantre en 1212, fut depuis élu doyen vers Tan 1219.

Henri de Villeneuve proche Saint-Cloud au diocèse de Paris, fut chanoine et chantre quelque temps, puis élu évéque en 1220.

Robert, est qualifié chantre dans un traité du Chapitre d'Auxerre avec Dreux de Mello de l'an 1225, et dans un titre de Saint-Marien de 1226. L'Obitier de 12!i0 marque son décès au 15 juillet, et le qualifie lévite. Celui de Notre-Dame de la Cité dit qu'il s*appeloit Robert de Corbeil, qu'il donna à ce Chapitre un arpent et demi de vigne in Brunello. À un autre jour on y lit qu'il avoît eu un frère nommé Jean de Corbeil.

Félix, chantre d'Auxerre est nommé l'un des exécuteurs du testament de Miles, seigneur de Noyers, en 1251 .

Robert II, est nommé dans la fondation de Simon, archidiacre de Langres, chanoine d'Auxerre de l'an 1255. Il est pareillement fait mention de lui dans une transaction de 1255 sur les marguilliers. Il fut ar-

(1) Ex Cartul. can. 5. Pétri Senon.

Litre en 1257 entre Bernard de Sully, évêque, et Hugues, seigneur de Neuvoy touchant le droit de présentation à une chapelle fondée dans la collégiale de Gien.

Philippe, chantre de l'église d'Auxerre, jugea en 4258 comme arbitre une difficulté faite aux moines de Saint-Germain touchant un bois. On lit dans TObitier de 1250 au 15 août, mais d'une main un peu plus nouvelle : c Obiit Philippus hujus Ecclesie Gantor eximius, etc. »

Jean de Damas, de l'illustre maison de ce nom, chantre et officiai, avoit rendu avant l'an 1255 un jugement contre Guillaume de Noes et autres bourgeois de Saint-Sauveur, au sujet du droit de minage qu'ils refusoient de payer à la dame sénéchale du lieu. Il fut fait évêque de Mâcon en 1265, et mourut l'année d'après (1). L'obituaire de Notre- Dame de la Gilé fait mention de lui au 19 décembre.

Guillaume de Jaligni , fils de Hugues , seigneur de Ghâtillon-en-Bazois. Il paroit qu'il étoit chantre dès Tan 1260, selon des lettres de cette année (et non de 1209) rapportées dans l'Histoire des Cardinaux fraoçois (2), où il est fait mention du différend qui étoit entre lui et Renaud, comte de Forés au sujet de la terre de Poimier. Il faut aussi voir Duchêne Histoire de Bourgogne (5) environ Tan 1260 (4), où est rapporté un arrêt du parlement au sujet du château de Bussy-en-Paéle. Dans les lettres d'Erard, évêque d'Auxerre de l'an 1276^ on voit ce chantre d'Auxerre s'engager pour le mariage de sa nièce. Il fut fait depuis évêque de Laon. Son testament de l'an 1284 rapporté par Baluze, apprend qu'il étoit neveu de Gui de Mello, évêque d'Auxerre. Il s'y ressouvient de l'église d'Auxerrre en ces termes ; a Item Ecclesie beali » Stephani Altisiodor. in qua fui Cantor xxv libras annui redditus assi- > dendas in terra mea de <c Chasels » et de Donnapetra. »

N..., prolo-nolaire et domestique du pape, obtint vers l'an 1500 le canlorat vacant en cour de Rome, comme il est porté dans un jugemeni rendu en faveur du prieur de Saint-Eusèbe. Ce même chantre dont on ignore le nom, mourut en cour de Rome.

(1) Gallia christ, nova. ! (ô) Preuves de l'Hist. d* Auvergne.

(2) Lib. 3. C. 75. ! (4) Ibid., pag. 202.

DE l'église d'auxerre. # 443

Guillaume Meschin, étoit vice-camerier, chapelain et domestique de Clément Y, qui lui donna le cantorat d'Auxerre après la mort du précédent arrivée en cour de Rome. Il fut condamné h payer le droit annuel de sa prébende au prieur de Saint-Eusèbe, par sentence arbilrale de Guillaume de la Ripe et Guillaume Periti, chanoines d'Âuxerre, prononcée dans le chœur de la même église le 25 mai 1515. Peu de temps après il fut élu évêque de Pampelune, et ensuite de Troyes en 1516.

Ponce Etienne. Il fut présent en 1540 à l'évêché, lorsque Guillaume, abbé de Pontigny y prêta serment de fidélité à l'évéque Jean de RIangy et à Téglise d'Auxerre.

Regnaud de Prégilbbrt. Le nom de ce chantre d'Auxerre se trouve au 25 ou 26 septembre dans les Nécrologes de Notre-Dame de la Cité, de Regny, de Bellary. Il mourut k Paris en 1555 le 25 septembre, et fut inhumé dans la grande chapelle de Notre-Dame au cloître de Sainte- Geneviève, où son épithaphe se lit sur le cuivre en ces termes : « Hic » jacet vir magne discretionis et prudenlie , Magisier Reginaldus de » Prato Gilberti, quondam Presidens in Caméra inquestarum Domini » Régis, cantor et canonicus Auiissiodor. canonicus Senonensis et » capelle Regalis Parisiensis, qui obiit anno Domini m ccg lui , 25 » die septembris. » Il est représenté tenant un bâton qui finit en tau et Taumuce en têie (a); ce que Dom de Vert a observé dans son ouvrage sur les anciens habits d'église. (T. 2. uhi de almutiis).

Pierre d'Acxy ou d'Auxois, de Auxeio, chapelain d'Urbain V et auditeur du sacré palais selon un rescrit de ce pape du 24 septembre 1565 en faveur de Pabbaye de Saint-Germain d'Auxerre, est qualifié chantre de la cathédrale en 1569, et comme tel envoyé par le Chapitre pour consulter à Paris sur quelques affaires , d'où il rapporta des lettres royaux. En 1575, il tenoità bail du Chapitre la grange de Monétau,

(a) Cette forme de bâton rappelait Tancien usage de célébrer lea offices deboat, appuyé sealement par tolérance sar des bâtons, dont la crosse en forme de potence, se plaçait sous les aisselles.— Voy. Stalles de la Cathédrale d'Amiens, par M. Jourdain. (S. d. E,)

moyennant la redevance annuelle de délivres (1). Il fut élu évéque de Tournai en i 578 (2).

Nicolas d'Eponb. Ce chantre d'Auxerre dont le surnom latin est de Spedona est mentionné dans un titre de 1581 • Je lé crois le même que Nicolas de Bondeville, qualifié chantre dans une quittance de paiement des décimes apostoliques de Tan 1 585.

Denis Lopin qui avoit été chanoine tortrier selon un titre de 1560, fut chantre après le précédent, mais fort peu de temps, puisqu'il mourut en 1584 le 9 janvier, comme il se lit sur sa tombe qui a été transportée proche l'entrée du Chapitre où il est représenté en chasuble tenant son b&ion cantorah II avoit fondé une messe de Saint-Eustache (5).

Bertband Gassinel, frère de Ferrie Cassinel, évéque d'Auxerre et chanoine, fut fait chantre en 1585. Il est nommé en différents actes jusqu'k Tan 1597. Il fut aussi chapelain de la léproserie de Toucy. Voyez le reste de ce qui peut le regarder à l'ariicle de Tévéque son frère. Voyez aussi son testament (4). Duchéne parle de lui en sa maison de Chàtillon. Selon le Nécrologe de Notre-Dame de la Cité, il ne fut jamais que sous-diacre.

Jean Ghanteprime. Quoiqu'il paroisse que dès le 15 octobre Jean de Molins se fût fait recevoir chantre en vertu d'une grâce expectative, néanmoins il est certain par des actes postérieurs que ce fut Jean Ghanteprime qui jouit de cette dignité jusqu'k Tan 1402 qu'il fut fait doyen de Paris. Il avoit été élu le 16 juillet 1599 d'une voix unanime (S).

Jean de Molins succéda k Jean Ghanteprime, nonobstant l'élection solennelle faite de Jean Alepté, en 1402 (6). Il était docteur en médecine (7) ; mais il n'avoit pas la facilité de lire dans les livres d'église ; d'où il arriva des disputes. Il conserva cependant sa dignité jusqu'en 1422(8). Il donna enl4t5pour la construction du portail septentrional de la croisée, six vingts écus d'or. Il mourut en 1422 le 21 janvier, et fui inhumé dans la chapelle de Saint-Pierre et de tous les saints, dite au-

(1) Ex compot.

(4) Ibid.

(31 Ex compot. XV. Sœculi.

(4) Voy. Preuves, n'» 338.

(6) Reg. Capit.

(6) Voy» Prouves, n" 345.

(7) Reg. CapiL 1408, 3 maii.

v8; Rcg.idjulii,

DE l'église d'auxerre. 445

joard'hai de Saint-Sébastien. II légua Ji la bibliothèqae du Chapitre tous ses livres de médecine, entr'autres Âvicenne (1). Il avoit en en i420 un procès contre l'abbaye de Saint-Père sur la censive, etFavoit perdu.

Jean Vivien, d'une famille auxerroise qui s'établit k Paris, et y produisit des hommes illustres, étoit absent de son canonicat d'Âuxerre, lorsqu'il fut élu chantre le 5 février 1422. Il se fit recevoir le 28 septembre 1425 par procureur, parce qu'il résidoit à la cour romaine. Il étoit aussi prévôt de Chablis. Il fut depuis élu évéque d'Auxerre, mais sans succès. On l'appelait Jean Vivien le Jeune, pour le distinguer d'un autre de même nom. Il eut pour frère Etienne Vivien, grand archidiacre.

Hugues de Villemer fut reçu chantre par procuration, n'étant que sous-diacre le 21 mai 1427, et placé en personne le 26 juillet 1409 dans les basses stalles. Il jouissoit encore de cette dignité en 1455, puisqu'il paya le droit de son antienne 0.

Jean Henriet, possédoit la chantrerie au moiub dès l'an 1457 qu'il jouissoit d'un privilège accordé par le légat. Dans les partitions de 1458, il étoit placé à Oisy. Ce chantre résida très-peu. Il est nommé comme absent dans l'acte d'élection d'Enguerrand Signard en 1485; il fonda en 1481 sonobit, et le service de l'Invention de Saint-Vincent. Il mourut en 1492, comme il paroit par la vente de sa maison. Il fut inhumé au bas des degrés du sanctuaire du côté gauche.

Jean Chevalier, licencié en décrets, chanoine d'Auxerre et chantre de Clamecy dès l'an 1484, fut reçu chantre en 1492, et mourut le 25 mars 1494. Il étoit frère d'Antoine, chevalier, grenetier (2) d'Auxerre, et oncle de Renaud, chevalier, lieutenant*général (5).

Olivier Michel fut reçu chantre en 1495 et mourut en 1512. Il est nommé dans un titre de Regny en 1511. Il avait la prébende théologale à laquelle Nicolas Relin fut recule 24 juillet 1512. Il fut inhumé proche

(1) Reg, Febr. \ (3) Compot. Cal. Maii.

(2) C'est-à-dire receveur du grenier à sel.

la grabde porte de l'église. Sa tombe levée de ce lieu, sert aujourd'hui d'autel à la chapelle de Noire-Dame des Vertus, et j'y ai lu ce reste à Tépitaphe : c Michel, docteur en théologie, en son vivant chantre etcha- > noinede l'église d'Auxerre, natif de Saint-Pierre.... »

JfiAM DE NoTON prit posscssiou de la ehantreriele 16 septembre 1512. Il est nommé dans la conclusion du 5 décembre 1515, pour Télection d'un évéque. 11 mourut de peste au mois de juillet 1515. Après sa mort, Hugues delà Vault, chanoine, fut député pour aller convoquer les absents à la future élection indiquée au 5 novembre à Auxerre, et si la peste y étoit encore, au lieu de Crevan. Il y avoit plus de vingt chanoines retirés ailleurs, savoir à Joigny, à Sens, à Paris, à Orléans, à Troyes, a Saulieu.

Jean LE Rot. Sa réception est marquée au 14 mai 1516 dans un compte du temps. Il est nommé dans un titre de 1515 21 janvier, concernant Parly. On lit dans les registres de*1524, 20 décembre, que M. le chantre pour sa prébende de chanoine, fera l'ofiice d'évêque le jour de Saint- Etienne, excepté la mitre qu'il n'aura pas. Il décéda le 11 janvier 1554, et fut inhumé suivant son désir c ante magnum portale juxta sepulturam » D. Oliverii Michaêlis jam dudum Cantoris. »

Arnoul Gontier. On peut lire ci^dessus (1) les difficultés qui s'élevèrent sur l'élection d'un chantre, après la mort de Jean le Roy. Arnoul Gontier fut celui qui resta en place. Il avoit été reçu le 10 janvier 1555^ étant au droit de ceux qui avoient eu des provisions. Il étoit fils de Louis Gontier, et de Radegonde Donet. Il fut aussi abbé de Saint-Marien et l'étoit dès 1540 (a). Il mourut le 10 juin 1555 selon l'obitier de la paroisse de Saint-Renobert.

Laurent Robert, chanoine, fut élu par la voix du Saint-Esprit après la mort du précédent. L'acte de confirmation par l'évêque est du 7 août 1555. Il avoit eu communication des papiers du sieur Laurent Brelel,

(a) C'est ce qui résulte d'une pièce qui est aux archives de TYonue, fonds Sainl- Marien, collation d'ordres. (iV. d. E.)

DE l'église d'auxerre. 447

secrétaire de Jean Baillet, évêque, et c'est de lai qac j'ai tiré le ponillé do diocèse imprimé parmi les Preuves de ces mémoires. Il mourut le 22 octobre 1557, et fut inhumé proche l'autel de Saint-Laureul , qui éloit alors où est celui de Saint-Michel.

Edme Thevemon. Son élection se fit le 4 décembre 1557 {l). Il est nomméau procès-verbal delà coutume del'an 1451. Après la dispersion des chanoines du temps delà prise d'Âuxerre par les calvinistes en 1567, il fut l'un des premiers qui retournèrent à l'église (2). Il donna en 1580 un bâton cautoral d'argent. Il résigna au suivant en 1585, et eut une place de chanoine honoraire suivant les registres au 26 septembre 1587 (3). Il repose devant l'autel Saint-Michel.

Jacques Magnen qui avoit été chapelain-clerc d'un chanoine en 1552, puis chanoine tortrier en 1567, greffier du Chapitre depuis l'an 1577, et qui étoit curé de Saint-Renobert eu 1581 , prit possession de la chantrerie d'Auxerre durant le mois de juin 1586 au plus tard. Il ne la conserva que jusqu'en 1596 qu'il la permuta avec le suivant.

Pierre Bbrault, chanoine dès Tan 1558, fut reçu chantre le 1^' octobre 1596 par permutation pour la cure de Gurgy. Il mourut en 1610 le 8 janvier âge de 67 ans. Mais il avoit résigné la chantrerie dès l'an 1606. Il a eu une épitaphe en prose latine outre celle en vers qui ,commençoit ainsi :

Manere Beraldas triplici dum viveret aoctus.

Gaspard BARGEDÉ,'fils de Nicolas Bargedé, président au présidial d'Auxerre et de Marie Houbelin, fut installé chantre le 18 décembre 1606, comme résignataire de Pierre Berault. Il fut aussi curé deMonéteau, et trésorier de N.-D.-de-la-Cité. Il résigna au suivant en 1641.

Gervais Hodsset, neveu du précédent du côté de Marie Bargedé sa mère, eut la chantrerie par résignation, et y fut admis le 22 décembre 1651 (a). Il fut aussi trésorier de N.-D.-de-la-Gité. Sur ses

(1) Reg, Capit. | (3) Ex libro Succent.

(%) Reg., 24 nov.

(a) Il était fort vif^ car, pendant an office du soir, il voulut mettre lui-môme hors

448 CHANTRES 'DE l'ÉGLISB d'âUXBRRE.

remontrances, on établit, en 1655, Tasage de se revêtir de chapes pour le répons des vêpres et alléluia. Ses infirmités Tobligëreni ii ^e démettre de sa dignité, en 1674, en faveur de son frère déjii sous-chantre. II avoit pris possession de la cure de Courgy le 28 octobre 166^. Il ^ i mourut le 2 ou le i novembre 1675. i

Nicolas Housset, chanoine et sous-chantre, frère de Gervais et soo ! résignataire en cour de Rome, prit possession du cantorat le 4 novembre 1674. Il conserva cette dignité jusqu'^ sa mort, arrivée le 8 juin 1679, au bout de quelques jours d'une maladie qu'il avoit contractée à la procession de la Fête-Dieu. Les deux frères sont inhumés devant la chapelle de S. Martin.

Toussaint le Clerc, chanoine depuis le 9 août 1659, n'étoit que

sous-diacre lorsqu'il fut élu chantre le 28 juin 1679. Il commença à i

régir le chœur en chapeet bâton ca ntoral à l'Epiphanie 1 680, jpirs- i

qu'il eut été ordonné diacre. Il mourut le 4 août de l'an 1994. j

Claude Brunet, chanoine , étant absent , fut élu chantre sur la fin ' du mois d'août 1794, et reçu le 9 septembre. Il mourut ^ Beaune, sa patrie, le 28 du même mois.

Jean-Baptiste Lauverjat, chanoine depuis l'an 1657, fut élo chantre le 22 octobre 1694 et reçu le 9 novembre. Il a fait beaucoup de dons k l'église, et a procuré Paugmentation du degré de la fête de | S. Pèlerin dans la cathédrale. Il a donné entre autres choses le grand bâton cantoral. Il mourut le 15 juillet 1704.

Pierre Hurson, natif de Paris, chanoine d'Auxerre depuis longtemps, lui succéda en vertu de Télection faite le 28 juillet 1704. Il a possédé cette dignité jusqu'au mois de mai 1751 qu'il décéda.

Jean- André MiGNOT, d'Auxerre, licencié en théologie, chanoine depuis l'an 1710, fut élu le 17 mai 1751.

* Il fut le principal rédacteur du Bréviaire diocésain. Il mourut dans ses fonctions le 1 1 mai 1770.

duchœurunsemi-prébeadéquiy au lieu de chanter, causait avec son voisin. Et, sur •on refus, il lui fit violence et fit cesser Toffice. Le Chapitre le blâma de cette conduite. -— Reg. de Bardolat, au 22 mars 1632. Arch. de l'Yonne. (i\r. d. £.)

TRÉSORIERS DE L*ÉGLISE d'aUXBRRE. 449

* Jean-Charles-Joseph Gaudet, du diocèse dTprcs, Donimé chantre par M, de Cicé, le 8 août 1770. Le Chapitre refusa de le reconnaître en cette qualité attendu qu'il avait élu canoniquement M. Letellier. M. Gaudet se fit installer par deux notaires et obtint son maintien par arrêt du parlement a attendu que malgré le droit du Chapitre, Tévéque peut refuser Télu ob deffectum capacitatum. d

H. Letellier étant mort en 1772, toute difficulté fut levée. M. Gaudet devint officiai de l'évêque en 1776. Mort le 9 avril 1787.

* Lovis - Jean Yaultier , du diocèse de Bayeux , résignaiaire de M. Gaudet, par acte du 9 mars 1787, fut élu en outre par le Chapitre, le 9 mai suivant. Il continua d'être commensal de l'évêque comme lorsqu'il était lecteur, et devint son vicaire-général le 24 décembre 1768. Il présida jusqu'en 1792 les réunions du Chapitre. Il était aussi chantre de la collégiale de la Cité.

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