‹ Mémoires, contes et autres uvres de Charles PerraultChapitre 79 sur 102 · LE PAYSAN ET LE CAVALIER · texte numérisé non relu

LE PAYSAN ET LE CAVALIER

Un paysan portait sur son épaule Un lièvre ayant les pieds passés dans une gaule ; Il le portait vendre au marché.

Un cavalier, suivant la même voie , Considéra le lièvre, et, comme étant touché D'une si belle et bonne proie ,

1 La traduction des fables de Faerne, par Charles Perrault, a paru en 1699, un vol. in-12, dédié à l'abbé de Dangeau. La plupart de ces fables ayant été imitées par La Fontaine, auquel, avec raison, Perrault se reconnaît bien inférieur, nous n'en donnerons ici que quelques-unes de sa traduction.

Le prit, le soupesa, puis, demandant combien , Piqua des deux. Le rustre, jugeant bien Qu'il n'en devait plus rien attendre,

Cria : Je vous le donne, et donne de bon cœur : Souvenez-vous de votre serviteur.

Souvent on donne ainsi ce qu'on ne saurait vendre.

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