‹ Mémoires, contes et autres uvres de Charles PerraultChapitre 95 sur 102 · APOLLON ET LES NEUF MUSES · texte numérisé non relu

APOLLON ET LES NEUF MUSES

Le brillant Apollon, l'œil et l'âme du monde, De toutes les clartés est la source féconde ; La noble Calliope en ses vers sérieux Célèbre les héros, chante les demi-dieux; De la sage Clio la main trace l'histoire, Et du temps qui s'enfuit conserve la mémoire ; L'amoureuse Érato d'un plus simple discours Conte des jeunes gens les diverses amours ; L'agréable ïhalie instruit, plaît et folâtre, Et de cent mots plaisants réjouit le théâtre ; Le grave Melpomène en la scène fait voir Des rois qui de la mort éprouvent le pouvoir ; L'agile Terpsichore aime surtout la danse, Et se plaît d'en régler les pas et la cadence ; Euterpe la champêtre à l'ombre des ormeaux Fait retentir les bois de ses doux chalumeaux; La docte Polymnie, en l'ardeur qui l'inspire, Sur mille tons divers fait résonner sa lyre, Et la sage Uranie élève jusqu'aux cieux De ses chants immortels le vol audacieux.

Page 1